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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2500276

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2500276

jeudi 6 février 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2500276
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSARHANE HIND

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens a rejeté la requête de M. B, ressortissant bangladais, contestant un arrêté du préfet de l'Oise du 6 janvier 2025 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, interdiction de retour d'un an et assignation à résidence. Le tribunal a jugé que les moyens soulevés, notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte, l'insuffisance de motivation, l'erreur de droit concernant le règlement Dublin III et la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, n'étaient pas fondés. La solution retenue est le rejet de l'intégralité des demandes d'annulation et d'injonction, sur le fondement des articles L. 573-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 23 janvier 2025, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, la magistrate désignée du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal, en application de l'article R. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la requête présentée par M. A B.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal de Paris le 8 janvier 2025, et un mémoire complémentaire, enregistré le 31 janvier 2025, M. B, représenté par Me Sarhane, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 6 janvier 2025 par lequel le préfèt de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

3°) d'annuler l'arrêté du 6 janvier 2025 par lequel le préfèt de l'Oise l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

4°) d'enjoindre au préfet de l'Oise, ou au préfet territorialement compétent, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement et interdisant le retour sur le territoire français :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 573-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du paragraphe 2 de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, le préfet ayant considéré, à tort, qu'il est en situation irrégulière depuis son entrée en France en dépit de la délivrance d'une attestation de demandeur d'asile, de telle sorte qu'une obligation de quitter le territoire français ne pouvait pas être édictée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences au regard de sa situation de demandeur d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

S'agissant de la décision interdisant le retour sur le territoire français :

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un vice de procédure, les informations prévues par l'article R. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne lui ayant pas été fournies ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- il est disproportionné ;

- il doit être annulé par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 janvier 2025, le préfet de l'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Fumagalli, conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Fumagalli a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant bangladais né le 1er mai 1995, déclare être entré en France le 2 novembre 2022. Par un arrêté du 6 janvier 2025, le préfèt de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un arrêté du même jour, le préfet de l'Oise a assigné à résidence M. B pour une durée de quarante-cinq jours. M. B demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre à titre provisoire M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté du 6 janvier 2025 portant obligation de quitter le territoire, fixant le pays de renvoi et interdisant le retour sur le territoire français :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, il ressort des pièces produites en défense que M. Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture de l'Oise, signataire de la décision contestée, disposait d'une délégation, en vertu de l'arrêté du 25 novembre 2024, régulièrement publié le même jour au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture de l'Oise, à l'effet de signer " tout acte, arrêté () décision () relevant des attributions de l'Etat () ". La délégation " comprend la signature de toutes les décisions et tous les actes de procédure prévus par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ". Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit, dès lors, être écarté.

5. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables, notamment le 1° de l'article L. 611-1, ainsi que les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. La décision litigieuse indique que M. B ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et qu'il s'y est maintenu sans titre de séjour en cours de validité. Les motifs de la décision font état de la situation de l'intéressé, précisant qu'il est célibataire et sans enfant à charge, qu'il n'a pas d'attaches familiales en France, qu'il n'a pas d'emploi déclaré et ne justifie pas d'une intégration ancienne, intense et stable dans la société française. Ainsi, la décision, qui n'avait pas à faire état de tous les éléments de la situation personnelle de M. B, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, dès lors, être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 573-1 du même code : " L'étranger pour lequel l'autorité administrative estime que l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à la fin de la procédure de détermination de l'Etat responsable de l'examen de sa demande et, le cas échéant, jusqu'à son transfert effectif à destination de cet Etat. ". Aux termes de l'article R. 573-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'attestation de demande d'asile peut être retirée ou ne pas être renouvelée lorsque l'étranger se soustrait de manière intentionnelle et répétée aux convocations ou contrôles de l'autorité administrative en vue de faire échec à l'exécution d'une décision de transfert. "

7. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ".

