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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2101889

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2101889

vendredi 17 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2101889
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantPALERM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 juillet 2021 et un mémoire enregistré le 23 mars 2023,

la SARL Agence de l'Avenue, agissant par son gérant en exercice et représentée par Me Palerm, demande au Tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 avril 2021 par lequel le maire de La Seyne-sur-Mer s'est opposé à la déclaration préalable qu'elle avait déposée à l'effet de procéder à la division, en vue de construire, de la parcelle cadastrée 126 BE 1341, située 550 chemin des Quatre Moulins sur le territoire de cette commune, ensemble la décision du 3 juin 2021 portant rejet du recours gracieux qu'elle avait formulé le 12 avril 2021 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de La Seyne-sur-Mer une somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision qui oppose la réglementation DECI, est fondée sur des faits matériellement inexacts ; l'avis de la métropole indique que le projet serait situé à plus de 200 m d'un poteau d'incendie conforme ; or, elle avait fait cette vérification et a fait valoir qu'un PI réglementaire était situé à moins de 200m du projet ; la présence de ce point est matérialisée sur la cartographie REMOCRA et le référentiel national n'exige pas, dans la configuration de l'espèce, que le PI ait un débit supérieur à 60m3 ; en tout état de cause, cet élément aurait pu faire l'objet d'une prescription spéciale notamment en créant une réserve incendie de 60m3 sur le terrain ;

- entre temps, elle a redéposé une déclaration à laquelle la commune ne s'est pas opposée et elle bénéficie désormais d'une autorisation de division ; néanmoins, elle persiste dans ses conclusions d'annulation car l'illégalité de la décision lui a causé un préjudice indemnisable ;

- la commune admet implicitement son erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 avril 2022, la commune de La Seyne-sur-Mer, agissant par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 7 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée

au 19 décembre 2023 à 12 heures, par application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bonmati ;

- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Palerm, représentant la société requérante.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, la SARL Agence de l'Avenue demande l'annulation de l'arrêté du 8 avril 2021 par lequel le maire de La Seyne-sur-Mer s'est opposé à la déclaration préalable qu'elle avait déposée à l'effet de procéder à la division, en vue de construire, de la parcelle cadastrée 126 BE 1341, située 550 chemin des Quatre Moulins sur le territoire de cette commune, ensemble de la décision du 3 juin 2021 portant rejet du recours gracieux qu'elle avait formulé

le 12 avril 2021.

2. Pour s'opposer à la déclaration préalable, la commune a estimé que, en l'absence d'un poteau d'incendie normalisé conforme au débit exigé, à moins de 200 m du projet, les conditions de sécurité, au regard du risque d'incendie, n'étaient pas assurées et ne répondaient pas aux exigences de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme telles que les précise le point 1.1.3 du règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie du Var approuvé par arrêté préfectoral du

8 février 2017. La société requérante soutient que cette analyse est entachée d'inexactitude matérielle dès lors qu'un poteau incendie répondant aux caractéristiques demandées se trouvait bien à moins de 200 m du projet et, qu'en toute hypothèse, des prescriptions spéciales auraient pu être formulées, notamment la création d'une réserve d'eau.

3. Il ressort de l'examen des pièces du dossier que le poteau incendie normalisé situé à moins de 200m du projet présente un débit de 30 à 60m3/h et ne répond aux caractéristiques minimales exigées en matière de défense contre l'incendie des habitations constituées en lotissement ou assimilé, comme c'est le cas en l'espèce, qu'à la condition d'être complété d'une réserve d'eau de 60m3 minimum, laquelle pouvait être exigée au moyen d'une prescription spéciale. Il s'ensuit que la requérante est fondée à soutenir que la commune, qui s'est abstenue à tort de vérifier la possibilité d'énoncer une telle prescription spéciale, en lui opposant les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

4. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de prononcer l'annulation de la décision attaquée, portant opposition à déclaration préalable de division parcellaire en vue de construire, ensemble celle de la décision portant rejet du recours gracieux.

5. Il ressort, au surplus, de l'instruction que la décision de non opposition tacite consécutive au dépôt d'une nouvelle déclaration, acquise au bénéfice de la société requérante

le 4 mars 2022, est devenue définitive par l'effet du jugement rendu ce jour dans l'instance n°2202213 rejetant la requête formée à son encontre par M. A.

Sur les frais relatifs au litige :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune de La Seyne-sur-Mer une somme de 2 000 euros à verser à ce titre, à la SARL Agence de l'Avenue.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 8 avril 2021 par lequel le maire de La Seyne-sur-Mer s'est opposé à la déclaration préalable déposée par la SARL Agence de l'Avenue, à l'effet de procéder à la division, en vue de construire, de la parcelle cadastrée126 BE 1341, située 550 chemin des Quatre Moulins sur le territoire de cette commune, ensemble la décision du 3 juin 2021 portant rejet du recours gracieux qu'elle avait formulé le 12 avril 2021, sont annulés.

Article 2 : La commune de La Seyne-sur-Mer versera à la SARL Agence de l'Avenue une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente décision sera notifiée à la SARL Agence de l'Avenue et à la commune de La Seyne-sur-Mer.

Délibéré après l'audience du 12 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Doumergue, présidente,

M. Quaglierini, premier conseiller,

Mme Bonmati, magistrat honoraire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.

La rapporteure,

signé

D. Bonmati

La présidente,

signé

M. Doumergue

Le greffier,

signé

P. Bérenger

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

Le greffier.

N°2101889

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