mardi 6 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2000560 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CASTAGNON MERCURIO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 février 2020 et 22 décembre 2020, Mme G B, M. et Mme H K, représentés par Me Castagnon, demandent au Tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 août 2019 par laquelle le maire de la commune de Sanary-sur-Mer a délivré à Mademoiselle J A, M. I A et Mme L A un permis de construire une maison individuelle sur un terrain situé au 33 impasse de la Ciade et cadastré section 123 AL 2182, ensemble la décision du 16 janvier 2020 par laquelle le maire de la commune de Sanary-sur-Mer a délivré un permis de construire modificatif, ainsi que la décision du maire de la commune du 19 décembre 2019 de rejet explicite de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de tout succombant une somme de 2 000 euros à leur verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils disposent d'un intérêt à agir car Mme B est propriétaire de la parcelle cadastrée section AL n° 2803 formant le lot n°1 du lotissement dénommé parc sud ; le projet de construction va être édifié directement en face de la propriété de Mme B et la réalisation d'une toiture terrasse accessible va créer une vue directe sur son terrain ; M. et Mme K sont propriétaires d'un bien situé sur la parcelle située au nord-ouest de la parcelle objet du projet ;
- leur requête est recevable car ils ont respecté le délai de recours contentieux de deux mois, tant pour le permis de construire initial que pour le permis modificatif.
En ce qui concerne la légalité externe :
- la décision attaquée est illégale en raison de l'incompétence de l'auteur de l'acte ; la commune doit établir que l'arrêté de délégation à Mme C a fait l'objet des formalités de publicité et d'affichage.
En ce qui concerne la légalité interne :
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme car le plan de masse n'est pas coté dans les trois dimensions et cet élément est indispensable pour l'appréciation des dispositions de l'article UD 8 du règlement du plan local d'urbanisme ; le plan de masse du permis de construire modificatif fait apparaître quelques informations par rapport à la D du bâtiment mais le point le plus haut de la construction n'apparaît pas ; le dossier de permis de construire initial et le permis de construire modificatif ne contient pas le plan des clôtures ni le plan d'implantation du portail ; ces insuffisances ne pouvaient être palliées par aucune autre pièce du dossier ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article UD 4 du règlement du plan local d'urbanisme ; la desserte en eau potable est assurée par des canalisations appartenant à des particuliers sur lesquelles les pétitionnaires ne disposent d'aucune servitude ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article UD 8 du règlement du plan local d'urbanisme ; le bâtiment en projet va s'implanter à une distance inférieure à 3,43 mètres de la construction existante, en méconnaissance de ces dispositions ; le permis de construire modificatif indique que le nouveau bâtiment s'implantera à une distance de 3,15 mètres du bâtiment existant, ce qui est toujours insuffisant au regard des dispositions de l'article UD 8 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme ; le toit terrasse ne se justifie en rien et certainement pas par un intérêt évident de composition ; le plan des toitures révèle des toitures à deux pentes, à trois pentes et une toiture terrasse ; cette situation n'a aucun sens architectural et esthétique et contrevient même à l'esthétique des constructions typiquement provençales du quartier et contrevient aux dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- le permis de construire modificatif prévoit que les menuiseries et les volets blancs battants seront de couleur blanche mais il n'est pas spécifié s'il s'agit d'aluminium ou de bois ; seule la pergola fait l'objet d'une mention spécifique " menuiseries aluminium blanc et volets roulants aluminium blanc " ; la clôture sera réalisée avec des panneaux blancs de près de 2 mètres, qui ne peuvent être considérés comme présentant une unité d'aspect et de matériaux compatibles avec la tenue générale du quartier ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article UD 12 du règlement du plan local d'urbanisme ; les pétitionnaires doivent justifier de 6 places de stationnement pour le bâtiment existant et de 3 places pour le nouveau bâtiment ; en outre, les 3 places prévues au projet se bloquent entre elles et les véhicules ne pourront pas entrer et sortir librement ; la place située le plus au nord est le long de l'impasse de la Ciade ne pourra pas être utilisée car elle est inaccessible en raison de la configuration du portail rotatif.
