lundi 3 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2500275 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ZANOVELLO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2025, M. D C, représenté par Me Zanovello, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 janvier 2025 par lequel le préfet de la Somme lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Somme de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un vice de procédure, faute pour le préfet de la Somme de justifier du respect de la procédure préalable prévue au I de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale ;
- cette décision est entachée d'erreur d'appréciation en ce qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il ne pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement dès lors qu'il dispose d'un plein droit au séjour sur le fondement de l'article L. 313-11-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, étant père d'un enfant français ;
- cette décision méconnaît le point 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision fixant le pays de destination méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 janvier 2025, le préfet de la Somme conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Parisi, conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues à l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 30 janvier 2025 :
- le rapport de Mme Parisi, magistrate désignée,
- les observations de Me Zanovello, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et qui insiste sur la relation de concubinage que l'intéressé entretient avec une ressortissante arménienne en situation régulière avec laquelle il a eu un enfant, né le 15 août 2024, dont il s'occupe à hauteur de ses moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant tunisien né le 24 août 2002, est entré sur le territoire français en 2020, selon ses déclarations. Par un arrêté du 12 janvier 2025, le préfet de la Somme a fait obligation à l'intéressé de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Somme l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de l'arrêté du 12 janvier 2025 portant obligation de quitter le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ".
3. Il résulte des termes de l'arrêté attaqué, corroborés par les écritures en défense du préfet, que, pour obliger M. C à quitter le territoire français, le préfet de la Somme s'est uniquement fondé sur le 1° des dispositions précitées de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en retenant que l'intéressé ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français et qu'il s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Dans ces conditions, il ressort des pièces du dossier que le préfet ne s'est pas fondé, pour prendre la décision attaquée, sur les informations relatives à M. C issues du fichier de traitement des antécédents judiciaires ou, à tout le moins, qu'il aurait pris la même décision s'il ne les avait pas prises en compte. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale doit être écarté comme inopérant.
4. En deuxième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier ni des mentions de l'arrêté attaqué que le préfet de la Somme se serait fondé sur la menace à l'ordre public que représenterait M. C pour l'obliger à quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation soulevé à ce titre doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
6. M. C se prévaut de sa relation en concubinage avec Mme B, ressortissante arménienne titulaire d'un titre de séjour avec laquelle il a eu un enfant né le 15 août 2024, qu'il a reconnu. Toutefois, il n'établit pas, par la production de quittances de loyer à son seul nom, d'une attestation de la directrice de la crèche à laquelle son fils est inscrit, d'un document de circulation pour étranger mineur, d'une capture d'écran du profil de la caisse d'allocation familiale de Mme B et de photographies de la communauté de vie du couple ni de la réalité, l'ancienneté, et la stabilité de leur relation ni enfin qu'il participerait à l'entretien et à l'éducation de son enfant depuis sa naissance. Dans ces conditions, et alors que M. C n'apporte aucune autre pièce de nature à justifier une intégration stable, ancienne et intense sur le territoire français, c'est sans méconnaitre l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni entacher sa décision d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet de la Somme lui a fait obligation de quitter le territoire français. Un tel moyen doit donc être écarté.
7. En quatrième lieu, il est constant que l'enfant de M. C n'est pas de nationalité française, ainsi que son conseil l'a confirmé à l'audience. Dans ces conditions, M. C ne peut utilement se prévaloir de son plein droit au séjour en qualité de père d'un enfant français pour soutenir qu'il ne pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Un tel moyen doit être écarté.
8. En cinquième lieu, aux termes du point 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : "'Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale'". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
9. Ainsi qu'il a été dit précédemment, M. C ne justifie ni résider avec son enfant, ni participer à son éducation ou à son entretien. Il n'est dès lors pas fondé à soutenir que la décision en litige serait intervenue en méconnaissance des stipulations précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du point 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.
10. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 6 du présent jugement que M. C ne justifie pas de la stabilité, l'ancienneté et l'intensité de ses liens privés et familiaux sur le territoire français. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que l'obligation qui lui est faite de retourner dans son pays d'origine porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Un tel moyen doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. C tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de la Somme du 12 janvier 2025 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet de la Somme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 février 2025.
La magistrate désignée,
signé
J. PARISI
La greffière,
signé
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026