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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2100177

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2100177

lundi 22 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2100177
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantDURAND-STEPHAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Sous le n° 2100177, par une ordonnance du 20 janvier 2021, la présidente du tribunal administratif de Nice a, en application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, transmis au tribunal administratif de Toulon la requête enregistrée le 7 janvier 2021, présentée par M. A B.

Par cette requête et des mémoires enregistrés les 31 août 2021 et 22 décembre 2023, M. B, représenté par Me Durand-Stéphan, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler, d'une part, le titre de perception émis à son encontre le 10 novembre 2020 par le recteur de l'académie de Nice pour le recouvrement d'une somme de 12 944,96 euros et, d'autre part, la décision implicite rejetant sa contestation formée contre ce titre ;

2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 12 944,96 euros réclamée par le titre de perception en litige ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête, qui a été précédée d'un recours administratif auprès du comptable public, est recevable ;

- le titre de perception contesté est entaché d'incompétence de son auteur ;

- il ne mentionne pas les bases de liquidation de la créance ;

- il ne comporte pas les indications permettant d'identifier l'ordonnateur, en violation des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 2123-2 du code général des collectivités territoriales, relatives au crédit d'heures accordé pour l'exercice d'un mandat électif.

Par des mémoires en défense enregistrés les 18 février 2021, 21 décembre 2023 et 22 janvier 2024, la rectrice de l'académie de Nice conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête.

Elle fait valoir que la requête est irrecevable car elle n'a pas été précédée du recours administratif préalable obligatoire prévu par les dispositions des articles 117 à 119 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012.

La procédure a été communiquée au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire.

Un mémoire, enregistré le 25 juin 2024 pour M. B, n'a pas été communiqué en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

II. Sous le n° 2301681, par une requête et un mémoire enregistrés les 1er juin 2023 et 24 mai 2024, M. B, représenté par Me Durand-Stéphan, demande au tribunal :

1°) d'annuler, d'une part, la décision du 13 mars 2023 par laquelle le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes l'a mis en demeure de payer la somme totale de 14 239,96 euros comprenant le montant du titre de perception émis à son encontre le 10 novembre 2020 pour 12 944,96 euros, assorti d'une majoration de 1 295 euros pour retard de paiement et, d'autre part, la décision du 27 mars 2023 rejetant sa contestation formée contre cette mise en demeure de payer ;

2°) de prononcer la décharge de la somme de 1 295 euros mise à sa charge par la mise en demeure de payer en litige ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête, qui n'avait pas à être précédée d'une tentative de médiation préalable, est recevable ;

- la mise en demeure de payer est entachée d'incompétence de son auteur ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 117 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 car la contestation du titre de perception formée devant le tribunal sous le n° 2100177 a pour effet de suspendre le recouvrement de la créance.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 avril 2024, la rectrice de l'académie de Nice conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que la requête est irrecevable car elle n'a pas été précédée de la tentative de médiation préalable obligatoire prévue par les dispositions combinées des articles L. 213-11 et R. 213-12 du code de justice administrative, des articles 2 et 3 du décret n° 2022-433 du 25 mars 2022, de l'article 1er de l'arrêté du 30 mars 2022 relatif à la mise en œuvre d'une procédure de médiation préalable obligatoire applicable à certains litiges de la fonction publique au ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, et de l'article L. 712-1 du code général de la fonction publique.

La procédure a été communiquée au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire.

Par une lettre du 17 juin 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que, au cas où le titre de perception du 10 novembre 2020 serait annulé dans l'instance n° 2100177, la mise en demeure de payer du 13 mars 2023 serait annulée par voie de conséquence.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code général de la fonction publique ;

- le livre des procédures fiscales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 ;

- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le décret n° 2022-433 du 25 mars 2022 ;

- l'arrêté du 3 juillet 2009 portant règlement de comptabilité pour la désignation des ordonnateurs secondaires et de leurs délégués en ce qui concerne le ministère de l'éducation nationale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er juillet 2024 :

- le rapport de M. Cros ;

- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Parisi pour M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, fonctionnaire de l'Etat au sein du ministère de l'éducation nationale, membre du corps des professeurs certifiés et affecté au collège de La Crau, s'est vu notifier, par lettre du recteur de l'académie de Nice du 5 novembre 2020, la régularisation d'un trop-perçu de rémunération de 12 944,96 euros. Un titre de perception a été émis à son encontre le 10 novembre 2020 afin de recouvrer cette somme. Par la requête n° 2100177, il demande l'annulation de ce titre et de la décision implicite de rejet de sa contestation formée contre ce dernier, ainsi que la décharge de la somme réclamée. En cours d'instance, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes a mis en demeure M. B, par lettre du 13 mars 2023, de payer la somme totale de 14 239,96 euros comprenant le montant du titre de perception précité pour 12 944,96 euros, assorti d'une majoration de 10 % pour retard de paiement, soit 1 295 euros. Par lettre du 21 mars 2023 reçue le surlendemain, le requérant a contesté cette mise en demeure de payer. Par lettre du 27 mars 2023, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes, bien qu'ayant indiqué à l'intéressé que le recouvrement de la créance était suspendu jusqu'à l'intervention du jugement du tribunal de céans sur le recours dirigé contre le titre de perception, n'a pas pour autant retiré la mise en demeure de payer. Cette lettre s'analyse ainsi en un rejet de la contestation présentée contre cette dernière. Par la requête n° 2301681, M. B demande l'annulation de cette mise en demeure de payer et de la décision rejetant sa contestation, ainsi que la décharge de la majoration de 1 295 euros.

2. Les deux requêtes visées ci-dessus concernent la situation d'un même fonctionnaire et présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur la requête n° 2100177 dirigée contre le titre de perception du 10 novembre 2020 :

En ce qui concerne la fin de non-recevoir :

3. Aux termes de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales : " Constituent des titres exécutoires les () titres de perception () que l'Etat () [délivre] pour le recouvrement des recettes de toute nature qu'[il est habilité] à recevoir ". Selon l'article 117 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Les titres de perception émis en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales peuvent faire l'objet de la part des redevables : / 1° Soit d'une contestation portant sur l'existence de la créance, son montant ou son exigibilité ; / 2° Soit d'une contestation portant sur la régularité du titre de perception. / Les contestations du titre de perception ont pour effet de suspendre le recouvrement de la créance ". L'article 118 du même décret dispose que : " En cas de contestation d'un titre de perception, avant de saisir la juridiction compétente, le redevable doit adresser cette contestation, appuyée de toutes pièces ou justifications utiles, au comptable chargé du recouvrement de l'ordre de recouvrer. / Le droit de contestation d'un titre de perception se prescrit dans les deux mois suivant la notification du titre ou, à défaut, du premier acte de poursuite qui procède du titre en cause. / Le comptable compétent accuse réception de la contestation en précisant sa date de réception ainsi que les délais et voies de recours. Il la transmet à l'ordonnateur à l'origine du titre qui dispose d'un délai pour statuer de six mois à compter de la date de réception de la contestation par le comptable. A défaut d'une décision notifiée dans ce délai, la contestation est considérée comme rejetée. / La décision rendue par l'administration en application de l'alinéa précédent peut faire l'objet d'un recours devant la juridiction compétente dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de cette décision ou, à défaut de cette notification, dans un délai de deux mois à compter de la date d'expiration du délai prévu à l'alinéa précédent ".

4. Il résulte de l'instruction que, par une lettre datée du 7 janvier 2021, M. B a formé contre le titre de perception émis le 10 novembre 2020 une contestation adressée, à la fois par courriel et par pli recommandé avec avis de réception, au comptable chargé du recouvrement de ce titre, en l'occurrence le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes. Si l'avis de réception postal n'est pas produit, la preuve de dépôt du pli recommandé indique que ce dernier a été expédié le 8 janvier 2021. En tout état de cause, le courriel de contestation a été envoyé le 7 janvier 2021 aux services de la direction départementale des finances publiques des Alpes-Maritimes qui en ont accusé réception le lendemain, 8 janvier 2021, en indiquant qu'ils transmettaient cette contestation à l'ordonnateur du titre, à savoir le service recettes du rectorat de l'académie de Nice. Il s'ensuit que M. B a bien exercé le recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article 118 du décret du 7 novembre 2012 précité. De plus, le silence gardé par l'ordonnateur a fait naître une décision implicite de rejet le 8 juillet 2021, ainsi que l'indique à bon droit le requérant. Par conséquent, la fin de non-recevoir opposée par la rectrice de l'académie de Nice manque en fait et doit être écartée.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation du titre de perception :

5. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge.

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2123-2 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction applicable au litige : " I.- Indépendamment des autorisations d'absence dont ils bénéficient dans les conditions prévues à l'article L. 2123-1, les maires () ont droit à un crédit d'heures leur permettant de disposer du temps nécessaire à l'administration de la commune ou de l'organisme auprès duquel ils la représentent et à la préparation des réunions des instances où ils siègent. / II.- Ce crédit d'heures, forfaitaire et trimestriel, est fixé par référence à la durée hebdomadaire légale du travail. Il est égal : / () 2° A l'équivalent de trois fois et demie la durée hebdomadaire légale du travail pour les maires des communes de moins de 10 000 habitants () ". Aux termes de l'article R. 2123-6 du même code : " Compte tenu des nécessités du service public de l'enseignement, le service hebdomadaire des personnels appartenant à des corps () d'enseignant qui bénéficient d'un crédit d'heures conformément à l'article L. 2123-2 fait l'objet d'un aménagement en début d'année scolaire. / La durée du crédit d'heures est répartie entre le temps de service effectué en présence des élèves leur incombant statutairement et le temps complémentaire de service dont ils sont redevables en application de l'article 1er du décret n° 2000-815 du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'Etat (). / La partie du crédit d'heures imputable sur le temps du service effectué en présence des élèves est obtenue en pondérant le crédit d'heures par le rapport entre la durée du temps de service effectué en présence des élèves et la durée fixée à l'article 1er du décret n° 2000-815 du 25 août 2000 () ".

7. Le titre de perception émis le 10 novembre 2020 à l'encontre de M. B se borne à indiquer : " Objet de la créance : Né le 23/11/1960 à Toulon. Régularisation des périodes à demi-traitement en CMO concernant le montant pour crédit d'heures de la fonction élective + 3 jours de carence les 29/04/2019, 24/06/2019 et le 17/09/2019 ". M. B, qui est maire de la commune de Pierrefeu-du-Var, laquelle compte moins de 10 000 habitants, soutient sans être contredit qu'il bénéficie, pour l'exercice de ce mandat électif, d'un crédit d'heures de 122 heures 30 par trimestre dans le cadre de ses fonctions au sein du ministère de l'éducation nationale. Les indications précitées du titre de perception ne permettent pas de vérifier l'existence d'un trop-perçu de rémunération relatif à ce crédit d'heures, dans son principe comme dans son montant. Elles ne permettent pas non plus d'établir un tel indu concernant les " périodes à demi-traitement en CMO " c'est-à-dire en congé maladie ordinaire, ni concernant les trois jours de carence. La rectrice de l'académie de Nice, qui n'a pas défendu au fond, ne fournit aucun élément d'explication sur ces différents points. Dans ces conditions, la créance faisant l'objet du titre en litige n'est pas fondée.

8. En second lieu et au surplus, aux termes du deuxième alinéa de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Toute créance liquidée faisant l'objet () d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ". En vertu de ces dispositions, la mise en recouvrement d'une créance doit comporter, soit dans le titre de perception lui-même, soit par la référence précise à un document joint à ce titre ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul ayant servi à déterminer le montant de la créance.

9. Les indications du titre de perception contesté, rappelées au point 7, ne sont pas suffisantes pour permettre de connaître les bases et éléments de calcul ayant servi à déterminer le montant de la créance. De telles indications ne figurent pas non plus dans la lettre du 5 novembre 2020 portant l'indu à la connaissance de M. B, lettre à laquelle le titre litigieux ne fait d'ailleurs aucune référence précise. Il ne résulte pas de l'instruction, et n'est pas soutenu, qu'une telle motivation par référence résulterait d'un autre document. Dès lors, ce titre de perception méconnaît l'obligation d'indiquer les bases de liquidation de la créance.

10. Il résulte de tout ce qui précède que le titre de perception émis le 10 novembre 2020 à l'encontre de M. B, ainsi que la décision implicite de rejet de sa contestation formée contre ce titre, doivent être annulés, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.

En ce qui concerne les conclusions à fin de décharge de la somme réclamée :

11. Le moyen contestant le bien-fondé de la créance étant accueilli, M. B doit être déchargé de l'obligation de payer la somme de 12 944,96 euros mise à sa charge par le titre de perception émis le 10 novembre 2020.

Sur la requête n° 2301681 dirigée contre la mise en demeure de payer du 13 mars 2023 :

12. Aux termes de l'article 192 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () Tout ordre de recouvrer donne lieu à une procédure de recouvrement amiable. Pendant la procédure amiable, l'agent comptable peut notifier au redevable une mise en demeure de payer prévue à l'article L. 257 du livre des procédures fiscales. En cas d'échec du recouvrement amiable, il appartient à l'agent comptable de décider l'engagement d'une procédure de recouvrement contentieux () ". Selon l'article L. 257 du livre des procédures fiscales : " Les comptables publics peuvent notifier au redevable une mise en demeure de payer pour le recouvrement des créances dont ils ont la charge. / La notification de la mise en demeure de payer interrompt la prescription de l'action en recouvrement. / La mise en demeure de payer peut être contestée dans les conditions prévues à l'article L. 281 du présent livre () ". Aux termes du B du III de l'article 55 de la loi du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010 : " Donne lieu à l'application d'une majoration de 10 % tout retard dans le paiement des créances qui font l'objet d'un titre de perception que l'Etat délivre dans les conditions prévues à l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales pour le recouvrement des recettes de toute nature qu'il est habilité à recevoir. / Cette majoration, perçue au profit de l'Etat, s'applique aux sommes comprises dans le titre qui n'ont pas été acquittées le 15 du deuxième mois qui suit la date d'émission du titre de perception ".

En ce qui concerne la fin de non-recevoir :

13. Aux termes de l'article L. 213-11 du code de justice administrative : " Les recours formés contre les décisions individuelles qui concernent la situation de personnes physiques et dont la liste est déterminée par décret en Conseil d'Etat sont, à peine d'irrecevabilité, précédés d'une tentative de médiation () ". Aux termes de l'article R. 213-10 du même code : " La médiation préalable obligatoire est engagée auprès du médiateur compétent dans le délai de recours contentieux prévu à l'article R. 421-1 () / La notification de la décision () mentionne cette obligation et indique les coordonnées du médiateur compétent. A défaut, le délai de recours contentieux ne court pas à l'encontre de la décision litigieuse () ". Selon l'article R. 213-12 de ce code : " Lorsqu'un tribunal administratif est saisi dans le délai de recours contentieux d'une requête n'ayant pas été précédée d'une médiation qui était obligatoire, son président ou le magistrat qu'il délègue rejette cette requête par ordonnance et transmet le dossier au médiateur compétent () ".

14. Aux termes de l'article 2 du décret du 25 mars 2022 relatif à la procédure de médiation préalable obligatoire applicable à certains litiges de la fonction publique et à certains litiges sociaux : " La procédure de médiation préalable obligatoire prévue par l'article L. 213-11 du code de justice administrative est applicable aux recours formés par les agents publics à l'encontre des décisions administratives suivantes : / 1° Décisions administratives individuelles défavorables relatives à l'un des éléments de rémunération mentionnés à l'article L. 712-1 du code général de la fonction publique () ". Selon l'article 3 du même décret : " Les agents publics concernés par la procédure de médiation préalable obligatoire sont : / 1° Les agents de la fonction publique de l'Etat affectés dans () les établissements publics locaux d'enseignement du ressort de celles des académies qui figurent sur une liste arrêtée par le garde des sceaux, ministre de la justice et le ministre chargé de l'éducation nationale () ". L'article 6 de ce décret précise que : " Les dispositions des articles 2 à 4 sont applicables aux recours contentieux susceptibles d'être présentés à l'encontre des décisions intervenues à compter du 1er jour du mois suivant la publication du présent décret () ", cette publication ayant eu lieu le 27 mars 2022.

15. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 30 mars 2022 relatif à la mise en œuvre d'une procédure de médiation préalable obligatoire applicable à certains litiges de la fonction publique au ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports : " La liste des académies mentionnées au 1° de l'article 3 du décret du 25 mars 2022 susvisé est fixée comme suit : / () 2° A compter du 1er juin 2022 : / () - académie de Nice () ". Il s'ensuit que la procédure de médiation préalable obligatoire est entrée en vigueur à partir du 1er juin 2022 concernant l'académie de Nice.

