LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2003028

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2003028

lundi 23 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2003028
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantWALGENWITZ & JEAN-PIERRE AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 octobre 2020, Mme D A, représentée par Me Palerm, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision en date du 25 septembre 2020 par laquelle le président de l'université de Toulon l'a suspendue de ses fonctions de chargée d'enseignement vacataire pour une durée de quatre mois ;

2°) d'enjoindre au président de l'université de Toulon de la réintégrer dans ses fonctions ;

3°) de mettre à la charge de l'université de Toulon, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 2 000 euros.

Elle soutient que :

- il n'existait aucune urgence à la suspendre de ses fonctions, en méconnaissance des dispositions de l'article 43 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;

- l'université ne démontre pas l'existence de faits suffisamment graves qui constitueraient des délits de gestion de fait et de concussion ;

- l'administration avait validé la qualité d'intermédiaire de Mme A pour les paiements des frais de scolarité des universités chinoises ;

- cette organisation a été mise en place en raison du non-respect de la convention par les universités chinoises ;

- enfin, l'université de Toulon ne démontre pas la nécessité de l'éloigner du campus dans l'intérêt du service, notamment compte tenu des mesures confinement mises en œuvre en raison de la pandémie de COVID-19.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 décembre 2022, l'université de Toulon, représentée par Me Jean-Pierre, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la requérante le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Un mémoire présenté pour Mme A et enregistré le 27 décembre 2022, n'a pas été communiqué en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi de finances n° 63-156 du 23 février 1963 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;

- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique,

- et les observations de Me Palerm représentant Mme A et celles de Me Brunière, substituant Me Jean-Pierre, pour l'université de Toulon.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a été recrutée en qualité de chargée d'enseignement vacataire en 2016 et a été affectée au sein de l'institut d'administration des entreprises (IAE) de l'université de Toulon. Après avoir considéré que les agissements de Mme A au sein de ce service pouvaient constituer des délits de gestion de fait et de concussion, le président de l'université de Toulon a, par une décision du 25 septembre 2020, décidé de la suspendre de ses fonctions pour une durée de quatre mois et lui a interdit temporairement d'accéder aux locaux de l'université de Toulon. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision en date du 25 septembre 2020 précitée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

2. En application de l'article 43 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat pris pour l'application des articles 7 et 7 bis de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, alors en vigueur : " En cas de faute grave commise par un agent non titulaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité définie à l'article 44. La durée de la suspension ne peut toutefois excéder celle du contrat. /L'agent non titulaire suspendu conserve sa rémunération et les prestations familiales obligatoires. Sauf en cas de poursuites pénales, l'agent ne peut être suspendu au-delà d'un délai de quatre mois. Si, à l'expiration de ce délai, aucune décision n'a été prise par l'autorité précitée, l'intéressé, sauf s'il fait l'objet de poursuites pénales, est rétabli dans ses fonctions. / L'agent non titulaire qui, en raison de poursuites pénales, n'est pas rétabli dans ses fonctions peut subir une retenue qui ne peut être supérieure à la moitié de la rémunération mentionnée à l'alinéa précédent. Il continue, néanmoins, à percevoir la totalité des suppléments pour charge de famille ".

3. En application des dispositions citées au point précédent, l'autorité compétente ne peut prononcer la suspension d'un agent non titulaire que lorsque les faits imputés à l'agent présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité et le caractère d'une faute grave, de nature professionnelle ou pénale. Cette mesure conservatoire, sans caractère disciplinaire, a pour objet d'écarter l'agent du service pendant la durée nécessaire à l'administration pour tirer les conséquences de ce dont il est fait grief à l'agent.

4. Par ailleurs, aux termes de l'article 60 XI de la loi de finances du 23 février 1963, la gestion de fait s'applique, à " toute personne qui, sans avoir la qualité de comptable public ou sans agir sous contrôle et pour le compte d'un comptable public, s'ingère dans le recouvrement de recettes affectées ou destinées à un organisme public doté d'un poste comptable ou dépendant d'un tel poste doit, nonobstant les poursuites qui pourraient être engagées devant les juridictions répressives, rendre compte au juge financier de l'emploi des fonds ou valeurs qu'elle a irrégulièrement détenus ou maniés ".