8. Aux termes de l'article 29 du règlement susvisé : " 1. Le transfert du demandeur ou d'une autre personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point c) ou d), de l'État membre requérant vers l'État membre responsable s'effectue conformément au droit national de l'État membre requérant, après concertation entre les États membres concernés, dès qu'il est matériellement possible et, au plus tard, dans un délai de six mois à compter de l'acceptation par un autre État membre de la requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge de la personne concernée ou de la décision définitive sur le recours ou la révision lorsque l'effet suspensif est accordé conformément à l'article 27, paragraphe 3. Si les transferts vers l'État membre responsable s'effectuent sous la forme d'un départ contrôlé ou sous escorte, les États membres veillent à ce qu'ils aient lieu dans des conditions humaines et dans le plein respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine. Si nécessaire, le demandeur est muni par l'État membre requérant d'un laissez-passer. (). L'État membre responsable informe l'État membre requérant, le cas échéant, de l'arrivée à bon port de la personne concernée ou du fait qu'elle ne s'est pas présentée dans les délais impartis. 2. Si le transfert n'est pas exécuté dans le délai de six mois, l'État membre responsable est libéré de son obligation de prendre en charge ou de reprendre en charge la personne concernée et la responsabilité est alors transférée à l'État membre requérant. Ce délai peut être porté à un an au maximum s'il n'a pas pu être procédé au transfert en raison d'un emprisonnement de la personne concernée ou à dix-huit mois au maximum si la personne concernée prend la fuite. () ".

9. En l'espèce, M. B n'établit pas être entré régulièrement en France le 2 novembre 2022. Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est présenté au guichet unique de la préfecture des Hauts-de-Seine afin d'y déposer une demande d'asile et qu'une attestation lui a été délivrée à ce titre le 15 décembre 2022, valable jusqu'au 14 avril 2023. Le relevé de ses empreintes ayant révélé que l'intéressé avait sollicité l'asile auprès des autorités roumaines le 12 octobre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine a, par un arrêté du 15 décembre 2022, ordonné son transfert aux autorités de ce pays. Il n'est pas établi que cet arrêté a été exécuté. M. B soutient qu'à supposer qu'il soit regardé comme ayant pris la fuite, la France est redevenue responsable de l'examen de sa demande d'asile à l'expiration d'un délai de dix-huit mois et, qu'ainsi, il ne pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier qu'il aurait, à l'expiration d'un tel délai, introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), le cas échéant en se présentant en amont à nouveau en préfecture afin de faire enregistrer sa demande. Au surplus, il ressort du procès-verbal de son audition par les services de la police en date du 6 janvier 2025 que M. B a déclaré souhaiter " redemander l'asile politique en France ". A supposer qu'il s'agisse d'une nouvelle demande d'asile, formulée plus de six mois après l'expiration du délai précité, celle-ci est, en tout état de cause, formée dans le seul but de faire échec à l'exécution d'une mesure d'éloignement. Dans ces conditions, alors que M. B est entré puis s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français à l'expiration du délai de dix-huit mois, le préfet de l'Oise pouvait légalement édicter à son encontre une obligation de quitter le territoire français en application des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit donc être écarté.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. M. B est arrivé récemment en France en 2022. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressé, célibataire et sans attaches familiales sur le territoire, ne dispose pas d'une intégration ancienne et stable au sein de la société française. Par ailleurs, M. B n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où il a vécu la majeure partie de sa vie. Dans ces conditions, compte tenu des conditions du séjour en France de l'intéressé, la décision attaquée n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le préfet de l'Oise n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B.

12. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

13. Le requérant ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français. En tout état de cause, pour les mêmes motifs qu'énoncés au point 15, ce moyen doit être écarté.

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

14. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment les articles L. 721-3 à L. 721-5, ainsi que les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle indique que M. B n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à ces stipulations. La décision litigieuse, qui n'avait pas à faire état de tous les éléments propres à la situation personnelle de M. B, comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui la fondent. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit donc être écarté.

15. En deuxième lieu, M. B n'établit par aucune pièce la réalité des risques dont il se prévaut en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

16. En dernier lieu, le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, tous les moyens soulevés à son encontre ayant été écartés aux points 4 à 13.

