mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2003564 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre - Juge Unique |
| Avocat requérant | AUDRAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 décembre 2020, Mme A C, représentée par Me Audran, doit être regardée comme demandant au Tribunal :
1°) d'annuler la décision du directeur de la caisse d'allocations familiales du Var du 29 octobre 2020 ayant rejeté sa demande de remise gracieuse formulée le 13 octobre 2020 à l'égard d'un trop-perçu d'aide personnalisée au logement pour un montant de 106 euros ;
2°) d'annuler la décision du directeur de la caisse d'allocations familiales du Var du 29 octobre 2020 ayant rejeté sa demande de remise gracieuse formulée le 13 octobre 2020 à l'égard d'un trop-perçu d'aide personnalisée au logement pour un montant de 201,10 euros ;
3°) d'annuler la décision du directeur de la caisse d'allocations familiales du Var du 29 octobre 2020 ayant rejeté sa demande de remise gracieuse formulée le 13 octobre 2020 à l'égard d'un trop-perçu d'aide personnalisée au logement pour un montant de 324 euros ;
4°) d'annuler la décision du directeur de la caisse d'allocations familiales du Var du 29 octobre 2020 ayant rejeté sa demande de remise gracieuse formulée le 13 octobre 2020 à l'égard d'un trop-perçu de prestations familiales pour un montant de 1 217,49 euros ;
5°) d'enjoindre au directeur de la caisse d'allocations de réexaminer sa situation au regard de l'aide personnalisée au logement et des prestations familiales ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son recours est recevable car les 4 courriers de la caisse d'allocations familiales du Var datés du 29 octobre 2020 ont été envoyés en recommandé avec accusé de réception en date du 10 novembre 2020 ; elle a donc saisi le Tribunal administratif de Toulon dans le délai de recours contentieux ;
- les décisions attaquées sont illégales en raison de l'incompétence de leur auteur en ce que la qualité du signataire de ces actes n'est pas justifiée ;
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées en ce qu'elles n'indiquent pas la période considérée pour lesquelles la requérante est redevable des sommes réclamées ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur d'appréciation en ce que si les périodes considérées sont indiquées sur l'espace en ligne de l'allocataire, elle conteste tant le principe que le quantum de ces indus réclamés ; le motif du trop-perçu est inconnu et certains indus sont dédoublés ;
- les sommes réclamées au titre des allocations familiales sont également entachées d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 juin 2021, la caisse d'allocations familiales du Var conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- le Tribunal administratif n'est pas compétent pour juger de l'indu des prestations familiales ;
- M. B, le signataire des décisions attaquées, est directeur de la caisse d'allocations familiales du Var et était donc compétent pour signer ces décisions ;
- Mme C n'ayant pas contesté le fondement des indus d'aide personnalisée au logement dans le cadre de son recours administratif préalable obligatoire, elle ne peut le faire directement devant le Tribunal administratif de Toulon ;
- si la bonne foi de la requérante ne peut être remise en question, ses revenus ne la placent pas dans une situation de précarité justifiant qu'une remise de dette puisse lui être attribuée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Par une décision du 1er janvier 2022, la présidente du Tribunal a désigné M. Bailleux, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé, sur sa proposition, le rapporteur public de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 5 juillet 2022, le rapport de M. Bailleux, magistrat désigné.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, allocataire de la caisse d'allocations familiales du Var, a reçu, en juillet 2020, des demandes de remboursement portant sur des indus au titre de l'aide personnalisée au logement pour des montants respectifs de 106 euros, 201,10 euros et 324 euros, ainsi qu'une demande de remboursement pour un indu d'allocations familiales pour un montant de 1 217,49 euros. La requérante a, par un courrier du 13 octobre 2020, effectué auprès de la caisse d'allocations familiales du Var, un recours amiable en sollicitant une remise gracieuse des sommes dues au titre des allocations personnalisées au logement et des allocations familiales. La caisse d'allocations familiales du Var a rejeté, par quatre courriers distincts datés du 29 octobre 2020, les demandes de Mme C. Il s'agit des décisions attaquées.
Sur l'exception d'incompétence de la juridiction administrative en ce qui concerne l'indu d'allocations familiales :
2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de la sécurité sociale : " Les prestations familiales comprennent : () /1°) la prestation d'accueil du jeune enfant ; 2°) les allocations familiales ; 3°) le complément familial ; 4°) L'allocation de logement régie par les dispositions du livre VIII du code de la construction et de l'habitation ; 5°) l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé ; 6°) l'allocation de soutien familial ; 7°) l'allocation de rentrée scolaire ; 8°) L'allocation forfaitaire versée en cas de décès d'un enfant ; 9°) l'allocation journalière de présence parentale ".
3. En outre, selon les dispositions de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole ; / () ". Par ailleurs, l'article L. 142-8 de ce code dispose que : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : 1° Au contentieux général de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 ; () ". Enfin, aux termes de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire : " Des tribunaux judiciaires spécialement désignés connaissent : / 1° Des litiges relevant du contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale, à l'exception de ceux mentionnés au 7° du même article L. 142-1 ; / () ".