Par des mémoires en défense enregistrés les 28 juillet 2020 et 2 février 2021, la commune de Sanary-sur-Mer, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et demande à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable au regard des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ; les requérants ne justifient pas suffisamment de la nature des préjudices susceptibles de résulter pour eux, compte tenu de la nature, de l'importance et de la localisation du projet ; en outre, Mme B, qui n'est pas propriétaire de la parcelle cadastrée section AL n° 2804 mais seulement de la parcelle cadastrée section AL n° 2803, ne dispose pas du statut de voisin immédiat du projet ;
- la requête est irrecevable car les requérants n'ont pas justifié de la notification de leur recours gracieux adressé à la commune le 22 octobre 2019 ; cette absence de notification n'a pas permis de proroger le délai de recours contentieux ; ainsi, la requête enregistrée le 18 février 2020 est tardive ;
- les moyens de la requête sont infondés.
Par des mémoires en défense enregistrés les 22 octobre 2020 et 7 février 2021, Mademoiselle J A, M. I A et Mme L A, représentés par Me Boukorras, concluent au rejet de la requête et demandent à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 3 500 euros à leur verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- la requête est irrecevable au regard des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ; les requérants ne justifient pas suffisamment de leur intérêt à agir ; le projet a été modifié afin de ne pas gêner la vue des consorts K ; ces modifications ont retardé le projet de plus de trois mois et ont entraîné un coût significatif ;
- les moyens de la requête sont infondés.
Par une ordonnance du 11 février 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 16 mars 2021 à 12 heures.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- l'ordonnance n° 2020-305 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 22 novembre 2022 :
- le rapport de M. F ;
- les conclusions de M. Cros rapporteur public ;
- les observations de Me Castagnon, représentant Mme B et autres ;
- les observations de Me Maubert, représentant la commune de Sanary-sur-Mer ;
- et les observations de Me Dragone, représentant les consorts A.
Une note en délibéré présentée par Me Boukorras pour les consorts A a été enregistrée le 28 novembre 2022.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les fins de non-recevoir :
S'agissant de l'intérêt à agir :
1. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les CT ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire () que si la construction () [est] de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Il appartient ensuite au juge de l'excès de pouvoir de former sa conviction sur la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
2. Les consorts K produisent à l'instance une attestation notariée en date du 2 juin 1992, prouvant qu'ils ont acquis de M. d'Allard le lot n° 3 du lotissement Parc Sud les parcelles cadastrées section AL n° 2183 et n° 2184 d'une superficie de 20a 50ca, et qu'ils sont propriétaires de la parcelle cadastrée AL n° 2183 jouxtant celle sur laquelle est localisé le projet de construction. Ils ont ainsi, eu égard à cette situation particulière, le statut de voisin immédiat de la construction projetée, ce qui n'est pas contesté en défense. Les consorts K font en outre état de la localisation du projet à proximité immédiate de leurs fonds, de sa consistance, en R+1 avec une ouverture à l'étage donnant sur leur propriété, et du préjudice de vue qui va en résulter, corroboré par un photomontage qu'ils ont réalisé et qu'ils produisent dans leurs écritures. Il ressort en outre des plans du permis de construire modificatif que la maison projetée présente une D d'environ 7 mètres au faîtage et se trouve à une distance de 4 mètres de la limite séparative de la propriété des consorts K. Ainsi, les requérants, en tant que voisins immédiats, font état d'éléments relatifs à l'importance et à la localisation de la future construction et ils disposent donc d'un intérêt à agir, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'intérêt à agir de Mme B, autre requérante.
S'agissant de la tardiveté de la requête :
3. En second lieu, aux termes de l'article R.600-1 du code de l'urbanisme : " En cas () de recours contentieux à l'encontre () d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir, () l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif ".
4. Il ressort des pièces du dossier que les requérants ont fourni la preuve de la notification de leur recours gracieux, dans le délai prescrit par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, à Mme J A, qui est la seule bénéficiaire du permis de construire à être désignée dans l'arrêté attaqué, et qui était donc la seule à laquelle cette notification devait être envoyée. En l'espèce, Mme J A n'a pas contesté avoir reçu cette notification et les consorts A n'opposent aucune fin de non-recevoir à ce titre. Par suite, et contrairement à ce que fait valoir la commune de Sanary-sur-Mer, le recours gracieux effectué le 21 octobre 2019, qui a fait l'objet d'une notification régulière, au regard des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, a permis de proroger le délai de recours contentieux. Le délai de recours contentieux a donc recommencé à courir à compter du 19 décembre 2019, date de la décision expresse de rejet de la commune, qui fait apparaître les voies et délais de recours. Ce délai a ainsi expiré le 20 février 2020. Ainsi, la requête introduite le 18 février 2020 n'est pas tardive et la fin de non-recevoir pour tardiveté de la requête doit être écartée.
