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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-1901904

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-1901904

vendredi 12 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-1901904
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantDAVID

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement du 16 mars 2022, le tribunal administratif de Toulon a ordonné, avant dire droit, une expertise en vue de se faire communiquer les documents utiles à sa mission, procéder à l'examen médical de l'intéressé, décrire son état de santé actuel et les lésions en lien avec la rechute du 28 février 2017 de l'accident survenu le 28 mars 2011, et de donner tous les éléments utiles pour déterminer la date de consolidation des séquelles de cette rechute et des taux d'incapacité permanente partielle résultant respectivement de l'accident initial et de la rechute.

Le rapport d'expertise du docteur A a été enregistré au greffe le 11 juillet 2023.

Par un courrier du 31 octobre 2023, les parties ont été invitées à produire des observations dans un délai d'un mois, en application des dispositions de l'article R. 621-9 du code de justice administrative.

Par un mémoire enregistré le 16 décembre 2023, et non communiqué en application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative, M. C a déposé des observations.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance du 25 octobre 2023, par laquelle la présidente du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par le docteur A.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Martin, rapporteure,

- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique,

- les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. D C, alors adjoint technique territorial de la région Provence Alpes Côte d'Azur, a été victime le 28 mars 2011 d'un accident de la circulation alors qu'il circulait à moto et a subi une blessure à la cheville. Par arrêté du 5 août 2014, le caractère imputable au service de l'accident a été reconnu. Le 28 février 2017, M. C a été victime d'une rechute. Par arrêté du 19 juillet 2017, l'imputabilité de la rechute à l'accident de trajet du 28 mars 2011 a été reconnue. Au vu d'un rapport d'expertise du 26 septembre 2018, par arrêté du 25 octobre 2018, le président de la région Provence Alpes Côte d'Azur a estimé que la rechute était consolidée le 26 septembre 2018 avec un taux d'incapacité permanente partielle de 6%, a décidé que l'intéressé serait placé en congé pour rechute de l'accident de trajet et conserverait l'intégralité de son traitement pendant la durée du congé, soit jusqu'au 30 août 2018 inclus, que les honoraires médicaux et frais directement entraînés par l'accident seraient remboursés sur présentation de justificatifs, sous réserve de leur utilité et de leur lien avec la rechute de l'accident, jusqu'au 26 mars 2019 inclus, et que les arrêts de travail présentés après la date de consolidation seraient traités selon les règles applicables en matière de maladie ordinaire. Par sa requête, M. C demande l'annulation de cet arrêté et de la décision implicite par laquelle la région a rejeté son recours gracieux du 7 février 2019.

2. Par un jugement du 16 mars 2022, le tribunal administratif de Toulon, qui s'est prononcé sur la fin de non-recevoir opposée en défense et a écarté le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte, a ordonné, avant dire droit, une expertise en vue de faire communiquer à l'expert les documents utiles à sa mission, procéder à l'examen médical de l'intéressé, décrire son état de santé actuel et les lésions en lien avec la rechute du 28 février 2017 de l'accident survenu le 28 mars 2011, et de donner tous les éléments utiles pour déterminer la date de consolidation des séquelles de cette rechute et des taux d'incapacité permanente partielle résultant respectivement de l'accident initial et de la rechute.

Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :

3. La date de consolidation de l'état de santé correspond au moment où l'état de santé est stabilisé, ce qui permet d'évaluer l'incapacité permanente en résultant, elle est donc sans incidence sur la persistance de l'affection dont peut souffrir la victime.

4. Il ressort des pièces du dossier que le rapport d'expertise du docteur B du 26 septembre 2018, qui a servi de base à l'arrêté du 25 octobre 2018, a conclu à la fixation de la consolidation de l'état de M. C au 26 septembre 2018 avec un taux d'incapacité permanente partielle de 6%.

5. Pour contredire ces éléments, M. C produit de nombreux certificats médicaux et comptes rendus d'examen établissant le suivi médical dont il bénéficie depuis 2017. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et notamment du rapport d'expertise déposé le 11 juillet 2023 par le docteur A que de tels éléments sont insuffisants pour fixer une date de consolidation différente de celle du 26 septembre 2018, soit un an après l'opération chirurgicale de M. C résultant de sa rechute du 28 février 2017. Si M. C produit également un courrier du docteur E sur l'expertise médicale du 26 septembre 2018 qui énonce que le taux d'IPP devrait être fixé à 8%, cet écrit n'est étayé d'aucune précision. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu d'estimer que le président de la région Provence Alpes Côte d'Azur a inexactement apprécié tant la date de consolidation de l'état de santé de M. C en la fixant au 26 septembre 2018 que le taux de 6% d'incapacité permanente partielle.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 25 octobre 2018 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux née le 7 avril 2019, ainsi que par voie de conséquence les conclusions présentées à fin d'injonction, doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

7. En premier lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. C au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la région Provence Alpes Côte d'Azur qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.

8. En second lieu, les dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que les frais d'expertise soient mis à la charge de la région Provence Alpes Côte d'Azur qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente affaire. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge définitive de M. C les frais de l'expertise ordonnée par le jugement du 16 mars 2022, liquidés et taxés par ordonnance de la présidente du tribunal du 25 octobre 2023 à la somme de 2 112 euros T.T.C.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Les frais d'expertise taxés à la somme de 2 112 euros T.T.C. sont mis à la charge définitive de M. C.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et à la région Provence Alpes Côte d'Azur.

Copie en sera adressée pour information au docteur A et à la Caisse primaire d'assurance maladie du Var.

Délibéré après l'audience du 22 décembre 2023 à laquelle siégeaient :

J.-F. Sauton, président,

B. Quaglierini, premier conseiller,

K. Martin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 janvier 2024.

La rapporteure,

Signé

K. Martin

Le président,

Signé

J.-F. Sauton

La greffière,

Signé

B. Ballestracci

La République mande et ordonne au préfet de la région Provence Alpes Côte d'Azur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

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