vendredi 1 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2100425 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | VARRON CHARRIER |
Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 18 février 2021 et 27 septembre 2022, Mme A D, représentée par Me Varron Charrier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures : 1°) d'annuler la décision du 28 janvier 2021 par laquelle la directrice adjointe du Centre hospitalier (CH) Jean Marcel a refusé de renouveler son contrat à durée déterminée ; 2°) d'enjoindre au CH Jean Marcel, à titre principal, de procéder à sa réintégration et de la placer en contrat à durée indéterminée (CDI) à compter du 30 septembre 2020, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de deux cents euros par jour de retard ou à titre subsidiaire, de statuer à nouveau sur sa demande, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ; 3°) de fixer le montant de l'indemnité correspondant au préjudice résultant de la privation de préavis ; 4°) de mettre à la charge du CH Jean Marcel la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - il appartient au centre hospitalier de prouver que la signataire de la décision disposait de la compétence pour ce faire ; - la décision est entachée d'un vice de procédure, dès lors, d'une part, qu'elle procède au retrait de la décision l'informant de son basculement vers un contrat à durée indéterminée (CDI), sans mise en œuvre d'une procédure contradictoire, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ; d'autre part, qu'il s'agit d'un licenciement pour insuffisance professionnelle, qui n'a pas été précédé de la procédure applicable et du respect des droits de la défense ; - la décision, en tant qu'elle révèle un licenciement pour insuffisance professionnelle, est insuffisamment motivée ; - elle méconnaît les dispositions de l'article 41 du décret du 6 février 1991, dès lors que le délai de prévenance n'a pas été respecté ; - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Par un mémoire en défense, enregistré le 9 avril 2021, le directeur du CH Jean Marcel conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés. Vu : - les autres pièces du dossier ; - l'ordonnance n° 2100469 du 16 mars 2021 du juge des référés. Vu : - le code des relations entre le public et l'administration ; - le décret n° 91-155 du 6 février 1991 ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Hélayel, conseiller, - les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public. Considérant ce qui suit : 1. Mme A D a été recrutée par le Centre hospitalier (CH) Jean Marcel de Brignoles, pour une durée déterminée du 22 août 2019 au 30 septembre 2019, en qualité de technicienne de laboratoire. Son contrat a fait l'objet de sept renouvellements, jusqu'au 28 février 2021 inclus. Le 28 janvier 2021, la directrice adjointe de l'établissement, chargée des ressources humaines a décidé que son contrat ne serait pas renouvelé. Sur les conclusions à fin d'annulation : 2. En premier lieu, Mme C B, directrice adjointe chargée de la direction des ressources humaines, a reçu, par décision du 16 mai 2018, régulièrement publiée le 20 juin 2018 au recueil n° 35 spécial des actes administratifs de la préfecture du Var, délégation du directeur du Centre hospitalier Jean Marcel pour signer tous actes et correspondances relevant de la direction placée sous sa responsabilité. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision manque en fait et doit être écarté. 3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article 41 du décret du 6 février 1991, relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels des établissements mentionnés à l'article 2 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 modifiée, portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " La notification de la décision doit être précédée d'un entretien lorsque le contrat est susceptible d'être reconduit pour une durée indéterminée ou lorsque la durée du contrat ou de l'ensemble des contrats conclus pour répondre à un besoin permanent est supérieure ou égale à trois ans. ". 4. D'autre part, l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration dispose : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. " Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1, en tant qu'elles concernent les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents. " Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits () ". 5. La requérante soutient que la décision en litige procède au retrait de la décision du 30 septembre 2020 l'informant de son basculement vers un CDI et qu'elle aurait dû, par conséquent, bénéficier d'une procédure contradictoire préalable. Toutefois, d'une part, le courrier du 30 septembre 2020 ne peut être regardé que comme une simple proposition de CDI, de sorte qu'il ne s'agit pas d'une décision créatrice de droits. Au demeurant, l'adjoint administratif ayant rédigé ce courrier a attesté avoir commis une erreur en adressant ce courrier à Mme D. D'autre part, l'intéressée ne se trouvait pas dans la situation prévue par l'article 41 du décret du 6 février 1991 où elle pouvait bénéficier d'un entretien préalable. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté. 6. En troisième lieu, la décision par laquelle l'autorité administrative compétente met fin aux relations contractuelles doit être regardée comme un refus de renouvellement de contrat si elle intervient à l'échéance de celui-ci et comme un licenciement si elle intervient en cours de contrat. 