mardi 13 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2000617 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LEVI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 20 février 2020, 6 septembre 2021, 8 novembre 2021, et 14 décembre 2021, M. D A et Mme F, Eugénie, Pélagie E épouse A, représentés par Me Lévi, puis par des mémoires enregistrés les 30 mars 2022, 4 juillet 2022, 10 octobre 2022, 8 décembre 2022 et 3 janvier 2023, en reprise d'instance suite au décès des deux requérants, Madame H, Renée, Simone A, Madame I, Annie A, et Monsieur G, Nicolas A, représentés par Me Piasecki, demandent au Tribunal, dans leur dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 novembre 2018 par lequel le maire de la commune du Luc en Provence a délivré une décision de non-opposition à déclaration préalable à la SCI Des Coquelicots pour la construction d'une piscine, et d'un local technique sur un terrain situé Quartier Tabarry, 3 rue du Maréchal Joffre et cadastré section A 962 sur le territoire communal ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Le Luc en Provence et de la SCI Des Coquelicots une somme de 6 000 euros, avec intérêts au taux légal à leur verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ; elle a été déposée dans le délai de deux mois suivant la date de rejet de leur recours gracieux ; les formalités de notification au pétitionnaire et à la commune du Luc en Provence ont été effectuées conformément aux dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- la requête n'est pas tardive car ni la commune ni la société pétitionnaire ne sont en mesure d'établir que l'affichage sur le terrain de la non-opposition à déclaration préalable aurait été régulier, permettant ainsi au délai de recours contentieux de courir ; aucun procès-verbal de constat d'huissier n'a démontré la régularité de cet affichage, dont la preuve repose sur le pétitionnaire, et non sur eux ; en outre, les mentions qui figurent sur le panneau d'affichage sont incomplètes et ne permettent pas d'identifier clairement la nature et l'importance des travaux ; les travaux relatifs à la construction d'un local technique ou relatifs à la consolidation d'un garage existant ne figurent pas sur le panneau d'affichage ; les tiers n'étaient donc pas en mesure, à la simple lecture du panneau d'affichage, de connaître la nature et l'ampleur exacte des travaux projetés ;
- ils disposent d'un intérêt à agir à l'encontre de la décision litigieuse car ils sont des voisins immédiats du projet de construction de la piscine litigieuse ; le projet consiste à créer un cube de près de 12 mètres de hauteur placé à moins de 1,80 mètre de leur lot de propriété ; la piscine sera située juste devant leurs fenêtres et leur terrasse, causant ainsi des nuisances sonores à toute heure de la journée ;
- la décision est entachée d'incompétence de son auteur car la délégation de signature décernée à M. C le 29 mars 2016, qui ne vise que le domaine générique " urbanisme ", n'est pas suffisamment précise pour conférer la compétence au signataire de la décision litigieuse ; en outre, cette délégation de signature n'est pas visée dans l'arrêté litigieux du 28 novembre 2018 ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de forme en ce qu'il n'est pas établi qu'elle aurait bien été transmise au préfet du Var dans le cadre du contrôle de légalité, en méconnaissance des articles L. 2131-1 et L. 2131-2 du code général des collectivités territoriales ; elle n'est ainsi pas opposable, faute de transmission au contrôle de légalité ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure en ce que le dossier de demande de déclaration préalable est entaché de fraude ; la société pétitionnaire a omis de déclarer que les travaux projetés de construction de la piscine, du local technique et de renforcement de la structure du garage, vont prendre appui sur une extension illégale du bâti existant ; l'acte de vente du 27 janvier 2012 fait clairement état d'un défaut de conformité de la copropriété que la société pétitionnaire ne pouvait ignorer ; le projet litigieux cherche à valider a posteriori les constructions illégales ; la construction du garage ainsi que l'extension du bâti existant ont été réalisés sans autorisation d'urbanisme, et sans autorisation du syndicat des copropriétaires ; le projet a été mis en œuvre avant même que la déclaration préalable ne soit déposée en mairie ; le caractère illégal des constructions (garage et extension) empêche toute modification du bâti existant, surtout que les travaux sont des travaux de pur confort ; la prescription décennale définie à l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme n'est en l'espèce pas applicable, car les constructions ont été réalisées sans permis de construire alors que celui-ci était nécessaire ;
- les travaux litigieux étant réalisés au sein d'une copropriété, la société pétitionnaire doit justifier, avant la réalisation desdits travaux, détenir une autorisation du syndicat des copropriétaires, conformément aux dispositions de la loi de 1965 sur les copropriétés ; les travaux d'extension réalisés illégalement par la société Des Coquelicots n'ont pas fait l'objet d'une quelconque autorisation du syndicat des copropriétaires, tout comme les travaux réalisés par M. E, de construction du garage, de la piscine et de l'ascenseur ; l'assemblée générale du 31 mars 2018 a uniquement approuvé la construction de la piscine de la SCI Des Coquelicots et pas la construction du local technique et le renforcement de la structure existante ; en outre les requérants n'ont jamais obtenu l'information de cette assemblée générale ni de l'autorisation de construction de cette piscine ;
- la déclaration préalable a été obtenue par fraude car la société des Coquelicots a produit, en tant que pièce complémentaire de sa demande le procès-verbal de l'assemblée générale du syndicat des copropriétaires d'approbation du 31 mars 2018 ; l'approbation a été obtenue en violation des droits des époux A qui n'étaient pas présents lors de l'assemblée générale ; le dossier de demande de déclaration préalable repose sur une présentation confuse avec des données inexactes, dans le but de tromper l'administration ;
