vendredi 23 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2100101 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | RICCIOTTI |
Vu la procédure suivante :
I- Par une requête n° 2100101 enregistrée le 13 janvier 2021, l'association Confédération Environnement Méditerranée, représentée par son président en exercice, M. C Durand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 novembre 2020 par laquelle le maire de la commune de Bandol ne s'est pas opposé à la demande de déclaration préalable de la SCI Roc à Pic pour des travaux de rénovation et de mise en sécurité d'une clôture sur un terrain situé au 245 avenue Georges V et cadastré section BI n° 105 sur le territoire de la commune de Bandol ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bandol une somme de 1 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais d'instance.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable car elle a été déposée dans le délai de recours contentieux ;
- l'association dispose d'un intérêt à agir car selon ses statuts elle a pour objectif de lutter contre toutes les formes de constructions illégales et contre toutes formes de pollution visuelle pour préserver les paysages naturels, urbains ou industriels ; sa compétence géographique s'étend sur l'ensemble de la région Provence Alpes Côte d'Azur et son agrément au titre de l'article L. 141-1 du code de l'environnement a été renouvelé pour une période de 5 ans par un arrêté du préfet du Var du 3 décembre 2020 ;
- l'association dispose de l'habilitation à agir en justice en ce qu'elle est représentée par son président en exercice ; en application des dispositions de l'article 11 des statuts de l'association, celui-ci est habilité à représenter l'association en justice ; par une délibération du 7 janvier 2021, l'association a donné son accord pour engager une instance devant le tribunal administratif ;
- la décision attaquée est illégale en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ; plusieurs pièces sont absentes du dossier de demande de déclaration préalable, comme la photographie permettant de situer le terrain dans l'environnement proche, ainsi que la photographie permettant de situer le terrain dans le paysage lointain ; les documents joints au dossier de demande de déclaration préalable ne permettent pas de comprendre avec précision les modifications apportées aux constructions réalisées lors du premier trimestre 2020 dans le cadre de l'autorisation délivrée le 11 décembre 2019 ; ils ne permettent pas non plus d'apprécier l'insertion de ce projet de modification dans son environnement et les changements qui en résulteraient par rapport à la construction effectuée au cours du premier trimestre 2020 ;
- le projet de mur de clôture est situé en zone naturelle remarquable N1L du règlement du plan local d'urbanisme ; l'édification des clôtures, en l'absence de précisions dans le règlement de la zone N1L du plan local d'urbanisme, est interdite dans cette zone ;
- le Schéma de cohérence térritoriale (SCoT) de 2009, tout comme celui de 2019, ont classé le terrain d'assiette du projet en zone naturelle remarquable ;
- le mur projeté, bien qu'en pierre de Provence, forme, de par sa hauteur de 2 mètres, un tunnel entre, le mur projeté sur la partie sud d'une part et le relief ascendant sur la partie nord d'autre part, sur une longueur de 40 ou 45 mètres ; au-delà des 40-45 mètres du mur de pierre de 2 mètres de hauteur, sur un soubassement de un mètre de hauteur en parpaings sera mis en place un grillage rigide vert doublé d'une végétation qui occultera la vue sur la partie sud tournée vers la mer ; l'affectation du mur de clôture, tel que projeté, de par sa hauteur et sa longueur, compromet gravement le caractère naturel et remarquable du site tel que défini par le plan local d'urbanisme applicable et le SCoT précité ;
- les travaux autorisés par la décision de non-opposition à déclaration préalable se situent dans la bande des 100 mètres à compter de la limite haute du rivage ; en outre, ils ne se situent pas au sein d'un espace urbanisé, au sens des dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme ; le mur projeté ne répond pas aux exigences du premier alinéa de l'article R. 121-5 du code de l'urbanisme, par sa hauteur de 2 mètres.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 septembre 2022, la commune de Bandol, représentée par Me Consalvi, conclut au rejet de la requête et demande à ce qu'il soit mis à la charge de l'association requérante une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car aucune habilitation n'a été consentie par le conseil d'administration de l'association à M. B pour représenter M. Durand, président de l'association ;
- les moyens soulevés dans la requête sont infondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 février 2023, la SCI Roc à Pic, représentée par Me Ricciotti, conclut au rejet de la requête et demande à ce qu'il soit mis à la charge de l'association requérante une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car il est mentionné que l'association est représentée par M. C Durand mais elle est signée par M. B pour le président ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 20 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 21 mars 2023 à 12 heures.
