vendredi 29 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2101668 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ANDREANI H. & PIN V. CABINET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 juin 2021, M. et Mme E et B C, représentés par Me Lasalarie, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 février 2021 par lequel le maire de Saint-Cyr-sur-Mer a accordé à la SNC Jourdan Leca, un permis de construire en vue de l'édification d'une maison individuelle avec terrasse, piscine, local technique enterré, 2 PPNC (places de parking non couvert), murs de soutènement et une noue de rétention paysagère de 15,50m3, sur la parcelle cadastrée DM 228 constituant le lot n°5 du lotissement " Les Restanques de Jourdan-Leca " situé chemin Jourdan-Leca sur le territoire de cette commune, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux acquise le 21 avril 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Cyr-sur-Mer une somme de 3 000 euros à leur verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur recours est recevable : propriétaires des terrains contigus, ils seront affectés par la modification de l'écoulement des eaux pluviales, ce qui est de nature à modifier les conditions de jouissance de leur bien, lequel est leur résidence principale ;
- l'arrêté émane d'une autorité incompétente faute de justification de la délégation régulière donnée à son signataire ;
- le dossier est insuffisant au regard des prescriptions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : pas de bilan végétal, ni état des plantations avant et après la réalisation du projet,
le plan des réseaux humides ne précise pas les modalités du raccordement aux réseaux des eaux pluviales et d'assainissement ni les caractéristiques de l'écoulement des eaux pluviales vers la noue de rétention notamment au niveau du mur de soutènement, compte tenu de la forte déclivité du terrain, le projet n'est pas rattaché au système de référence du PPRI de la commune ;
- le projet méconnaît l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : pas de plan des toitures et aucune autre pièce ne pallie cette carence, les plans de coupe formant la planche PCMI3 ne permettent pas d'identifier l'état initial du terrain et l'absence de transcription de la coupe " piscine et mur de soutènement " les rend difficilement lisibles, la planche d'insertion PCMI6 se contente de visualiser une projection modélisée du terrain sans faire apparaitre les paysages et constructions avoisinants, ni les points d'accès au terrain ;
- le dossier est incomplet au regard de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme, il ne comporte pas les avis des services extérieurs intéressés, les avis d'ENEDIS et de la société des eaux de Marseille ne sont pas joints, l'absence d'avis du gestionnaire de la voirie, de l'ASL du lotissement "Les Restanques de Jourdan Leca", du SDIS 83, des gestionnaires des eaux pluviales et des eaux usées, le dossier apparait manifestement insuffisant ;
- les modifications du lotissement sont irrégulières au regard de l'article L. 442-10 du code de l'urbanisme ;
- le projet méconnaît l'article UC4 du PLU : contrairement à ces prescriptions, les eaux pluviales issues de la toiture végétalisée sont acheminées vers le réseau unitaire (Buse dn300) et non vers la noue de rétention projetée, le drain du mur de soutènement projeté en limite séparative est de nature à accroitre le ruissellement vers la propriété des requérants située à l'aval du terrain d'assiette, contrairement aux exigences de l'article 4.2.2, les planches graphiques ne permettent pas d'identifier les modalités de raccordement des eaux de vidange issues du bassin de la piscine ;
- en prévoyant la création d'un mur de soutènement - qui constitue une construction au sens des dispositions générales du PLU - à une distance inférieure à 4 mètres de la construction projetée, le projet en litige méconnaît les dispositions de l'article UC 8 ;
- la construction projetée présente, à l'instar de la parcelle, une forme trapézoïdale, parti difficilement compatible avec l'exigence de simplicité des volumes et d'harmonie d'ensemble des formes bâties, aucune autre pièce ne permet d'apprécier les caractéristiques de végétalisation de la toiture ni de savoir si elle est accessible ou non, les garde-corps de la terrasse du premier étage sont constitués d'un matériau transparent de type vitre ou plexiglass, ce qui établit la méconnaissance des articles UC11.1, UC11.2 et UC11.3 du PLU.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 mars 2022, la SNC Jourdan-Leca, représentée par le cabinet H. Andreani et V. Pin par Me Andréani, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge des requérants une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 28 juin 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 1er août 2023 à 12 heures, par application de l'article R.613-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bonmati ;
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Andréani, pour la SNC Jourdan-Leca, pétitionnaire.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. et Mme C demandent l'annulation de l'arrêté
du 2 février 2021 par lequel le maire de Saint-Cyr-sur-Mer a accordé à la SNC Jourdan-Leca,
un permis de construire en vue de l'édification d'une maison individuelle avec terrasse, piscine, local technique enterré, 2 places de parking non couvert (PPNC), murs de soutènement et une noue de rétention paysagère de 15,50m3, sur la parcelle cadastrée DM 228 constituant le lot n°5 du lotissement " Les Restanques de Jourdan-Leca " situé chemin Jourdan-Leca sur le territoire de cette commune, ensemble de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux acquise le 21 avril 2021.
