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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-1903489

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-1903489

jeudi 6 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-1903489
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantAGOSTINI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoires, enregistrés le 24 septembre 2019 et le 25 octobre 2019, l'EURL Vins Chevron Villette, représentée par la SELARL Eric Agostini et Associés et Me Hugues de Lacoste Lareymondie, demande au tribunal :

1°) d'annuler la lettre d'injonction du 23 juillet 2019 émanant de la direction régionale de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la procédure de contrôle menée dans les locaux de l'exploitation est irrégulière dès lors qu'aucun procès-verbal n'atteste du respect des horaires de contrôle fixés à l'article L. 512-5 du code de la consommation ;

- la procédure en cause méconnaît le principe constitutionnel de séparation des pouvoirs dès lors que l'administration en charge des poursuites ne pouvait définir de sa propre initiative l'élément légal de l'infraction ;

- les dispositions de l'article 55 du règlement délégué (UE) n° 2019-33 et de l'article 5 du décret n° 2012-655 ont été inexactement interprétées et appliquées ;

- l'injonction en tant qu'elle portait sur l'indication de l'embouteilleur a été admise et n'est pas en débat ;

- la mention " Tropez " sur les étiquettes critiquées ne constitue pas une référence à une unité géographique plus petite au sens de l'article 55 §3 du règlement délégué (UE) n° 2019-33 ;

- la DIRECCTE PACA s'est conformée à une circulaire normative adressées le 22 juin 2018 par la DIRECCTE de Nouvelle-Aquitaine et la délégation territoriale Aquitaine Poitou-Charente de l'institut national de l'origine et de la qualité ;

- la DIRECCTE PACA a méconnu la définition donnée à la notion d'unité géographique plus petite ou plus grande par les jurisprudences de la Cour de justice de l'Union européenne, de la Cour de cassation et des tribunaux de grande instance de Paris et de Bordeaux ;

- l'emprunt d'un nom géographique pour désigner un vin ne relève pas du régime des pratiques commerciales trompeuses de l'article L. 121-2 du code de la consommation dès lors que le procédé n'a pas été de nature à induire le consommateur et à affecter son comportement économique ;

- l'identification d'une identité géographique à partir des allusions au mythe de Saint-Tropez sur les étiquettes critiquées relève d'un procès d'intention qui s'appuie sur une description tendancieuse de ces étiquettes ;

- la mention d'appellation " Côtes de Provence " est parfaitement lisible.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2020, le préfet de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Un mémoire présenté pour l'EURL Vins Chevron Villette le 9 septembre 2022 n'a pas été communiqué en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (CE) n° 607/2009 de la Commission du 14 juillet 2009 fixant certaines modalités d'application du règlement (CE) n° 479/2008 du Conseil en ce qui concerne les appellations d'origine protégées et les indications géographiques protégées, les mentions traditionnelles, l'étiquetage et la présentation de certains produits du secteur vitivinicole ;

- le règlement délégué (CE) n° 2019/33 de la Commission du 17 octobre 2018 ;

- le code de la consommation ;

- le décret n° 2012-655 du 4 mai 2012 relatif à l'étiquetage et à la traçabilité des produits vitivinicoles et à certaines pratiques œnologiques ;

- le décret n° 2013-195 du 5 mars 2013 modifié relatif à l'appellation d'origine contrôle " Côtes de Provence " ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Silvy, premier conseiller,

- les conclusions de Mme Sylvie Wustefeld, rapporteure publique,

- et les observations de Me De Lacoste, représentant l'EURL Vins Chevron Villette.

Considérant ce qui suit :

1. L'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Vins Chevron Villette exerce une activité viticole au domaine de la Reillanne au Cannet-des-Maures. Les services de la brigade interrégionale d'enquête et spiritueux (BIEVS) de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur ont procédé à un contrôle dans ses locaux le 4 juin 2019 portant sur les différents conditionnements des vins commercialisés sous la marque " Do you Tropez ' ". Suite à cette visite, les agents chargés de ce contrôle ont fait usage des dispositions de l'article L. 521-10 du code de la consommation et ont adressé une " lettre de pré-injonction de vous conformer à vos obligations " à l'EURL Vins Chevron Villette à laquelle était joint le rapport de contrôle du 4 juin 2019. Ce courrier faisait état du constat de deux irrégularités, la première relative au recours à la précision " Tropez " en méconnaissance des articles 55 et 58 du règlement délégué n° 2019/33 de la Commission du 17 octobre 2018 et de l'article 5 du décret