II- Par une requête n° 2100717 enregistrée le 18 mars 2021 et un mémoire enregistré le 20 mars 2023, l'association Bandol Littoral, représentée par sa présidente en exercice, Mme E A, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 novembre 2020 par laquelle le maire de la commune de Bandol ne s'est pas opposé à la demande de déclaration préalable de la SCI Roc à Pic pour des travaux de rénovation et de mise en sécurité d'une clôture sur un terrain situé au 245 avenue Georges V et cadastré section BI n°105 sur le territoire de la commune de Bandol et ensemble la décision de rejet implicite de son recours gracieux par le maire de la commune du 19 mars 2021;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bandol une somme de 1 500 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais d'instance.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable car elle a été déposée dans le délai de recours contentieux ;
- l'association dispose d'un intérêt à agir car il existe une corrélation entre la décision contestée et l'article 2 de son objet social, qui est de veiller à la préservation du littoral de la commune de Bandol ; en outre, selon ses statuts elle est en mesure de mener' des' actions' pour' protéger' les' sites' remarquables,' pour' défendre' les' intérêts' des' habitants' et' des' usagers' du' littoral,' et' en° cas' de' besoin° agir' en° justice' par' voie' précontentieuse' ou' contentieuse ;
- elle dispose de la qualité pour agir en justice car selon l'article 10 de ses statuts, son président est habilité à exercer une action en justice ; en outre, par une délibération du 10 janvier 2021, le bureau a donné son accord pour engager une instance devant le tribunal administratif.
En ce qui concerne la légalité externe :
- la décision en litige est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions de l'article 1er de la loi du 11 juillet 1979.
En ce qui concerne la légalité interne :
- la décision est illégale en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme car le dossier de demande de déclaration préalable ne permet pas d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement, pourtant à fort enjeu paysager ; les informations données par le projet sont trompeuses et ont pu fausser l'appréciation du service instructeur sur les dimensions du projet en particulier le ratio de 95 % de linéaire laissé libre d'accès et de vue est erroné ; les indications du projet minimisent parfois les dimensions du projet avec des informations contradictoires ;
- la décision attaquée est illégale en méconnaissance des dispositions des articles R. 111-4 et R. 111-27 du code de l'urbanisme ; cette nouvelle déclaration préalable est censée régulariser les déclarations préalables antérieures mais en fait elle ne comporte qu'une petite modification, qui est de créer deux ouvertures dans le mur de pierres de 2 mètres de hauteur ; ces ouvertures dans le mur ne sont pas des ouvertures visuelles car elles sont situées au niveau des genoux ; ces pseudo-percées visuelles ne sont pas de nature à modifier l'aspect massif du mur de 2 mètres de hauteur ; le Projet d'aménagement et de développement des territoires (PADD) du plan local d'urbanisme actuellement en révision prévoit la création de cônes de vue ;
- le projet de mur de clôture est situé en zone naturelle remarquable N1L du règlement du plan local d'urbanisme ; faute de dispositions dans le règlement de la zone N1L du plan local d'urbanisme, l'édification des clôtures est interdite dans ladite zone du plan local d'urbanisme ;
- le SCoT de 2009, tout comme celui de 2019, ont classé cette zone en zone naturelle remarquable ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 321-1 du code de l'environnement ; cette autorisation compromet l'intérêt général du paysage pour l'image de la commune et pour les nombreux usagers qui fréquentent le sentier du littoral ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme ; le projet se situe au sein d'une zone naturelle et non au sein d'une zone urbanisée et est séparé de la zone UD par le sentier du littoral ; seules les constructions ou installations nécessaires à des services publics ou à des activités économiques exigeant la proximité immédiate de l'eau sont possibles ;
- le mur projeté, de 2 mètres de hauteur, de 50 centimètres de large et sur 50 mètres de longueur, ne peut être considéré comme un équipement léger, au sens des dispositions de l'article R. 121-5 du code de l'urbanisme ; ce mur est visible à la fois du ciel mais aussi de la mer, à une distance de 300 mètres du rivage ;
- la clôture a été détruite en totalité mais pas reconstruite à l'identique, alors que le règlement de la zone N1L du plan local d'urbanisme n'autorisait que cette reconstruction à l'identique ; la notice ne fait d'ailleurs pas état de la démolition ;
- le mur projeté ne répond pas aux exigences des articles L. 121-23 et R. 121-5 du code de l'urbanisme, par sa hauteur de 2 mètres ; la clôture projetée porte atteinte au caractère remarquable du site.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 janvier 2023, la commune de Bandol, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés dans la requête sont infondés.