5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que c'est à la suite de la réception, les 16 et 17 septembre 2020, de deux courriels émanant de deux étudiants chinois demandant des précisions sur la somme de 2 500 euros, qui leur était demandée d'acquitter dans le cadre d'une inscription à l'IAE de Toulon pour l'année universitaire 2020-2021, que l'université de Toulon a été alertée du versement irrégulier par un certain nombre d'étudiants chinois de cette somme à Mme A. Il est apparu que l'intéressée, dans le cadre de ses fonctions au sein de l'institut, avait collecté cette somme sur son compte bancaire personnel. Toutefois, les étudiants chinois n'avaient en principe aucun frais d'inscription ni aucun frais pédagogique à payer directement à l'université de Toulon dans le cadre des conventions de partenariat conclues avec les universités chinoises. En outre, la somme de 2 500 euros qui était réclamée ne correspondait pas au montant prévu par ces mêmes conventions. Il ressort ainsi de ces éléments que Mme A pouvait être regardée comme ayant manipulé irrégulièrement des deniers publics portant sur des opérations de recettes sans y avoir été habilitée par son administration, cette situation étant susceptible de caractériser une gestion de fait et des faits de concussion lesquels consistent en la perception illicite d'argent par un fonctionnaire. Si la requérante soutient que l'administration avait validé sa qualité d'intermédiaire pour les paiements des frais de scolarité des étudiants chinois dès lors que les universités chinoises ne pouvaient en assurer la collecte, cette validation ne ressort cependant pas des comptes rendus des conseils d'administration de l'université produits à l'instance. Par ailleurs, la circonstance que certains services comptables aient accepté des chèques de Mme A en règlement pour le compte des étudiants chinois et le compte client des universités chinoises n'est pas de nature à démontrer que cette situation aurait été portée à la connaissance du conseil d'administration de l'université de Toulon ni qu'il en aurait validé la pratique. Enfin, l'intéressée n'apporte aucun élément sérieux de nature à remettre en cause l'authenticité des courriels des 16 et 17 septembre 2020 précités des étudiants chinois ayant alerté l'université de Toulon. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'administration n'établit pas que les faits en cause ne présentaient pas, au jour de la décision contestée, un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité pour justifier légalement la mesure de suspension en litige.

6. En second lieu, compte tenu des agissements de Mme A mentionnés ci-dessus au point 5, c'est à bon droit que l'université de Toulon a pu considérer que celle-ci ne pouvait plus régulièrement exercer ses fonctions au sein de l'IAE et qu'il était nécessaire, dans l'intérêt du service et de manière urgente, d'éloigner au moins temporairement l'intéressée de son poste de travail, de ses collègues ainsi que des étudiants qui ont été victimes de ces agissements. Si Mme A soutient que la mesure d'éloignement de son service n'était pas nécessaire en raison des mesures de confinement prises à la suite de la propagation du virus COVID-19, aucun contact avec les étudiants n'étant dès lors possible à la date de la mesure attaquée, cette circonstance est toutefois sans incidence sur la nécessité d'éloigner l'intéressée de son service, celle-ci ne pouvant plus, eu égard à la gravité des faits qui lui étaient reprochés, intervenir dans la gestion administrative de l'institut, sans qu'il soit porté atteinte à l'image et à la réputation de l'université. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'université de Toulon ne démontre pas la nécessité de l'éloigner, dans l'intérêt du service et à titre conservatoire, du campus universitaire.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de l'université de Toulon, qui n'est pas la partie perdante dans cette instance. Il n'y a pas davantage lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme de 2 500 euros que réclame l'université de Toulon en application de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par l'université de Toulon au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et à l'université de Toulon.

Délibéré après l'audience du 9 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bernabeu, présidente,

M. Hamon, premier conseiller,

M. Sportelli, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2023.

Le rapporteur,

signé

L. B

La présidente,

signé

M. C

La greffière,

signé

E. PERROUDON

Le rapporteur,

T. SPORTELLI

La présidente,

M. C

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions