vendredi 29 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2101706 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MAGNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 juin 2021 et des mémoires enregistrés les 7 mars 2023, 4 juillet 2023, 17 novembre 2023 et 10 janvier 2024, lequel étant parvenu postérieurement à la clôture de l'instruction, n'a pas été communiqué, M. C A représenté par le cabinet PMT Avocats par Me Magne, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 janvier 2021 par lequel le maire de Toulon lui a refusé la délivrance d'un permis de construire en vue de l'extension d'une habitation située 528 route du Val d'Ardène, parcelle cadastrée 137 ES 934, sur le territoire de cette commune, ensemble la décision implicite de rejet des recours gracieux qu'il a présentés les 23 février et 3 mai 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Toulon une somme de 3 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision émane d'une autorité incompétente faute de justification de la délégation régulière donnée à son signataire ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; la commune se retranche complètement derrière l'avis de la métropole et plus particulièrement l'avis défavorable de la DECI ; son habitation a été classée comme risque à défendre en " habitation individuelle, habitation en lotissement ou assimilé nécessitant un besoin d'eau de 60 m3 par heure pendant deux heures et donc d'une distance d'un point d'eau incendie à 200 m " et en l'espèce, la DECI retient que le projet est situé à 260 m du point incendie n° TLN 377 ; toutefois, cette analyse est erronée car le terrain est accessible par une autre voie privée et la propriété ne fait pas partie du lotissement et doit être classée dans la catégorie d'habitations individuelles à risque courant faible ; trois points d'eau incendie se trouvent à proximité alors que le service n'en fait aucunement état ou estime qu'ils ne sont pas opérationnels sans davantage s'expliquer ; il ne lui appartient pas de supporter la carence de la commune en ce domaine et de subir de ce fait un préjudice ; du reste, entre temps, plusieurs de ces bornes sont devenues opérationnelles ; en toute hypothèse, le permis aurait pu être délivré sous réserve du respect de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense enregistrés le 24 janvier 2023, le 19 juin 2023, le 15 et le 27 novembre 2023, la commune de Toulon, agissant par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de M. A une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 30 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 28 novembre 2023, par application de l'article R.613-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bonmati ;
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Magne, pour le requérant et de Mme D, pour la commune de Toulon.
Considérant ce qui suit :
1. Par sa présente requête, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 19 janvier 2021 par lequel le maire de Toulon lui a refusé la délivrance d'un permis de construire en vue de l'extension d'une habitation située 528 route du Val d'Ardène, parcelle cadastrée 137 ES 934, en zone UE du plan local d'urbanisme, sur le territoire de cette commune, ensemble des décisions implicites de rejet des recours gracieux qu'il a présentés les 23 février et 3 mai 2021.
2. Il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du maire de Toulon du 28 mai 2020, régulièrement publié au recueil, affiché et transmis au contrôle de légalité, M. B, 11ème adjoint au maire, a reçu délégation à l'effet notamment de signer " tous les actes d'instruction et de décision relatifs aux demandes de certificats d'urbanisme, de permis de construire et autres autorisations d'occupation ou d'utilisation des sols ". Il s'ensuit que le moyen invoqué tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
3. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". Pour refuser l'autorisation sollicitée, le maire de Toulon s'est uniquement fondé sur la méconnaissance des dispositions précitées, estimant que la distance de 260m entre le projet et le poteau incendie normalisé TLN 377, seul disponible, est excessive et qu'ainsi la défense contre le risque d'incendie ne peut être convenablement assurée.
4. Pour contester cette décision, qu'il estime entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, le requérant soutient en premier lieu que le risque d'incendie " ordinaire " qui a été retenu pour s'assurer de la défensabilité du projet seraient erroné. Il ressort toutefois des pièces du dossier et notamment des documents photographiques, que la maison de M. A dont l'extension est sollicitée, se trouve comprise dans une zone très urbanisée et desservie par la même voie privée qui dessert un important lotissement composé de bâtiments collectifs. Ainsi, même si le terrain d'assiette ne fait pas partie de ce lotissement, il participe néanmoins d'un ensemble bâti répondant aux caractéristiques que le règlement départemental DECI du 8 février 2017 donne du risque incendie ordinaire, à savoir " habitation individuelle, habitation en lotissement ou assimilé nécessitant un besoin d'eau de 60 m3 par heure pendant deux heures et d'une distance d'un point d'eau incendie à 200 m " et ne peut être considéré comme seulement concerné par un risque incendie faible. Ainsi, la présence d'un poteau incendie normalisé, répondant au besoin ci-dessus énoncé, à 260m au lieu des 200m réglementairement requis, était de nature à justifier légalement le refus attaqué. Si la commune a évoqué la possibilité de créer une réserve incendie, cette éventualité, compte tenu de son importance et de son coût, n'était pas de nature à permettre l'édiction d'une simple prescription spéciale dont il n'est par ailleurs nullement établi que le requérant aurait été en mesure de la mettre en œuvre.
5. Si le requérant soutient également que 3 autres poteaux incendie normalisés se trouveraient à proximité immédiate, il ressort du dossier que ces trois poteaux, destinés à la défense incendie de l'ensemble immobilier collectif situé à l'arrière de la parcelle d'assiette, se trouvaient, à la date de la décision attaquée, à laquelle sa légalité doit être appréciée, en situation d'indisponibilité.
6. Enfin, à la supposer même fondée, la circonstance invoquée tirée de ce que le requérant ne saurait supporter la carence de la collectivité à assurer la protection contre le risque incendie qui relève de sa responsabilité, est, par elle-même, sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les frais relatifs au litige :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, la ville de Toulon n'ayant d'ailleurs pas eu recours au ministère d'avocat, de faire application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Toulon tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. C A et à la commune de Toulon.
Délibéré après l'audience du 15 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
Mme Martin, conseillère,
Mme Bonmati, magistrate honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2024.
La rapporteure,
signé
D. Bonmati
Le président,
signé
J.F. Sauton
Le greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
Le greffier
N°2101706
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026