- s'agissant de travaux réalisés au sein d'une copropriété, le terrain d'assiette qui doit être pris en compte est le terrain de la copropriété prise dans son ensemble ; la superficie du terrain qui aurait dû être indiquée n'est pas 924 mètres carrés, mais 2 824 mètres carrés ; le dossier de demande de déclaration préalable ne comportait aucune référence cadastrale, mais seulement une indication E 2201, dont on ne sait pas à quelle date elle a été ajoutée et qui en est l'auteur ;
- la déclaration préalable déposée le 21 août 2018 indique seulement que le projet consiste à construire une piscine devant la maison ; toutefois, les pièces complémentaires indiquent quant à elles qu'un local technique sera construit entre l'actuel garage et la future piscine ; la société pétitionnaire a entendu laisser croire que la construction de sa piscine était située à 6 mètres de la voie d'accès, selon la pièce DP02 plan de masse-état futur ; toutefois, il ressort de la pièce DP07 que le garage sur lequel doit venir s'implanter le projet de piscine, est situé sur le bord du chemin, en méconnaissance des dispositions de l'article UC 6 du règlement du plan local d'urbanisme, selon lesquelles les ouvrages doivent être situés à au moins 5 mètres des voies ; il est mentionné à tort, sur la pièce DP03 que la hauteur du local technique sera de 1,38 mètre, alors qu'elle sera en réalité de 2 mètres, créant ainsi une surface de plancher, qui pourra à terme être transformée en surface à usage d'habitation ; le fait que ce local technique, comprenne une large baie vitrée, alors qu'il a été construit illégalement, prouve qu'il est destiné à terme à être utilisé comme un local à usage d'habitation ;
- si la surface du bassin sera effectivement de 56,97 mètres carrés, si l'on ajoute la surface de la plage autour de la piscine, ainsi que la surface de ce local technique, ce sera une surface de près de 90 mètres carrés qui sera construite ; la demande de déclaration préalable ne fait pourtant apparaître aucun bilan d'emprise ni aucune surface de plancher nouvelle créée ; la société pétitionnaire tente d'obtenir la régularisation des travaux réalisés de manière irrégulière, sans pourtant en faire la demande expresse ; le projet de piscine génère de l'emprise au sol, au regard des dispositions de l'article R. 420-1 du code de l'urbanisme car la piscine est posée sur le toit du garage, qui est situé à plus de 60 centimètres au-dessus du sol naturel ; les dispositions de l'article UC 9 du règlement du plan local d'urbanisme limitent l'emprise au sol à 40 % de la surface au niveau de l'unité foncière ; le formulaire de déclaration des éléments nécessaires au calcul des impositions indique une surface taxable égale à zéro ; le projet aurait nécessité non pas le dépôt d'une simple déclaration préalable mais le dépôt d'une demande de permis de construire ;
- le dossier de demande de déclaration préalable est incomplet car il manque des pièces imposées par les dispositions des articles R. 431-35 et suivants du code de l'urbanisme ; ces pièces manquantes sont le plan de façade principale avant travaux, les plans des façades latérales avant et après travaux, le plan des réseaux et d'évacuation de l'eau de la piscine ; en outre, l'orientation du terrain sur le plan de masse n'est pas précisée ; l'altimétrie du terrain est imparfaite et ne permet pas d'évaluer correctement l'altitude du terrain d'assiette ; il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 423-1 et R. 423-1 du code de l'urbanisme ;
- le projet, qui consiste à régulariser le garage et l'annexe illégalement édifiés, va entraîner des remaniements importants du terrain ; il n'est pas possible, au vu des pièces versées au dossier, de mesurer l'impact du projet sur la stabilité des sols ; l'attestation du 22 novembre 2018 du cabinet Ecosystem n'est pas suffisante ;
- l'insertion paysagère du site est manquante et la pièce DP05 ne peut pallier cette absence ; en outre, une fois les travaux achevés, les exhaussements réalisés porteront atteinte au site ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article UC 6 du règlement du plan local d'urbanisme ; le garage sur lequel doivent venir s'ancrer la piscine, sa plage et le local technique, et qui a été construit sans autorisation, est situé à moins de 5 mètres de la voie d'accès qui longe la copropriété ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article UC 8 du règlement du plan local d'urbanisme ; la future construction sera située à moins de 4 mètres de leur propriété ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article 9 du titre 2, R. 420-1 du code de l'urbanisme et UC 9 du règlement du plan local d'urbanisme ; la piscine et sa plage doivent être comptabilisées dans l'emprise au sol ; le local technique ainsi que le garage, illégalement implanté, doivent être également comptabilisés dans l'emprise au sol ; les dispositions précitées, faute de vérification, doivent être considérées comme ayant été méconnues ;
- la décision attaquée méconnaît les articles 10 du titre 2 et UC 10 du règlement du plan local d'urbanisme ; une fois la piscine réalisée, l'ensemble bâti réalisé disposera d'une hauteur de 12 mètres, en méconnaissance des dispositions précitées ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article 10 du titre 2 et UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme ; les dispositions précitées ne prévoient pas la possibilité de construire une piscine sur un toit ; ces dispositions prévoient uniquement deux types de toitures, soit une toiture en pente, soit une toiture terrasse ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles 11 du titre 2, UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme et R. 111-27 du code de l'urbanisme ; l'ensemble immobilier ainsi créé, par sa volumétrie cubique, son importance et sa hauteur, son style en rupture avec le bâti existant, et avec les villas avoisinantes ; la couleur blanche retenue pour le projet est en rupture avec la couleur des villas de la copropriété, dont les façades sont à dominante rose, ocre orangé et beige.
Par des mémoires en défense enregistrés les 24 février 2021, 8 novembre 2021, 19 avril 2022 et 7 décembre 2022, la commune du Luc en Provence, représentée par Me Barbeau-Bournoville, conclut au rejet de la requête et demande à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car elle est tardive ; le recours gracieux n'a pas été effectué dans le délai de recours contentieux de deux mois ;
- aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé à annuler la décision attaquée.
Par des mémoires en défense enregistrés les 8 octobre 2020, 8 novembre 2021, 12 septembre 2022 et 3 janvier 2023, la SCI Des Coquelicots, représentée par Me Cheval, conclut au rejet de la requête et demande à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 4 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car elle est tardive ; le panneau d'affichage de la décision attaquée a été affiché sur le terrain d'assiette du projet dès le mois de décembre 2018 et le recours gracieux aurait donc dû être effectué au cours du mois de février 2019, afin d'interrompre le délai de recours contentieux ; l'affichage de la décision sur le terrain a été régulier et a donc permis au délai de recours contentieux de courir ;
- les moyens de la requête sont infondés.
Par une ordonnance du 20 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 14 février 2023 à 12 heures.
Un mémoire présenté par Me Barbeau pour la commune du Luc en Provence le 13 février 2023 n'a pas été communiqué en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- l'ordonnance n°2020-305 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 mars 2023 :
- le rapport de M. Bailleux ;
- les conclusions de M. Cros, rapporteur public ;
- les observations de Me Piasecki, représentant les consorts A ;
- les observations de Me Germe, représentant la commune du Luc en Provence ;
- et les observations de Me Cheval, représentant la SCI Des Coquelicots, présente à l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. () ". En outre, selon les dispositions de l'article L. 2131-1 du même code : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. Pour les décisions individuelles, cette transmission intervient dans un délai de quinze jours à compter de leur signature. Cette transmission peut s'effectuer par voie électronique, selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat. Pour les communes de plus de 50 000 habitants, cette transmission est réalisée selon ces modalités dans un délai de cinq ans à compter de la promulgation de la loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République. Le maire peut certifier, sous sa responsabilité, le caractère exécutoire de ces actes () ".
2. La commune produit à l'instance l'arrêté n°16/14 du 29 mars 2016 portant délégation de fonctions et de signature à M. B C, 1er adjoint. Cet arrêté a fait l'objet d'une transmission en préfecture en date du 30 mars 2016, et il est établi qu'il a fait l'objet d'une publication au sein du recueil administratif des actes de la commune du 1er janvier 2016 au 30 avril 2016, le rendant ainsi exécutoire. En outre, la simple mention " urbanisme " sur la délégation de signature, suffit à conférer la délégation à M. C pour signer le permis de construire litigieux, contrairement à ce que soutiennent les requérants. En outre, le fait que la décision attaquée ne fasse pas apparaître la mention de la délégation de signature n'a pas d'incidence sur la légalité de la décision. Il ressort donc des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, l'absence de transmission au préfet étant sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, les requérants ne peuvent utilement soutenir que la décision attaquée n'aurait pas été transmise au préfet, dans le cadre du contrôle de légalité.
4. En outre, ainsi que le fait valoir la commune du Luc en Provence sur ce point, l'arrêté attaqué a bien été transmis en préfecture, contrairement à ce que soutiennent les requérants. La commune produit la preuve de cette transmission au préfet du Var en date du 5 décembre 2018. Il ressort donc des pièces du dossier que les requérants ne peuvent utilement soutenir que la décision attaquée serait illégale faute d'avoir été transmise au préfet du Var dans le cadre du contrôle de légalité. Par suite, le moyen tiré de l'absence de transmission au préfet du Var de la décision litigieuse devra être écarté comme étant inopérant et de surcroît infondé.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-35 du code de l'urbanisme : " La déclaration préalable précise : a) L'identité du ou des déclarants, qui comprend son numéro SIRET lorsqu'il s'agit d'une personne morale en bénéficiant et sa date de naissance lorsqu'il s'agit d'une personne physique ; b) La localisation et la superficie du ou des terrains ; c) La nature des travaux ou du changement de destination ; d) S'il y a lieu, la surface de plancher et la destination et la sous-destination des constructions projetées définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 ; e) (Abrogé) ; () La déclaration comporte également l'attestation du ou des déclarants qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R*423-1 pour déposer une déclaration préalable. Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ". En outre, selon les dispositions de l'article R. 431-36 du même code : " Le dossier joint à la déclaration comprend : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; d) Le justificatif de dépôt de la demande d'autorisation prévue à l'article R. 244-1 du code de l'aviation civile lorsque le projet porte sur une construction susceptible, en raison de son emplacement et de sa hauteur, de constituer un obstacle à la navigation aérienne. Il est complété, s'il y a lieu, par les documents mentionnés aux a et b de l'article R. 431-10, à l'article R. 431-14, aux b et g de l'article R. 431-16 et aux articles R. 431-18, R. 431-18-1, R. 431-21, R. 431-23-2, R. 431-25, R. 431-31 à R. 431-33 et R. 431-34-1. Ces pièces sont fournies sous l'entière responsabilité des demandeurs. Lorsque la déclaration porte sur un projet de création ou de modification d'une construction et que ce projet est visible depuis l'espace public ou que ce projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le dossier comprend également les documents mentionnés aux c et d de l'article R. 431-10. Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ".
6. La circonstance que le dossier de demande de déclaration préalable ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité la décision de non-opposition à déclaration préalable qui a été accordée que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
7. Premièrement, si les requérants soutiennent que le dossier de demande de déclaration préalable ne contient pas de plan de façade principale avant travaux, ni des plans des façades latérales avant et après travaux, il ressort au contraire du dossier de demande de déclaration préalable que ces pièces figurent bien au dossier de demande. En revanche, concernant les autres pièces du dossier, plan des réseaux, plan d'évacuation des eaux, orientation du terrain et altimétrie, les requérants n'indiquent pas précisément en vertu de quelles dispositions du code de l'urbanisme ces pièces seraient nécessaires. En outre, pour ce qui concerne le plan des réseaux, la notice du projet indique que : " l'intervention consiste à intervenir sur une construction déjà existante, sans création de nouvelles constructions. De ce fait, le raccordement au réseau eaux usées et eaux pluviales se fera directement sur le réseau existant ". Enfin, pour ce qui concerne l'évacuation des eaux de la piscine, la décision attaquée prévoit une prescription du service technique municipal à son article 3. Cette prescription indique que : " la vidange de la piscine sera effectuée soit par un prestataire de service, soit dans le réseau pluvial existant, après une période de déchloration d'au moins une semaine ". Au surplus, les requérants ne précisent pas non plus sur quels points de la réglementation d'urbanisme l'absence ou l'insuffisance de ces documents aurait été de nature à fausser l'appréciation du maire. Il ressort donc des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier de demande de déclaration préalable serait incomplet. Ainsi, cette première branche peut être écartée.
8. Deuxièmement, les requérants soutiennent que la société pétitionnaire a sciemment omis de préciser que le garage sur lequel prend appui le projet, ainsi qu'une annexe, sont irréguliers et ont été édifiés sans l'autorisation d'urbanisme requise, ni l'accord de la copropriété. La critique relative à l'absence d'accord du syndicat des copropriétaires manque en droit car les requérants ne précisent pas les dispositions en droit qui auraient exigé une telle autorisation. En outre, si les requérants indiquent que le garage et l'annexe seraient irréguliers faute d'avoir fait l'objet d'une autorisation d'urbanisme, il ressort toutefois des pièces du dossier, et en particulier des propres pièces produites par les requérants eux-mêmes, que ces constructions ont été régularisées par un permis de construire délivré le 25 mai 2012 par le maire de la commune du Luc en Provence. Ce permis de construire porte sur le recollement et la régularisation des quatre villas de la copropriété, à la suite d'un procès-verbal de constat d'infraction dressé le 22 mars 2011. Il n'est pas contesté que les plans de ce permis de construire font apparaître clairement non seulement le garage, en bordure de la voie, mais également l'annexe. Les requérants sur ce point n'apportent pas d'éléments suffisamment précis pour démontrer que le garage et l'annexe ainsi réalisés ne seraient pas conformes au permis de construire délivré le 25 mai 2012. Il ressort donc des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le garage et l'annexe seraient des constructions irrégulières. Ainsi, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le permis de construire serait entaché de fraude ou que la société pétitionnaire aurait dû déposer un permis de construire afin de demander la régularisation de l'ensemble des constructions, incluant l'annexe et le garage, en application de la jurisprudence Thalamy du Conseil d'Etat. Dès lors, ce moyen sera écarté en ses deux branches.
9. Troisièmement, les requérants soutiennent que le projet de piscine n'a pas fait l'objet d'une autorisation du syndicat des copropriétaires, l'accord obtenu lors de l'assemblée générale du 31 mars 2018 était irrégulier, les époux A n'ayant pas été régulièrement convoqués. Toutefois, dès lors que la société pétitionnaire, la SCI Des Coquelicots, a attesté avoir qualité pour présenter la déclaration préalable en signant le formulaire Cerfa, la production de l'autorisation de l'assemblée générale des copropriétaires n'était pas obligatoire. En outre, l'existence d'une contestation de la part des époux A ne suffit pas à caractériser une fraude de la société pétitionnaire. Il suit de là que cette branche du moyen doit également être écartée.
10. Quatrièmement, les requérants soutiennent que le dossier de demande de déclaration préalable comporte des erreurs sur la détermination du terrain d'assiette du projet, sur ses références cadastrales, ainsi que sur son adresse. Ils poursuivent en soutenant que le dossier de demande de déclaration préalable repose sur une présentation confuse avec des données inexactes, dans le but de tromper l'administration. Enfin, ils indiquent que s'agissant de travaux réalisés au sein d'une copropriété, le terrain d'assiette qui doit être pris en compte est le terrain de la copropriété prise dans son ensemble. Toutefois, ces éléments avancés par les requérants ne sont pas suffisants pour caractériser une fraude de la société pétitionnaire et une volonté de tromper l'administration. En outre, les éléments figurant au dossier de demande de déclaration préalable sont suffisants pour localiser le terrain d'assiette avec précision, en particulier les plans du cadastre et de situation et de masse (DP01 et DP02). En outre, le fait d'indiquer la superficie de l'ensemble de la copropriété horizontale en lieu et place de la superficie de son propre lot par la SCI Des Coquelicots n'a pas d'incidence sur la légalité de la décision. Enfin, et en tout état de cause, à supposer même qu'un des plans eut été entaché d'une erreur matérielle, ce point n'aurait pas pu avoir d'incidence sur la légalité de la décision attaquée.
11. Cinquièmement, les requérants soutiennent que la société pétitionnaire aurait dissimulé la consistance des travaux. Toutefois, sur ce point, la notice jointe aux pièces complémentaires déposées en mairie le 16 novembre 2018 précise bien que la création de la piscine s'accompagnera d'installations techniques au-dessus du garage et du renforcement de la structure porteuse de celui-ci.
12. Sixièmement, les requérants soutiennent que le dossier de demande de déclaration préalable comporte des erreurs dans les cotes. S'ils indiquent d'abord que la mention du recul de 6 mètres du garage par rapport à la voie, figurant sur le plan de masse, serait erronée, il ressort toutefois du plan de masse satellitaire Geoportail (pièce n°10 des requérants) que la limite juridique de cette voie ne correspond pas nécessairement à sa bordure physique. Ainsi, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que cette indication serait erronée. Ensuite, en ce qui concerne la hauteur du local technique, ainsi que le fait valoir la commune en défense, les plans du dossier de demande de déclaration préalable permettent de calculer cette hauteur de 2 mètres, et non de 1,38 mètre. En outre, il ressort directement du plan du dossier de demande DP03 que ce local dispose d'une hauteur limitée à 1,38 mètre, sous le bassin de la piscine et d'une hauteur plus importante pour le reste de ce local technique. Les requérants invoquent encore une minoration de la " superficie hors œuvre nette " mais ils ne définissent cette notion et n'expliquent pas quel serait l'impact sur le respect des règles d'urbanisme. Les requérants soutiennent également que l'arrêté attaqué ne comporterait pas de bilan d'emprise au sol et de surface de plancher nouvelle et que le formulaire de déclaration des éléments nécessaires au calcul des impositions serait insuffisant. Ils n'indiquent toutefois pas, là encore, quelles dispositions du code de l'urbanisme exigeraient de tels éléments. Enfin, les requérants soutiennent que l'emprise au sol serait erronée. Toutefois, il n'est pas établi d'une part que cette emprise au sol ne pourrait pas être retrouvée à partir des plans et d'autre part et en toute hypothèse que l'emprise au sol générée par le projet serait supérieure au seuil nécessitant le dépôt d'une demande de permis de construire et non une déclaration préalable, ou que ce seuil méconnaitrait les dispositions de l'article UC 9 du règlement du plan local d'urbanisme. Il ressort donc de l'ensemble des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet comporterait des erreurs dans les cotes.
13. Septièmement et dernièrement, les requérants soutiennent que la pièce présentée dans le dossier de demande de déclaration préalable comme un local technique pourrait être ultérieurement transformée en pièce à vivre. Toutefois, cet élément relève de l'exécution des travaux et ne saurait avoir une quelconque incidence sur la légalité de la décision attaquée. La fraude alléguée sur ce point n'est pas établie, et la mention de " l'atelier d'artiste " figurant dans la notice initiale a été supprimée dans la nouvelle notice jointe aux pièces complémentaires déposées en mairie le 16 novembre 2018.
14. Il résulte de l'ensemble des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier de demande de déclaration préalable serait entaché de fraude ou qu'il serait insuffisant. Ainsi, le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de demande de déclaration préalable et de la fraude doit être écarté en l'ensemble de ses branches.
15. En quatrième lieu, aux termes de l'article 12 du titre 1 des dispositions générales du plan local d'urbanisme : " sauf disposition contraire du règlement, les affouillements et les exhaussements du sol nécessaires à la réalisation des occupations et utilisations du sol dans chaque zone sont autorisés, à condition qu'ils ne compromettent pas la stabilité des sols ou l'écoulement des eaux et qu'ils ne portent pas atteinte au caractère du site ".
16. Premièrement, il ressort des pièces du dossier et en particulier de la notice DP08, que le terrain d'assiette du projet est " pentu et accidenté ". Toutefois, la SCI pétitionnaire a joint à sa demande de déclaration préalable une étude géotechnique réalisée le 22 novembre 2018 par un bureau d'étude spécialisé, la société Ecosystem, visée par l'arrêté attaqué. Si cette étude reconnaît que, compte tenu de la forte pente et de l'aménagement du terrain en restanques, des terrassements seront nécessaires, cette étude a donné un avis favorable au projet, sous réserve de mettre en œuvre des préconisations techniques. A ce titre, l'article 2 de l'arrêté attaqué émet une réserve spéciale tenant au respect strict de ces préconisations et à la fourniture par la SCI d'une attestation de prise en compte de l'étude lors du dépôt de la déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux. Si ces préconisations ne sont pas très précises, les requérants n'apportent aucun élément de nature à remettre en cause leur caractère suffisant ou leur faisabilité. Ainsi, l'atteinte à la stabilité des sols n'est pas démontrée.
17. Deuxièmement, l'arrêté attaqué (article 2) s'approprie les préconisations de l'étude géotechnique, lesquelles portent expressément sur la maîtrise des eaux. Les requérants se bornent à déplorer le fait que le dossier de déclaration préalable ne prévoit pas de plan ou schéma, ni d'adaptation du réseau existant d'évacuation des eaux de pluie. Toutefois, les requérants ne font d'une part état d'aucune disposition du code de l'urbanisme qui aurait exigé un tel plan ou schéma, et d'autre part aucun élément n'est apporté pour établir que le réseau pluvial existant serait insuffisant, alors qu'au surplus l'article 3 de l'arrêté attaqué prévoit une prescription concernant la vidange de la piscine dans le réseau.
18. Troisièmement et dernièrement, les requérants ne précisent pas en quoi consisterait le caractère du site. Ainsi, ils ne sont pas fondés à soutenir que le projet porterait atteinte au site alors que celui-ci n'est pas défini.
19. Il ressort donc des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article 12 du titre 1 du plan local d'urbanisme. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 12 du titre 1 du plan local d'urbanisme doit être écarté.
