jeudi 22 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2101443 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MACONE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des mémoires et des pièces complémentaires, enregistrés le 25 mai 2021, le 13 juillet 2021, le 13 avril 2023 et le 26 octobre 2023, M. A B, représenté par Me Macone, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 123 086,24 euros, correspondant à l'indemnité différentielle tenant compte d'une prime de rendement de 32 % non perçue entre 1990 et 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- aucune autorité de la chose jugée ne peut lui être opposée ;
- sa créance n'est pas prescrite ; l'indemnité différentielle est versée qu'en raison de l'application de dispositions réglementaires et non d'un service fait ; il n'a jamais eu connaissance du mode de calcul de son indemnité différentielle et plus précisément du taux de rendement retenu par l'administration ; l'administration a commis une erreur dans la méthode de calcul de sa rémunération ; il ne s'est aperçu de cette erreur qu'en 2020 ;
- il n'a jamais perçu l'indemnité différentielle tenant compte d'une prime de rendement de 32 % à laquelle il avait droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2023, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- l'ensemble de la créance est prescrite ;
- le requérant ne peut soutenir qu'il n'avait pas connaissance de sa créance dès lors que les modalités de calcul de l'indemnité différentielle sont directement et entièrement définies par les décrets du 23 novembre 1962 et du 18 octobre 1989, qui ont été régulièrement publiés ;
- l'erreur commise par l'administration dans l'interprétation de ces textes n'est pas de nature à faire obstacle à ce que la prescription soit opposée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- le décret n° 62-1389 du 23 novembre 1962 ;
- le décret n° 89-753 du 18 octobre 1989 ;
- le décret n° 2001-878 du 24 septembre 2001 ;
- la décision n° 38846/MA/DPC/CRG du 13 juin 1968 du ministre des armées ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Montalieu, rapporteure,
- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,
- et les observations de Me Macone, avocat de M. B,
- le ministre des armées n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ancien ouvrier de l'Etat du ministère des armées, a été technicien supérieur d'études et de fabrications (TSEF) puis ingénieur d'études et de fabrications (IEF). Estimant que sa rémunération avait retenu une prime de rendement erronée de 1990 à 2015, il a, par un courrier du 20 janvier 2021, réceptionné le 22 janvier suivant, demandé au ministre des armées de lui verser la somme de 115 062 euros, correspondant à l'indemnité différentielle tenant compte d'une prime de rendement de 32 % non perçue durant cette période. Le silence gardé par son employeur a fait naître une décision implicite de rejet de sa demande.
Sur le calcul de l'indemnité différentielle :
2. D'une part, aux termes de l'article 1er du décret du 23 novembre 1962 relatif à l'octroi d'une indemnité différentielle à certains techniciens d'études et de fabrications du ministère des armées : " Les techniciens d'études et de fabrications relevant du ministère des armées provenant du personnel ouvrier ou du personnel contractuel régi par le décret du 3 octobre 1949 perçoivent, le cas échéant, une indemnité différentielle ; cette indemnité est égale à la différence entre, d'une part, le salaire maximum de la profession ouvrière à laquelle appartenaient les anciens ouvriers ou le salaire réellement perçu par les anciens contractuels à la date de leur nomination et, d'autre part, la rémunération qui leur est allouée en qualité de fonctionnaire. () ". Aux termes de l'article 6 du décret du 18 octobre 1989 portant attribution d'une indemnité compensatrice à certains techniciens supérieurs d'études et de fabrications du ministère de la défense : " Les dispositions du décret n° 62-1389 du 23 novembre 1962 demeurent applicables : 1° Aux techniciens supérieurs d'études et de fabrications nommés au titre de l'article 15 du décret susvisé qui bénéficiaient de ces dispositions antérieurement à leur nomination dans un corps de techniciens supérieurs d'études et de fabrications ; 2° Aux techniciens supérieurs d'études et de fabrications qui, antérieurement à leur nomination, avaient été admis dans les écoles techniques normales de la délégation générale pour l'armement à la suite des concours d'accès à ces écoles organisés au titre des années 1987 et 1988 ". Aux termes de la décision du 13 juin 1968 relative au taux de la prime de rendement attribuée aux ouvriers du ministère des armées : " A compter du 1er avril 1968, les primes de rendement allouées aux ouvriers et aux techniciens à statut ouvrier des armées varient de 0 à 32 % du salaire du 1er échelon du groupe professionnel auquel ils appartiennent. La moyenne des primes ainsi accordées ne peut dépasser 16 % du salaire minimum de chaque groupe () ".
3. D'autre part, il résulte des dispositions des articles 1er, 2 et 3 du décret du 24 septembre 2001 portant attribution d'une indemnité compensatrice à certains ingénieurs civils de la défense du ministère de la défense que le calcul de l'indemnité compensatrice des ingénieurs d'études et de fabrications se fait sur la base, notamment, de l'indemnité différentielle prévue par les dispositions du décret du 23 novembre 1962.
4. Il résulte de ces dispositions que la rémunération des techniciens et des ingénieurs d'études et de fabrications relevant du ministère des armées comprend une prime de rendement. Si le taux moyen de cette prime de rendement ne peut dépasser 16 % du salaire minimum de chaque groupe, la prime que peut percevoir un ouvrier est de 32 %.
5. En l'espèce, il est constant que l'indemnité différentielle que M. B a perçue entre 1990 et 2015 a été calculée sur la base d'une prime de rendement d'un taux de 16 % et non de 32 %. Par suite, M. B est fondé à soutenir que l'administration a commis une erreur dans la détermination de sa prime.
Sur l'exception de prescription quadriennale opposée en défense :
6. Aux termes de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis () ". Aux termes de l'article 3 de la même loi : " La prescription ne court ni contre le créancier qui ne peut agir, soit par lui-même ou par l'intermédiaire de son représentant légal, soit pour une cause de force majeure, ni contre celui qui peut être légitimement regardé comme ignorant l'existence de sa créance ou de la créance de celui qu'il représente légalement ".
7. Lorsqu'un litige oppose un agent public à son administration sur le montant des rémunérations auxquelles il a droit, le fait générateur de la créance se trouve en principe dans les services accomplis par l'intéressé. Dans ce cas, le délai de prescription de la créance relative à ces services court, sous réserve des cas prévus à l'article 3 de la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968, à compter du 1er janvier de l'année suivant celle au titre de laquelle ils auraient dû être rémunérés.
8. Le fait générateur des créances dont M. B se prévaut est constitué, contrairement à ce qu'il soutient, par le service fait entre 1990 et 2015. En outre, la détermination du montant de la créance de M. B résulte de l'application directe des textes cités aux points 2 et 3, lesquels ont été régulièrement publiés. Il était ainsi loisible au requérant de demander la revalorisation de l'indemnité différentielle qu'il percevait, et le cas échéant de contester la décision de l'administration. Les circonstances qu'aucun document indiquant précisément les modalités de calcul de l'indemnité n'a été notifié au requérant et que l'autorité administrative a elle-même commis une erreur dans la liquidation du montant de l'indemnité sont, à cet égard, sans incidence. Dès lors, M. B ne peut être regardé comme ayant légitimement ignoré l'existence de sa créance, au sens des dispositions précitées de l'article 3 de la loi du 31 décembre 1968. Par suite, en application des dispositions précitées de la loi du 31 décembre 1968, les délais de prescription des créances nées entre 1990 et 2015 étaient expirés le 22 janvier 2021, date à laquelle l'administration a réceptionné la demande préalable de M. B.
9. Il résulte de tout ce qui précède que le ministre des armées est fondé à opposer à M. B l'exception de prescription quadriennale pour l'ensemble des créances. Par suite, la requête de M. B doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Harang, président,
M. Zouhaïr Karbal, conseiller,
Mme Mathilde Montalieu, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 février 2024.
La rapporteure,
Signé
M. MONTALIEU
Le président,
Signé
Ph. HARANG
La greffière,
Signé
F. POUPLY
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026