lundi 30 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2502239 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 juin 2025, Mme A B demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la décision du 13 mai 2025 par laquelle le maire de la commune de Roye aurait prononcé à son encontre une sanction d'exclusion temporaire de fonction d'un mois.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la sanction qui lui a été infligée porte atteinte à sa situation financière et personnelle ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, dès lors qu'elle méconnait l'article 19 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ainsi que les dispositions du décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 en l'absence d'entretien préalable ;
- la décision contestée est entachée d'un vice de procédure, dès lors que, d'une part, elle n'a pas été informée de l'engagement d'une procédure disciplinaire et que, d'autre part, elle n'a pas été mise à même de présenter ses observations ;
- les faits qui lui sont reprochés sont matériellement inexacts.
La présidente du tribunal a désigné M. Thérain, vice-président pour statuer sur les demandes de référés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes, d'une part, du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Selon son article R. 522-1 : " () A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ".
2. A l'appui de sa demande tendant à la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le maire de la commune de Roy aurait prononcé à son encontre une sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'un mois, Mme B se borne à produire un courrier du 12 mai 2025 l'informant de l'engagement d'une procédure disciplinaire à son encontre, tandis qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la sanction envisagée soit ultérieurement intervenue. Par suite, en l'état des écritures de la requérante, sa requête, dont la copie du recours en annulation n'est au demeurant pas jointe, tend à la suspension d'exécution d'une décision dont l'existence matérielle n'est pas rapportée, et est, par conséquent, manifestement irrecevable.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B est manifestement irrecevable et doit, dès lors, être rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Amiens, le 30 juin 2025.
Le président de la 3ème chambre,
Juge des référés
Signé
S. Thérain
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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