vendredi 24 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2100776 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - Juge Unique |
| Avocat requérant | TEISSONNIERE TOPALOFF LAFFORGUE ANDREU ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mars 2021, Mme D A, représentée par Me Fleury, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 30 décembre 2020 par laquelle la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales a refusé de reconnaître le caractère professionnel de la maladie de M. B C, son père ;
2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales d'instruire le dossier de M. B C ;
3°) de mettre à la charge de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable en ce qu'elle a qualité pour agir en tant qu'héritière de
M. C aux fins que la pathologie de son père soit reconnue d'origine professionnelle ;
- sa requête est recevable en ce qu'elle a un intérêt à agir car la rente peut être réintégrée dans la succession et dans la mesure où la reconnaissance du caractère professionnel de la pathologie de son père lui ouvre la possibilité d'une indemnisation sur le fondement de la faute inexcusable de l'employeur qui a exposé la victime au risque ;
- il revenait à la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales de se prononcer sur le caractère professionnel de la pathologie de M. C ;
- le caractère professionnel de la maladie de M. C doit être reconnu dans la mesure où elle est imputable au service en application des articles 21 bis et 30 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2021, le directeur de la Caisse des dépôts et consignations conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et subsidiairement à son rejet au fond.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en ce que la requérante ne pouvait demander la révision de la pension de réversion concédée à sa mère ou saisir le tribunal au-delà des délais de recours prévus par les textes ;
- à titre subsidiaire, la requête de la requérante contre la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales est mal dirigée dès lors que la reconnaissance de la pathologie ayant entrainé le décès de M. C au titre d'une maladie professionnelle et la prise en charge des prestations inhérentes à cette reconnaissance est de la compétence et de la responsabilité exclusive du ministère des armées en sa qualité d'employeur d'un ouvrier de l'Etat à l'époque de son exposition à l'amiante.
Par un mémoire, enregistré le 9 novembre 2022, Mme D A, représentée par Me Fleury, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, de considérer sa requête comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître ; en conséquence, d'ordonner le renvoi de l'affaire l'opposant à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales devant le pôle social du tribunal judicaire de Toulon ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision de refus de reconnaissance de maladie professionnelle de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales
du 30 décembre 2020.
Par ordonnance du 17 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 17 janvier 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret du 28 juin 1947 ;
- le décret n° 2020-799 du 29 juin 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Sauton, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. Sauton a présenté son rapport, en l'absence des parties.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C a été exposé à l'inhalation de poussières d'amiante lorsqu'il travaillait en qualité d'ouvrier d'Etat du ministère de la Défense à la DCNS de Saint-Tropez
du 2 octobre 1968 au 31 décembre 1992. Il a fait l'objet d'une intervention chirurgicale le 23 mai 2007 ayant mis en évidence une formation tumorale au niveau pulmonaire. Il est décédé
le 7 décembre des suites de cette affection. Son épouse a bénéficié d'une pension de réversion.
Sa fille, Mme A, a demandé, le 25 mars 2020, en sa qualité d'ayant-droit, à la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités territoriales la reconnaissance du caractère professionnel de la pathologie de son père. Par une décision du 30 décembre 2020, la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités territoriales a rejeté sa demande. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision.
Sur la compétence de la juridiction :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale :
" Le contentieux général de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole,
à l'exception des litiges relevant du contentieux technique de la sécurité sociale ; (). ". Selon l'article L. 142-8 du même code : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : / 1° Au contentieux général de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 ; () ". Le critère de la compétence des organismes du contentieux de la sécurité sociale est, en ce qui concerne les agents publics, lié non à la qualité des personnes en cause, mais à la nature même du différend.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 711-1 du code de la sécurité sociale :
" () demeurent provisoirement soumises à une organisation spéciale de sécurité sociale les branches d'activités ou entreprises énumérées par un décret en Conseil d'Etat. Des décrets établissent pour chaque branche d'activité ou entreprises mentionnées à l'alinéa précédent une organisation de sécurité sociale dotée de l'ensemble des attributions définies à l'article L. 111-1. Cette organisation peut comporter l'intervention de l'organisation générale de la sécurité sociale pour une partie des prestations () ". Aux termes de l'article R. 711-1 du même code : " Restent soumis à une organisation spéciale de sécurité sociale () : 1° Les administrations, services, offices, établissements publics de l'Etat, les établissements industriels de l'Etat et l'Imprimerie nationale, pour les fonctionnaires, les magistrats et les ouvriers de l'Etat. ".
4. Il résulte de ces dispositions que le régime des accidents du travail applicable aux ouvriers du ministère de la Défense, qui relèvent du régime des ouvriers d'Etat, est régi, dans les conditions de droit commun, par le régime général de la sécurité sociale. Dès lors, la décision par laquelle l'administration refuse de reconnaître, pour un ouvrier, l'imputabilité au service d'une pathologie, n'est pas au nombre de celles dont il appartient à la juridiction administrative de connaître mais relève de la compétence du tribunal judiciaire.
5. En toute hypothèse, Mme A a saisi la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités territoriales, afin que la pathologie de son père, M. C, consécutive à son exposition à l'amiante lorsqu'il exerçait en qualité d'ouvrier d'Etat du ministère de la Défense à la direction des constructions et armes navales de Saint-Tropez, sur la période allant de 1968 à 1992, soit reconnue comme une maladie professionnelle. Toutefois, la demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de la maladie professionnelle de M. C devait être adressée au ministre des Armées, employeur à la date des faits, et non la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités territoriales.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître. Si la requérante sollicite le renvoi à la juridiction compétente, il lui appartient, si elle s'y croit fondée, de saisir elle-même le tribunal judiciaire compétent.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation, que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ".
8. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la Caisse des dépôts et consignations la somme que Mme A demande en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et à la Caisse des dépôts et consignations.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2023.
Le magistrat désigné,
signé
J.-F. Sauton
Le greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/ la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026