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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2101549

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2101549

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2101549
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantDEMES AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 juin 2021 et 5 janvier 2023,

M. C D, représenté par Me Jacquemin, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision prise par le maire de la commune de Claviers le 21 décembre 2020 lui refusant la délivrance d'un permis de construire pour des travaux de régularisation de l'extension de sa maison, la régularisation d'annexes, la construction d'un abri pour voitures, et la démolition de constructions annexes édifiées sans autorisation sur un terrain situé La Grangue d'Espitalier et cadastré section 41 B 276, 41 B 277, 41 B 278, 41 B 279 et 41 B 280 sur le territoire communal, ensemble la décision de rejet du recours gracieux du 2 avril 2021 ;

2°) à titre subsidiaire, d'annuler les décisions précitées en tant que celles-ci refusent de lui délivrer un permis de construire pour l'extension de la maison ;

3°) d'enjoindre au maire de la commune de Claviers de délivrer le permis de construire sollicité ;

4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au maire de la commune de Claviers de procéder au réexamen de la demande de permis de construire, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision ;

5°) enfin, et en tout état de cause, de mettre à la charge de la commune de Claviers une somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte en ce qu'il n'est pas établi que son signataire, M. A B, disposait d'une délégation de signature ayant un caractère exécutoire ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée et entachée d'un vice de procédure ; l'avis du SPANC n'est pas visé dans la décision alors qu'un des motifs est fondé sur le défaut de conformité du système d'assainissement, résultant d'un diagnostic du 11 février 2019 ;

- le motif de la décision fondé sur la méconnaissance des dispositions de l'article A2 en ce qu'il concerne la surface cumulée des annexes est erroné ; il n'y a pas lieu de tenir compte de l'atelier d'une surface de 35,76 mètres carrés, qui a été construit par l'ancien propriétaire le

3 octobre 2005 ; en outre, cette construction a plus de dix ans et est divisible des autres constructions ; il y a donc lieu de faire application des dispositions de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme ; il n'y a pas lieu de tenir compte de l'auvent de 27,52 mètres carrés car il ne doit pas être considéré comme une annexe au titre du lexique du règlement du plan local d'urbanisme ; - il n'y avait pas lieu de tenir compte de l'abri pour voitures d'une surface de 15 mètres carrés, en ce que cet abri sera démonté ; la surface à retenir est donc de 68,82 mètres carrés, ce qui respecte les dispositions de l'article A 2 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- le motif de la décision fondé sur l'extension de la construction principale qui dépasserait le pourcentage autorisé de 50% est illégal ; la demande d'extension est de 32 mètres carrés et la commune n'établit pas qu'il serait nécessaire d'ajouter une surface de 11 mètres carrés au motif que la construction autorisée en 1998 n'aurait pas respecté la surface de plancher autorisée par ce permis ;

- le motif de la décision fondé sur la méconnaissance des dispositions de l'article A 7 du règlement du plan local d'urbanisme est illégal ; l'abri jardin, dont l'implantation est contestée, est une annexe, qui sera démontée et qui de surcroît est implantée à 4 mètres de la limite séparative ;

- le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article A 11 du règlement du plan local d'urbanisme est illégal ; il appartenait à la commune d'édicter des prescriptions pour assurer le respect des dispositions de l'article A 11 du règlement du plan local d'urbanisme ; l'article A 11 du règlement du plan local d'urbanisme n'impose nullement l'utilisation d'une palette des couleurs pour les annexes ;

- le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme est illégal ; l'arrêté ne peut censurer le projet avec ce motif car les mêmes conditions étaient réunies pour les projets antérieurs, en l'espèce le risque incendie sur le terrain d'assiette et l'éloignement d'un poteau incendie, et des autorisations d'urbanisme ont été délivrées ; l'augmentation de surface de plancher de 54,70 mètres carrés n'est pas significative ;

- le motif tiré de la non-conformité au dispositif d'assainissement est illégal ; les circonstances préexistaient au dépôt de la nouvelle demande de permis de construire ; la commune ne peut pas censurer le projet car les conditions d'assainissement similaires préexistaient lors des délivrances antérieures de permis de construire ; il n'a pas été demandé la production de pièces complémentaires pour justifier la mise en œuvre du système d'assainissement non collectif ; le pétitionnaire n'a pas été amené à s'expliquer sur un prétendu défaut de conformité ;

- le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article A 4 du règlement du plan local d'urbanisme est illégal ; le projet d'extension ne nécessitait pas une modification du dispositif déjà en place qui a été validé par les précédentes autorisations d'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 octobre 2021, la commune de Claviers, représentée par Me Campolo, conclut au rejet de la requête et demande à ce qu'il soit mis à la charge du requérant une somme de 3 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable en ce qu'elle concerne la demande d'annulation de la décision de rejet du recours gracieux ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 10 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 10 janvier 2023 à 12 heures.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 mai 2024 :

- le rapport de M. Bailleux ;

- les conclusions de M. Riffard, rapporteur public ;

- et les observations de Me Baudino, représentant la commune de Claviers.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'annulation :

1. Monsieur C D a déposé, sur son terrain cadastré section B n°276, 277, 278, 279 et 280 sur le territoire communal de Claviers, une demande de permis de construire portant sur la régularisation de l'extension de sa maison, la régularisation d'annexes, la construction d'un abri à voiture, et la démolition de constructions. Le 21 décembre 2020, le maire de la commune a refusé de délivrer le permis de construire sollicité en se fondant sur les motifs tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme, d'une part en ce qui concerne le cumul des emprises des annexes, et d'autre part en ce que la surface de plancher créée doit être limitée à 50% de la surface de plancher existante, la méconnaissance de l'article A 7 du règlement du plan local d'urbanisme en ce que l'abri bois est situé à une distance de 2 mètres 80 seulement de la limite séparative, la méconnaissance des dispositions de l'article A 11 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne les teintes et matériaux des annexes, la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, d'une part en ce qui concerne le risque incendie sur la parcelle, et d'autre part en ce qui concerne la non-conformité du système d'assainissement non collectif aux dispositions réglementaires et législatives en matière d'assainissement, et enfin la méconnaissance des dispositions de l'article A 4 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne l'absence de dispositif adapté pour la rétention des eaux pluviales. Après un recours gracieux rejeté explicitement par le maire de la commune de Claviers, le requérant a introduit un recours contentieux devant le tribunal administratif, dans lequel il demande l'annulation de l'arrêté en litige du 21 décembre 2020, et ensemble la décision explicite de rejet de son recours gracieux du 2 avril 2021.

En ce qui concerne la légalité externe :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu () ". En outre, selon les dispositions de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal () ". Enfin, l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales dispose que : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. () ".

3. Il est constant que la décision attaquée a été signée par M. A B,

1er adjoint au maire. La commune de Claviers produit à l'instance l'arrêté du 29 mai 2020 portant délégation du maire au premier adjoint, dont l'article 1er délègue certaines fonctions du maire à son adjoint, en particulier " les fonctions et missions relatives aux questions liées à l'instruction et la délivrance des autorisations d'urbanisme et d'utilisation des sols énoncées au code de l'urbanisme : () permis de construire et d'aménager, () ". Il ressort des mentions mêmes figurant sur cet arrêté, que celui-ci a fait l'objet d'une transmission en préfecture en date du 8 juin 2020. En outre, le certificat d'affichage produit par la commune à l'instance atteste de l'affichage en mairie de l'arrêté de délégation du 29 mai 2020. Ainsi, cet arrêté de délégation était exécutoire à la date de la décision attaquée et conférait à M. B la compétence pour signer les décisions de délivrance de permis de construire, et donc également les décisions de refus de permis de construire. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté comme manquant en fait.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables. La motivation n'est pas nécessaire lorsque la dérogation est accordée en application des 1° à 6° de l'article L. 152-6 ". En outre, selon les dispositions de l'article R. 424-5 du même code : " En cas d'autorisation ou de non-opposition à déclaration préalable, la décision mentionne la date d'affichage en mairie ou la date de publication par voie électronique de l'avis de dépôt prévu à l'article R. * 423-6. Si la décision comporte rejet de la demande, si elle est assortie de prescriptions ou s'il s'agit d'un sursis à statuer, elle doit être motivée. Il en est de même lorsqu'une dérogation ou une adaptation mineure est accordée ". Enfin, l'article A 424-4 du même code dispose que : " Dans les cas prévus aux b à f de l'article A. 424-3, l'arrêté précise les circonstances de droit et de fait qui motivent la décision et indique les voies et délais de recours ".

5. Contrairement à ce que soutient le requérant, le défaut de visa de l'avis du SPANC au sein de l'arrêté en litige n'a pas d'incidence sur la légalité de la décision en litige, ainsi que le fait valoir la commune de Claviers.

6. En outre, il ressort de la lecture même de l'arrêté en litige, que celui-ci fait apparaître les sept motifs de la décision, tous étayés en droit et en fait, pour lesquels le maire de la commune a refusé de délivrer le permis de construire sollicité. Ainsi, le requérant était en mesure, comme il le fait dans la présente instance, de contester utilement la légalité de chacun des motifs de cette décision. Dès lors le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait insuffisamment motivée, ou entachée d'un vice de procédure.

En ce qui concerne la légalité interne :

7. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme : " Sont autorisées en zone agricole : les annexes des constructions existantes à destination d'habitation, dans la limite de 80 mètres carrés d'emprise cumulée (emprise totale de toutes les annexes édifiées sur une unité foncière) () Elles devront être édifiées en totalité : dans une zone implantation s'inscrivant dans un rayon de 20 mètres calculé à partir des bords extérieurs de la construction à destination d'habitation faisant l'objet de l'extension () ". En outre, l'annexe n°1 au plan local d'urbanisme intitulée lexique indique que " l'annexe est un bâtiment dont l'usage ne peut être qu'accessoire à celui de la construction principale régulièrement autorisée dans la zone (liste d'exemples non exhaustive : ateliers, abris bois, abris de jardin, locaux piscines, locaux techniques, préaux, abris ou garages pour véhicules et vélos, ). Les constructions à usage agricole ne sont pas des annexes ".

8. En l'espèce, la notice du projet indique que les annexes qui sont situées au-delà du cercle de 20 mètres par rapport à la construction principale seront démolies. La notice précise qu'il s'agit du chalet en bois de 19,80 m², de l'appentis en bois de 6,50m², de la piscine hors sol de 24 m² et de l'abri véhicule métallique de 48 m². La même notice indique que les annexes conservées à régulariser sont l'atelier en bois de 37 m² dont 22,70 m² en surface de plancher, un abri bois de 13,50 m², un abri bois de 6 m² et un abri de jardin en bois de 6,80 m². Il est indiqué en outre que l'abri véhicules démoli sera remplacé par un abri de 15 m² dans la zone d'implantation. Le requérant sur ce point n'explique pas en quoi le fait que l'atelier en bois aurait été construit par un ancien propriétaire, qu'il serait divisible des autres constructions et édifié depuis plus de dix ans, impliquerait que son emprise ne devrait pas être prise en compte dans le calcul total de l'emprise des annexes et dans l'appréciation du respect des dispositions de l'article A 2 du règlement du plan local d'urbanisme.

9. Il résulte de ce qui précède que la surface totale des annexes qui seront conservées est de 78,30 m², ainsi que le mentionne d'ailleurs le plan de masse PCMI 2.5.7 abri vi. En outre, ainsi que le fait valoir la commune, il est nécessaire d'ajouter à cette emprise calculée de 78,30 m², celle de l'auvent construit sans autorisation, qui fait l'objet d'une régularisation par la présente demande de permis de construire, dont l'emprise au sol est de 28 m², ainsi qu'il ressort du procès-verbal d'infraction dressé le 5 août 2020 par un agent de la DDTM. Ainsi, en prenant en compte cette emprise de 28 m², l'emprise totale atteint 106 mètres carrés, et est donc supérieure à la surface maximale autorisée pour les annexes en zone agricole de 80 mètres carrés. Le requérant soutient en outre que l'auvent ne doit pas être pris en compte car il ne correspond pas à une annexe. Toutefois, le lexique du plan local d'urbanisme mentionne, à titre d'exemple, que les préaux font partie des annexes. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il ne faudrait pas prendre en compte la surface de l'auvent, pour apprécier le respect des dispositions de l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme.

10. Il ressort donc des pièces du dossier que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le motif de la décision fondé sur la méconnaissance des dispositions de l'article A 2 du règlement du plan local d'urbanisme, en ce qu'il concerne les annexes, est illégal. Ce premier moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article A 2 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article A 7 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les constructions et installations nouvelles doivent être implantées à au moins 4 mètres des limites séparatives et à au moins 2 mètres de l'axe des ruisseaux et canaux existants ou à créer. () ".

12. Le requérant soutient d'abord que l'abri de jardin dont l'implantation par rapport à la limite séparative est contestée, est une annexe, au sens du lexique du plan local d'urbanisme. Il ne ressort toutefois pas des termes du règlement de la zone agricole que les annexes ne seraient pas considérées comme des constructions au sens des dispositions de l'article A 2 du règlement du plan local d'urbanisme et ne devraient pas respecter la distance minimale par rapport aux limites séparatives.

13. Le requérant soutient ensuite que cet abri de jardin est destiné à être démonté, puis régularisé, ainsi qu'il apparaît selon lui sur le plan PCMI5 qu'il produit à l'appui de ses écritures. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que ces annotations manuscrites ont été ajoutées aux plans du dossier de demande de permis de construire. Il ressort au contraire du dossier de permis de construire, et en particulier de ce plan PCMI 2.5.7, que l'abri de jardin, dont il est constant qu'il est situé à l'intérieur du cercle des 20 mètres par rapport à la construction principale, est destiné à être conservé, ainsi que le fait valoir la commune. La notice du projet indique d'ailleurs sur ce point que l'abri en bois de 6,80 m² est destiné à être conservé et à être régularisé. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'abri bois incriminé est voué à être démoli, puis reconstruit.

14. Enfin, le requérant, s'il allègue que l'abri bois en question serait situé à une distance de 4 mètres de la limite séparative, il ne l'établit pas, alors qu'il lui appartenait de le faire. Il se contente d'invoquer un plan 2.5, qui ne fait apparaître aucune distance. Il ressort donc des pièces du dossier que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article A 7 du règlement du plan local d'urbanisme serait illégal. Dès lors, ce second moyen doit également être écarté.

15. En troisième lieu, aux termes de l'article A 11 du règlement du plan local d'urbanisme : " Des formes et matériaux divers peuvent être admis lorsque les choix architecturaux s'inscrivent dans une démarche de développement durable (économie d'énergie, constructions bioclimatiques, énergies renouvelables). Les extensions et les annexes doivent être composées en choisissant des teintes et des matériaux assurant une harmonie et une cohérence avec l'ensemble du bâti ainsi qu'une bonne intégration dans le paysage. Une palette chromatique est disponible en mairie. Les couleurs qui n'existent pas dans la nature avoisinante du bâtiment sont proscrites (rouge/bleu) ".

16. La décision attaquée indique " que la maison et son extension sont édifiées en pierres appareillées dans une teinte naturelle " pierre " claire et couvertes de tuiles canal ; qu'en revanche, les différentes annexes sont constituées d'un bardage en bois horizontal, peintes en vert, en blanc ou en rouge, sans couverture en tuiles, créant une grande hétérogénéité et une absence d'harmonie des constructions sur la parcelle, tant dans les coloris choisis que dans les matériaux utilisés ".

17. Le requérant soutient d'abord que l'article A 11 du règlement du plan local d'urbanisme n'impose nullement l'utilisation d'une palette des couleurs pour les annexes. Toutefois, il résulte des termes mêmes de l'article A 11 du règlement du plan local d'urbanisme précité, qu'une palette chromatique est disponible en mairie et que des couleurs qui n'existent pas dans la nature (rouge/bleu) sont à proscrire.

18. Si le requérant soutient ensuite que le maire pouvait ajouter une prescription au lieu de refuser le permis de construire, il ressort toutefois des pièces du dossier, ainsi que le fait valoir la commune sur ce point, que les annexes sont préexistantes, et que le projet correspond à la régularisation de constructions annexes déjà édifiées. Il ne ressort en outre pas de la demande de permis de construire, contrairement à ce que fait valoir le requérant, que lesdites annexes seraient démontées avant d'être reconstruites. Ainsi que le fait valoir la commune, le maire ne pouvait ainsi pas prendre une prescription, en raison de la préexistence desdites constructions.

19. Il ressort en outre des pièces du dossier de demande de permis de construire que les annexes, de couleur blanche, rouge ou verte, et faites de bardage bois, ne sont pas en harmonie avec la construction principale, en pierres appareillées de couleur claire et couverte de tuiles canal, ainsi que cela ressort des photographies contenues dans le dossier de demande de permis de construire.

20. Il ressort donc des pièces du dossier que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le motif de la décision attaquée et fondé sur la méconnaissance des dispositions de l'article A 11 du règlement du plan local d'urbanisme, en ce qui concerne les teintes et les matériaux des annexes, serait entaché d'une erreur d'appréciation. Dès lors, il y a lieu d'écarter ce moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article A 11 du règlement du plan local d'urbanisme.

21. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

22. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent. Les risques d'atteinte à la sécurité publique qui, en application de cet article, peuvent justifier le refus d'un permis de construire ou son octroi sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales sont aussi bien les risques auxquels peuvent être exposés les occupants de la construction pour laquelle le permis est sollicité que ceux que l'opération projetée peut engendrer pour des tiers.

23. En l'espèce, la commune fait valoir, sans être aucunement contestée sur ce point, que le terrain d'assiette du projet est situé dans un espace particulièrement exposé au risque d'incendie. En outre, et contrairement à ce que soutient le requérant, la circonstance que lors de la délivrance d'autorisations d'urbanisme antérieures sur le même terrain, le motif tiré de l'existence d'un risque d'incendie de forêt et de l'atteinte à la sécurité publique du fait de l'aggravation de l'exposition à ce risque n'ait pas été opposé, n'est pas de nature à faire obstacle à ce que le maire oppose ce motif à une nouvelle demande d'autorisation, en application du principe d'indépendance des demandes d'autorisation d'urbanisme entre elles.

24. Il ressort en outre des pièces du dossier que la surface de plancher existante est de 83,50 m² et que la surface de plancher créée est de 54,70 m², ce qui représente une augmentation de la surface de plancher de plus de 50%, ainsi que le fait valoir la commune. Le requérant n'est ainsi pas fondé à soutenir que l'augmentation de la surface de plancher de la construction ne serait pas significative. Il ne peut ainsi être contesté que la capacité d'accueil de la maison va être augmentée de manière significative.

25. Enfin, la commune poursuit en faisant valoir, toujours sans être contestée sur ce point, d'une part que le poteau incendie PI CVS 11 est très éloigné du terrain d'assiette du projet, et d'autre part que la largeur du chemin d'accès au terrain d'assiette du projet est insuffisante.

26. Le requérant invoque enfin, à l'appui de ce moyen, l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme mais il n'explicite pas suffisamment cette branche du moyen pour permettre au juge d'en apprécier le bien-fondé.

27. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur d'appréciation en ce qui concerne le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Par suite, le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.

28. Il résulte donc de l'instruction que les motifs de la décision tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article A 2 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne la surface cumulée des annexes, de la méconnaissance des dispositions de l'article A 7 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne l'implantation de l'abri bois au sud-est du terrain d'assiette du projet, de la méconnaissance des dispositions de l'article A 11 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne les teintes et matériaux des annexes, et de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en ce qui concerne le risque incendie sont légaux. En outre, à supposer que les autres motifs de la décision soient erronés, il résulte de l'instruction que le maire de la commune aurait pris la même décision de refus en ne se fondant uniquement sur les motifs précités, qui permettaient de fonder légalement la décision en litige.

29. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation de la requête, et ce sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune en défense. En prenant en compte les moyens d'annulation retenus, il y a lieu y compris de rejeter les conclusions à fin d'annulation partielle de la décision, en ce que celle-ci concerne l'extension de la maison.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

30. Les conclusions à fin d'annulation de la présente décision ayant été rejetées, celle-ci n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative :

31. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Claviers, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, quelque somme que ce soit au titre de ces dispositions. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant une somme de 2 000 euros à verser à la commune de Claviers sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : M. D versera une somme de 2 000 (deux mille) euros à la commune de Claviers sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. C D et à la commune de Claviers.

Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Privat, président,

M. Bailleux, premier conseiller,

Mme Le Gars, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

Le rapporteur,

Signé :

F. BAILLEUX

Le président,

Signé :

J.-M. PRIVAT La greffière,

Signé :

K. BAILET

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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