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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2502135

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2502135

jeudi 12 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2502135
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantQUENNEHEN-TOURBIER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens a été saisi par M. B d'un recours en excès de pouvoir contre un arrêté du 16 mai 2025 de la préfète de l'Aisne l'assignant à résidence pour 45 jours. Le requérant invoquait notamment l'incompétence du signataire, un défaut de motivation et une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir. Le tribunal a constaté que l'arrêté initial était entaché d'une imprécision sur les horaires d'assignation, mais que la préfète avait régularisé la situation par un nouvel arrêté du 2 juin 2025 fixant une obligation de pointage quotidienne. La solution retenue est le rejet de la requête, le juge estimant que les moyens soulevés n'étaient pas fondés au regard des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 mai 2025, M. A B, représenté par Me Tourbier, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 16 mai 2025 par lequel la préfète de l'Aisne l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son avocat, Me Tourbier, en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence dès lors qu'il n'est pas établi que son signataire bénéficiait à cet effet d'une délégation de signature de la préfète de l'Aisne ;

- cet arrêté est insuffisamment motivé ;

- cet arrêté a été pris au terme d'une procédure méconnaissant le droit d'être entendu consacré par le droit de l'Union européenne ;

- cet arrêté est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- cet arrêté est disproportionné, porte une atteinte excessive à son droit d'aller et venir et à son droit au respect de sa vie privée et familiale, méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- cet arrêté méconnaît les stipulations du point 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2025, la préfète de l'Aisne conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à l'annulation de l'arrêté attaqué en tant qu'il omet de préciser que M. B est assigné à résidence de 9 h à 11 h à son domicile.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué comportant une erreur de plume dès lors qu'il ne mentionne pas l'heure à partir de laquelle M. B est assigné à résidence à son domicile, elle sollicite la modification de celui-ci en indiquant que l'intéressé est assigné à résidence de 9 heures à 11 heures à son domicile ou, à défaut d'annuler l'arrêté attaqué en tant qu'il le contraint à être assigné à résidence la " mâtinée jusqu'à 11 heures " ;

- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.

La préfète de l'Aisne a produit un arrêté du 2 juin 2025, enregistré le même jour, assignant, à compter de sa notification, M. B à résidence pour une durée de quarante-cinq jours de 9 heures à 11 heures et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure consistant en une obligation quotidienne de pointage, y compris les dimanches et jours fériés, à 14 heures au commissariat de police de Saint-Quentin.

M. B a produit des pièces complémentaires, enregistrées les 2 et 3 juin 2025.

M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 25 % par décision du 4 juin 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif d'Amiens a désigné M. Lapaquette pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues à l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lapaquette, magistrat désigné ;

- et les observations de Me Delort, représentant M. B, également présent, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens, et soutient en outre que les nombreuses erreurs de plume affectant tant l'arrêté attaqué que la lettre d'accompagnement de celui-ci révèle un défaut d'examen sérieux de la situation de M. B ; que, contrairement à ce que fait valoir la préfète de l'Aisne, il n'appartient pas au juge administratif de rectifier une décision de l'administration ; qu'alors que M. B, qui réside en France depuis plusieurs années en compagnie de son épouse et de leurs trois enfants et exerce la profession de maçon pour subvenir aux besoins de sa famille, ne présente pas un risque de fuite ; que les obligations de pointage au commissariat de police de Saint-Quentin tous les jours, y compris les dimanches et jours fériés, à 14 heures et à 17 heures sont excessives et portent une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et à son droit au respect de sa vie privée et familiale ; que ses mêmes obligations méconnaissent l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant dès lors que ni lui ni son épouse ne peuvent plus accompagner leurs enfants à l'école qui ne peuvent, compte tenu de leurs jeunes âges, s'y rendre seuls.

La préfète de l'Aisne n'était ni présente ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant tunisien, né le 15 novembre 1989, déclare être entré sur le territoire français le 24 janvier 2016. Par un arrêté du 26 janvier 2024, le préfet de l'Aisne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé la Tunisie comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Le recours contentieux exercé par l'intéressé à l'encontre de cet arrêté a été rejeté par un jugement du 30 septembre 2024 du présent tribunal. M. B a fait l'objet le 16 mai 2025 d'un arrêté portant assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours et fixant les modalités d'exécution de cette mesure, dont il demande l'annulation.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 25 % par décision du 4 juin 2025. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur ses conclusions à fin d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur l'étendue du litige :

3. Par un arrêté du 2 juin 2025, communiqué au requérant par le greffe du tribunal le même jour, dont le requérant a accusé réception le 4 juin 2025 à 9h11 et devant, par suite, être regardé comme ayant été notifié à l'intéressé à cette dernière date, la préfète de l'Aisne a, à compter de la notification dudit arrêté, assigné M. B à résidence pour une durée de quarante-cinq jours de 9 heures à 11 heures et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure consistant en une obligation quotidienne de pointage, y compris les dimanches et jours fériés, à 14 heures au commissariat de police de Saint-Quentin. Cet arrêté doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement abrogé l'arrêté attaqué du 16 mai 2025 pour la durée restant à courir de l'assignation à résidence initiale et de ses modalités d'exécution. Dès lors que l'arrêté du 16 mai 2025 a reçu exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation n'est pas devenue définitive, il y a toujours lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par M. Alain Ngouoto, secrétaire général de la préfecture de l'Aisne, lequel disposait pour ce faire d'une délégation de signature de la préfète du 25 novembre 2024 régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ".

6. L'arrêté assignant M. B à résidence vise les textes dont il fait application, notamment le 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et précise que l'intéressé a fait l'objet d'une décision du 26 janvier 2024 portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, notifiée le 5 février suivant, pour laquelle le délai de départ volontaire était expiré et que le recours contentieux exercé par M. B à l'encontre de cette décision a été rejeté par un jugement du 30 septembre 2024 du présent tribunal. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué, qui n'avait pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments afférents à la situation de M. B, mentionne avec une précision suffisante les circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement pour mettre utilement l'intéressé en mesure de discuter les motifs de cet arrêté et le juge d'exercer son contrôle. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

7. En troisième lieu, si M. B peut se prévaloir de la méconnaissance de son droit d'être entendu, lequel fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, il se borne à faire valoir, sans aucune autre précision utile, que la décision méconnaît son droit d'être entendu, sans indiquer quelle information pertinente il aurait pu communiquer à la préfète pour influer sur le sens de la décision, et sans même alléguer qu'il aurait été empêché de le faire. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'arrêté du 26 janvier 2024 du préfet de l'Aisne, que M. B, qui a sollicité la délivrance d'un titre de séjour, a été mis à même, pendant la procédure d'instruction de sa demande de titre de séjour, de présenter, s'il l'estimait utile, tous éléments d'information ou arguments de nature à influer sur le contenu des décisions administratives susceptibles d'être prises à son encontre. Par suite, le moyen doit être écarté.

8. En quatrième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué ni d'aucune autre pièce du dossier que la situation personnelle de M. B n'ait été dûment prise en considération. Les seules circonstances que, d'une part, la lettre accompagnant l'arrêté attaqué comporte des erreurs quant aux jours et horaires de pointage de l'intéressé par rapport à ceux imposés par l'arrêté attaqué et, d'autre part, que ce dernier ne mentionne pas l'heure de début mais seulement l'heure de fin, fixée à 11 heures, de la période pendant laquelle l'intéressé doit rester à son domicile, pour regrettables qu'elles soient, ne peuvent être regardées que comme des erreurs de plume ne révélant pas pour autant un défaut d'examen de la situation du requérant. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.

9. En cinquième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable () ". Aux termes de l'article R. 733-1 de ce code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".

10. D'autre part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".

11. D'une part, si une décision d'assignation à résidence prise en application des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit comporter les modalités de contrôle permettant de s'assurer du respect de cette obligation et, notamment, préciser le service auquel l'étranger doit se présenter et la fréquence de ces présentations, ces modalités de contrôle sont divisibles de la mesure d'assignation elle-même. D'autre part, les mesures contraignantes prises par le préfet sur le fondement des dispositions précitées à l'encontre d'un étranger assigné à résidence, qui limitent l'exercice de sa liberté d'aller et venir, doivent, dans cette mesure, être nécessaires, adaptées et proportionnées à l'objectif qu'elles poursuivent, à savoir s'assurer du respect de l'interdiction faite à l'étranger de sortir du périmètre dans lequel il est assigné à résidence.

