vendredi 22 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2101282 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GOSSA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 7 mai 2021 et 14 janvier 2023, Mme A B, représentée par Me Gossa, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 novembre 2020 par lequel le président de la métropole Toulon Provence Méditerranée a décidé qu'à compter du 1er novembre 2020, elle bénéficierait de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) du groupe 8 du cadre d'emplois des attachés territoriaux et a fixé le montant annuel de cette indemnité à 18 384 euros bruts, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la métropole Toulon Provence Méditerranée de lui accorder le bénéfice de l'IFSE du groupe 5 à compter du 1er novembre 2020 ;
3°) de mettre à la charge de la métropole Toulon Provence Méditerranée la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté est illégal dès lors que, étant cheffe de service au sein de la direction des ports de la métropole Toulon Provence Méditerranée, elle aurait dû bénéficier de l'IFSE du groupe 5 du cadre d'emplois des attachés territoriaux, conformément au 3 de l'annexe de la délibération n° 20/09/169 du 30 septembre 2020.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 17 juin 2020 et 21 juin 2023, la métropole Toulon Provence Méditerranée, représentée par Me Vergnon, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que le moyen soulevé par la requérante est infondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 91-875 du 6 septembre 1991 ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le décret n° 2020-182 du 27 février 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martin, rapporteure,
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique,
- les observations de Me Laurent, représentant la métropole Toulon Provence Méditerranée ;
- Mme B n'étant ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, attachée territoriale détenant le grade d'ingénieur principal depuis le 1er juillet 2004, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 novembre 2020 par lequel le président de la métropole Toulon Provence Méditerranée a décidé qu'à compter du 1er novembre 2020, elle bénéficierait de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) du groupe 8 du cadre d'emplois des attachés territoriaux et a fixé le montant annuel de cette indemnité à 18 384 euros, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux exercé le 11 janvier 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 : " Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat. / Ces régimes indemnitaires peuvent tenir compte des conditions d'exercice des fonctions, de l'engagement professionnel et, le cas échéant, des résultats collectifs du service. / Lorsque les services de l'Etat servant de référence bénéficient d'une indemnité servie en deux parts, l'organe délibérant détermine les plafonds applicables à chacune de ces parts et en fixe les critères, sans que la somme des deux parts dépasse le plafond global des primes octroyées aux agents de l'Etat. () / Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics peuvent décider de maintenir, à titre individuel, au fonctionnaire concerné, le montant indemnitaire dont il bénéficiait en application des dispositions réglementaires antérieures, lorsque ce montant se trouve diminué soit par l'application ou la modification des dispositions réglementaires applicables aux services de l'Etat servant de référence, soit par l'effet d'une modification des bornes indiciaires du grade dont il est titulaire ".
3. Aux termes de l'article 1er du décret du 6 septembre 1991 : " I.- Le régime indemnitaire fixé par les assemblées délibérantes des collectivités territoriales et les conseils d'administration de leurs établissements publics pour les différentes catégories de fonctionnaires territoriaux ne doit pas être plus favorable que celui dont bénéficient les fonctionnaires de l'Etat exerçant des fonctions équivalentes. / Le tableau joint en annexe 1 établit les équivalences avec la fonction publique de l'Etat des différents cadres d'emplois de la fonction publique territoriale dans le domaine de l'administration générale, dans le domaine technique, dans le domaine médico-social, dans le domaine culturel, dans le domaine sportif et dans le domaine de l'animation ". Aux termes de l'article 2 du décret précité : " L'assemblée délibérante de la collectivité ou le conseil d'administration de l'établissement fixe, dans les limites prévues à l'article 1er, la nature, les conditions d'attribution et le taux moyen des indemnités applicables aux fonctionnaires de ces collectivités ou établissements. L'organe compétent fixe, notamment, la liste des emplois dont les missions impliquent la réalisation effective d'heures supplémentaires ouvrant droit aux indemnités horaires pour travaux supplémentaires versées dans les conditions prévues pour leur corps de référence figurant en annexe au présent décret. () / L'autorité investie du pouvoir de nomination détermine, dans cette limite, le taux individuel applicable à chaque fonctionnaire ".
4. Aux termes de l'article 2 du décret du 20 mai 2014 : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est fixé selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis dans l'exercice des fonctions. / Les fonctions occupées par les fonctionnaires d'un même corps ou statut d'emploi sont réparties au sein de différents groupes au regard des critères professionnels suivants : / 1° Fonctions d'encadrement, de coordination, de pilotage ou de conception ; / 2° Technicité, expertise, expérience ou qualification nécessaire à l'exercice des fonctions ; / 3° Sujétions particulières ou degré d'exposition du poste au regard de son environnement professionnel ".
5. Par sa délibération du 30 septembre 2020, la métropole Toulon Provence Méditerranée a mis en place, à compter du 1er novembre 2020, le RIFSEEP composé d'une part d'une indemnité de fonctions, des sujétions, de l'expertise (IFSE) et d'autre part, d'un complément indemnitaire annuel (CIA). En vue de la détermination du montant de l'IFSE aux agents de la métropole, la délibération a défini, dans son annexe, huit groupes d'emplois. Les emplois de catégorie A ont été répartis dans huit groupes comprenant au groupe 5 les fonctions de " chef de service " et au groupe 8 les " autres fonctions ".
6. Mme B soutient que c'est à tort qu'elle a été classée dans le groupe 8 " autres fonctions " et qu'elle relève, eu égard à ses missions, du groupe d'emploi 5 " chef de service ". Il est constant que Mme B est affectée, depuis le 31 juillet 2009, au poste de responsable du service " Travaux et grandes opérations " au sein de la division développement. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de sa fiche de poste intitulée " chef du service travaux et grandes opérations ", mise à jour au 15 décembre 2020 et signée par le supérieur hiérarchique de l'intéressée, que Mme B anime et encadre une équipe composée notamment de trois personnes. Si la métropole fait valoir qu'elle n'exerce pas des fonctions d'encadrement, il ressort des pièces du dossier et, notamment, de son évaluation professionnelle au titre de l'année 2020, qu'elle est évaluée sur sa capacité d'encadrement de deux agents, laquelle est jaugée pour l'ensemble de ses composantes entre " point maitrisé " et " point fort ". La requérante produit également aux débats les comptes rendus d'entretien professionnel qu'elle a fait passer, en sa qualité de responsable hiérarchique " chef de service travaux grandes opérations ", de deux agents au titre de l'année 2019 et d'un agent au titre de l'année 2020, sur lesquels le président de la métropole a apposé tampon et signature.
7. Par ailleurs, s'il est constant que la métropole Toulon Provence Méditerranée a procédé à une réorganisation de ses services et notamment de la direction des ports, il ne ressort pas des pièces du dossier que la direction " développement ", anciennement subdivisée en deux services distincts, dont celui des " Travaux et grandes opérations ", ait substantiellement été modifiée par celle-ci. En outre, il n'est ni soutenu ni allégué que ce service, s'il n'apparaît pas dans l'organigramme tel que fixé au 1er octobre 2020, ait disparu le temps de cette réorganisation ni même que Mme B n'en aurait pas assuré la continuité. Dans ces circonstances, Mme B justifie de sa qualité de cheffe de service. Ainsi, et sans que l'absence de toute situation financière préjudiciable pour l'intéressée n'ait une incidence sur la légalité de la décision, la métropole Toulon Provence Méditerranée a commis une erreur manifeste d'appréciation en décidant de classer Mme B, qui a intérêt pour agir contre un acte administratif qui lui dénie la qualité de cheffe de service, dans le groupe 8 " autres fonctions ". Par suite, le moyen doit être accueilli.
8. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 18 novembre 2020 doit être annulé, ainsi que par voie de conséquence, la décision implicite née le 13 mars 2021 rejetant le recours gracieux exercé par Mme B.
Sur l'injonction :
9. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique, par application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, que l'administration octroie à Mme B le bénéfice de l'IFSE du groupe 8 du cadre d'emplois des attachés territoriaux à compter du 1er novembre 2020, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la métropole Toulon Provence Méditerranée au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de Mme B qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la métropole Toulon Provence Méditerranée une somme de
2 000 euros demandée par Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 18 novembre 2020 et la décision implicite de rejet du recours gracieux née le 13 mars 2021 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la métropole Toulon Provence Méditerranée de classer Mme B dans le groupe 8 du cadre d'emplois des attachés territoriaux pour le bénéfice de l'IFSE, à compter du 1er novembre 2020, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La métropole Toulon Provence Méditerranée versera à Mme B une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par la métropole Toulon Provence Méditerranée pour l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la métropole Toulon Provence Méditerranée.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2023 à laquelle siégeaient :
J.-F. Sauton, président,
B. Quaglierini, premier conseiller,
K. Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
K. Martin
Le président,
Signé
J.-F. Sauton
La greffière,
Signé
B. Ballestracci
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026