vendredi 12 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2101824 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GAULMIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2021, la SCI Peychavar, représentée par Me Gaulmin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 7 janvier 2021 par lequel le maire de la commune d'Ollioules l'a mise en demeure d'interrompre immédiatement les travaux sur son terrain situé chemin Antoine Hermitte à Ollioules, ensemble la décision du 10 mai 2021 rejetant implicitement son recours gracieux du 8 mars 2021 ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune d'Ollioules d'inviter le conseil municipal à délibérer sur le changement de classement de la partie de sa parcelle en zone A ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Ollioules une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté litigieux est entaché d'illégalité en ce que le classement d'une partie de sa parcelle en zone A procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- les motifs de l'arrêté litigieux sont entachés d'une erreur d'appréciation en ce que
les irrégularités relevées peuvent faire l'objet de modifications afin de mettre les travaux en conformité avec ceux déclarés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 13 septembre 2021 et le 12 avril 2022,
la commune d'Ollioules, représentée par Me Faure-Bonaccorsi, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire enregistré le 9 novembre 2022, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par ordonnance du 14 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée
au 15 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 22 décembre 2023 :
- le rapport de M. Quaglierini, rapporteur ;
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique ;
- les observations de Me Gaulmin, représentant la SCI Peychavar, et celles de
Me Faure-Bonaccorsi, représentant la commune d'Ollioules.
Considérant ce qui suit :
1. Par déclaration préalable de travaux déposée le 7 juin 2018, la SCI Peychavar projetait de mettre à niveau et de clôturer son terrain situé sur la parcelle cadastrée BD 0008 à Ollioules, d'une superficie de 4 500m2, classée pour partie en zone Uf et en zone A.
En l'absence de réponse de la commune d'Ollioules, une décision de non-opposition tacite est née le 7 juillet 2018. Par un arrêté du 6 août 2018, le maire a retiré cette autorisation et par jugement du tribunal n°1803319 du 2 juillet 2021 puis par un arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille n° 21MA03717 du 19 janvier 2023, cet arrêté a été annulé. Alors que
les travaux étaient entrepris, la SCI Peychavar a été informée par courrier du 9 décembre 2020 du maire de la commune d'Ollioules qu'il envisageait de prendre un arrêté d'interruption des travaux à son encontre. Consécutivement aux observations formulées par la requérante dans un courrier du 21 décembre 2021, le maire de la commune d'Ollioules a pris un arrêté d'interruption des travaux le 7 janvier 2021, puis a rejeté implicitement le recours gracieux exercé par la SCI Peychavar le 8 mars 2021. Par la présente requête, l'intéressée demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'exception d'illégalité du plan local d'urbanisme.
2. L'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative que si cette dernière a été prise pour son application ou s'il en constitue la base légale. Or, il ressort des pièces du dossier que ni la décision litigieuse n'a été prise pour l'application du plan local d'urbanisme ni ce dernier n'en constitue la base légale. Dès lors, la requérante ne saurait utilement exciper de l'illégalité du classement en zone A par le plan local d'urbanisme d'une partie de son terrain pour demander l'annulation de l'arrêté litigieux.
En ce qui concerne l'illégalité de l'arrêté d'interruption des travaux.
3. En premier lieu, pour contester le motif tiré de l'implantation du portail,
la requérante soutient, dans la première branche de son moyen, que l'implantation litigieuse n'est pas illégale compte tenu des dispositions de la zone A du plan local d'urbanisme. Mais
il ressort des pièces du dossier, d'une part, que la requérante ne conteste pas que l'implantation réalisée des portails n'est pas conforme à la déclaration préalable et, d'autre part, que l'article 6.4 du règlement de la zone A prévoit que les portails d'accès aux propriétés " seront établis avec un recul de cinq mètres au moins de l'alignement " alors qu'il a été relevé dans le procès-verbal une implantation des portails à 3,70 mètres. Par suite, il convient d'écarter cette première branche comme n'étant pas fondée.
4. En deuxième lieu, pour contester le motif tiré de la réalisation des murs en " agglos ", la requérante soutient, dans la deuxième branche de son moyen, que les travaux réalisés ne sont pas contraires aux dispositions du règlement de la zone A. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, d'une part, elle ne conteste pas que les travaux réalisés ne sont pas conformes à la déclaration préalablement déposée et, d'autre part, tel que le relève l'arrêté contesté, un tel ouvrage aura un impact important dans le paysage environnant méconnaissant les dispositions de la zone A. Il s'ensuit que la deuxième branche du moyen doit être écartée comme n'étant pas fondée.
5. En troisième lieu, si pour contester le motif tiré de la hauteur des murs de soutènement et de clôture, la requérante soutient, dans la troisième branche de son moyen, que les murs érigés n'excèdent pas la hauteur maximale prévue par le règlement du plan local d'urbanisme, elle ne conteste pas pour autant que la hauteur des murs érigés n'est pas conforme à sa déclaration préalable. Par suite, il convient d'écarter la troisième branche du moyen comme n'étant pas fondée.
6. En quatrième lieu, la requérante soutient dans la quatrième branche de son moyen que contrairement à ce qu'indique l'arrêté litigieux, les aménagements réalisés sur sa parcelle n'ont pas vocation à recevoir des gens du voyage, cette affirmation relevant d'une mauvaise interprétation de l'agent communal ayant procédé au procès-verbal d'infraction. Toutefois,
elle n'apporte aucun élément de nature à justifier ni la présence de constructions en agglomérés sur sa parcelle, dont les dimensions relevées par le procès-verbal précité nécessitent un permis de construire, ni celle de la dalle en béton sur la plateforme n°1 qui n'apparaît pas dans
les pièces jointes à la déclaration préalable initialement déposée. Par suite, il convient d'écarter cette quatrième branche du moyen comme n'étant pas fondée.
7. En cinquième et dernier lieu, la requérante soutient que les travaux réalisés peuvent faire l'objet de régularisations conformément aux dispositions du règlement de la zone A. Toutefois, la requérante n'apporte aucun élément concernant une demande de permis
de construire modificatif de nature à procéder aux régularisations qu'elle allègue.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la SCI Peychavar n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté d'interruption des travaux du 7 janvier 2021, ni de la décision
du 10 mai 2021 rejetant implicitement son recours gracieux du 8 mars 2021.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation des décisions attaquées, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Ollioules, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que la SCI Peychavar demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Peychavar est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Peychavar, à la commune d'Ollioules et au préfet du Var.
Délibéré après l'audience du 22 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
M. Quaglierini, premier conseiller,
Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 janvier 2024.
Le rapporteur,
signé
B. Quaglierini
Le président,
signé
JF. Sauton
Le greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026