16. Enfin, l'article L. 712-1 du code général de la fonction publique dispose que : " Le fonctionnaire a droit, après service fait, à une rémunération comprenant : / 1° Le traitement ; / 2° L'indemnité de résidence ; / 3° Le supplément familial de traitement ; / 4° Les primes et indemnités instituées par une disposition législative ou réglementaire ".

17. La rectrice de l'académie de Nice se prévaut des dispositions précitées pour opposer à M. B l'absence d'engagement d'une procédure de médiation préalable obligatoire. La mise en demeure de payer du 13 mars 2023 porte sur l'un des éléments de rémunération mentionnés à l'article L. 712-1 du code général de la fonction publique puisque le titre de perception émis le 10 novembre 2020 a pour objet de recouvrer une créance relative au traitement de l'intéressé. Toutefois, ce titre de perception, qui authentifie, liquide et ordonne le recouvrement de la créance litigieuse, constitue la " décision administrative individuelle défavorable relative à l'un des éléments de rémunération mentionnés à l'article L. 712-1 du code général de la fonction publique ", au sens du 1° de l'article 2 du décret du 25 mars 2022. Cette décision étant antérieure au 1er juin 2022, date d'entrée en vigueur des dispositions précitées pour l'académie de Nice, ces dispositions ne sont pas applicables en l'espèce. Par suite, la fin de non-recevoir, qui repose sur des dispositions temporellement inapplicables, doit être écartée.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de la mise en demeure de payer :

18. En premier lieu, il résulte des dispositions précitées du dernier alinéa de l'article 117 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique que la contestation du titre de perception a pour effet de suspendre le recouvrement de la créance. En l'espèce, la mise en demeure de payer a été émise le 13 mars 2023 alors que le recours de M. B contre le titre de perception du 10 novembre 2020, enregistré sous le n° 2100177, était en cours d'instruction devant le tribunal et que, par suite, le recouvrement de la créance litigieuse était suspendu. Par suite, cette mise en demeure de payer est illégale, y compris en ce qu'elle met à la charge de l'intéressé le paiement d'une majoration de 10 % pour retard de paiement.

19. En second lieu et au surplus, l'annulation du titre de perception du 10 novembre 2020, prononcée par le présent jugement, implique, par voie de conséquence, celle de la mise en demeure de payer du 13 mars 2023 qui se fonde sur ce titre de perception.

20. Il résulte de ce qui précède que la mise en demeure de payer du 13 mars 2023 émise à l'encontre de M. B et la décision du 27 mars 2023 rejetant sa contestation formée contre cette mise en demeure doivent être annulées, sans qu'il soit nécessaire d'examiner l'autre moyen de la requête.

En ce qui concerne les conclusions à fin de décharge de la majoration de 10 % :

21. Au regard de ce qui précède, M. B doit être déchargé de l'obligation de payer la somme de 1 295 euros mise à sa charge par la mise en demeure de payer du 13 mars 2023 à titre de majoration pour retard de paiement.

Sur les frais liés au litige :

22. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Le titre de perception émis le 10 novembre 2020 à l'encontre de M. B par le recteur de l'académie de Nice en vue du recouvrement d'une somme de 12 944,96 euros, ainsi que la décision implicite de rejet de sa contestation formée contre ce titre, sont annulés.

Article 2 : M. B est déchargé de l'obligation de payer la somme de 12 944,96 euros mise à sa charge par le titre de perception mentionné à l'article 1er.

Article 3 : La mise en demeure de payer émise le 13 mars 2023 à l'encontre de M. B par le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes, ainsi que la décision du 27 mars 2023 rejetant sa contestation formée contre cette mise en demeure, sont annulées.

Article 4 : M. B est déchargé de l'obligation de payer la somme de 1 295 euros mise à sa charge par la mise en demeure mentionnée à l'article 3.

Article 5 : L'Etat versera à M. B une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.

Copie en sera transmise à la rectrice de l'académie de Nice.

Délibéré après l'audience du 1er juillet 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bernabeu, présidente,

M. Cros, premier conseiller,

M. Martin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.

Le rapporteur,

Signé

F. CROS

La présidente,

Signé

M. BERNABEU

La greffière,

Signé

G. BODIGER

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.

2, 2301681

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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