5. Il résulte par conséquent de tout ce qui précède que la requête est recevable.
En ce qui concerne le fond du dossier :
S'agissant de la légalité externe :
6. L'article L. 422-1 du code de l'urbanisme dispose que : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, ainsi que dans les communes qui se sont dotées d'une carte communale après la date de publication de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové. () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et, en l'absence ou en cas d'empêchement des adjoints ou dès lors que ceux-ci sont tous titulaires d'une délégation, à des membres du conseil municipal. () ". Enfin, selon l'article L. 2131-1 du même code : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. () ".
7. Le maire de Sanary-sur-Mer a donné délégation de fonctions à Mme E C en sa qualité d'adjointe déléguée dans les domaines suivants : gestion des ressources humaines, commission de sécurité et commission d'accessibilité, autorisations d'urbanisme () par un arrêté municipal n° 2018-328 du 9 mars 2018, visé d'ailleurs dans la décision litigieuse du 21 août 2019.
8 L'article 3 de cet arrêté précise qu'elle a reçu délégation pour suivre les affaires se rapportant aux domaines précités et qu'elle peut signer " les arrêtés prononçant l'octroi, le refus ou le sursis à statuer relatif à un permis de construire ". Cet arrêté a été affiché en mairie pendant une période de deux mois, du 13 mars 2018 au 13 mai 2018, et transmis en préfecture du Var le 9 mars 2018. En outre, le maire de la commune de Sanary-sur-Mer a certifié le caractère exécutoire dudit arrêté le maire le 13 mars 2018. Ainsi, Mme C, contrairement à ce qui est soutenu par les requérants, disposait bien, au moment de la décision attaquée, de la compétence pour signer le permis de construire litigieux. Il ressort donc des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la décision attaquée serait illégale en raison de l'incompétence de l'auteur de l'acte. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
S'agissant de la légalité interne :
9. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". En outre, selon les dispositions de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. () ". Enfin, l'article UD 8 du règlement du plan local d'urbanisme dispose que : " Dans la zone UD et les secteurs UDc : Dans le cas de bâtiments non accolés, la distance entre les bâtiments, comptée horizontalement de tout point du bâtiment (balcon compris et non compris les débords de toitures dans la limite de 50 cm) au point le plus proche de l'autres bâtiment, doit être au moins égale à la moitié de la D de la plus haute construction. Toutefois, des implantations différentes peuvent être admises pour les équipements publics, les constructions, les installations et les dépôts nécessaires aux fonctionnement des services publics y compris le service public ferroviaire et aux réseaux d'intérêt public et les hôtels ".
10. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
11. Premièrement, les requérants soutiennent que le projet méconnaît les dispositions précitées de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme car le plan de masse du permis de construire n'est pas coté dans les trois dimensions, concernant la construction existante, ce qui n'a pas permis au service instructeur d'apprécier le respect de la légalité du permis par rapport aux dispositions de l'article UD 8 du règlement du plan local d'urbanisme. Toutefois, il ne ressort pas des dispositions précitées que le plan de masse de la demande de permis de construire doive être coté dans les trois dimensions pour ce qui concerne les constructions qui ne sont pas modifiées, ce qui est le cas en l'espèce pour la construction existante sur le terrain litigieux. En outre, le plan de masse du permis de construire modificatif indique la D de l'égout du toit, du faîtage du bâtiment existant avant les travaux, pour la partie la plus proche du nouveau bâtiment. Le plan de masse du permis modificatif indique également que ce plan de masse a été complété par des précisions supplémentaires sur altimétrie du terrain naturel au droit de la construction.
12. Ce même plan de masse du permis de construire modificatif indique que la distance entre les 2 constructions est de 3,15 mètres et une mention sur ce plan indique que : " la distance entre 2 constructions ) H/2 ". En outre, la notice d'intégration architecturale précise sur ce point que la D de la construction ne dépassera pas le double de la distance entre la construction existante et la nouvelle, soit 6,30 mètres.
13. Il ressort donc des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le service instructeur n'aurait pas été en mesure d'apprécier le respect des dispositions de l'article UD 8 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, la première branche du moyen tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme doit être écartée.