Par des mémoires en défense enregistrés les 6 février 2023 et 22 juin 2023, la SCI Roc à Pic, représentée par Me Ricciotti, conclut au rejet de la requête et demande à ce qu'il soit mis à la charge de l'association requérante une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 août 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 12 septembre 2023 à 12 heures.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 janvier 2024 :
- le rapport de M. Bailleux ;
- les conclusions de M. Riffard, rapporteur public ;
-les observations de M. B, représentant l'association Confederation Environnement Méditerranée dans l'instance n° 2100101 ;
- les observations de Mme A, représentant l'Association Bandol Littoral dans l'instance n° 2100717 ;
- les observations de Me Consalvi, représentant la commune de Bandol dans l'instance n° 2100101 ;
- les observations de M. D, représentant la commune de Bandol dans l'instance n° 2100717 ;
- et les observations de Me Ricciotti, représentant la SCI Roc à Pic.
Considérant ce qui suit :
1. Une décision de non-opposition à déclaration préalable a été délivrée, le 11 décembre 2019, à la SCI Roc à Pic par le maire de la commune de Bandol pour la construction d'une clôture sur un terrain situé au 245 avenue Georges V sur le territoire de la commune de Bandol et cadastré section 9 BI n° 105 et 119. Cette décision a fait l'objet d'un recours par l'association Confederation Environnement Méditerranée qui a été rejeté par le tribunal administratif de Toulon par un jugement n° 2001533 du 11 avril 2023, qui a fait l'objet d'une procédure d'appel devant la cour administrative d'appel de Marseille, pendante au moment de la présente décision. La SCI Roc à Pic a déposé, le 23 octobre 2020, une demande de déclaration préalable pour des travaux de rénovation et mise en sécurité de la clôture d'une maison individuelle, similaires aux précédents travaux, à l'exception de deux ouvertures d'une largeur de 50 centimètres sur la partie ouest du mur de clôture, dont il est constant qu'il a fait l'objet d'une édification au cours du premier trimestre 2020. Le maire de la commune de Bandol ne s'est pas opposé à cette nouvelle demande par une décision de non-opposition à déclaration préalable délivrée à la société pétitionnaire en date du 20 novembre 2020. Dans la requête n° 2100101, la Confédération Environnement Méditerranée demande l'annulation de cette décision. Dans la requête n° 2100717, l'association Bandol Littoral demande l'annulation de cette même décision.
2. Les requêtes n° 2100101 et n° 2100717 concernent la même décision délivrée par le maire de la commune de Bandol et portent sur des questions similaires. En outre, elles ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule et même décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
3. Aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6 () ".
4. La décision de non-opposition à déclaration préalable du 20 novembre 2020 en litige dans les présentes instances n'étant pas une décision d'opposition à déclaration préalable, les dispositions précitées de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme, qui au demeurant ne sont pas invoquées par l'association Bandol Littoral, ne lui sont pas opposables, la décision attaquée ne devant pas être motivée. Ainsi, le moyen soulevé par l'association Bandol Littoral d'insuffisance de motivation de la décision de non-opposition à déclaration préalable doit être écarté comme étant inopérant.
En ce qui concerne la légalité interne :
5. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 431-36 du même code : " Le dossier joint à la déclaration comprend : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; () Lorsque la déclaration porte sur un projet de création ou de modification d'une construction et que ce projet est visible depuis l'espace public ou que ce projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le dossier comprend également les documents mentionnés aux c et d de l'article R. 431-10. Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ". En outre, l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme dispose que : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
6. La circonstance que le dossier de demande de déclaration préalable ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
7. En l'espèce, ainsi que le fait valoir la société pétitionnaire, le dossier de demande de déclaration préalable contient plusieurs extraits de plans cadastraux permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune. Le projet en litige contient par ailleurs également un plan de masse existant et un plan de masse projet. En outre, il ressort des pièces du dossier que la notice descriptive contient des photographies du mur projeté, la décision en litige faisant suite à une première décision de non-opposition à déclaration préalable, délivrée le 11 décembre 2019 pour un projet similaire, qui a fait l'objet d'une édification au cours du premier trimestre 2020. En outre, le dossier de demande de déclaration préalable comporte un document graphique très complet montrant un plan de coupe, un plan d'élévation ainsi qu'un plan de masse à la fois pour l'existant et pour le projet, qui permet d'apprécier le projet par rapport aux constructions environnantes et à l'environnement, contrairement à ce que soutient l'association Bandol Littoral.
