mardi 14 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2102025 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SZEPETOWSKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 juillet 2021, la SARL Art Immobilier Construction, représentée par Me Szepetowski, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision de refus tacite née du silence prolongé gardé par le maire de Montauroux sur sa demande de permis de construire n° PC 083 081 20 D0066 formée le 13 novembre 2020, ensemble la décision du 15 avril 2021 le refusant expressément et la décision du 15 juin 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Montauroux de lui délivrer le permis de construire sollicité assorti le cas-échéant de prescriptions spéciales ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Montauroux une somme de 4 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les décisions sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur de fait dès lors qu'elle a communiqué les pièces complémentaires sollicitées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2021, la commune de Montauroux, représentée par Me Reghin, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de la requérante la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle oppose, à titre principal, une fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité de la requête pour défaut de motivation juridique et fait valoir, à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Montauroux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 9 avril 2024 :
- le rapport de Mme Le Gars ;
- les conclusions de M. Riffard, rapporteur public ;
- et les observations de Me Gonzalez-Lopez représentant la commune de Montauroux.
Considérant ce qui suit :
1. Le 13 novembre 2020, la SARL Art Immobilier Construction a déposé une demande de permis de construire n° PC 083 081 20 D0066 en vue de la réalisation de cinq bâtiments créant 122 logements, quatre commerces et une piscine sur un terrain situé au Plan Oriental à Montauroux. Le 9 mars 2021, la commune de Montauroux a accusé réception des pièces complémentaires déposées par la pétitionnaire à la suite de son courrier de demande de pièces complémentaires en date du 8 décembre 2020. Par un courrier du 15 avril 2021, le maire de Montauroux a informé la société pétitionnaire de la naissance d'un arrêté de refus tacite de permis de construire à l'expiration du délai de trois mois. Par une décision du 15 juin 2021, le maire de Montauroux a expressément rejeté le recours gracieux formé par la SARL Art Immobilier Construction le 5 mai 2021. La SARL Art Immobilier Construction doit être regardée comme demandant l'annulation de l'arrêté de refus tacite de permis de construire né du silence gardé par le maire de Montauroux sur sa demande de permis de construire ainsi que de la décision rejetant son recours gracieux en date du 15 juin 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, alors en vigueur : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception ; () ".
3. Il est constant que le projet est soumis au respect du plan naturel de prévention du risque inondation. Ainsi, le maire de Montauroux a pu, sans erreur de droit, exiger de la pétitionnaire qu'elle produise une attestation d'un expert ou de l'architecte du projet certifiant de la réalisation d'une étude préalable permettant de déterminer les conditions de réalisation des constructions. En l'espèce, la requérante soutient avoir produit une attestation de prise en compte du risque inondation. Toutefois, il ressort des termes de cette attestation en date du 8 mars 2021, d'une part, que celle-ci a été établie par le directeur régional de la société qui ne fait état d'aucune qualité d'architecte du projet ou d'expert dans le domaine en litige, d'autre part, qu'elle atteste uniquement que le bureau d'étude Eau et Perspectives a été missionné pour réaliser une étude hydrologique sur le terrain d'assiette du projet et non de sa réalisation effective. Dès lors, le maire de Montauroux n'a commis ni erreur de droit ni erreur de fait en estimant qu'elle n'avait pas produit une pièce complémentaire exigible en application des dispositions précitées. Et il ressort des pièces du dossier qu'il aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur ce seul motif.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense ni sur le bien-fondé de l'autre moyen soulevé, que la SARL Art Immobilier Construction n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions attaquées. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais d'instance :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'une ou l'autre des parties, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, les frais qu'elles ont exposés dans le cadre de la présente instance.
DECIDE
Article 1er : La requête de la SARL Art Immobilier Construction est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Montauroux sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Art Immobilier Construction et à la commune de Montauroux.
Délibéré après l'audience du 9 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Privat, président,
M. Bailleux, premier conseiller,
Mme Le Gars, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mai 2024.
La rapporteure,
Signé :
H. LE GARS
Le président,
Signé :
J.-M. PRIVAT La greffière,
Signé :
K. BAILET
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation, la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026