7. En l'espèce, Mme D soutient que son contrat a été tacitement renouvelé et que, la décision attaquée étant intervenue au cours de ce nouveau contrat, elle doit être regardée comme un licenciement. Il ressort des pièces du dossier que le contrat à durée déterminée de Mme D a été renouvelé, en dernier lieu, du 1er septembre 2020 au 28 février 2021. La décision attaquée mentionne néanmoins que ce contrat arrivait à son terme le 2 mars 2021. Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce que l'intéressée se serait maintenue dans ses fonctions après le 28 février 2021 et que son contrat aurait été tacitement renouvelé. Il en résulte que la mention du 2 mars 2021 dans la décision attaquée n'est constitutive que d'une erreur de plume et que cette décision ne saurait être regardée comme un licenciement. Par suite, ce moyen doit être écarté. 8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 41 du décret du 6 février 1991 précité : " Lorsque l'agent contractuel a été recruté par un contrat à durée déterminée susceptible d'être renouvelé en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'autorité signataire du contrat notifie à l'intéressé son intention de renouveler ou non le contrat, au plus tard : / () 2° Un mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée égale ou supérieure à six mois et inférieure à deux ans () / Pour la détermination de la durée du délai de prévenance, les durées d'engagement mentionnées aux 1°, 2° et 3° sont décomptées compte tenu de l'ensemble des contrats conclus avec l'agent () ". 9. Il ressort des pièces du dossier que Mme D n'a été informée du non renouvellement de son contrat que le 9 février 2021. Cependant, si la méconnaissance du délai de prévenance est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'administration, elle est toutefois sans incidence sur la légalité de la décision de non-renouvellement du contrat. Le moyen tiré de cette méconnaissance doit donc être écarté. 10. En cinquième lieu, un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie ni d'un droit au renouvellement de son contrat ni, à plus forte raison, d'un droit au maintien de ses clauses si l'administration envisage de procéder à son renouvellement. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler ou de proposer à l'agent, sans son accord, un nouveau contrat substantiellement différent du précédent, que pour un motif tiré de l'intérêt du service. 11. Pour refuser de renouveler le contrat à durée déterminée de la requérante, le centre hospitalier a retenu que sa manière de servir n'avait pas atteint les objectifs soumis par la direction. Néanmoins, devant le tribunal, le centre hospitalier fait désormais valoir, d'une part, que l'intéressée n'a pas toujours donné entière satisfaction et, d'autre part, qu'il a tenu compte de l'incidence de ses absences répétées et prolongées sur l'organisation et le fonctionnement du service. Ce faisant, l'hôpital doit être regardé comme sollicitant une substitution de motifs. 12. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué. 13. Il ressort des pièces du dossier que la requérante a d'abord été placée en arrêt maladie du 2 au 6 mars 2020, du 28 mars au 27 mai 2020 et du 2 au 27 octobre 2020. Le centre hospitalier produit également des arrêts de travail reçus les 20 janvier, 2 février et 3 février 2021. Mme D a ainsi cumulé cent vingt-sept jours d'absence. Il ressort du tableau d'activités de l'hôpital qu'à compter de l'année 2021, la requérante a travaillé seulement neuf jours et a été absente trente-deux jours. Si l'intéressée indique souffrir d'une péricardite, elle ne verse au dossier aucune pièce médicale. Or, en défense, le centre hospitalier fait valoir que Mme D était placée en arrêt de travail durant les pics épidémiques de la crise sanitaire et notamment lors du déclenchement des " plans blancs ", le 16 mars 2020 puis le 31 août 2020. Il ressort en outre des pièces du dossier que le laboratoire du centre hospitalier connaissait, à cette période, une hausse tendancielle de son activité. Le motif tiré de l'incidence des absences de Mme D sur l'organisation et le fonctionnement du service était donc de nature à fonder légalement la décision de non renouvellement et il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur celui-ci. Il y a donc lieu de procéder à une substitution de motifs, dès lors que Mme D ne se trouve privée d'aucune garantie procédurale. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté. 14. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 28 janvier 2021 de la directrice adjointe du CH Jean Marcel. Sur les conclusions indemnitaires : 15. Mme D ne se prévaut d'aucun préjudice subi du fait de la méconnaissance du délai de prévenance, mentionnée au point 9 du présent jugement. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité. Sur les frais liés au litige : 16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CH Jean Marcel, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme D demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. D É C I D E :Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au directeur du Centre hospitalier Jean Marcel. Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :M. Harang, président, M. Karbal, conseiller,M. Hélayel, conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2023. Le rapporteur,SignéD. HELAYEL Le président, Signé Ph. HARANGLa greffière,SignéA. CAILLEAUX La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conforme,La greffière,2N° 2100425
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026