n° 2012-655 du 4 mai 2012 relatif à l'étiquetage et à la traçabilité des produits vitivinicoles et à certaines pratiques œnologiques. Ils ont également estimé qu'étaient méconnues les dispositions de l'article 46 du règlement délégué (UE) n° 2019/33 de la Commission du 17 octobre 2018, relatives à l'indication de l'embouteilleur. Cette lettre invitait la société à supprimer les étiquetages des vins commercialisés avec la marque " Do you Tropez ' ", la référence à l'unité géographique " Tropez " sous toutes ces formes pour les millésimes 2016 à 2019 et à apposer une indication relative à l'embouteilleur ou au conditionneur conforme à la réglementation. La société a exercé son droit à présenter des observations par un courrier du 17 juillet 2019, lesquelles observations n'ont pas modifié la position de la BVS. Suite à quoi, les inspecteurs de la DIRECCTE chargés de ce contrôle ont pris une mesure de police administrative définitive par un courrier du 23 juillet 2019 portant injonction à l'EURL Vins Chevron Villette de se conformer aux dispositions réglementaires précités avant le 26 août 2019 au plus tard.

Sur la légalité externe de la décision attaquée :

2. Aux termes de l'article L. 512-5 du code de la consommation : " Les agents habilités peuvent opérer sur la voie publique. / Entre 8 heures et 20 heures, ils peuvent pénétrer dans les lieux à usage professionnel ou dans les lieux d'exécution d'une prestation de service, ainsi qu'accéder à tous moyens de transport à usage professionnel. / Ils peuvent également pénétrer en dehors de ces heures dans ces mêmes lieux ou accéder à ces mêmes moyens de transport, lorsque ceux-ci sont ouverts au public ou lorsqu'à l'intérieur de ceux-ci sont en cours des activités de production, de fabrication, de transformation, de conditionnement, de transport ou de commercialisation. ". Aux termes de l'article L. 512-2 de ce code : " Les infractions et les manquements sont constatés par des procès-verbaux, qui font foi jusqu'à preuve contraire. ". Et aux termes de l'article R. 512-1 du même code : " Les procès-verbaux constatant une infraction ou un manquement établis par les agents habilités énoncent la nature, la date et le lieu des constatations ou des contrôles effectués. / Ils sont signés par les agents ayant procédé aux constatations ou au contrôle. ".

3. En premier lieu, l'EURL Vins Chevron Villette fait valoir que le contrôle conduit le

4 juin 2019 par les agents de la brigade interrégionale d'enquête et spiritueux de la DIRECCTE PACA a donné lieu à la rédaction d'un rapport de contrôle qui n'indique pas la période de temps au cours de laquelle ils sont intervenus. Il ressort toutefois des pièces du dossier que les deux agents de la DIRECCTE ont dressé un procès-verbal régulier de déclaration et de prise de copie de documents au siège de la société requérante, lequel document indique un début des opérations de contrôle à 10h45 et une fin des opérations à 11h30. Les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 512-5, L. 512-2 et R. 512-1 du code de la consommation précitée sont, par suite, manquants en fait et doivent être écartés.

Sur la légalité interne de la décision attaquée :