12. Premièrement, alors que la mention de l'heure de début de la période pendant laquelle M. B doit rester à son domicile jusqu'à 11 h n'est pas mentionnée, une telle omission résulte d'une erreur purement matérielle, dès lors que l'épouse du requérant faisant également l'objet d'une assignation à résidence du 21 mai 2025, notifiée le 26 mai suivant, pour une durée de quarante-cinq jours, est obligée de rester au domicile familial de 9 h à 11 h, la préfète ayant nécessairement entendu imposer une présence de l'intéressé à son domicile de 9 h à 11 h. Le requérant n'est, par conséquent, pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaitrait pour ce motif les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 9 du présent jugement ni les stipulations internationales citées au point 10. Par ailleurs, cette erreur de plume, pour regrettable qu'elle soit, a été rectifiée à compter de la date de notification de l'arrêté du 2 juin 2025 de la préfète de l'Aisne cité au point 3 du présent jugement, de sorte qu'il n'y a pas lieu de procéder à cette rectification demandée par la préfète de l'Aisne ni d'annuler l'arrêté attaqué sur ce point.

13. Deuxièmement, l'arrêté attaqué assigne à résidence M. B de 9h à 11h dans les locaux où il réside à Saint-Quentin, lui fait obligation de se présenter au commissariat de police de sa commune de résidence, situé au 7 avenue du Général de Gaulle, tous les jours, y compris les dimanches et jours fériés, à 14h et 17h, et lui interdit de quitter l'arrondissement de Saint-Quentin, pour une durée de quarante-cinq jours. Si M. B soutient que ces modalités d'exécution définies par l'arrêté attaqué ne lui permettent pas d'accompagner et d'aller chercher ses trois enfants à l'école, il ressort toutefois des pièces du dossier que ceux-ci sont scolarisés au sein du même établissement scolaire, lequel n'est distant que de 110 mètres du domicile familial, selon un emploi du temps dont il ressort que les cours du matin s'étalent de 8h25 ou 8h30 à 11h40 ou 11h45 et ceux de l'après-midi de 13h40 ou 13h45 à 16h25 ou 16h30, que le commissariat auquel doit se présenter quotidiennement M. B est situé à 2 kilomètres seulement de son domicile et que Mme B, si elle doit rester au domicile familial de 9 h à 11 h, est astreinte à pointer une seule fois par jour à 14 heures. En outre, le requérant n'établit ni même n'allègue ne pas disposer d'un véhicule. De plus, par son arrêté précité du 2 juin 2025, la préfète de l'Aisne a abrogé, à compter de la notification de cet arrêté, les modalités d'exécution de l'assignation à résidence du 16 mai 2025 pour la durée restant à courir de celle-ci s'agissant notamment de la fréquence des pointages quotidiens de M. B qui doit désormais se présenter une seule fois par jour, à 14 heures, au commissariat de Saint-Quentin. Si M. B fait, par ailleurs, valoir que l'ensemble de restrictions l'empêche d'exercer son emploi de maçon, il n'établit pas être autorisé à exercer une activité professionnelle et en raison même de la mesure d'éloignement du 26 janvier 2024, dont il a été jugé le 30 septembre 2024 par le présent tribunal puis le 30 décembre 2024 par le président de la 4ème chambre de la Cour administrative d'appel de Douai que M. B n'était pas fondé à demander l'annulation, il n'a pas vocation à poursuivre son activité professionnelle. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que les modalités d'application de l'assignation à résidence attaquée sont disproportionnées, méconnaissent les dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, son droit d'aller et venir ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle.

14. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et

L. 761-1 du code de justice administrative :

15. Les dispositions visées ci-dessus font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas partie perdante à la présente instance, verse à M. B la somme qu'il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission de

M. B au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Tourbier et à la préfète de l'Aisne.

Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2025.

Le magistrat désigné,

signé

A. Lapaquette

La greffière,

signé

S. Fortier

La République mande et ordonne à la préfète de l'Aisne, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

No 2502135

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