mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2100630 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CERESOLA ROBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 11 mars 2021, 25 octobre 2022, 21 février 2023 et 27 juillet 2023, M. B et Mme C A, représentés par Me Brahin, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 septembre 2020 par lequel le maire de la commune de Bargemon a délivré le permis de construire n° PC 083 011 20 K 0002 à la société civile immobilière (SCI) Bel Azur en vue de la réalisation d'une maison individuelle avec deux garages, l'agrandissement du bassin de rétention des eaux pluviales et la régularisation des hauteurs de la maison située sur la parcelle cadastrée section 11b n° 1326 à Bargemon (83830) ;
2°) d'enjoindre à la commune de Bargemon de lui communiquer toute la correspondance entre la pétitionnaire et le service instructeur et notamment la page 3 de la pièce n° 6 versée à l'instance ;
3°) de mettre à la charge de la SCI Bel Azur une somme de 10 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors qu'elle n'est pas tardive, que les formalités prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ont été réalisées et qu'ils ont intérêt à agir ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article UD 4 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Bargemon relatives au dispositif d'évacuation des eaux pluviales ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UD 4 du règlement du PLU de la commune de Bargemon relatives aux accès et voiries ;
- il méconnaît le point 4 de l'article UD 6 du règlement du PLU de la commune de Bargemon relatif à l'implantation des portails par rapport aux voies et emprises publiques ;
- il méconnaît le point 2 de l'article UD 6 du règlement du PLU de la commune de Bargemon relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies existantes ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UD 8 du règlement du PLU de la commune de Bargemon relatives à l'implantation des constructions sur une même propriété ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UD 10 du règlement du PLU de la commune de Bargemon relatives à la hauteur des constructions ;
- il est entaché d'un défaut de base légale dès lors qu'il est fondé sur les dispositions du règlement national d'urbanisme alors que le PLU était en vigueur dans cette zone ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation à l'aune des articles R. 111-2 et
R. 111-5 du code de l'urbanisme eu égard à la dangerosité de l'accès pour les piétons ;
- il méconnaît les prescriptions de l'avis conforme de l'Architecte des Bâtiments de France (ABF) ;
- le dossier de demande de permis de construire est erroné dès lors que la surface de plancher créée indiquée sur le panneau d'affichage fait apparaître une différence de 8,75 mètres carrés par rapport à celle mentionnée dans le dossier de permis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2023, la commune de Bargemon, représentée par Me Vicquenault, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, demande, à titre subsidiaire, qu'il soit sursis à statuer sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et demande, en tout état de cause, que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle oppose une fin de non-recevoir tirée du défaut de notification régulière du recours gracieux conformément à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 23 août 2022 et 21 février 2023, la SCI Bel Azur, représentée par Me Perrouty, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, demande, à titre subsidiaire, qu'il soit sursis à statuer sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et demande, en tout état de cause, que soit mise à la charge des requérants la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Bargemon ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 juin 2024 :
- le rapport de Mme Le Gars ;
- les conclusions de M. Riffard, rapporteur public ;
- les observations de Me Vicquenault représentant la commune de Bargemon ;
- et les observations de Me Perrouty représentant la SCI Bel Azur.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement N° 1600111 du 18 décembre 2018, désormais revêtu de l'autorité de chose jugée, le tribunal administratif de Toulon a annulé totalement le permis de construire délivré par le maire de Bargemon à la société civile immobilière (SCI) Bel Azur le 1er octobre 2015 en vue de la construction d'une maison individuelle avec garages et piscine sur le terrain cadastré section B n° 1326 et situé calade de l'Aire sur le territoire communal. Le 8 avril 2020, la SCI bel Azur a déposé une demande de permis en vue de la construction d'une maison individuelle avec garages, de l'agrandissement du bassin de rétention et de la mise en conformité des hauteurs de la maison. Par un arrêté du 17 septembre 2020, rectifié le 19 septembre suivant, le maire de Bargemon a délivré le permis de construire sollicité. Le 10 novembre 2020, dont il a été accusé réception le 12 novembre suivant, M. et Mme A ont formé un recours gracieux. Ils demandent l'annulation de l'arrêté du 17 novembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
3. Les requérants soutiennent que la surface de plancher créée indiquée dans le formulaire Cerfa et sur le panneau d'affichage ne concordent pas. Cependant, d'une part, la circonstance que les mentions figurant sur le panneau d'affichage sont erronées n'a d'incidence que sur les voies et délais de recours et, d'autre part, les requérants n'établissent ni même n'allèguent que cette erreur dans le dossier de permis de construire, à la supposer constituée, a faussé l'appréciation du service instructeur quant au respect de la règlementation applicable. Ce moyen est, par suite, écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
4. En premier lieu, aux termes de l'article UD 3 du PLU de la commune de Bargemon : " () 2. Les accès sur voies publiques doivent être aménagés de façon à éviter toute perturbation et tout danger pour la circulation générale. 3. Sauf impossibilité physique, l'entrée de la propriété doit être aménagée de manière à permettre l'arrêt d'un véhicule hors de la voie de desserte avec la création d'une place de stationnement privative non close (retrait du portail de 5m pour une largeur d'entrée de 3m ou retrait du portail de 3m pour une largeur d'entrée de 5m). 4. Pour chaque terrain constructible il ne peut autorisé, à partir de la voie publique : - soit qu'un seul accès à double sens, - soit deux accès à sens unique. () ".
5. D'une part, il ressort des termes du jugement susvisé du tribunal administratif de Toulon en date du 18 décembre 2018, que l'arrêté de permis de construire a été annulé sur le fondement de l'article UD 3 du PLU de Bargemon, toujours en vigueur, au motif que le portail, qui présente une largeur de 3 mètres, est implanté à moins de 2 mètres de la limite de propriété sans aménager de retrait suffisant pour permettre la création d'une place de stationnement privative non close permettant l'arrêt d'un véhicule en dehors de la voie publique de desserte alors qu'il n'est pas allégué ni démontré qu'une impossibilité physique ferait obstacle à l'aménagement de l'entrée de la propriété. Cependant, en l'espèce, il ressort des plans et photographies du dossier de permis de construire, ainsi que le font valoir la pétitionnaire et la commune de Bargemon, que la configuration des lieux en dénivelé, dans un tournant avec des murs anciens à conserver, rend impossible tout aménagement physique de l'entrée de la propriété. A cet égard, les requérants, qui ne contestent pas sérieusement cette allégation, ne soutiennent pas que l'aménagement d'une place de stationnement serait physiquement possible. Dans ces conditions, M. et Mme A ne sont pas fondés à soutenir que le maire de Bargemon a fait une inexacte application des dispositions précitées en considérant qu'un aménagement de la place de stationnement à l'entrée de la propriété est impossible physiquement ainsi que le prévoient les dispositions de l'article UD 3 précité.
6. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, notamment des plans et photographies joints au dossier de permis de construire, que l'accès de la propriété permet le passage des véhicules dans les deux sens alternativement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UD 3 du règlement du PLU doit être écarté dans ses deux branches.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article UD 4.2.1 du règlement du PLU de Bargemon : " 2.1. Eaux pluviales : Les eaux pluviales des toitures et plus généralement les eaux qui proviennent du ruissellement sur les voies, cours et espaces libres, sont convenablement recueillies et canalisées vers des ouvrages susceptibles de les recevoir : caniveau, égout pluvial public, , tant du point de vue qualitatif que quantitatif. () ".