4. Aux termes de l'article 67 du règlement (CE) n° 607/2009 de la Commission du 14 juillet 2009 fixant certaines modalités d'application du règlement (CE) n° 479/2008 du Conseil en ce qui concerne les appellations d'origine protégées et les indications géographiques protégées, les mentions traditionnelles, l'étiquetage et la présentation de certains produits du secteur vitivinicole : " 1. En ce qui concerne l'article 60, paragraphe 1, point g), du règlement (CE) n° 479/2008, et sans préjudice des articles 55 et 56 du présent règlement, le nom d'une unité géographique et les références d'une zone géographique peuvent figurer uniquement sur les étiquettes des vins bénéficiant d'une appellation d'origine protégée ou d'une indication géographique protégée ou d'une indication géographique d'un pays tiers. / 2. En cas d'utilisation du nom d'une unité géographique plus petite que la zone qui est à la base de l'appellation d'origine ou de l'indication géographique, l'aire de l'unité géographique en question est délimitée avec précision. Les États membres peuvent établir des règles concernant l'utilisation de ces unités géographiques. Au moins 85 % des raisins à partir desquels le vin a été produit proviennent de cette unité géographique plus petite. Les 15 % de raisins restants proviennent de la zone géographique délimitée de l'appellation d'origine ou de l'indication géographique concernée. / Les États membres peuvent décider, dans le cas des marques commerciales enregistrées ou des marques commerciales établies par l'usage avant le 11 mai 2002 qui contiennent ou consistent en un nom d'une unité géographique plus petite que la zone qui est à la base de l'appellation d'origine ou de l'indication géographique et des références à la zone géographique des États membres concernés, de ne pas appliquer les exigences énoncées dans les troisième et quatrième phrases du premier alinéa () ". Aux termes de l'article 70, paragraphe 1, du même règlement : " Pour les vins bénéficiant d'une appellation d'origine protégée ou d'une indication géographique protégée produits sur leur territoire, les indications visées aux articles 61, 62 et 64 à 67 peuvent être rendues obligatoires, interdites ou limitées en ce qui concerne leur utilisation par l'introduction de conditions plus strictes que celles fixées dans le présent chapitre au moyen des cahiers des charges correspondant à ces vins () ". Et aux termes de l'article 55 du règlement délégué (CE) 2019/33 de la Commission du 17 octobre 2018 : " 1. Conformément à l'article 120, paragraphe 1, point g), du règlement (UE) n° 1308/2013, et sans préjudice des articles 45 et 46, seul un produit de la vigne bénéficiant d'une appellation d'origine protégée, d'une indication géographique protégée ou d'une indication géographique d'un pays tiers peut comporter sur son étiquette une référence au nom d'une unité géographique qui est plus petite ou plus grande que la zone de cette appellation d'origine ou de cette indication géographique. / 2. Lorsqu'il est fait référence aux noms des unités géographiques qui sont plus petites que la zone qui est à la base de l'appellation d'origine ou de l'indication géographique, le demandeur délimite avec précision la zone de l'unité géographique en question dans le cahier des charges du produit et le document unique. Les États membres peuvent établir des règles concernant l'utilisation de ces unités géographiques. / En ce qui concerne les produits de la vigne élaborés dans une unité géographique plus petite, les dispositions suivantes s'appliquent : / a) au moins 85 % des raisins à partir desquels le produit de la vigne a été élaboré proviennent de cette unité géographique plus petite. () / b) les raisins restants utilisés dans la production proviennent de la zone géographique délimitée de l'appellation d'origine ou de l'indication géographique concernée. () ".

5. L'article 67, paragraphe 2, du règlement (CE) n° 607/2009 habilite spécifiquement les États membres à adopter des règles concernant l'utilisation des noms d'unités géographiques plus petites que l'aire de l'appellation ou de l'indication de référence, à condition toutefois que l'aire de l'unité géographique en question soit précisément délimitée, indépendamment de la faculté, prévue à l'article 70, paragraphe 1, de ce règlement, d'introduire dans les cahiers des charges des appellations d'origine protégées (AOP) et des indications géographiques protégées (IGP) des conditions d'utilisation des mentions facultatives d'étiquetage des vins plus restrictives que celles prévues par les articles 61, 62 et 64 à 67 du même règlement.

6. Aux termes de l'article 5 du décret du 4 mai 2012 relatif à l'étiquetage et à la traçabilité des produits vitivinicoles et à certaines pratiques œnologiques, entré en vigueur le 1er juillet 2012, pris en application de l'article 67 du règlement n° 607/2009 : " L'étiquetage des vins bénéficiant d'une appellation d'origine protégée ou d'une indication géographique protégée peut mentionner le nom d'une unité géographique plus petite que la zone qui est à la base de l'appellation d'origine protégée ou de l'indication géographique protégée si les conditions suivantes sont remplies : / a) Tous les raisins à partir desquels ces vins ont été obtenus proviennent de cette unité plus petite ; / b) Cette possibilité est prévue dans le cahier des charges de l'appellation d'origine protégée ou de l'indication géographique protégée () ". Aux termes de l'article 30 du même décret : " Les vins mis sur le marché ou étiquetés jusqu'au 30 juin 2013 et qui sont conformes aux dispositions en vigueur jusqu'au 1er juillet 2012 peuvent être commercialisés jusqu'à épuisement de leur stock ".

