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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2502124

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2502124

jeudi 10 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2502124
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Amiens a rejeté la requête de M. A B, qui demandait qu'il soit enjoint à la préfecture de l'Oise de délivrer un acte de naissance à la fille de son épouse, naturalisée française par effet collectif. Le tribunal a estimé que cette demande, relative à la délivrance d'un acte d'état civil pour une personne née à l'étranger ayant acquis la nationalité française, relevait de la compétence du service central d'état civil du ministère des affaires étrangères, placé sous le contrôle de l'autorité judiciaire. En application des articles 98 du code civil et R. 222-1 du code de justice administrative, la juridiction administrative s'est déclarée manifestement incompétente pour connaître de ce litige.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 26 mai 2025, le président du tribunal administratif de Nantes a transmis au tribunal administratif d'Amiens la requête de M. E A B.

Par une requête, enregistrée le 10 mai 2025, M. E A B demande à ce qu'il soit enjoint à la préfecture de l'Oise de délivrer un acte de naissance à la fille de son épouse Mme C G, dénommée D F.

Il soutient que son épouse a été naturalisée par déclaration le 1er juillet 2024 et que la fille de celle-ci a été naturalisée par effet collectif mais n'a pas reçu son acte de naissance.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 2° rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () ".

2. D'une part, aux termes de l'article 98 du code civil : " Un acte tenant lieu d'acte de naissance est dressé pour toute personne née à l'étranger qui acquiert ou recouvre la nationalité française à moins que l'acte dressé à sa naissance n'ait déjà été porté sur un registre conservé par une autorité française. ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 2-1 du décret n°65-422 du 1er juin 1965 portant création d'un service central d'état civil au ministère des affaires étrangères : " Le service central de l'état civil tient les registres des actes prévus aux articles 98 à 98-2 du code civil ".

4. Enfin, aux termes de l'article 2 du décret n° 2017-890 du 6 mai 2017 relatif à l'état civil : " () les officiers de l'état civil du service central d'état civil exercent leurs fonctions sous le contrôle du procureur de la République du lieu où est établi ce service ".

5. Les litiges relatifs à la transcription et la délivrance d'acte d'état civil français des personnes nées à l'étranger, qui acquièrent ou recouvrent la nationalité française, relèvent de l'activité du service central d'état civil au ministère des affaires étrangères en matière d'état civil, laquelle est placée sous le contrôle de l'autorité judiciaire. Ils ressortissent en conséquence à la compétence des juridictions judiciaires.

6. Il s'ensuit que la demande présentée par M. A B tendant à ce que le tribunal administratif enjoigne au préfet de l'Oise de délivrer un acte de naissance à la fille de son épouse, D F, alors qu'au demeurant l'intéressé ne démontre pas avoir la qualité de représentant légal de cette dernière, relève en tout état de cause, alors qu'il est soutenu que l'intéressée a été naturalisée française tout en étant née en 2008 au Cameroun, du champ d'application de l'article 98 du code civil et, en application de ce qui vient d'être dit au point précédent, de la compétence de la juridiction judiciaire. Cette demande doit donc être rejetée comme portée devant une juridiction manifestement incompétente pour en connaître.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E A B.

Fait à Amiens, le 10 juillet 2025.

Le président de la 3ème chambre,

signé

S. Thérain

La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°2502124

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