8. Il ressort de la notice relative à la modification du dispositif de rétention des eaux pluviales, annexée à l'arrêté attaqué, que le bassin de rétention des eaux pluviales a un volume utile de quinze mètres cubes et est dimensionné pour une surface imperméabilisée sur 206,47 mètres carrés. Si les requérants soutiennent que le projet est susceptible d'accentuer la fissuration du mur de soutènement situé, en aval, sur leur propriété en raison de la pression générée par le gonflement de la terre, ils n'établissent cependant pas que le dispositif d'évacuation des eaux pluviales n'est pas convenablement dimensionné ni n'assortissent leurs allégations d'aucun élément probant. Par ailleurs, il ne ressort d'aucune disposition applicable que la pétitionnaire était tenue de diligenter une étude géotechnique préalable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UD 4 du règlement du PLU de Bargemon doit être écarté comme manque en fait.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article UD 6 du règlement du PLU de Bargemon relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques : " 1. Les constructions à édifier sont implantées hors des emprises et des trouées prévues pour les voies, ainsi que des marges de reculement, lorsqu'elles sont indiquées aux documents graphiques. 2. A défaut desdites indications, les constructions à édifier sont distantes d'au moins 5 mètres par rapport à la limite d'emprise des voies existantes, à modifier ou à créer. () ".
10. Les requérants soutiennent que le projet méconnaît les dispositions de l'article UD 6 du règlement du PLU de Bargemon relatives à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques dès lors que la façade ouest de la construction est implantée à 2,9 mètres de l'alignement de la voie. Cependant, d'une part, le lexique annexé au PLU précise que sont concernées dans l'application de l'article 6 des différentes zones, toutes les voies publiques (autoroutes, routes départementales, communales et toutes voies grevées d'un emplacement réservé) et, d'autre part, il ressort du plan de masse que la voie située à l'ouest du terrain d'assiette du projet est un chemin piétonnier qui ne constitue, dès lors, pas une voie ou emprise publique au sens du PLU de Bargemon. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article UD 6 du règlement du PLU de Bargemon : " 4. Les portails en bordure des voies publiques doivent être implantés à une distance d'au moins 2,5 m rapport à la limite d'emprise des voies existantes, à modifier ou à créer ".
12. Le tribunal administratif de Toulon a annulé le permis de construire du 1er octobre 2015 au motif que le portail est implanté à moins de 2,5 mètres de la limite d'emprise de la voie publique. Il est constant que le projet en litige n'a pas été modifié par la pétitionnaire qui fait valoir qu'une impossibilité physique fait obstacle à l'aménagement de l'accès au terrain d'assiette et sollicite, dans sa demande de permis de construire, le bénéfice d'une adaptation mineure. La commune de Bargemon fait valoir qu'elle a accordé, eu égard à la configuration des lieux, l'adaptation mineure pour le recul du portail demandée dans la notice descriptive du projet. A cet égard, il n'est pas contesté par les requérants que cette adaptation mineure est conforme aux dispositions du code de l'urbanisme, notamment aux dispositions de son article L. 152-3. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UD 6 précité est écarté.
13. En cinquième lieu, aux termes de l'article UD 8 du règlement du PLU de Bargemon relatif à l'implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur une même propriété : " La distance mesurée horizontalement entre tout point de deux constructions non contiguës, implantées à l'intérieur d'une même propriété doit être au moins égale à la hauteur H de la construction la plus haute sans être inférieure à 3 mètres. () ".
14. Il ressort des pièces du dossier, notamment des photographies versées à l'instance par les requérants, que l'arche en pierre longeant la façade ouest de la maison est contiguë à l'abri de pierre préexistant sur le terrain. Ainsi, les requérants ne peuvent utilement soutenir sur le fondement de l'article UD 8 précité que la construction et l'abri de pierre doivent être implantés à une distance minimum règlementaire.
15. En sixième lieu, aux termes de l'article UD 10 du règlement du PLU de Bargemon : " Les hauteurs absolues H et h sont définies et mesurées comme il est indiqué à l'annexe 3 du présent règlement. La hauteur H est fixée à un maximum de 6 mètres pour les constructions à destination d'habitation, (). ". Par ailleurs, l'annexe 3 du PLU précise que " Les constructions à édifier s'inscrivent en totalité dans un gabarit défini, à l'aplomb du nu extérieur des façades, par : - un premier plan horizontal situé à une hauteur H mesurée depuis le niveau du sol naturel ou excavé jusqu'à l'égout des toitures en pente ou à l'arête supérieure de l'acrotère des toitures terrasse (). ".