S'agissant de la décision interdisant le retour sur le territoire français :

17. M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision litigieuse par voie de conséquence de l'illégalité de celle l'obligeant à quitter le territoire français, alors que les moyens soulevés à l'appui des conclusions à fin d'annulation de cette dernière décision ont été écartés aux points 4 à 13.

En ce qui concerne l'arrêté du 6 janvier 2025 portant assignation à résidence :

18. En premier lieu, aux termes de l'article L.732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées. "

19. L'arrêté assignant M. B à résidence vise les textes dont il fait application, notamment l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il précise que l'intéressé fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai et que son éloignement demeure une perspective raisonnable. Dans ces conditions, l'arrêté comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

20. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenu l'article R. 732-5 du même code : " L'étranger auquel est notifiée une assignation à résidence en application de l'article L. 731-1, est informé de ses droits et obligations par la remise d'un formulaire à l'occasion de la notification de la décision par l'autorité administrative ou, au plus tard, lors de sa première présentation aux services de police ou aux unités de gendarmerie. Ce formulaire, dont le modèle est fixé par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre de l'intérieur, rappelle les droits et obligations des étrangers assignés à résidence pour la préparation de leur départ. Il mentionne notamment les coordonnées des services territorialement compétents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, le droit de l'étranger de communiquer avec son consulat et les coordonnées de ce dernier, ainsi que le droit de l'étranger d'informer l'autorité administrative de tout élément nouveau dans sa situation personnelle susceptible de modifier l'appréciation de sa situation administrative. Il rappelle les obligations résultant de l'obligation de quitter le territoire français et de l'assignation à résidence ainsi que les sanctions encourues par l'étranger en cas de manquement aux obligations de cette dernière. Ce formulaire est traduit dans les langues les plus couramment utilisées désignées par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa. La notification s'effectue par la voie administrative. "

21. A supposer établie la méconnaissance des dispositions de l'article R. 732-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile établie, celle-ci est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Ce moyen doit être écarté comme inopérant.

22. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Oise a, avant de prendre l'arrêté attaqué, procédé à un examen complet et personnalisé de la situation de M. B. Ce moyen doit donc être écarté.

23. En quatrième lieu, aux termes de l'article L.730-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, dans les conditions prévues au présent titre, assigner à résidence l'étranger faisant l'objet d'une décision d'éloignement sans délai de départ volontaire ou pour laquelle le délai de départ volontaire imparti a expiré et qui ne peut quitter immédiatement le territoire français. (). ". Aux termes de l'article L.731-1 du même code : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".

24. Aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application [de l'article] L. 731-1 () définit les modalités d'application de la mesure : 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. "

25. L'arrêté attaqué assigne M. B à résidence à Beauvais pour une durée de quarante-cinq jours, lui fait obligation de se présenter au commissariat de police sis 135 rue des Déportés dans cette même ville et lui fait interdiction de sortir du département de l'Oise sans autorisation. Alors que M. B se maintient irrégulièrement sur le territoire et que son départ demeure une perspective raisonnable à la suite de l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet concomitamment à l'arrêté litigieux, le préfet de l'Oise pouvait l'assigner à résidence en application des dispositions citées au point 23. A l'appui de sa requête, M. B se borne à se prévaloir du temps de trajet pour se rendre au commissariat de police, sans faire état d'aucune autre contrainte significative. Dans ces conditions, le moyen tiré de la disproportion de l'arrêté attaqué, tant dans son principe que dans les mesures qui l'assortissent, doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le préfet de l'Oise n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B.

26. En dernier lieu, le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué par voie de conséquence de l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, les moyens soulevés à l'appui des conclusions à fin d'annulation présentées contre cette dernière décision ayant été écartés aux points 4 à 13.

27. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Sarhane et au préfet de l'Oise.

Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.

Le magistrat désigné,

signé

E. FUMAGALLILa greffière,

signé

S. FORTIER

La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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