Sur les conclusions d'annulation :
2. Il résulte de l'instruction que M. A D, 5ème adjoint au maire, qui a signé la décision attaquée, avait reçu délégation du maire de la commune de Saint-Cyr-sur-Mer par arrêté n°2020-07-749 du 16 juillet 2020, régulièrement publié, affiché et transmis au préfet du Var, à l'effet de signer " tous courriers, actes, arrêtés et décisions " concernant les domaines intéressant l'aménagement, l'urbanisme et l'environnement. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque en fait.
3. Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. // Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. // Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. // Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan. ". Il ressort de l'examen des pièces du dossier de permis de construire, que les requérants ont eux-mêmes produit, qu'il comporte un plan de masse spécifique aux réseaux humides précisant les conditions de raccordement aux réseaux d'eau et d'assainissement, ainsi qu'une étude hydraulique indiquant clairement les modalités de fonctionnement de la noue de rétention et, plus généralement, les modalités de traitement des eaux pluviales y compris au niveau du mur de soutènement.
Il résulte en outre des dispositions générales du PLU que la commune n'est pas dotée d'un PPRI au système de référence duquel le projet devrait être rattaché.
4. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : // a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; // b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; // c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; // d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ". Il ressort de l'examen des pièces du dossier de permis de construire, notamment de la planche PCMI 3 que les requérants critiquent spécifiquement, qu'elle fait apparaître sans ambigüité l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain naturel, qu'elle n'a pas pour effet de modifier, de sorte qu'elle ne nécessitait pas l'identification de l'état initial et de l'état futur, l'implantation des murs de soutènement et de la piscine, ainsi qu'un plan de la toiture dont il est constant qu'il s'agit d'une toiture terrasse inaccessible et végétalisée. Par ailleurs, la planche PCMI 6 fait apparaître l'insertion globale dans le site et est assortie d'autres documents graphiques et photographiques susceptibles de permettre au service instructeur d'apprécier convenablement l'insertion du projet dans le paysage avoisinant, son impact visuel et son point d'accès et de prendre sa décision en toute connaissance de cause.
5. Aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur. ". Si les requérants font valoir " l'absence d'avis du gestionnaire de la voirie, de l'ASL du lotissement "Les Restanques de Jourdan Leca", du SDIS 83, des gestionnaires des eaux pluviales et des eaux usées ", ils ne précisent pas en quoi les carences ainsi alléguées, qui ne concernent que des consultations à caractère facultatif, auraient été de nature à vicier l'instruction de la demande de permis de construire. Par ailleurs, la circonstance que les avis d'Enedis et de la Société des Eaux de Marseille n'étaient pas joints est sans incidence sur la légalité du permis de construire attaqué, les requérants n'établissant et n'alléguant pas même les avoir eux-mêmes sollicités sans succès.
6. Si les requérants soutiennent également que les modifications du lotissement seraient intervenues en méconnaissance de l'article L. 442-10 du code de l'urbanisme selon lequel : " Lorsque la moitié des propriétaires détenant ensemble les deux tiers au moins de la superficie d'un lotissement ou les deux tiers des propriétaires détenant au moins la moitié de cette superficie le demandent ou l'acceptent, l'autorité compétente peut prononcer la modification de tout ou partie des documents du lotissement, notamment le règlement, le cahier des charges s'il a été approuvé ou les clauses de nature réglementaire du cahier des charges s'il n'a pas été approuvé. Cette modification doit être compatible avec la réglementation d'urbanisme applicable. // Jusqu'à l'expiration d'un délai de cinq ans à compter de l'achèvement du lotissement, la modification mentionnée au premier alinéa ne peut être prononcée qu'en l'absence d'opposition du lotisseur si celui-ci possède au moins un lot constructible. ", ils n'apportent pas les précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'apprécier le bien-fondé et la portée du moyen qu'ils invoquent, notamment en ce qu'il affecterait la légalité du permis de construire attaqué.
