vendredi 1 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2101939 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LLC ET ASSOCIES - BUREAU DE TOULON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 15 juillet 2021 et le 24 décembre 2021, la société Orange, représentée par Me Roumens, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis des sommes à payer émis le 31 mai 2021 par lequel le maire de la commune de Fox-Amphoux a mis à sa charge la somme de 101 076,72 euros ;
2°) de le décharger de l'obligation de payer cette somme ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Fox-Amphoux la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre exécutoire n'est pas signé par son auteur ;
- il ne comporte pas les bases de liquidation de la créance ;
- les redevances d'occupation du domaine public au titre des années 2014 et 2015 sont prescrites ;
- en l'absence de convention d'occupation du domaine, prévue par l'article L. 46 du code des postes et communications électroniques, la commune n'est pas fondée à exiger le paiement de redevances ;
- le montant des redevances est disproportionné par rapport à l'usage du domaine.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2021, le comptable de la trésorerie de Barjols conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens d'irrégularité invoqués ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2021, la commune de Fox-Amphoux, représentée par Me Marchesini, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société Orange la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Un mémoire, enregistré le 11 octobre 2022 à 9h17, présenté par la commune de Fox-Amphoux n'a pas été communiqué sur le fondement des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Par ordonnance du 11 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 octobre 2022 à 12h.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code des postes et des communications électroniques ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Montalieu, rapporteure,
- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,
- et les observations de Me Kemesso, substituant Me Roumens, représentant la société Orange, et de Me Faure-Bonaccorsi, substituant Me Marchesini, représentant la commune de Fox-Amphoux.
Une note en délibéré a été présentée pour la commune de Fox-Amphoux le 20 novembre 2023.
Une note en délibéré a été présentée pour la société Orange le 23 novembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par une convention du 10 décembre 1993, la commune de Fox-Amphoux a autorisé la société France Télécom, devenue la société Orange, à implanter un local technique sur la parcelle cadastrée D1336, située sur son domaine public. Par une décision du 9 juillet 2016, la commune a résilié unilatéralement cette convention. Le 31 mai 2021, le maire de la commune a émis auprès de la société un avis des sommes à payer pour un montant de 101 076,72 euros au titre de l'occupation du domaine public pour les années 2014 à 2019.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge :
2. En premier lieu, une commune est fondée à réclamer à l'occupant sans titre de son domaine public, au titre de la période d'occupation irrégulière, une indemnité compensant les revenus qu'elle aurait pu percevoir d'un occupant régulier pendant cette période. A cette fin, elle est fondée à demander le montant des redevances qui auraient été appliquées si l'occupant avait été placé dans une situation régulière.
3. Il résulte de l'instruction que la commune a, par le titre exécutoire attaqué, mis à la charge de la société Orange des redevances en raison de l'implantation sur le domaine public d'un local technique. Dès lors, cette seule occupation privative permet à la commune, en l'absence de convention régularisant l'occupation, de réclamer le paiement d'indemnités. Par suite, la société Orange n'est pas fondée à soutenir que les redevances en litige sont dépourvues de toute base conventionnelle et le moyen ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2321-4 du code général de la propriété des personnes publiques : " Les produits et redevances du domaine public ou privé d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 se prescrivent par cinq ans, quel que soit leur mode de fixation. / Cette prescription commence à courir à compter de la date à laquelle les produits et redevances sont devenus exigibles. ".
5. La société Orange soutient que les redevances mises à sa charge au titre des années 2014 et 2015 sont prescrites. La commune fait valoir que le délai de prescription a été interrompu par les négociations qui ont eu lieu entre elle et la société depuis la résiliation de la convention précédente. Toutefois, d'une part, la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics, et dont se prévaut la commune, n'est pas applicable aux créances détenues par les personnes publiques sur les personnes privées. D'autre part, et au demeurant, aucune des dispositions des articles 2240 et suivants du code civil, applicables à ces créances, ne permettent de considérer que ces négociations ont eu pour effet d'interrompre le délai de prescription. Dans ces conditions, les redevances au titre des années 2014 et 2015 sont respectivement prescrites depuis, au plus tard, le 31 décembre 2019 et le 31 décembre 2020. Par suite, l'exception de prescription opposée par la société est, dans ces limites, fondée.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 46 du code des postes et des communications électroniques : " Les autorités concessionnaires ou gestionnaires du domaine public non routier, lorsqu'elles donnent accès à des exploitants de réseaux de communications électroniques, doivent le faire sous la forme de convention, dans des conditions transparentes et non discriminatoires et dans toute la mesure où cette occupation n'est pas incompatible avec son affectation ou avec les capacités disponibles. La convention donnant accès au domaine public non routier ne peut contenir de dispositions relatives aux conditions commerciales de l'exploitation. Elle peut donner lieu à versement de redevances dues à l'autorité concessionnaire ou gestionnaire du domaine public concerné dans le respect du principe d'égalité entre les opérateurs. Ces redevances sont raisonnables et proportionnées à l'usage du domaine. () Un décret en Conseil d'Etat détermine le montant maximum des redevances assorties à l'occupation du domaine public non routier. ". Et aux termes de l'article R. 20-52 du même code : " Le montant annuel des redevances, déterminé, dans chaque cas, conformément à l'article R. 20-51, en fonction de la durée de l'occupation, des avantages qu'en tire le permissionnaire et de la valeur locative de l'emplacement occupé, ne peut excéder : () II.-Sur le domaine public non routier, à l'exclusion du domaine public maritime : () c) Sur les autres dépendances du domaine public non routier : () 3° S'agissant des installations autres que les stations radioélectriques : 650 Euros par mètre carré au sol. L'emprise des supports des artères mentionnées aux 1° et 2° ne donne toutefois pas lieu à redevance. () ".
7. La société Orange soutient que le montant des redevances est disproportionné dès lors que l'occupation se matérialise par l'implantation d'un local technique d'environ 15 mètres carré dans une zone isolée, que la valeur locative annuelle de ce local a été expertisée à 430 euros hors taxe et hors charges et que la commune n'a pas tenu compte du fait qu'elle était désignée pour assurer le service universel des communications électroniques sur la période en cause. Il résulte de l'instruction que la commune de Fox-Amphoux a, pour la liquidation des redevances litigieuses, appliqué un taux annuel de 866,57 euros par mètre carré. La commune, qui se borne à faire valoir que la société utilise le domaine public à des fins lucratives et que le montant tient compte de la durée de l'occupation, de la valeur locative de l'emplacement occupé et des avantages matériels, économiques, juridiques et opérationnels, n'apporte aucun élément circonstancié pour justifier de la proportionnalité de ce montant, lequel est d'ailleurs supérieur au plafond de 650 euros par mètre carré fixé par les dispositions de l'article R. 20-52 précité applicables à un local technique. Dans ces conditions, la société Orange est fondée à soutenir que le montant des redevances en litige est disproportionné par rapport à l'usage du domaine et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 46 du code des postes et des communications électroniques doit être accueilli.
8. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'avis des sommes à payer du 31 mai 2021 doit être annulé et qu'il y a lieu, en conséquence, de prononcer la décharge de la somme de 101 076,72 euros.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la société Orange, qui n'est pas, dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que la commune de Fox-Amphoux demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Fox-Amphoux une somme de 1 200 euros à verser à la société Orange sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : L'avis des sommes à payer du 31 mai 2021 est annulé.
Article 2 : La société Orange est déchargée de l'obligation de payer la somme 101 076,72 euros à la commune de Fox-Amphoux.
Article 3 : La commune de Fox-Amphoux versera à la société Orange une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Orange, à la commune de Fox-Amphoux et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Harang, président,
M. Karbal, conseiller,
Mme Montalieu, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
M. MONTALIEU
Le président,
Signé
Ph. HARANG
La greffière,
Signé
A. CAILLEAUX
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026