vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2101604 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ABRAN DURBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 11 juin 2021 et 27 juillet 2023, Mme B A, représentée par Me Hoffmann, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 avril 2021 par lequel le maire de la commune du Cannet-des-Maures l'a affectée aux fonctions de responsable de l'espace adultes à temps complet à compter du 20 avril 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune du Cannet-des-Maures la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure à défaut d'avoir été précédé d'une déclaration de vacance d'emploi ou d'une délibération portant création d'un emploi ;
- il est entaché d'un vice de procédure à défaut d'avoir été précédé de la consultation de la commission administrative paritaire ;
- il est entaché d'un vice de procédure en raison du délai insuffisant laissé pour consulter son dossier ;
- il constitue une sanction déguisée ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 février 2022, la commune de Cannet-des-Maures, représentée par Me Faure-Bonaccorsi, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens sont infondés.
Par une ordonnance du 27 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er septembre 2023.
Un mémoire présenté par la commune de Cannet-des-Maures a été enregistré le 31 août 2023 sans être communiqué, en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Une note en délibéré présentée par Mme A a été enregistrée le 10 octobre 2024, sans être communiquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi du 22 avril 1905 portant fixation du budget des dépenses et des recettes de l'exercice de 1905 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martin, rapporteure,
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique,
- les observations de Me Mayoussier, substituant Me Hoffmann, représentant la requérante,
- les observations de Me Faure-Bonaccorsi, représentant la commune.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, bibliothécaire territoriale, a été affectée à la médiathèque de la commune du Cannet-des-Maures en qualité de directrice du pôle culture, connaissance et découvertes. Par arrêté du 12 avril 2021, le maire de la commune l'a affectée aux fonctions de responsable de l'espace adultes à temps complet à compter du 20 avril 2021. Par sa requête, Mme A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 23-1 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les collectivités et établissements publics mentionnés à l'article 2 sont tenus de communiquer au centre de gestion dans le ressort duquel ils se trouvent : / 1° Les créations et vacances d'emplois, à peine d'illégalité des nominations ; () ". Aux termes de l'article 41 de cette loi : " Lorsqu'un emploi permanent est créé ou devient vacant, l'autorité territoriale en informe le centre de gestion compétent qui assure la publicité de cette création ou de cette vacance, à l'exception des emplois susceptibles d'être pourvus exclusivement par voie d'avancement de grade ".
3. Ces dispositions ne s'appliquent pas à l'administration dans le cas où elle prononce une mutation dans l'intérêt du service. Par suite, le moyen tiré de l'absence de publication d'un avis de vacance d'emploi, doit être écarté comme inopérant.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 52 de la loi du 26 janvier 1984 tel que modifiée par l'article 10, III 3° de la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique : " L'autorité territoriale procède aux mouvements des fonctionnaires au sein de la collectivité ou de l'établissement ". Aux termes de l'article 94 de la loi du 6 août 2019 : " IV. - L'article 10 s'applique en vue de l'élaboration des décisions individuelles prises au titre de l'année 2021. / Par dérogation au premier alinéa du présent IV : / 1° Les décisions individuelles relatives aux mutations et aux mobilités ne relèvent plus des attributions des commissions administratives paritaires à compter du 1er janvier 2020, au sein de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ; () ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que, pour les décisions prises à compter du 1er janvier 2020, l'autorité territoriale n'est plus tenue de consulter pour avis la commission administrative paritaire avant de procéder aux mutations des fonctionnaires placés sous son autorité.
5. Si Mme A soutient que l'arrêté du 12 avril 2021 est illégal à défaut d'avoir été précédé de la consultation de la commission administrative paritaire, il résulte des dispositions précitées que l'arrêté contesté, postérieur au 1er janvier 2020, n'avait pas à être précédé de la consultation de cette commission. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 portant fixation du budget des dépenses et des recettes de l'exercice de 1905 : " Tous les militaires, tous les employés et ouvriers de toutes administrations publiques ont droit à la communication personnelle et confidentielle de toutes les notes, feuilles signalétiques et tous autres documents composant leur dossier, soit avant d'être l'objet d'une mesure disciplinaire ou d'un déplacement d'office, soit avant d'être retardé dans leur avancement à l'ancienneté ". En vertu de ces dispositions, un agent public faisant l'objet d'une mesure prise en considération de sa personne, qu'elle soit ou non justifiée par l'intérêt du service, doit être mis à même de demander la communication de son dossier, en étant averti en temps utile de l'intention de l'autorité administrative de prendre la mesure en cause.
7. Il ressort des pièces du dossier que la commune du Cannet-des-Maures a, par un courrier du 15 mars 2021 remis en mains propres le 24 mars suivant, informé Mme A de son intention de procéder à son changement d'affectation dans l'intérêt du service et de la faculté de consulter son dossier personnel. Il n'est pas contesté que celle-ci a fait usage de ce droit le 7 avril 2021. Dans ces conditions, l'arrêté du 12 avril 2021, notifié le 14 avril suivant, a été précédé de la mise en œuvre du droit à la communication du dossier de Mme A dans un délai raisonnable avant son édiction. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. En quatrième lieu, la mutation dans l'intérêt du service constitue une sanction déguisée dès lors qu'il est établi que l'auteur de l'acte a eu l'intention de sanctionner l'agent et que la décision a porté atteinte à la situation professionnelle de ce dernier.
9. Mme A soutient que l'arrêté du 12 avril 2021 constitue une sanction déguisée dès lors qu'il est motivé par la volonté de la sanctionner. Il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal, remis le 7 avril 2021, rédigé par la commune concernant
le changement d'affectation en litige, que le comportement de Mme A, qui a rejoint
le 21 août 2018 la médiathèque en qualité de directrice du pôle culture, connaissances et découvertes, a été caractérisé par d'importantes difficultés relationnelles avec la hiérarchie, notamment une élue déléguée et le directeur général des services, mais également avec les partenaires extérieurs, ainsi que les agents placés sous sa direction. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de deux attestations de juillet et octobre 2020 d'agents placés sous son autorité, que ces difficultés tiennent au management appliqué par Mme A lequel a, à défaut de tenir compter des compétences et pratiques des agents sous son autorité, du ton employé à l'égard des élus et son supérieur hiérarchique, mais également avec des acteurs extérieurs, conduit à créer des tensions et crispations au sein de la médiathèque. Si Mme A produit, dans la présente instance, des attestations de bénévoles témoignant de la qualité de son travail, elles ne sont pas de nature à démentir les tensions au sein de la médiathèque qui sont constantes, comme en atteste sa demande de protection fonctionnelle du 29 avril 2021. En prenant la mesure de changement d'affectation en litige pour mettre fin à une situation d'importantes tensions et mal-être au travail qui, malgré l'interpellation de sa hiérarchie dès décembre 2019, ne se sont pas résorbés, l'administration a poursuivi la recherche du bon fonctionnement du service. Dans ces conditions, et alors que le motif de la décision ne révèle aucune intention de punir l'intéressée, et à supposer même que la décision porte atteinte à la situation professionnelle, elle ne constitue pas une sanction déguisée. Par suite, le moyen doit être écarté.
10. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 9 du présent jugement, la commune du Cannet-des-Maures n'a pas entaché sa décision d'un détournement de pouvoir. Par suite, le moyen doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée dans toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
12. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par la commune du Cannet-des-Maures au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune du Cannet-des-Maures tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune du Cannet-des-Maures.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
M. Quaglierini, premier conseiller,
Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
K. Martin
Le président,
signé
J.-F. Sauton
Le greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026