7. Aux termes de l'article UC 4.2.2. du règlement du PLU relatif aux conditions
de desserte par les réseaux publics d'eau, d'électricité et d'assainissement, s'agissant particulièrement des eaux pluviales : " Les eaux pluviales provenant des couvertures et des débords (balcons) de toutes constructions, collectées par des gouttières ou chêneaux, seront conduites par une canalisation enterrée dans les caniveaux ou fossés d'évacuation prévus à cet effet ou traités sur le terrain (bassins de rétentions, noues, tranchées drainantes). En aucun cas, elles ne doivent être rejetées dans le réseau public d'assainissement des eaux usées ou sur les voies et emprises publiques. Toutes les surfaces imperméabilisées doivent faire l'objet d'une collecte vers le réseau ou d'un traitement sur le terrain. En l'absence ou en cas d'insuffisance du réseau collecteur,
les aménagements nécessaires au captage, à la rétention temporisée et au libre écoulement des eaux pluviales sont à la charge du pétitionnaire qui doit réaliser les dispositifs adaptés à l'opération et au terrain sans porter préjudice à son voisin et comprendre les dispositifs de sécurité adéquats lorsque l'eau est stockée en surface. Ces dispositifs seront dimensionnés selon la formule suivante à défaut d'études spécifiques : Volume V = 100 L x nombre de m² imperméabilisés. ".
8. Il ressort des pièces du dossier de permis de construire, notamment des planches graphiques, de la notice descriptive et de l'étude du dispositif de gestion des eaux pluviales réalisée dans le cadre du projet de construction, que les eaux pluviales provenant des toitures et terrasses, collectées par des gouttières et conduites par des canalisations enterrées, sont, conformément aux dispositions précitées, dirigées vers la noue de rétention prévue sur le terrain. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ne résulte aucunement de ces documents que les eaux pluviales provenant de la toiture végétalisée seraient traitées de manière différente. Il n'est pas davantage établi que le drain du mur de soutènement, lui-même pris en compte dans le dispositif de traitement des eaux pluviales, accroîtrait le risque de ruissellement aval, la contrainte liée à la présence de constructions en aval ayant, au contraire, fait l'objet de précautions spécifiques. Enfin, si les requérants indiquent que les planches graphiques ne font pas apparaître les modalités de raccordement des eaux de vidange issues du bassin de la piscine, ils n'en tirent aucune conclusion explicite, notamment quant à la conformité de ce raccordement aux dispositions de l'article UC4 du PLU, alors, en outre, que le permis de construire attaqué comporte des prescriptions spéciales sur ce point particulier.
9. Aux termes de l'article UC 11 du PLU relatif à l'aspect extérieur des constructions et aménagement de leurs abords : " 11.1. Dispositions générales // Les constructions doivent présenter une simplicité de volume, une unité d'aspect et de matériaux compatible avec la bonne économie de la construction et la tenue générale de l'agglomération. // Les constructions autorisées dans cette zone doivent faire l'objet d'une architecture soignée. Elles contribuent à une harmonie d'ensemble des formes bâties et s'inscrivent dans le caractère général de l'ensemble de la zone sans nuire et porter atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants. // Le permis de construire peut être refusé si les travaux projetés sont de nature à rompre l'harmonie de l'ensemble. // 11.2. Couvertures () // Les toitures-terrasses suivantes sont autorisées : // - les toitures-terrasses prise à l'intérieur des toitures à pente (" tropéziennes "). Les autres toitures-terrasses accessibles sont interdites ; // - les toitures-terrasses non accessibles. Celles-ci doivent néanmoins être végétalisées ou accueillir des panneaux solaires ou photovoltaïques. () // 11.3. Aspect de façades, revêtements // a) Toutes les façades des constructions (constructions principales et annexes) doivent présenter une unité de traitement. Toutes les façades principales, latérales et postérieures des constructions doivent être traitées en harmonie avec elles et avec le même soin. // b) Les matériaux utilisés doivent respecter les aspects des matériaux utilisés traditionnellement dans les constructions. L'emploi à nu de parement de matériaux tels que carreaux de plâtre agglomérés ou briques creuses, non revêtus ou enduits sont interdits. // La pierre peut orner des chaînes d'angles, entourages, corniches, etc. Les joints ne doivent pas être marqués ni soulignés en retrait. Ils doivent être réalisés dans le même ton que la pierre. Les rejointements de teinte foncée sont interdits. // c) Les couleurs des enduits et des menuiseries extérieures doivent correspondre à la palette de couleur disponible en mairie et annexé au PLU. () //g) Les matériaux réfléchissants en façade (exemple : garde-corps en panneaux de verre, teintés ou non) sont proscrits. ".