4. Il résulte des dispositions précitées des articles L. 142-1 et L. 142-8 du code de la sécurité sociale que le Tribunal judiciaire est seul compétent pour connaître en première instance des litiges auxquels donne lieu l'application de la législation de sécurité sociale et qui ne relèvent pas, par leur nature, d'un autre contentieux. Il en est ainsi des contestations relatives aux prestations familiales énumérées à l'article L. 511-1 du code de la sécurité sociale. Dès lors, il n'appartient qu'au Tribunal judiciaire spécialement désigné de connaître du recours relatif à l'indu de prestations familiales contesté par la requérante. Par suite, les conclusions de la requête de Mme C, dirigées contre l'indu de prestations familiales ne relèvent pas de la compétence de la juridiction administrative mais de la juridiction judiciaire. Ainsi, l'exception d'incompétence opposée par la caisse d'allocations familiales du Var en ce qui concerne l'indu de prestations familiales d'un montant de 1 217,49 euros doit donc être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la contestation du bien-fondé de l'indu d'aide personnalisée au logement :
5. Aux termes de l'article R. 825-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. Ce recours administratif est régi par les dispositions des chapitres Ier et II du titre Ier du livre IV du code des relations entre le public et l'administration. La procédure définie par les articles R. 142-1 et R. 142-6 du code de la sécurité sociale lui est applicable ".
6. La caisse d'allocations familiales du Var fait valoir que la requérante n'ayant pas fait de recours préalable pour contester le bien-fondé de la dette d'aide personnalisée au logement, et s'étant contentée, dans son recours préalable, de demander la remise gracieuse de la dette, elle n'est ainsi pas en mesure de contester le bien-fondé de la dette directement devant le Tribunal administratif. La caisse d'allocations familiales doit être regardée sur ce point comme soulevant l'irrecevabilité de telles conclusions.
7. En l'espèce, dans son recours préalable effectué le 13 octobre 2020, Mme C, au sujet de l'aide personnalisée au logement, a fait part de ses difficultés financières de remboursement, en mettant en avant sa situation d'invalidité ainsi qu'une situation financière précaire. Elle doit être regardée ainsi, comme ayant demandé, dans son recours préalable, la remise gracieuse de la dette mais comme n'ayant pas contesté son bien-fondé. Ainsi, comme le fait valoir la caisse d'allocations familiales du Var sur ce point, aucune décision de la caisse d'allocations familiales du Var n'a pu naître au sujet de la contestation du bien-fondé de l'indu d'aide personnalisée au logement. Il résulte donc de l'instruction que la caisse d'allocations familiales du Var est fondée à faire valoir que la requérante ne peut pas contester le bien-fondé de l'indu d'aide personnalisée au logement devant le Tribunal administratif de Toulon, ces conclusions étant irrecevables.
En ce qui concerne la remise gracieuse de la dette :
8. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : () 2° Les allocations de logement : () b) L'allocation de logement sociale ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. " L'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale dispose que : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve que l'allocataire n'en conteste pas le caractère indu (). Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ". Enfin, l'article L. 812-1 du code de la construction et de l'habitation prévoit que : " les aides personnelles au logement sont liquidées et payées, pour le compte du fonds national d'aide au logement, c'est-à-dire au nom de l'Etat, par les organismes chargés de gérer les prestations familiales " et l'article L. 825-3 du même code dispose que : " Le directeur de l'organisme payeur statue () sur : / () 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ".
9. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision. Il y a lieu de rechercher si la situation de précarité de l'intéressé et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction de dette.
10. Premièrement, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte et de l'insuffisance de motivation, qui sont des vices propres de la décision attaquée, ne peuvent être utilement soulevés devant le juge de plein contentieux, ainsi que rappelé précédemment. Ces moyens doivent donc être écartés comme étant inopérants.
11. Deuxièmement, la requérante ne peut ensuite, ainsi qu'il a été vu précédemment contester le bien-fondé de la décision, faute de l'avoir fait dans le cadre de son recours préalable obligatoire. Ainsi, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation et qui conteste le bien-fondé des décisions attaquées doit être écarté comme étant également inopérant.
12. Troisièmement, la caisse d'allocations familiales du Var ne remet pas en cause la bonne foi de la requérante, ce point n'étant pas en débat.
13. Quatrièmement et dernièrement, la caisse d'allocations familiales du Var fait valoir que les ressources de Mme C pour l'année 2019 s'élèvent à 966 euros de cotisations volontaires, 556 euros de salaires, 21 230 euros de pension d'invalidité et de 6 792 euros de pensions alimentaires reçues. En outre, la caisse d'allocations familiales du Var fait valoir, toujours sans être contestée sur ce point, qu'un des enfants de la requérante réside chez cette dernière et cet enfant a déclaré 6 284 euros de salaires. La caisse d'allocations familiales fait encore valoir que le total de ces ressources s'élève à 35 828 euros pour l'année 2019, ce qui correspond à environ 3 000 euros de ressources par mois. En outre, il n'est pas contesté que le montant mensuel du loyer de Mme C s'élève à 692,87 euros. La requérante, qui n'a pas produit de mémoire en réplique à celui de la caisse d'allocations familiales du Var, n'apporte aucun élément tendant à établir une situation de précarité au moment où le juge statue ou une modification de ces conditions décrites pour l'année 2019. Il résulte donc de l'instruction que le directeur de la caisse d'allocations familiales du Var n'a donc pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant d'accorder une remise de la dette de Mme C. Dès lors, les conclusions de la requérante à fin d'annulation des décisions de la caisse d'allocations familiales du Var du 29 octobre 2020 rejetant sa demande de remise gracieuse de sa dette d'un montant de 106 euros, 201,10 euros et 324 euros au titre d'un indu d'aide personnalisée au logement, doivent être rejetées.
DECIDE
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A C et à la caisse d'allocations familiales du Var.
Copie en sera adressée au préfet du Var.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 19 juillet 2022.
Le Magistrat désigné,
Signé :
F. BAILLEUX
La greffière,
Signé :
G. RICCILa République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026