20. En cinquième lieu, aux termes de l'article UC 6 du règlement du plan local d'urbanisme : " Implantation des constructions par rapport aux voies 1.1 Sauf marge de recul portée au plan, toute construction susceptible d'être autorisée dans la zone, doit être implantée à au moins : () d) 5 mètres de l'alignement des autres voies publiques ou privées. () 1.2 Toutefois, une implantation différente peut être admise : () d) pour les surélévations sur des emprises existantes, ne respectant pas les marges de recul visées à l'article UC6 1.1. Dans le cas de surélévation, celle-ci doit être implantée dans le prolongement du nu de la façade existante donnant sur la voie ". En outre, selon les dispositions de l'article 14 lexique du règlement du plan local d'urbanisme, dans sa version modificative n°2 du 27 octobre 2016 : " - Alignement L'alignement est la détermination par l'autorité administrative de la limite du domaine public au droit des propriétés riveraines. Il est fixé : - soit par un plan d'alignement, - soit par un alignement individuel ".
21. Les requérants soutiennent que le garage est situé au droit de l'alignement de la voie, en s'appuyant pour cela sur une photographie, issue du dossier de demande de déclaration préalable, qui montre que le garage donne directement sur la voie. Les défendeurs indiquent toutefois que l'alignement ne correspond pas à la limite physique de la voie, la propriété de la SCI Des Coquelicots se prolongeant au-delà de la limite des garages. Cet élément ressort d'ailleurs du plan DP03 notamment, qui matérialise la limite de propriété de la SCI Des Coquelicots. Les requérants, qui ne positionnent pas l'alignement de la voie, qui est l'avenue Joffre, ne démontrent ainsi pas que le garage serait situé à une distance inférieure à 5 mètres de l'alignement de la voie.
22. Au surplus, les défendeurs invoquent les dispositions particulières de l'article UC 6 1.2 du règlement du plan local d'urbanisme, qui permettent une dérogation à la construction à une distance de 5 mètres de l'alignement de la voie. En effet, le projet consiste en une surélévation de la construction existante. En outre, cette surélévation va être implantée, dans le prolongement du nu de la façade, conformément aux dispositions de l'article UC 6 1.2 du règlement du plan local d'urbanisme. Le projet aurait donc pu bénéficier d'une implantation par dérogation de l'implantation à 5 mètres de l'alignement de la voie.
23. Il ressort donc des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article UC 6 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 6 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
24. En sixième lieu, aux termes de l'article UC 8 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les constructions non contiguës doivent être édifiées de telle manière que la distance horizontale de tout point d'une construction au point le plus proche d'une autre construction (balcons compris) soit au moins égale à la hauteur de la construction le plus élevé, sans pouvoir être inférieur à 4 mètres. 2) Toutefois, des implantations différentes peuvent être admises : a) Dans le cas de restauration ou d'aménagement de bâtiments existants, dans les limites des volumes existants. b) A l'intérieur des lotissements, afin de tenir compte des règles spécifiques édictées dans leurs règlements ou cahiers des charges applicables. c) Pour les constructions, installations ou ouvrages nécessaires aux services publics ".
25. Les requérants soutiennent d'abord que le projet méconnaît les dispositions précitées car la construction litigieuse serait située à moins de 4 mètres de la limite séparative avec le lot leur appartenant. Toutefois, cet argument, à le supposer avéré, est inopérant au soutien du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 8 du règlement du plan local d'urbanisme, car ces dispositions réglementent la distance par rapport aux autres constructions et non par rapport à la distance de la limite séparative. Dans les faits, la construction des consorts A n'étant pas située sur leur limite séparative, mais en retrait de celle-ci, la distance entre la construction des consorts A et la piscine projetée sera nécessairement supérieure à la distance entre cette même construction litigieuse et la limite séparative, mais sera supérieure. Sur ce premier point, les requérants n'établissent pas que la distance entre leur construction et la future piscine projetée est inférieure à 4 mètres.
26. Les requérants soutiennent ensuite que le projet va occasionner chez eux une perte éventuelle d'ensoleillement et de vue. Toutefois, cet élément, à le supposer avéré, est inopérant au soutien du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 8 du règlement du plan local d'urbanisme.
27. Les requérants soutiennent enfin qu'il a déjà été reconnu que des constructions étaient illégalement situées à moins de 4 mètres de la limite séparative. Toutefois, à le supposer avéré, ce point n'a pas d'incidence sur la légalité de la décision attaquée. En outre, il n'est pas établi qu'il s'agissait du garage de la villa de la SCI Des Coquelicots. Sur ce point toutefois, la commune du Luc en Provence tout comme la société pétitionnaire montrent, en produisant un plan de masse DP02 annoté que la distance de la future construction par rapport à la limite séparative avec les consorts A est d'environ 5 mètres. Ainsi, il n'est pas utilement contesté par les requérants que cette distance entre la construction projetée, au-dessus du garage, et la limite séparative du terrain des requérants, est supérieure à 4 mètres. Partant, la distance entre la future construction et la maison des requérants sera nécessairement supérieure à 4 mètres.
28. Il ressort donc de l'ensemble des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article UC 8 du règlement du plan local d'urbanisme. Il suit de là qu'il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 8 du règlement du plan local d'urbanisme.
29. En septième lieu, aux termes de l'article R. 420-1 du code de l'urbanisme : " L'emprise au sol au sens du présent livre est la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus. Toutefois, les ornements tels que les éléments de modénature et les marquises sont exclus, ainsi que les débords de toiture lorsqu'ils ne sont pas soutenus par des poteaux ou des encorbellements ". En outre, selon les dispositions de l'article UC 9 du règlement du plan local d'urbanisme : " Dans la zone UC, l'emprise au sol ne peut excéder 50% de l'unité foncière. Dans le secteur UCa, l'emprise au sol ne peut excéder 40% de l'unité foncière ". Il est constant que, dans le cas d'une copropriété horizontale, comme ici en l'espèce, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article UC 9 du règlement du plan local d'urbanisme au niveau de l'unité foncière dans son ensemble et non au niveau de chacun des lots.