10. Si les requérants soutiennent que la construction projetée présente, à l'instar de la parcelle, une forme trapézoïdale et estiment, par une appréciation qui leur est propre, que ce parti serait difficilement compatible avec l'exigence de simplicité des volumes et d'harmonie d'ensemble des formes bâties, les documents graphiques et photographiques et la notice descriptive du projet ne révèlent aucune erreur manifeste dans l'appréciation à laquelle s'est livré le service instructeur au regard des orientations esthétiques prévues par les dispositions générales de l'article UC11 précité. Il ressort par ailleurs des termes mêmes de la notice descriptive, comme des planches graphiques, qu'aucun autre élément du dossier ne permet de remettre en cause que la toiture terrasse sera inaccessible. De même, si les requérants font valoir que la nature de la végétalisation prévue n'est pas précisée, les termes de l'article UC 11.2 précités s'en tiennent à exiger la végétalisation sans autre préconisation quant à la nature des végétaux à employer. Il ne ressort enfin aucunement du dossier que les garde-corps de la terrasse du premier étage seraient constitués " d'un matériau transparent de type vitre ou plexiglas ", la notice descriptive indiquant au contraire que " les menuiseries extérieures et la serrurerie (pergola, garde-corps) seront en aluminium laqué gris ".
11. Les requérants soutiennent enfin que, en prévoyant la création d'un mur de soutènement, qui constitue une construction au sens des dispositions générales du PLU, à une distance inférieure à 4 mètres de la construction projetée, le projet en litige méconnait l'article UC 8, auquel ces dispositions générales n'apportent aucune dérogation s'agissant des murs de soutènement et aux termes duquel : " A l'exception des piscines, toutes les constructions sises à l'intérieur d'une même unité foncière doivent respecter un recul minimal de 4 m entre elles. ".
12. Il ressort, en effet, du dossier de permis de construire, notamment des planches graphiques, que le projet comporte l'édification de deux murs de soutènement, dont l'un, séparant le lot n°5 constituant le terrain d'assiette du projet et le lot n°6, propriété des requérants, se trouve bien à une distance de 4m du bâtiment projeté, mais l'autre, destiné à conforter le talus naturel et soutenir l'aire de stationnement aménagée en surface au niveau de la voie du lotissement, se trouve, en plusieurs points, à une distance inférieure à 4m. Il s'ensuit le moyen ainsi invoqué est fondé en tant seulement qu'il concerne le mur de soutènement destiné à conforter l'aire de stationnement.
Sur les conséquences de l'illégalité retenue :
13. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. ". L'article
L. 600 5-1 de ce code dispose : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".
14. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires ayant conduit à l'adoption de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation, sauf à ce qu'il fasse le choix de recourir à l'article L. 600-5 du code
de l'urbanisme, si les conditions posées par cet article sont réunies, ou que le bénéficiaire
de l'autorisation lui ait indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation.
Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
15. Le vice relevé au point 12 du présent jugement n'affecte qu'une partie du projet et est susceptible d'être régularisé sans que cela implique d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dans ces conditions, les autres moyens soulevés par les requérants étant écartés, il y a seulement lieu, en application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, d'annuler l'arrêté du 2 février 2021, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux présenté par les époux C acquise le 21 avril 2021, en tant qu'ils méconnaissent les dispositions de l'article UC 8 du plan local d'urbanisme. Le délai dans lequel pourra être demandée au maire de la commune de Saint-Cyr-sur-Mer la régularisation du vice constaté est fixé à cinq mois.
Sur les frais relatifs au litige :
16. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de la SNC Jourdan-Leca, partie perdante, une somme de 2 000 euros à verser à M. et Mme C et de rejeter les conclusions de la SNC Jourdan-Leca présentées sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 2 février 2021 par lequel le maire de Saint-Cyr-sur-Mer a accordé à la SNC Jourdan Leca un permis de construire en vue de l'édification d'une maison individuelle avec terrasse, piscine, local technique enterré, 2 PPNC (places de parking non couvert), murs de soutènement et une noue de rétention paysagère de 15,50m3, sur la parcelle cadastrée DM 228 constituant le lot n°5 du lotissement " Les Restanques de Jourdan-Leca " situé chemin Jourdan-Leca sur le territoire de cette commune, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux acquise le 21 avril 2021, sont annulés en tant seulement que le projet méconnaît l'article UC8 du plan local d'urbanisme.
Article 2 : La SNC Jourdan-Leca versera à M. et Mme C une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. et Mme E et B C, à la commune de Saint-Cyr-sur-Mer et à la SNC Jourdan-Leca.
Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Toulon.
Délibéré après l'audience du 15 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
Mme Martin, conseillère,
Mme Bonmati, magistrate honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2024.
La rapporteure,
signé
D. Bonmati
Le président,
signé
J.F. Sauton
Le greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
Le greffier.
N°2101668
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026