14. Deuxièmement, les requérants soutiennent que les dossiers de demande de permis de construire initial et modificatif ne comprennent pas les plans des clôtures à édifier ni le plan d'implantation du portail. Ils poursuivent en soutenant que le matériau du portail n'est pas précisé. Enfin, ils indiquent que le service instructeur n'a pas été en mesure de s'assurer qu'il ne s'agit pas d'un panneau blanc en PVC.
15. En ce qui concerne le permis de construire initial, le plan de masse fait apparaître les clôtures ouest et nord, qui sont constituées de panneaux lame PVC blanc d'une D de 2,00 mètres, ainsi que le portail qui est un portail coulissant blanc d'une largeur de 3,50 mètres. En outre, la notice architecturale indique que : " Les clôtures existantes seront conservées. En limites Ouest et Nord, elles seront remplacées par des panneaux PVC blancs de 2.00 m de haut. Un portail blanc coulissant de 3.50 m sera positionné à l'entrée ". En ce qui concerne le permis de construire modificatif, le plan de masse fait apparaître la clôture ouest, constituée de panneaux blanc de 1,90 mètre de D, la clôture nord, constituée d'un muret de 1,00 mètre et d'une grille d'une D totale de 1,90 mètres, ainsi que le portail rotatif blanc de largeur 3,50 mètres. La notice architecturale d'intégration du permis de construire modificatif indique sur ce point : " Modification des clôtures : muret 1.00m + grille 0.90 m. D totale 1.90 m en limite de voie, panneaux blanc D 1.90 m en limite de parcelle suivant plan ".
16. Il ressort donc des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire initial ainsi que le permis de construire modificatif ne feraient pas apparaître le plan des clôtures. En outre, ils ne citent aucune disposition qui interdirait que le portail soit en PVC blanc. En tout état de cause, concernant cette branche du moyen tirée de l'incomplétude du dossier, les requérants n'indiquent pas quelles sont les dispositions avec lesquelles le service instructeur n'a pas été en mesure de vérifier la conformité du projet en raison de l'incomplétude du dossier.
17. En outre, si les requérants font, à l'appui de ce moyen, état d'une fraude, ce moyen n'est toutefois pas invoqué de manière suffisamment précise pour en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, il n'est pas démontré par les requérants que les pétitionnaires auraient manifesté une intention de tromper la vigilance du service instructeur de la commune, afin d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme opposable.
18. Il ressort donc des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme en raison de l'incomplétude du dossier de permis de construire et de permis de construire modificatif. Il suit de là qu'il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'incomplétude du dossier en méconnaissance des dispositions des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme.
19. En deuxième lieu, aux termes de l'article UD 4 du règlement du plan local d'urbanisme : " toute construction ou installation nouvelle à usage d'habitation ou abritant des activités doit être raccordée au réseau public de distribution d'eau potable de caractéristique suffisante conformément aux dispositions du règlement des services des eaux ". En outre, selon le dernier alinéa de l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme : " Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé (). ".
20. Le permis de construire étant délivré sous réserve du droit des tiers, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le raccordement au réseau d'eau potable se ferait par le biais de canalisations appartenant à des particuliers sur lesquelles les requérants ne disposeraient d'aucune servitude et n'auraient engagé aucune démarche à ce titre, ou encore que le propriétaire de ces canalisations atteste qu'il n'a jamais donné aucune autorisation aux pétitionnaires de se brancher sur les canalisations existantes.
21. Si les requérants soutiennent ensuite qu'il y a une aggravation de la servitude d'eau potable, la commune fait valoir toutefois, sans être contestée sur ce point, que la Société des Eaux de Marseille a émis un avis en date du 7 juin 2019 dans lequel elle atteste de la faisabilité du raccordement au réseau d'eau potable. En l'espèce, cet avis indique concernant le réseau d'eau potable : " Branchement dans voie privée (réseau public en domaine privé). () Le réseau permet l'alimentation d'un poteau d'incendie DN 100 mm (60 mètres cubes par heure sous 1 bar) ". Enfin, le terrain d'assiette du projet est situé dans un lotissement avec des constructions à usage d'habitation toutes raccordées au réseau d'alimentation en eau potable. Le plan de masse fait apparaître en traits pointillés bleus le raccordement AEP (alimentation en eau potable) depuis la maison existante sur le terrain d'assiette du projet, et la notice du projet indique sur ce point : " Les réseaux AEP, PTT et EDF seront raccordés aux réseaux publics existants ".
22. Il ressort donc des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article UD 4 du règlement du plan local d'urbanisme. Il suit de là qu'il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UD 4 du règlement du plan local d'urbanisme.
23. En troisième lieu, aux termes de l'article UD 8 du règlement du plan local d'urbanisme : " Dans la zone UD et les secteurs UDc : Dans le cas de bâtiments non accolés, la distance entre les bâtiments, comptée horizontalement de tout point du bâtiment (balcon compris et non compris les débords de toitures dans la limite de 50 cm) au point le plus proche de l'autres bâtiment, doit être au moins égale à la moitié de la D de la plus haute construction. Toutefois, des implantations différentes peuvent être admises pour les équipements publics, les constructions, les installations et les dépôts nécessaires aux fonctionnement des services publics y compris le service public ferroviaire et aux réseaux d'intérêt public et les hôtels ". En outre, selon les dispositions de l'article 9 des dispositions générales du plan local d'urbanisme : " la D d'une construction est la différence de niveau calculée verticalement entre le point le plus bas de la façade aval de la construction déterminé à partir du terrain naturel ou excavé et tout point de l'égout du toit ".
24. Premièrement, la cote de l'égout du toit n'est pas contestée, à 80,36 mètres. En outre, d'après le plan de façade sud Est, le plan de façade Sud ouest et le plan de masse, la cote en pied de façade est de 74,07 mètres. Il ne ressort pas des pièces du dossier, contrairement à ce que soutiennent les requérants, que cette cote serait erronée. Il ressort des pièces du dossier que la construction projetée est implantée sur un talus, avec un dénivelé descendant vers la construction existante. La D de 73,49 mètres invoquée par les requérants, correspond au bas du talus, et non au pied de la façade, où la D de la construction doit être calculée. Sur ce point, les consorts A fournissent des photomontages et plans altimétriques, qui sont détaillés, et qui confirment ces éléments. En outre, ces documents ne sont pas contestés par les requérants. Dès lors, la D est bien celle indiquée sur les plans du permis de construire modificatif, à savoir 6,29 mètres, correspondant à la différence entre 80,36 mètres et 74,07 mètres. Par suite, le recul entre les deux bâtiments devait être au minimum de 3,15 mètres, ce qui est respecté selon le plan de masse du permis de construire modificatif.
25. Par ailleurs, les requérants invoquent un autre argument selon lequel la plus haute construction ne serait pas la construction projetée mais la construction existante. Toutefois, d'une part ils n'apportent aucun élément de démonstration et d'autre part cet argument est contredit par les pièces du dossier, dont il ressort que la D de la construction existante est au maximum de 5,40 mètres à l'égout du toit, qui est donc inférieure à la D du projet (6,29 mètres).
26. Il ressort donc des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article UD 8 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UD 8 du règlement du plan local d'urbanisme.
27. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". En outre, selon les dispositions de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme : " Dispositions générales : Les constructions doivent présenter une simplicité de volume, une unité d'aspect et de matériaux compatible avec la tenue générale de l'agglomération, les constructions et l'harmonie du paysage et des perspectives. (). 11.2.2 Les toitures terrasses et lanterneaux peuvent être autorisées en fonction d'un intérêt évident de composition ; dans ce cas, ils ne doivent comporter aucun matériau réfléchissant. Les toiture-terrasses non accessibles pourront être végétalisées. Les toitures terrasses ne pourront excéder 30% de l'ensemble des toitures, excepté pour les hôtels pour lesquels la toiture pourra être traitée dans son intégralité en terrasse. (). 11.3.3 Les menuiseries, les volets persiennés, pleins ou roulants devront être réalisés en bois ou en aluminium. Les coffres des volets roulants ne doivent pas être apparents en façade. (). 11.4 Clôtures : Les clôtures doivent s'harmoniser avec l'architecture des bâtiments. Les murs de pierres anciens doivent autant que possible être maintenus et restaurés. Les murs et murets enduits doivent avoir une finition frotassée () ".
28. Il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte aux paysages avoisinants, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site ; que les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé dans le second temps du raisonnement, pour apprécier la légalité des permis de construire délivrés, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux visés à l'article R. 111-27 cité ci-dessus.
29. Premièrement, les requérants soutiennent que la toiture terrasse ne se justifie pas et ne revêt pas un intérêt évident de composition. La commune sur ce point fait valoir que la surface de cette toiture terrasse est de 8,21 % de l'emprise totale de la toiture et qu'elle s'inscrit parfaitement dans le dénivelé du terrain. La toiture terrasse ne concerne que la façade sud Est de la construction projetée et vient agrémenter la chambre n° 4 située à l'étage, dont elle constitue le prolongement. D'après le document graphique d'insertion PCMI6, son impact visuel est modeste et elle s'intègre bien dans le reste du bâti, ainsi que le fait valoir la commune sur ce point. Ainsi, contrairement à ce que soutiennent les requérants, aucune incohérence architecturale n'est relevée et le maire n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que cette toiture-terrasse pouvait être justifiée par un intérêt évident de composition.
30. Deuxièmement, il ressort des pièces du dossier ainsi que des vues Geoportail, accessibles tant au juge qu'aux parties, que le projet se situe à environ 1,1 kilomètres du bord de mer en centre-ville de la commune de Sanary-sur-Mer, en zone UD du plan local d'urbanisme de la commune, dont le caractère de la zone, décrit dans le règlement du plan local d'urbanisme, indique qu'il s'agit d'une zone à vocation principale d'habitat, où les constructions sont édifiées en ordre discontinu. Les requérants indiquent que la construction tout en longueur remet en cause le choix esthétique de l'implantation, que le toit terrasse ne se justifie pas et que le plan des toitures, qui montre des toitures à deux pentes, à trois pentes et une toiture terrasse, montre que cette configuration contrevient à l'esthétique des constructions typiquement provençales du quartier et méconnait aussi les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
31. Toutefois, les mêmes requérants ne donnent aucune indication sur le quartier, ni sur les caractéristiques des maisons typiquement provençales de ce quartier. La commune quant à elle fait valoir que le quartier est constitué de maisons individuelles ne présentant pas de qualité architecturale particulière. En outre, la notice du projet indique quant à elle que " l'implantation de la construction a été pensée afin de tirer le meilleur parti de l'orientation sud de la parcelle tout en respectant le dénivelé et les aménagements existants du terrain. Le choix des matériaux de construction contribuera à l'insertion dans l'environnement ". Enfin, si les requérants soutiennent que le plan des toitures fait apparaître des toitures à deux pentes, à trois pentes et une toiture terrasse, ils n'expliquent pas en quoi cela contreviendrait aux dispositions de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme ou de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme. Ainsi, il y a lieu d'écarter cette deuxième branche du moyen.
32. Troisièmement, les requérants contestent la clôture qui sépare le terrain d'assiette du projet de la parcelle des époux K au nord-ouest. Ils reprochent ainsi au permis de construire modificatif de n'avoir pas modifié ces clôtures qui sont des panneaux de 1,90 mètre en PVC blanc.
33. Toutefois, les dispositions précitées de l'article 11.3.3 du règlement du plan local d'urbanisme ne sont pas applicables aux clôtures, mais seulement aux menuiseries et volets. En outre, les dispositions générales du 11.1 du même article ne visent que les constructions et non les clôtures. En tout état de cause, les requérants ne démontrent pas que ladite clôture ne répondrait pas à l'exigence d'unité d'aspect et de matériaux compatible avec la tenue générale du quartier. Ainsi, cette ultime branche du moyen doit également être écartée.
34. Quatrièmement, les requérants soutiennent que le matériau utilisé pour les menuiseries et les volets n'est pas indiqué, et que ces volets et menuiseries seront réalisés en PVC, qui est interdit par les dispositions précitées. D'une part, le permis de construire initial indiquait que les menuiseries seraient en PVC, notamment au travers de la notice selon laquelle : " Les menuiseries extérieures seront en PVC blanc pour les fenêtres et porte-fenêtre et en aluminium pour la baie vitrée ". Il ressort des pièces du dossier que le permis de construire modificatif, qui se borne à indiquer que les menuiseries, dans leur ensemble, seront de couleur blanche, n'a donc pas spécifiquement modifié ces dispositions du permis de construire initial, en ce qui concerne les menuiseries. Par suite, le vice identifié dans le permis initial tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme en ce que les menuiseries extérieures sont en PVC, et donc pas en bois ou en aluminium, a persisté dans le permis de construire modificatif.
35. En défense, la commune ne conteste pas utilement ce point. En outre, si les pétitionnaires se prévalent d'un avenant conclu le 21 février 2020 avec la société Maisons France Confort, chargée de la réalisation des travaux, pour remplacer les menuiseries en PVC par des menuiseries en bois, ce document est d'une part postérieur au permis de construire modificatif et d'autre part extérieur au dossier de demande de ce dernier, et ne peut donc être pris en compte. Par suite, il y a lieu d'accueillir cette branche du moyen tirée de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article UD 11 11.3.3 du règlement du plan local d'urbanisme.
36. Il ressort donc de l'ensemble des pièces du dossier que les requérants sont seulement fondés à soutenir que les décisions attaquées sont illégales en tant que le projet prévoit des menuiseries extérieures en PVC blanc pour les fenêtres et porte-fenêtres, en violation des dispositions du paragraphe 11.3.3 de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme.
37. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article UD 12 du règlement du plan local d'urbanisme : " Il est exigé, pour les constructions à usage d'habitation, et dans la zone UD et ses secteurs à l'exception des secteurs UD a1, 2 et 3 : 1 place de stationnement pour 50 mètres carrés de surface de plancher. Le nombre total de places ne doit en aucun cas être inférieur au nombre de logements. Au nombre obtenu, il convient d'ajouter une place de stationnement réservé aux visiteurs par tranche de 5 logements ".
38. Premièrement, les requérants soutiennent qu'il était nécessaire de prendre en compte la construction existante sur le terrain et qu'ainsi 9 places de stationnement étaient nécessaires conformément aux dispositions de l'article UD 12 du règlement du plan local d'urbanisme. Toutefois, ainsi que le font valoir les défendeurs, ils n'expliquent pas pourquoi il serait nécessaire de prendre en compte le bâtiment existant. Ainsi, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le projet devait justifier de 9 places de stationnement, cette première branche du moyen doit donc être écartée comme étant inopérante.
39. Deuxièmement, les requérants soutiennent que les places de stationnement ne sont pas utilisables car elles sont réalisées, pour deux d'entre elles, en enfilade. Toutefois, ainsi que le font valoir les défendeurs, le projet ne prévoyant qu'un logement, il est possible de comptabiliser des places de stationnement en enfilade pour l'appréciation du respect des dispositions de l'article UD 12 du règlement du plan local d'urbanisme. En outre, les mêmes dispositions de l'article UD 12 du règlement du plan local d'urbanisme n'interdisent pas une telle configuration. Dès lors, il y a lieu d'écarter cette deuxième branche du moyen.
40. Troisièmement et dernièrement, les requérants soutiennent que la place de stationnement située le long de l'impasse, au nord-ouest du projet serait inutilisable du fait de la configuration du portail rotatif. Toutefois, les requérants ne démontrent pas que le portail rotatif rendrait inutilisable cette place de stationnement. Ainsi, cette branche du moyen sera écartée comme manquant en fait.
41. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UD 12 du règlement du plan local d'urbanisme peut être écarté en ses trois branches.
42. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède qu'il y a lieu d'annuler partiellement, en application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, le permis de construire initial, la décision expresse de rejet du recours gracieux formé par les requérants contre celui-ci ainsi que le permis de construire modificatif, en tant que le projet prévoit des menuiseries extérieures en PVC blanc pour les fenêtres et porte-fenêtres, en violation des dispositions du paragraphe 11.3.3 de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
43. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacune des parties la charge de ces frais.
DECIDE
Article 1er : La décision susvisée du 21 août 2019 par laquelle le maire de la commune de Sanary-sur-Mer a délivré à Mademoiselle J A, M. I A et Mme L A un permis de construire une maison individuelle est annulée en tant que le projet prévoit des menuiseries extérieures en PVC blanc pour les fenêtres et porte-fenêtres.
Article 2 : La décision du 16 janvier 2020 par laquelle le maire de la commune de Sanary-sur-Mer a accordé aux consorts A un permis de construire modificatif est annulée dans la même mesure.
Article 3 : La décision expresse de rejet du recours gracieux du maire de la commune de Sanary-sur-Mer du 19 décembre 2019 est annulée dans la même mesure.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions de la commune de Sanary-sur-Mer et des consorts A formulées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : La présente décision sera notifiée à Mme G B, à M. et Mme H K, à la commune de Sanary-sur-Mer, à Mademoiselle J A, à M. I A, et à Mme L A.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Privat, président,
M. Riffard, premier conseiller,
M. Bailleux, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 6 décembre 2022.
Le rapporteur,
Signé :
F. F
Le président,
Signé :
J-M. PRIVAT La greffière,
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026