16. D'une part, il ne ressort d'aucune pièce du dossier, y compris du plan de la façade sud, que le projet impliquerait une modification du terrain naturel à l'emplacement de la restanque reconstituée. Au demeurant, il ne résulte pas davantage des photographies jointes aux écritures, et contrairement à ce qui est soutenu, que l'angle de la maison est aligné avec la restanque. D'autre part, il ressort de ce même plan que la maison principale mesure six mètres à partir du terrain naturel. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions relatives à la hauteur doit être écarté comme manquant en fait.
17. En septième lieu, par un arrêté du 19 septembre 2020, le maire de Bargemon a rectifié le visa de la base légale de l'arrêté attaqué en visant les dispositions du PLU de la commune de Bargemon et en supprimant le visa des dispositions du règlement national d'urbanisme. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué, dont l'erreur matérielle a été au surplus rectifiée, serait entaché d'un défaut de base légale.
18. En huitième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme : " Le règlement national d'urbanisme est applicable aux constructions et aménagements faisant l'objet d'un permis de construire, d'un permis d'aménager ou d'une déclaration préalable ainsi qu'aux autres utilisations du sol régies par le présent code. Toutefois les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 à R. 111-19 et R. 111-28 à R. 111-30 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu. () ". D'autre part, l'article R. 111-2 du même code dispose que : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
19. Tout d'abord, il résulte des dispositions de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme que les requérants ne peuvent utilement invoquer la méconnaissance des dispositions des articles R. 111-5 et R. 111-16 du même code alors que la comme de Bargemon est couverte par un PLU à la date de l'arrêté attaqué.
20. Ensuite, les requérants soutiennent que l'accès du projet est dangereux pour les piétons circulant sur le trottoir dès lors que le portail n'est implanté qu'à 2,5 mètres en retrait de la voie publique. Cependant, cette distance est suffisante pour permettre à une voiture de s'avancer sans empiéter sur la voie publique avant de s'y engager. Ainsi, les requérants, qui ne font état d'aucun risque particulier eu égard aux caractéristiques de la voie de desserte ni au trafic du secteur ne sont pas fondés à soutenir, sur cette seule circonstance, que le maire de Bargemon a commis une erreur manifeste d'appréciation à l'aune des dispositions de l'article R. 111-2 précité en délivrant le permis attaqué.
21. En dernier lieu, si les requérants soutiennent que le projet méconnaît les prescriptions relatives à la teinte des menuiseries et volets contenues dans l'avis conforme de l'Architecte des Bâtiments de France, ils n'assortissent toutefois pas leur moyen des précisions, notamment juridiques, permettant d'en apprécier le bien-fondé.
22. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Bargemon, que les requérants ne sont pas fondés à solliciter l'annulation de l'arrêté du maire de Bargemon en date du 17 septembre 2020, tel que rectifié par un arrêté du 29 septembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
23. Les requérants demandent au juge d'enjoindre au service instructeur de produire les échanges par courriel entre le service instructeur et la société pétitionnaire. Cependant, d'une part, les injonctions de communication de pièces dans le cadre de l'instruction relève du pouvoir propre du juge qui dirige l'instruction et, d'autre part, il résulte de l'ensemble de ce qui précède que le juge n'a pas estimé utile d'enjoindre à la commune de Bargemon de communiquer cette pièce dans le cadre de la résolution du litige. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
24. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'une ou l'autre des parties, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, les frais qu'elles ont engagés dans le cadre de la présente instance.
DECIDE
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Bargemon et la SCI Bel Azur sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B et Mme C A, à la commune de Bargemon et à la société civile immobilière Bel Azur.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Bailleux, premier conseiller,
Mme Le Gars, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé :
H. LE GARS
La présidente,
Signé :
M. BERNABEU La greffière,
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026