8. La société pétitionnaire fait valoir que le projet contient une notice très détaillée, contenant elle-même des photographies du mur projeté, qui ont permis au service instructeur d'apprécier, contrairement à ce qui est soutenu, l'insertion du projet dans son environnement. L'association requérante n'est donc pas fondée à soutenir qu'aucun élément photographique permettant de situer le projet par rapport à son contexte paysager, proche ou lointain n'est joint au dossier de demande de déclaration préalable.
9. Les associations requérantes soutiennent ensuite que la section de coupe paysagère du projet est définie au niveau d'un bâti (annexe A), ce qui ne permet pas, selon elle, de comprendre la vue mer, biaisant ainsi la compréhension du plan dans un contexte strictement urbanisé. Toutefois, cette branche du moyen n'est pas soulevée de manière suffisamment intelligible pour permettre au juge d'en apprécier le bien-fondé. En outre, les autres éléments du dossier de demande de déclaration préalable permettent de voir que le projet est situé au bord de la mer. La notice sur ce point indique d'ailleurs : " La première séquence est essentiellement résidentielle et habitée, bien davantage que la vue mer, c'est le couvert des arbres situés dans les propriétés privées qui confère la qualité paysagère et l'ambiance agréable des lieux. Les bâtiments d'habitation existants sur notre terrain, dans lesquels nous vivons, obstruent de fait en grande partie la vue mer le long de cette brève séquence habitée ".
10. Les associations requérantes indiquent encore que les photographies en page 5 de la notice, qui présentent un mur recouvert de végétation sont prises de l'intérieur du jardin et tendent à minimiser l'impact visuel. Toutefois, ainsi qu'il est indiqué par les parties en défense, ces photographies sont prises de l'intérieur de la propriété, afin de permettre précisément de montrer les plantes qui sont positionnées sur le mur de 2 mètres de hauteur, depuis l'intérieur de la propriété.
11. Les associations requérantes indiquent ensuite que les informations données par le projet sont erronées. Elle indique à titre d'exemple que les données sur le linéaire sont erronées, la société pétitionnaire indiquant qu'il y a 600 mètres de linéaire et que seuls 5 % de ce linéaire, sur environ 50 mètres seraient concernés par la clôture en litige. Toutefois, sur ce point, les associations requérantes ne précisent pas avec quelles dispositions d'urbanisme le service instructeur n'aurait pas été en mesure de vérifier la conformité de la décision de déclaration préalable. En tout état de cause, il ressort directement des vues Geoportail du site, aisément accessibles tant au juge qu'aux parties, que la portion du linéaire correspondant au projet ne correspond pas seulement à 5 % de l'ensemble du linéaire.
12. En outre, le fait que la clôture existante avant le projet, d'une hauteur de 2,40 mètres, serait constituée d'une clôture avec des canisses, qu'elle aurait un caractère provisoire et non autorisé, n'a pas d'incidence sur la légalité de la décision attaquée et sur le caractère incomplet de la présente demande de déclaration préalable.
13. De même, le fait que la clôture située en face du mur projeté, ne serait pas un mur plein mais un mur surmonté d'une grille et que la hauteur de ce mur de 1,46 mètre soit justifiée d'une part car il s'agit d'un mur de soutènement et d'autre part car il est situé en zone UD et non en zone N1L, n'a pas d'incidence sur la légalité de la décision attaquée. En outre, la photographie présente dans la notice descriptive du projet montre ce mur surmonté d'une grille.
14. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les associations requérantes, dans chacune des requêtes n° 2100101 et n° 2100717 ne sont pas fondées à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
15. En deuxième lieu, l'article 10 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme dispose que : " L'édification des clôtures seront (sic) soumises à déclaration préalable conformément à l'article R. 421-12 d) du code de l'urbanisme ". En outre, selon les dispositions de l'article R. 421-12 d) du code de l'urbanisme : " Doit être précédée d'une déclaration préalable l'édification d'une clôture située : () d) Dans une commune ou partie de commune où le conseil municipal ou l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de plan local d'urbanisme a décidé de soumettre les clôtures à déclaration ". Enfin, selon les dispositions de l'article 647 du code civil : " Tout propriétaire peut clore son héritage, sauf l'exception portée en l'article 682 ".
16. Si, ainsi que le soutiennent les associations requérantes dans les deux requêtes n° 2100101 et n° 2100717, le plan local d'urbanisme, tel qu'approuvé en 2016, ne prévoit aucune disposition pour les clôtures en zone N1L, ce plan local d'urbanisme, ainsi que le fait valoir la société pétitionnaire prévoit que lesdites clôtures soient soumises à déclaration préalable, comme cela a été le cas pour la décision de non-opposition à déclaration préalable en litige. En outre, si le plan local d'urbanisme peut, édicter des prescriptions spéciales concernant la nature, la hauteur ou l'aspect extérieur de la clôture, pour l'édification d'une clôture, ce document ne saurait interdire complétement l'édification des clôtures, a fortiori dans une zone entière, comme ici la zone N1L, le droit de clore son terrain faisant partie intégrante du droit de propriété auquel il ne peut être porté atteinte que sous certaines conditions.
17. Il ressort donc de l'ensemble des pièces du dossier que les associations requérantes ne sont pas fondées à soutenir que les dispositions de la zone N1L ne prévoyant aucune disposition quant aux clôtures, ces dispositions doivent être interprétées comme interdisant les clôtures dans l'ensemble de cette zone. Ainsi, le moyen tiré de l'impossibilité d'édification d'une clôture en zone N1L doit être écarté.
18. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme : " Les documents et décisions relatifs à la vocation des zones ou à l'occupation et à l'utilisation des sols préservent les espaces terrestres et marins, sites et paysages remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral, et les milieux nécessaires au maintien des équilibres biologiques. Un décret fixe la liste des espaces et milieux à préserver, comportant notamment, en fonction de l'intérêt écologique qu'ils présentent, les dunes et les landes côtières, les plages et lidos, les forêts et zones boisées côtières, les îlots inhabités, les parties naturelles des estuaires, des rias ou abers et des caps, les marais, les vasières, les zones humides et milieux temporairement immergés ainsi que les zones de repos, de nidification et de gagnage de l'avifaune désignée par la directive 79/409 CEE du 2 avril 1979 concernant la conservation des oiseaux sauvages ". En outre, selon les dispositions de l'article L. 121-24 du même code : " Des aménagements légers, dont la liste limitative et les caractéristiques sont définies par décret en Conseil d'Etat, peuvent être implantés dans ces espaces et milieux lorsqu'ils sont nécessaires à leur gestion, à leur mise en valeur notamment économique ou, le cas échéant, à leur ouverture au public, et qu'ils ne portent pas atteinte au caractère remarquable du site () ". L'article R. 421-12 du code de l'urbanisme dispose que : " Doit être précédée d'une déclaration préalable l'édification d'une clôture située : a) Dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable classé en application de l'article L. 631-1 du code du patrimoine ou dans les abords des monuments historiques définis à l'article L. 621-30 du code du patrimoine ; b) Dans un site inscrit ou dans un site classé ou en instance de classement en application des articles L. 341-1 et L. 341-2 du code de l'environnement ; c) Dans un secteur délimité par le plan local d'urbanisme en application de l'article L. 151-19 ou de l'article L. 151-23 ; d) Dans une commune ou partie de commune où le conseil municipal ou l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de plan local d'urbanisme a décidé de soumettre les clôtures à déclaration ". Enfin, aux termes de l'article 10 du titre I des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bandol : " L'édification des clôtures seront soumises à déclaration préalable conformément à l'article
R.421- 12 d) du Code de l'Urbanisme ".
19. L'article L. 121-23 du code de l'urbanisme, en vertu duquel les décisions relatives à l'occupation et à l'utilisation des sols préservent les espaces terrestres et marins, sites et paysages remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral, ne s'oppose pas à ce que, eu égard à leur objet et à leur nature, des travaux d'édification et de réfection de clôtures, soient autorisés dans ces espaces, alors même qu'ils ne sont pas mentionnés au nombre des "aménagements légers" prévus à l'article R. 146-2 du code, repris à l'article R. 121-5 du même code. Il résulte seulement de ces dispositions qu'il appartient à l'administration saisie d'une demande de déclaration préalable, d'apprécier si ces travaux ne dénaturent pas le caractère du site protégé, ne compromettent pas sa qualité architecturale et paysagère et ne portent pas atteinte à la préservation des milieux.
En ce qui concerne l'appartenance du terrain d'assiette du projet aux espaces remarquables du littoral :
20. Le terrain d'assiette du projet est inclus dans une étroite bande côtière située entre le vallon des Graviers à l'ouest et la pointe Encanet à l'est. En outre, en page 17 du SCoT Provence Méditerranée, dans sa version révisée approuvée le 6 septembre 2019, il est indiqué : " Les espaces remarquables, tels que définis à l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme. L'article L.121-23 du code de l'urbanisme assigne l'obligation de préserver les espaces terrestres et marins, sites et paysages remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral, et les milieux nécessaires au maintien des équilibres biologiques. Le SCoT identifie les espaces terrestres remarquables suivants () L'île Rousse, les parties naturelles du linéaire côtier entre le port du vallon des Graviers et la pointe Encanet à Bandol et l'espace boisé au sud de l'île de Bendor, premier plan paysager naturel du littoral bandolais () ". Par ailleurs, en page 26 de ce même document : " Sur les espaces caractéristiques du littoral. Les espaces et milieux remarquables identifiés dans l'orientation 1 au titre de l'article L. 121- 24 du code de l'urbanisme doivent faire l'objet dans les Plans Locaux d'Urbanisme d'un zonage spécifique et d'un règlement précisant les seuls aménagements légers pouvant y être implantés en vertu des articles L. 121-23 et R. 121-5 du Code de l'Urbanisme () ". Enfin, il est constant que le terrain d'assiette du projet est situé en zone N1l du plan local d'urbanisme, et le préambule du règlement de cette zone indique que la zone correspond " à des espaces naturels présentant une grande valeur et nécessitant une protection renforcée ". En outre, il ressort des dispositions des articles N1 1 et N1 2 que les seules constructions autorisées dans la zone N1l sont les aménagements légers visés à l'article R. 146-2 du code de l'urbanisme, repris à l'article R. 121-5 du même code. Il ressort donc des pièces du dossier que les auteurs du plan local d'urbanisme ont entendu regarder la zone classée N1l, et le terrain d'assiette du projet en particulier comme un espace naturel remarquable du littoral.
En ce qui concerne l'impact du mur de clôture sur son environnement :
21. Les associations requérantes soutiennent que le mur de clôture, de par sa hauteur de 2 mètres et de sa longueur de près de 50 mètres, crée un véritable tunnel, occulte la visibilité au sud, vers la mer, et enfin que son caractère massif compromet gravement le caractère naturel et remarquable du site, tel que défini par le SCoT et le plan local d'urbanisme.
22. Tout d'abord, la société pétitionnaire fait valoir en défense que le linéaire de la propriété, le long du littoral, mesure environ 600 mètres, avec seulement 50 mètres le long de l'habitation et les dépendances situées sur la propriété. La société pétitionnaire poursuit en faisant valoir que la clôture projetée en pierre d'une hauteur de 2 mètres, appelée séquence A sur les documents composant le dossier de demande de déclaration préalable, et qui représente la partie la plus imposante parmi les 3 séquences en projet, n'est prévue d'être édifiée qu'au droit de leur propriété comprenant leur habitation ainsi que les dépendances, sur une longueur de 50 mètres environ. La société pétitionnaire fait enfin valoir que la zone d'implantation de cette clôture en pierre comprend des habitations, des garages, des places de parking privés, des clôtures de différentes tailles et de différentes natures, et n'est pas située dans une partie naturelle de la bande littorale. En outre, il ressort des pièces du dossier que le lieu d'implantation du mur de clôture critiqué s'inscrit dans un quartier résidentiel, aménagé et fréquenté et d'où la vue sur la mer est rendue difficile en raison des habitations depuis l'avenue Georges V. La société pétitionnaire fait encore valoir, ainsi qu'il ressort de la notice descriptive du projet, qu'il est prévu d'effectuer deux ouvertures de 50 centimètres de largeur chacune sur le mur dans sa partie ouest, tel qu'il a été construit au premier trimestre 2020, suite à une première autorisation de non-opposition à déclaration préalable délivrée le 11 décembre 2019. Cette première décision du 11 décembre 2019 a fait l'objet d'un recours par l'association Confederation Environnement Méditerranée qui a été rejeté par le tribunal administratif par un jugement n° 2001533 du 11 avril 2023. Ce jugement a fait l'objet d'un recours en appel, à ce jour pendant devant la cour administrative d'appel de Marseille.
23. Ensuite, il ressort directement des pièces du dossier que la notice descriptive du projet intitulée " Agir sur la qualité des clôtures aux abords d'un site remarquable et naturel, le littoral méditerranéen " indique que " cette clôture sera réalisée en pierre des Estaillades. Il s'agit d'une pierre de Provence, extraite des carrières locales " les carrières de Provence ", de teinte naturelle claire et de très grande qualité. Des petits arbustes et fruitiers provençaux (lentisques, cystes, amandiers, grenadiers, figuiers, etc) seront plantés directement contre le mur en pierre côté intérieur pour favoriser la nature endémique, la faune et flore locale () A travers la reconstruction des murs anciens en pierres de pays, il s'agit, dans cette zone naturelle et paysagère, de participer à renforcer l'identité paysagère locale. En utilisant la pierre de taille, notre aspiration est aussi de réaliser une insertion harmonieuse dans le paysage méditerranéen, avec un matériau de qualité, local et naturel. Ce dispositif est doublé d'une haie combinant différentes essences locales adaptées au climat, afin de renforcer le paysage végétal et accompagner la biodiversité du site. Le débord de frondaison au-dessus du mur de clôture renforce la qualité du paysage ".
24. Enfin, le mur de clôture ne compromettra que partiellement la vue sur le littoral depuis l'avenue Georges V puisque la partie de propriété bordée par ce mur est celle qui donne directement sur les habitations. La société pétitionnaire fait valoir en outre que ces vues sur le littoral depuis ledit chemin seront conservées sur la partie ouest de la clôture qui fera l'objet également d'une rénovation puisque la partie située immédiatement à l'ouest du projet de mur d'une hauteur de 2 mètres, appelée séquence B, sera constituée d'un soubassement en parpaing enduit existant, d'une hauteur de 0,80 mètre, surmonté d'une clôture ajourée surmontée d'une végétation d'une hauteur de 1,20 mètre, et la troisième partie du projet, toujours à l'ouest de la séquence B, intitulée séquence C, sera constituée d'un grillage torsadé d'une hauteur de 1,60 mètre et sera conservé à l'identique. En outre, si l'association Bandol Littoral soutient, en produisant des photographies prises depuis la mer, que le mur sera visible depuis la mer à une distance de 300 mètres, il ressort au contraire desdites photographies que la perception depuis la mer à une distance de 300 mètres du mur autorisé par la décision de non-opposition à déclaration préalable en litige, sera difficilement perceptible depuis cette distance.
25. Il ressort donc de l'ensemble des pièces du dossier que l'association requérante n'est pas fondée à soutenir que le projet de construction du mur de clôture dénature le caractère de cette bande littorale ou compromette sa qualité paysagère. Il y a lieu par suite d'écarter le moyen tiré de l'atteinte au caractère remarquable de la zone.
26. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 111-4 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature, par sa localisation et ses caractéristiques, à compromettre la conservation ou la mise en valeur d'un site ou de vestiges archéologiques ". En outre, selon les dispositions de l'article R. 111-27 du même code : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".
27. Tout d'abord, il ne ressort pas des pièces du dossier que le site d'implantation du projet en litige soit situé dans un site archéologique ou qu'il abriterait des vestiges archéologiques. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-4 du code de l'urbanisme doit être écarté comme étant inopérant.
28. Il résulte ensuite des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme que pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel de nature à fonder le refus d'autorisation unique ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de cette autorisation, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
29. L'association Bandol Littoral, à l'appui de ce moyen, soutient que la modification qui consiste à créer deux ouvertures sur le mur de 2 mètres dans sa partie ouest est une " modification de papier " car cette ouverture n'est pas à portée des yeux mais est située au niveau des genoux. Elle poursuit par ailleurs en indiquant que l'aspect des ouvertures les font ressembler à des meurtrières dans un mur de fortification. D'une part, ainsi que le fait valoir la société pétitionnaire, et ainsi qu'il ressort des plans du dossier de demande de déclaration préalable, les ouvertures obliques ne sont pas situées à hauteur des genoux, mais environ à la moitié de la hauteur du mur de 2 mètres. En outre, il ne s'agit pas de meurtrières car, ainsi que le fait encore valoir la société pétitionnaire, ce sont des ouvertures pleines, c'est-à-dire sans rétrécissement, contrairement aux meurtrières. En tout état de cause, l'association requérante, à qui il appartenait de le faire, ne fait pas la démonstration d'une part du caractère particulier des lieux, même si en l'espèce il est constant que le site d'implantation revêt un caractère remarquable, le terrain étant lui-même situé dans un espace remarquable, et d'autre part de l'atteinte du projet à ce site.
30. Il ressort donc de l'ensemble des pièces du dossier que l'association Bandol Littoral n'est pas fondée que le projet méconnaitrait les dispositions des articles R. 111-4 et R. 111-27 du code de l'urbanisme. Par suite, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles R. 111-4 et R. 111-27 du code de l'urbanisme.
31. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. () ". Cet article, qui figure dans la rubrique du code de l'urbanisme commune " Titre II. Dispositions communes aux diverses autorisations et aux déclarations préalables ", est donc opposable aux décisions de non-opposition à déclaration préalable.
32. Les dispositions du code de l'environnement et du code de l'urbanisme constituent des législations indépendantes, répondant à des finalités distinctes. Par suite, des moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du code de l'environnement ne peuvent être utilement invoqués à l'appui d'une requête dirigée contre une décision de non-opposition à déclaration préalable relevant de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme. Par suite, l'association requérante ne peut utilement soutenir que l'autorisation délivrée méconnaît l'intérêt général du paysage pour l'image de la commune et pour les nombreux usagers qui fréquentent le sentier du littoral.
33. Il ressort donc de l'ensemble des pièces du dossier que l'association Bandol Littoral ne peut utilement soutenir que la décision en litige méconnaît les dispositions de l'article L. 321-1 du code de l'environnement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 321-1 du code de l'environnement doit être écarté comme étant inopérant.
34. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme : " En dehors des espaces urbanisés, les constructions ou installations sont interdites sur une bande littorale de cent mètres à compter de la limite haute du rivage ou des plus hautes eaux pour les plans d'eau intérieurs désignés au 1° de l'article L. 321-2 du code de l'environnement ".
35. Il ressort des pièces du dossier que le projet est prévu d'être implanté dans l'agglomération de la commune de Bandol, au sud-est d'une zone caractérisée par un nombre et une densité significatifs de constructions. Ainsi, les dispositions précitées de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme ne sont pas opérantes en l'espèce. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme peut être écarté.
36. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que l'ensemble des moyens soulevés par les associations requérantes, dans les requêtes n° 2100101 et n° 2100717, ayant été écartés, il y a lieu par suite de rejeter les conclusions à fin d'annulation des présentes requêtes, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense par la SCI Roc à Pic et la commune de Bandol dans la requête n° 2100101.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
37. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Bandol, qui n'est pas la partie perdante dans les présentes instances, quelque somme que ce soit au titre de ces dispositions. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'association Confederation Environnement Méditerranée une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Bandol et une somme de 1 500 euros à verser à la SCI Roc à Pic dans la requête n° 2100101. En outre, il y a lieu de mettre à la charge de l'association Bandol Littoral une somme de 1 500 euros à verser à la SCI Roc à Pic, dans la requête n° 2100717.
DECIDE
Article 1er : La requête n° 2100101 de l'association Confédération Environnement Méditerranée est rejetée.
Article 2 : La requête n° 2100717 de l'association Bandol Littoral est rejetée.
Article 3 : L'association Confederation Environnement Méditerranée versera une somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) à la commune de Bandol et une somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) à la SCI Roc à Pic au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : L'association Bandol Littoral versera une somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) à la SCI Roc à Pic au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à l'association Confédération Environnement Méditerranée, à l'association Bandol Littoral, à la commune de Bandol et à la SCI Roc à Pic.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Privat, président,
M. Bailleux, premier conseiller,
Mme Le Gars, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2024.
Le rapporteur,
Signé :
F. BAILLEUX
Le président,
Signé :
J-M. PRIVAT La greffière,
Signé :
K. BAILET
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière., 2100717
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026