30. En l'espèce, la superficie de l'unité foncière prise dans son ensemble est de 5 300 mètres carrés. L'emprise au sol maximale des constructions est donc de 2 150 mètres carrés, correspondant à 40 % de la superficie de l'unité foncière. Ainsi, à supposer même, comme le soutiennent les requérants, qu'il soit nécessaire de prendre en compte l'emprise au sol de la piscine projetée, de sa plage, du local technique, ainsi que les garages et l'annexe existants, il n'est toutefois pas démontré que ce plafond de 2 150 mètres carrés serait dépassé, les requérants n'apportant sur ce point, aucune démonstration.
31. Il ressort donc des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions des articles R. 420-1 du code de l'urbanisme et UC 9 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, il y a lieu d'écarter ce moyen tiré de la méconnaissance de ces dernières dispositions.
32. En huitième lieu, aux termes de l'article UC 10 du règlement du plan local d'urbanisme : " ARTICLE UC-10 : HAUTEUR DES CONSTRUCTIONS 1) Conditions de mesure Rappel : les conditions de mesure des constructions sont définies par l'article 10 du titre II du présent règlement. 2) Hauteurs maximales Les constructions ne peuvent excéder une hauteur maximale de 9 mètres. 3) Toutefois, ces hauteurs maximales peuvent ne pas être appliquées Pour les restaurations, extensions ou reconstructions à l'identique des constructions existantes (antérieurement à la date d'approbation du PLU) ayant une hauteur maximale supérieure à celles énoncées ci-avant, peuvent ne pas être soumises à ces règles. Dans ce cas, la hauteur maximale existante ne peut être dépassée ". En outre, selon les dispositions de l'article 10 du titre II du règlement du plan local d'urbanisme : " La hauteur d'une construction est la différence d'altitude mesurée verticalement entre, d'une part, le point haut de la construction, tel que défini au point b) ci-après et, d'autre part, le niveau du sol naturel ou excavé. Dans le cas de terrains en pente, la hauteur maximale des excavations ne peut excéder 2 mètres, de façon à éviter les terrassements excessifs qui dénaturent la topographie des sites. Les hauteurs maximales indiquées dans chaque zone s'appliquent aussi bien aux constructions neuves qu'aux extensions ou surélévations de constructions existantes () ".
33. Il n'est pas contesté que la hauteur maximale en zone UCa est de 9 mètres. Le calcul de la hauteur de la construction, par application des dispositions du plan local d'urbanisme de la commune du Luc en Provence se fait au droit de la façade, donc entre deux points situés à l'aplomb l'un de l'autre, et non pas, ainsi que le soutiennent les requérants, en prenant en compte les éléments situés derrière la façade. Les requérants soutiennent ainsi qu'il y aurait lieu de prendre en compte non seulement la hauteur du garage, de la surélévation projetée située au-dessus du garage, mais également en arrière-plan la villa et l'extension de la villa. La commune et la société pétitionnaire poursuivent en faisant valoir que la hauteur de la construction en calculant de cette manière, mesure environ 7 mètres et respecte les dispositions des articles 10 du titre 2 et UC 10 du règlement du plan local d'urbanisme.
34. Il ressort donc des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions des articles 10 du titre 2 et UC 10 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, il y a lieu d'écarter ce moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles 10 du titre 2 et UC 10 du règlement du plan local d'urbanisme.
35. En neuvième lieu, aux termes de l'article UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme : " () 2) Toitures a) Pentes : Les toitures doivent être simples, à une ou plusieurs pentes comprises entre 25 et 35%. Toutefois, les toitures terrasses et les tropéziennes sont autorisées. Les locaux techniques ou tout autre édicule prenant place en toiture doivent faire l'objet d'une intégration dans la composition d'ensemble de la construction. b) Couvertures : Dans le cas de toiture en pentes, les couvertures doivent être exécutées en tuiles. Leurs couleurs doivent être choisies dans un objectif d'harmonie avec les teintes des toitures avoisinantes () ".
36. Les requérants soutiennent que les dispositions précitées ne permettent pas d'édifier une piscine sur une toiture terrasse. Toutefois, ces dispositions n'interdisent pas de rendre accessible une toiture terrasse, ni d'y installer une piscine sur le toit du bâtiment. La commune fait d'ailleurs valoir sur ce point qu'il ne fait aucun doute que la toiture qui comprendra la piscine litigieuse est une toiture terrasse. Elle poursuit en faisant valoir que l'édification d'une piscine sur la toiture terrasse n'étant pas interdit par les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme, cela est autorisé.
37. Il ressort donc des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions des articles 10 du titre 2 et UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme. Ainsi, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions.
38. En dixième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". En outre, selon les dispositions de l'article 11 des dispositions générales du plan local d'urbanisme : " Par leur situation, leur architecture, leurs dimensions et leur aspect extérieur, les constructions à édifier ou à modifier ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. Dès lors qu'une construction existante présente un intérêt architectural au regard notamment de sa composition, de son ordonnancement et des matériaux constructifs employés, tous les travaux réalisés, y compris les ravalements, doivent mettre en valeur les caractéristiques de la dite construction. Ces dispositions ne font pas obstacle à la réalisation d'extensions de conception architecturale contemporaine, dès lors que sont mis en valeur les éléments d'intérêt de la construction initiale. Les constructions et aménagements extérieurs (clôtures, murs de soutènement, rampes d'accès, ) doivent être conçus de manière à épouser au maximum le terrain naturel. Dans le cas de clôture, les matériaux bruts doivent être enduits ". Enfin, selon les dispositions de l'article UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme : " 1) Façades et revêtements. Les façades et leurs revêtements doivent faire l'objet d'un traitement en harmonie avec les constructions avoisinantes (matériaux, couleurs). () Toutefois, les constructions d'aspect architectural contemporain sont autorisées, dans la mesure où elles participent à la mise en valeur du lieu dans lequel elles s'inscrivent () ". Enfin, le préambule de la zone UC indique : " Chapitre 3 - Dispositions applicables à la zone UC. La zone UC correspond aux zones d'habitat et de services où les bâtiments sont généralement construits en ordre discontinu. Cette zone comprend un secteur UCa, correspondant à un tissu urbain plus aéré, localisé au Sud-Ouest de l'autoroute A8 et le long de la RD33 (route de Cabasse), en continuité du centre du village. Certaines parties de la zone UC sont concernées par l'aléa inondation. Certaines parties de la zone UC sont concernées par l'aléa mouvement de terrain ".
39. Les dispositions du plan local d'urbanisme ayant le même objet que celles, également invoquées par les requérants dans leurs écritures, de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posant des exigences qui ne sont pas moindres, c'est par rapport aux dispositions des articles 11 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de l'arrêté attaqué, et non par rapport à celles de l'article R. 111-27.
40. Il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte aux paysages naturels ou urbains avoisinants, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer la décision de non-opposition sollicitée ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel ou urbain de nature à fonder l'opposition à déclaration préalable ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
41. La société pétitionnaire fait valoir, sans être utilement contestée sur ce point, que le site d'implantation du projet litigieux, est une zone d'habitat pavillonnaire, relativement groupé, ne présentant aucune caractéristique particulière. Elle poursuit en indiquant que le terrain d'assiette du projet se situe à quelques dizaines de mètres d'une route départementale avec un emplacement réservé pour un futur bassin de rétention. En outre, il résulte des photographies produites par les requérants eux-mêmes, que les lieux avoisinants, à savoir les quatre parcelles et villas composant la copropriété horizontale dont relèvent le lot des requérants et le projet, ne présentent aucun caractère ni intérêt particulier.
42. Il ressort des pièces du dossier de demande de déclaration préalable, que le projet consiste à surélever le garage par une piscine, l'ensemble atteignant une hauteur d'environ 7 mètres, comme l'indiquent les requérants eux-mêmes sans être contredits. Vue depuis la voie, la façade du garage est modernisée, passant d'ouvertures en plein cintre à des linteaux droits. Au-dessus du garage, la façade est constituée par un bardage en bois, prolongée par une baie vitrée plus large que haute, derrière laquelle est censé se trouver le local technique de la piscine. Enfin, le tout est surmonté par le garde-corps de la piscine.
43. Les requérants mettent en avant l'architecture, les dimensions et l'aspect extérieur de la future construction pour soutenir que cette dernière porte atteinte non seulement aux constructions présentes sur l'unité foncière mais plus généralement aux constructions du secteur.
44. Toutefois, au vu des deux documents d'insertion produits au dossier de demande de déclaration préalable, et compte tenu de l'absence de caractère ou d'intérêt des lieux avoisinants, il n'est pas établi que le projet puisse porter atteinte aux lieux avoisinants, en méconnaissance des dispositions de l'article 11 des dispositions générales ou qu'il ne contribue pas à leur mise en valeur, au sens des dispositions de l'article UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme. En outre, le fait que la piscine soit positionnée de façon perpendiculaire par rapport à la voie et aux garages n'a pas d'incidence sur le respect de ces dispositions.
45. Les requérants soutiennent ensuite que la construction projetée sera de couleur entièrement blanche, en rupture avec les tons rose, ocre, orangé et beige des constructions de la copropriété. Toutefois, il ne ressort pas du document graphique d'insertion DP05 que le projet serait entièrement blanc, la notice précisant, s'agissant des matériaux et couleurs : " Garde-corps métallique identique à l'existant / Revêtement mural du garage en enduit identique à l'existant / Menuiseries en bois (baie vitrée) ". D'après les photographies des lieux présentes dans les écritures des parties, il ressort que le revêtement existant est plutôt rose/orangé. Enfin, d'après les mêmes photographies, le bois est utilisé sur les garde-corps de la propre villa des requérants. Dans ces conditions, il n'est pas établi que le projet méconnaîtrait les dispositions du 1 de l'article UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme, qui exigent que les matériaux et couleurs des façades et revêtements soient traités en harmonie avec les constructions avoisinantes.
46. Enfin, il n'est pas allégué ni a fortiori démontré d'atteinte à un site ou aux paysages, les requérants ne produisant pas de vue globale du secteur notamment sur les perspectives depuis ou vers la colline boisée de Tabarry qui constitue la toile de fond de la copropriété, ni depuis la route départementale RD 33 dite route de Cabasse qui passe à une cinquantaine de mètres en contrebas du terrain d'assiette du projet.
47. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que l'ensemble des moyens de la requête ayant été écartés, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation de la requête, et ce sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir pour tardiveté opposée en défense par la commune du Luc en Provence et par la SCI Des Coquelicots.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
48. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chaque partie la charge de ces frais.
DECIDE
Article 1er : La requête des consorts A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune du Luc en Provence et de la SCI Des Coquelicots sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. G, Nicolas A en qualité de représentant unique pour l'ensemble des requérants, à la commune du Luc en Provence et à la SCI Des Coquelicots.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Privat, président,
M. Riffard, premier conseiller,
M. Bailleux, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 13 juin 2023.
Le rapporteur,
Signé :
F. BAILLEUX
Le président,
Signé :
J-M. PRIVAT La greffière,
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026