mercredi 4 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2500821 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 février 2025, M. A B, représenté par Me Tourbier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 janvier 2025 par lequel le préfet de l'Oise lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la Côte d'Ivoire comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Oise de lui délivrer, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en droit et en fait, dès lors qu'il est rédigé de manière stéréotypée et que certains éléments de sa situation personnelle n'ont pas été pris en considération ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors, d'une part, qu'il contribue à l'entretien et à l'éducation de ses deux enfants, dont l'une est affectée d'un handicap, pour lesquels il bénéficie, en vertu d'un jugement du juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Meaux du 14 juin 2022, d'un droit de visite et d'hébergement, d'autre part, que des obligations ont été mises à sa charge dans l'intérêt supérieur de ses enfants dans la mesure où il est prochainement convoqué par le juge des enfants de cette même juridiction à une audience dans le cadre d'une assistance éducative et, enfin, qu'il a travaillé auprès de la commune de Sainte-Geneviève en tant que bibliothécaire bénévole avant d'y être recruté sous couvert d'un contrat à durée déterminée en qualité d'adjoint au patrimoine territorial à temps non complet jusqu'au 6 juillet 2025 ;
- pour les mêmes raisons, et dès lors qu'il réside sur le territoire français depuis le 11 octobre 2018 et qu'il n'entretient plus aucun lien avec les membres de sa famille vivant en Côte d'Ivoire, cet arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- pour les mêmes raisons, il méconnaît les stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
La requête a été communiquée au préfet de l'Oise, lequel n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance en date du 13 mars 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 avril 2025.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 avril 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Harang, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant ivoirien né le 7 mars 1967, déclare être entré en France le 11 octobre 2018 sous couvert d'un visa de court séjour. Le 12 décembre 2024, il a sollicité son admission au séjour à titre exceptionnel. Par un arrêté du 27 janvier 2025, dont M. B demande l'annulation, le préfet de l'Oise lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la Côte d'Ivoire comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de M. B, énonce avec une précision suffisante les circonstances de droit et de fait sur lesquelles il se fonde, de sorte que l'intéressé, à sa seule lecture, a été mis à même d'en connaître les motifs et, le cas échéant, de les contester utilement. À cet égard, et plus particulièrement, lorsque l'autorité administrative prévoit qu'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement dispose du délai de départ volontaire de trente jours, qui est le délai normalement applicable, ou d'un délai supérieur, elle n'a pas à motiver spécifiquement sa décision sur ce point.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ". Ces dispositions laissent à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels que celui-ci fait valoir.
4. S'il est constant que M. B a versé, entre les mois de juillet et de décembre 2024, une somme totale de 220 euros à la mère de ses deux enfants mineurs, dont il est divorcé, au titre de sa contribution à leur entretien, bien qu'il en ait été dispensé en raison de son impécuniosité par un jugement du juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Meaux du 14 juin 2022, l'intéressé n'établit en tout état de cause pas qu'il contribuerait effectivement à leur éducation ni, à tout le moins, qu'il aurait exercé, même ponctuellement, le droit de visite et d'hébergement qui lui a été accordé par ce même jugement, alors que les éléments qu'il produit en ce sens sont particulièrement anciens et parcellaires. Le requérant ne démontre pas davantage que sa présence sur le territoire français serait indispensable à sa fille, dont la qualité de travailleuse handicapée lui a été reconnue pour la période allant du 23 août 2022 au 31 juillet 2027, pas plus qu'il n'établit, ni même n'allègue, la nécessité de sa présence aux côtés de sa sœur, de nationalité française, et de sa mère, laquelle est titulaire d'une carte de résidente valable jusqu'au 26 juin 2032. Par ailleurs, si M. B se prévaut de sa présence en France depuis le 11 octobre 2018 ainsi que de son recrutement par la commune de Saint-Geneviève en qualité d'adjoint au patrimoine territorial à temps non complet à compter du 8 juillet 2024 et jusqu'au 6 juillet 2025, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il a fait l'objet, le 20 juin 2024, d'une décision portant obligation de quitter le territoire français à laquelle il n'a pas déféré et que l'intégration professionnelle dont il se prévaut n'a ainsi pu se constituer qu'à la faveur de sa soustraction à cette précédente mesure d'éloignement et présentait, au surplus, un caractère particulièrement récent à la date de l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, et nonobstant la circonstance qu'il ait précédemment exercé, de manière bénévole, des fonctions de bibliothécaire municipal, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Oise aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en considérant qu'il ne justifiait d'aucun motif exceptionnel ni d'aucune considération humanitaire et en lui refusant, dès lors, la délivrance d'une carte de séjour temporaire sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. / () ".
6. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4 du présent jugement, et dès lors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il conserve des attaches familiales en Côte d'Ivoire où résident son père et les membres de sa fratrie avec lesquels il n'établit pas avoir rompu tout lien, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaîtrait les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni, alors qu'ainsi qu'il a été dit précédemment, l'intéressé ne démontre pas contribuer effectivement à l'éducation de ses enfants, qu'il méconnaîtrait les stipulations précitées du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Tourbier et au préfet de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 21 mai 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- M. Lapaquette, premier conseiller,
- M. Harang, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2025.
Le rapporteur,
signé
J. HarangLe président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026