vendredi 20 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2501705 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | AKHZAM KHADIJA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 avril 2025, Mme B A, représentée par
Me Akhzam, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de l'Oise a implicitement refusé de faire droit à sa demande de renouvellement de son titre de séjour présentée le 20 octobre 2023 ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Oise de faire droit à sa demande dans un délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée crée une situation d'urgence, dès lors qu'elle a pour effet de la placer dans une situation de précarité alors qu'elle habite seule avec son enfant porteur d'un handicap ;
- il existe un doute quant à la légalité de la décision contestée, dès lors qu'elle est mère d'un enfant français né en 2016 et qu'elle justifie de la contribution à l'entretien et à l'éducation de ce dernier par son père de sorte que la décision méconnait l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision contestée méconnait l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, dès lors qu'elle est mère d'un enfant de nationalité française porteur d'un handicap lourd.
La requête a été communiquée au préfet de l'Oise, qui a été mis en demeure le 12 mai 2025 de produire ses observations dans un délai de cinq jours en application de l'article
R. 612-3 du code de justice administrative.
Mme A a produit des pièces complémentaires le 23 mai 2025.
Par un mémoire, enregistré le 5 juin 2025, Mme A déclare maintenir les conclusions de sa requête.
Vu :
- la requête enregistrée le 25 avril 2025, sous le n° 2501710 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Thérain, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance :
() 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête () / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () "
2. Si Mme A demande au juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Oise a refusé de renouveler son titre de séjour, il résulte de l'instruction que l'autorité préfectorale a, après l'introduction de la requête, convoqué Mme A le 9 mai 2025 afin de procéder au relevé de ses empruntes et l'a informée de ce que le titre sollicité lui serait délivré dans un délai d'un mois. Cette convocation a implicitement mais nécessairement eu pour effet de retirer la décision implicite contestée. Par suite, les conclusions présentées par Mme A tendant à la suspension d'exécution de cette décision, ensemble ses conclusions présentées aux fins d'injonction, sont devenues sans objet et il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension d'exécution et d'injonction de la requête de Mme A.
Article 2 : L'Etat versera une somme de 500 euros à Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au préfet de l'Oise.
Fait à Amiens, le 20 juin 2025.
Le président de la 3ème chambre,
Juge des référés
Signé
S. Thérain
La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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