7. Il résulte des dispositions des articles 5 et 30 du décret du 4 mai 2012, pris en application de l'article 67 du règlement (CE) n° 607/2009 de la Commission, que la réglementation qu'elles édictent pour l'usage, sur l'étiquetage des vins bénéficiant d'une AOP ou d'une IGP, de noms d'unités géographiques plus petites que l'aire de l'appellation ou de l'indication de référence, s'appliquent aux vins étiquetés après le 30 juin 2013 et font obstacle à l'usage de noms d'unités géographiques plus petites non prévues par le cahier des charges de l'appellation ou l'indication géographique concernée. Au demeurant, ce n'est que par le biais des dispositions de ce cahier des charges que peut être effectuée la délimitation précise de l'aire de l'unité géographique en cause, telle qu'elle est exigée par le même article 67 pour permettre l'utilisation de la dénomination géographique correspondante sur les étiquettes des vins. Il résulte également de ce qui précède qu'il n'y a pas lieu de saisir la cour de justice de l'Union européenne d'une question préjudicielle en interprétation des dispositions claires de l'article 55 précité du règlement 2019/33 lesquelles n'affectent pas la marge d'appréciation des États membres pour la détermination ou le refus de détermination d'unités géographiques plus petites au sein d'une appellation.

8. Aux termes de l'article L. 521-10 du code de la consommation : " Lorsqu'il est constaté que tout ou partie des produits n'est pas conforme à la réglementation en vigueur, les agents habilités peuvent en ordonner la mise en conformité, aux frais de l'opérateur, dans un délai qu'ils fixent. Si la mise en conformité n'est pas possible, l'autorité administrative peut ordonner par arrêté l'utilisation à d'autres fins, la réexportation ou la destruction des produits dans un délai qu'elle fixe. / Ces mesures s'appliquent, le cas échéant, à l'ensemble des produits, y compris les éléments qui ne sont plus sous le contrôle direct de l'opérateur à qui elles incombent ".

9. En premier lieu, il est constant que le décret n° 2013-195 du 5 mars 2013 modifié relatif à l'appellation d'origine contrôle " Côtes de Provence " ne désigne que quatre unités géographiques plus petites au sens des dispositions précitées qui sont " Sainte-Victoire ", " Fréjus ", " Pierrefeu " et " La Londe ". Il n'est ni établi ni même allégué que les vins commercialisés sous la marque " Do you Tropez ' " par la société requérante résulteraient de la vinification de raisins provenant exclusivement de vignes situées sur le territoire de la commune de Saint-Tropez. Il ressort des pièces du dossier que la mention " Tropez " figurait sur les différents conditionnements des vins relevant de l'appellation " Côtes de Provences " et que les références visuelles sur ces contenants et les différentes étiquettes employées pour les bouteilles constituent des références de la culture populaire associées à la commune de Saint-Tropez, au nombre desquelles le clocher de l'église et le phare du port de cette commune. Une lecture d'ensemble de ces différentes étiquettes et de ces conditionnements conduit nécessairement le consommateur à identifier le golfe de Saint-Tropez comme étant la provenance géographique de ces vins, sans qu'une telle indication soit permise par les dispositions du règlement (CE) n° 607/2009 et du décret du 4 mai 2012. C'est, par suite, par une exacte appréciation des faits que les agents de la DIRECCTE PACA ont estimé que ces références à la commune de Saint-Tropez constituaient un usage de noms d'unités géographiques plus petites que l'aire de l'AOP " Côtes de Provence ", au sens des dispositions du règlement n° 607/2009, non prévu par le cahier des charges de cette appellation et susceptible d'induire le consommateur en erreur. Les moyens tirés de ce que les agents de la DIRECCTE auraient fait une inexacte application des dispositions sus rappelées avant de mettre en œuvre, à bon droit, les prérogatives qu'ils tiraient de l'article L. 521-10 du code de consommation doivent, par suite, être écartés.

10. En second lieu, il résulte de ce qui précède que les agents de la DIRECCTE n'ont pas fait usage de prérogatives qu'ils ne tiraient d'aucun texte ni n'ont prononcé des sanctions dont ils auraient fixé eux-mêmes la base légale mais qu'ils ont exactement appliqué les dispositions relatives à l'information du consommateur dans le cadre d'appellations d'origine protégée. Dès lors, les moyens tirés d'une méconnaissance du principe constitutionnel de séparation des pouvoirs et de l'incompétence de ces agents pour adresser l'injonction de se conformer à la réglementation ne peuvent qu'être écartés.

Sur les frais de justice :

11. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

12. En vertu de ces dispositions, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par l'EURL Vins Chevron Villette doivent, par suite, être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de l'EURL VINS CHEVRON VILLETTE est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'EURL VINS CHEVRON VILLETTE et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie en sera adressée au directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi Provence-Alpes-Côte-d'Azur.

Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Harang, président,

M. Silvy, premier conseiller,

M. Lamarre, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.

Le rapporteur,

Signé

J.-A. SILVY

Le président,

Signé

Ph. HARANGLa greffière,

Signé

F. POUPLY

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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