LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2101169

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2101169

vendredi 9 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2101169
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantDUFOND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 27 avril 2021, le 17 décembre 2021, le 17 juin 2022 et le 4 août 2022, M. B A, représenté par Me Dufond, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 28 février 2021 par laquelle le préfet du Var et le président de l'office français de l'immigration et de l'intégration ont rejeté sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse, Mme C E ;

2°) d'enjoindre au préfet du Var et à l'office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 411-1, L. 411-5 et R. 411-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il réunit les conditions du regroupement familial.

Par un mémoire enregistré le 25 juin 2021, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, conclut à sa mise hors de cause et au rejet de la requête.

Il soutient que le préfet du Var est seul compétent pour refuser le regroupement familial en vertu des dispositions combinées des articles L. 421-4 et R. 421-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; de ce fait, il n'a pu rendre une décision implicite de rejet de la demande de regroupement familial de M. A pour son épouse.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2022, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- le moyen tiré de l'insuffisance de motivation est inopérant dès lors que le silence gardé par l'administration ne saurait être retenu contre elle en ce qu'il a été demandé au requérant le 16 novembre 2020 l'envoi de pièces complémentaires nécessaires à l'étude de son dossier ; il n'a jamais donné suite à cette demande, ce qui a fait obstacle à la clôture d'instruction de sa demande jusqu'alors ; une décision de refus implicite à une demande de regroupement familial peut être motivée en droit et en fait au motif que le membre de la famille qui doit en bénéficier est déjà présent sur le territoire national, mais c'est en examinant l'ensemble de la situation qu'il a pris la décision implicite de rejet ;

- la décision attaquée ne méconnaît pas les dispositions de l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'épouse du requérant s'est maintenue en toute irrégularité sur le territoire français ; la situation du couple n'est que le résultat du non-respect délibéré des lois françaises ; elle n'a pas porté d'atteinte disproportionnée au droit de bénéficier de la procédure de regroupement familial dès lors qu'il n'a pas effectué les démarches complètes en ce sens ;

- elle n'est pas entachée d'une erreur de droit en méconnaissance de l'article L 434-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'épouse du requérant résidait sur le territoire français ;

- elle n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant au regard de l'article L. 434-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant dès lors que Mme E était en situation irrégulière et présente sur le territoire français au moment du dépôt de la demande du requérant ; aucune mesure d'éloignement n'a été prise à l'encontre de l'épouse du requérant.

Par ordonnance du 3 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 3 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La rapporteure publique ayant été, sur sa proposition, dispensée de prononcer ses conclusions à l'audience ;

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Sauton, président ;

-et les observations de Me Dufond, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain, né en 1980 au Maroc, a sollicité le bénéfice du regroupement familial pour son épouse, Mme C E par un courrier du 28 août 2020, puis par un courrier du 28 octobre 2020 notifié le 29 octobre 2020. M. A demande, dans le dernier état de ses écritures, l'annulation de la décision implicite de rejet née le 28 février 2021 du silence gardé pendant six mois par le préfet du Var et le président de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) sur sa demande.

Sur les conclusions de l'OFII tendant à sa mise hors de cause :

2. L'OFII, qui n'est pas l'auteur de la décision contestée par M. A, est fondé à demander sa mise hors de cause.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais de recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande () ".

4. Il n'est pas établi, ni même soutenu, que M. A aurait sollicité les motifs de la décision implicite de rejet née le 28 février 2021 du silence gardé par le préfet du Var sur sa demande de regroupement familial. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision ne peut, dès lors, qu'être écarté.

5. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable et désormais codifié à l'article L. 434-2 du même code : " Le ressortissant étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins un an, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial, par son conjoint et les enfants du couple mineurs de dix-huit ans ". Aux termes de l'article L. 411-6 du même code, alors applicable et désormais codifié à l'article L. 434-6 du même code : " Peut être exclu du regroupement familial : () 3° Un membre de la famille résidant en France ". D'autre part, aux termes de l'article R. 411-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable et désormais codifié à l'article R. 434-6 du même code : " Le bénéfice du regroupement familial ne peut être refusé à un ou plusieurs membres de la famille résidant sur le territoire français dans le cas où l'étranger qui réside régulièrement en France dans les conditions prévues aux articles R. 411-1 et R. 411-2 contracte mariage avec une personne de nationalité étrangère régulièrement autorisée à séjourner sur le territoire national sous couvert d'une carte de séjour temporaire d'une durée de validité d'un an. Le bénéfice du droit au regroupement familial est alors accordé sans recours à la procédure d'introduction. Peuvent en bénéficier le conjoint et, le cas échéant, les enfants de moins de dix-huit ans de celui-ci résidant en France, sauf si l'un des motifs de refus ou d'exclusion mentionnés aux 1°, 2° et 3° de l'article L. 411-5 leur est opposé ".

6. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'il se prononce sur une demande de regroupement familial, le préfet est en droit de rejeter la demande dans le cas où l'intéressé ne justifierait pas remplir l'une ou l'autre des conditions légalement requises notamment, comme en l'espèce, en cas de présence anticipée sur le territoire français du membre de la famille bénéficiaire de la demande. Le préfet dispose toutefois d'un pouvoir d'appréciation et n'est pas tenu par les dispositions précitées, notamment dans le cas où il serait porté une atteinte excessive au droit de mener une vie familiale normale ou qu'un refus méconnaitrait l'intérêt supérieur de l'enfant au profit duquel l'autorisation de regroupement familial est demandée.

7. Il ressort du mémoire en défense du préfet du Var que la décision en litige est fondée sur le motif qu'à la date de la demande de regroupement familial, Mme E, en situation irrégulière, résidait sur le territoire national, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 411-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées ci-dessus. Dans ces conditions, elle ne pouvait bénéficier de la dispense de la procédure d'introduction prévue par les dispositions précitées de l'article R. 434-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La circonstance alléguée que le couple réunissait les conditions pour bénéficier du regroupement familial est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par ailleurs, M. A fait valoir qu'il travaille depuis de nombreuses années, que ses enfants mineurs sont scolarisés en France depuis plusieurs années, de telle sorte que le centre des intérêts principaux de la famille est sur le territoire français. Toutefois, il est constant que M. A et Mme E se sont mariés au Maroc le 23 décembre 2014, que de leur union sont nés deux enfants, D A, en 2017 en Italie, de nationalité marocaine, et Assyl A en 2020 en France, également de nationalité marocaine. La décision litigieuse ne fait pas obstacle à la poursuite de la vie privée et familiale en France de l'épouse du requérant, qui peut solliciter un titre de séjour. Enfin, la décision en litige, qui ne constitue pas une mesure d'éloignement, n'a ni pour objet ni pour effet de séparer Mme E de son époux. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 411-1, L. 411-5 et R. 411-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de la décision attaquée, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration est mis hors de cause.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet du Var et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 26 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Sauton, président,

M. Quaglierini, premier conseiller,

Mme Martin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2024.

Le président- rapporteur,

Signé

JF. SAUTON

L'assesseur le plus ancien,

Signé

B. QUAGLIERINI

La greffière,

Signé

B. BALLESTRACCI

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

N°2101169

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions