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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2102114

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2102114

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2102114
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre - Juge Unique
Avocat requérantVARRON CHARRIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I- Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 août 2021 et le 17 novembre 2022 sous le numéro 2102114, Mme E A, représentée par Me Varron-Charrier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du directeur de la caisse des dépôts et consignations (CDC) en date du 31 mai 2021, l'informant de ce qu'elle a émis un avis favorable à son admission à la retraite avec un taux global d'invalidité de 30%, mais en refusant toutefois de lui octroyer une rente viagère d'invalidité, ensemble la décision du directeur de ce même établissement, en date du 23 juin 2021, par laquelle le recours gracieux contre la décision du 31 mai 2021 a été rejeté ;

2°) d'enjoindre à la caisse des dépôts et consignations de reconnaitre l'imputabilité au service de sa maladie et de l'admettre au bénéfice d'une rente viagère d'invalidité à hauteur de 30%, et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé le délai d'un mois courant à compter de la notification de la décision à intervenir ;

subsidiairement, d'enjoindre à la caisse des dépôts et consignations de réexaminer sa situation, de rectifier son brevet de pension et de lui régler les arrérages qui lui sont dus à titre rétroactif et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé le délai d'un mois courant à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la caisse des dépôts et consignations la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- faute de production des arrêtés portant délégation de signature, la compétence des signataires des décisions attaquées n'est pas établie ;

- l'existence d'un conflit l'opposant à son supérieur hiérarchique est matériellement établie par les pièces du dossier, ainsi que l'existence d'un lien direct et certain entre sa maladie et les fonctions qu'elle exerçait ; sa mise à la retraite est due à une invalidité imputable au service, imputabilité reconnue par l'hôpital en 2011 ; elle réunit donc les conditions ouvrant droit à une rente viagère d'invalidité prévues par les articles 36 et 37 du décret du 26 décembre 2003.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2022, la caisse des dépôts et consignations, gestionnaire de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- M. B G et Mme C D ont bien reçu délégation de signature aux fins de signer les actes attaqués ;

- les autres moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 10 septembre 2024, Mme A conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que ses précédentes écritures et soutient, en outre, que le Tribunal a reconnu l'imputabilité au service par un récent jugement du 4 avril 2024.

II-Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 août 2021 et le 17 novembre 2022 sous le numéro 2102115, Mme E A, représentée par Me Varron Charrier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du directeur de caisse des dépôts et consignations (CDC) en date du 2 juin 2021, par laquelle son brevet de pension lui a été notifié, et liquidant sa pension de retraite sans reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie professionnelle ni, par voie de conséquence, lui attribuer de rente d'invalidité ;

2°) d'enjoindre à la caisse des dépôts et consignations de reconnaitre l'imputabilité au service de sa maladie et de l'admettre au bénéfice d'une rente viagère d'invalidité à hauteur de 30%, de rectifier son brevet de pension et de lui régler les arrérages qui lui sont dus à titre rétroactif, et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé le délai d'un mois courant à compter de la notification de la décision à intervenir ;

subsidiairement, d'enjoindre à la caisse des dépôts et consignations de réexaminer sa situation, de rectifier son brevet de pension et de lui régler les arrérages qui lui sont dus à titre rétroactif et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé le délai d'un mois courant à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la caisse des dépôts et consignations (CDC) la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision est entachée d'un vice de procédure, dès lors que, préalablement à la séance de la commission de réforme, elle n'a pas été invitée à prendre connaissance de son dossier ni des conclusions du rapport d'expertise ; en outre, l'absence d'un médecin spécialiste de la pathologie invoquée l'a privée d'une garantie ;

- l'existence d'un conflit l'opposant à son supérieur hiérarchique est matériellement établie par les pièces du dossier, ainsi que l'existence d'un lien direct et certain entre sa maladie et les fonctions qu'elle exerçait ; sa mise à la retraite est due à une invalidité imputable au service, imputabilité reconnue par l'hôpital en 2011 ; elle réunit donc les conditions ouvrant droit à une rente viagère d'invalidité prévues par les articles 36 et 37 du décret du 26 décembre 2003.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2022, la caisse des dépôts et consignations conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 10 septembre 2024, Mme A conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que ses précédentes écritures et soutient, en outre, que le Tribunal a reconnu l'imputabilité au service par un récent jugement du 4 avril 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code des pensions civiles et militaires des retraites ;

- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Sauton, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Sauton,

- les conclusions de Mme Faucher,

- et les observations de Me Varron-Charrier, représentant Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E A, née le 4 septembre 1955, a été affectée en qualité d'adjointe administrative au Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer (CHITS),

en qualité de titulaire depuis 1990. Par courrier du 31 mai 2021, le directeur de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL) l'a informée de ce qu'avait été émis un avis favorable à sa mise à la retraite avec un taux global d'invalidité de 30%, sans octroi en revanche d'une rente d'invalidité. Par courrier du 2 juin 2021, le directeur de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales a notifié à Mme A son brevet de pension portant liquidation, à compter du 1er juin 2021, de sa pension de retraite et lui déniant cependant l'imputabilité au service de l'invalidité, qui lui est reconnue au taux de 30%. Par courrier

du 23 juin 2021, le directeur de ce même établissement a rejeté le recours gracieux formé par

la requérante contre la décision 31 mai 2021, en tant qu'elle lui déniait l'imputabilité au service de son invalidité et le bénéfice d'une rente viagère d'invalidité. Mme A conteste, dans

la requête n° 2102114, les deux décisions du 31 mai 2021 et du 23 juin 2021 en tant que la CDC rejette sa demande de rente viagère d'invalidité. Elle conteste par ailleurs dans sa requête

n° 2102115, la décision du 2 juin 2021 par laquelle son brevet de pension lui a été notifié en tant qu'il refuse de reconnaitre l'imputabilité au service de son invalidité.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n° 2102114 et n°2102115, présentées par Mme A, concernent la situation d'un même fonctionnaire et présentent à juger des questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la compétence des signataires des décisions du 31 mai 2021 et

du 23 juin 2021 :

3. Mme A soutient, dans la requête n° 2102114, que les décisions du 31 mai 2021 et du 23 juin 2021 sont entachées d'incompétence de leurs auteurs, M. G et Mme D, faute pour la caisse des dépôts et consignations de justifier d'une délégation de signature. Toutefois, il résulte de l'instruction que le directeur de cette dernière a, par un arrêté en date

du 13 octobre 2020 régulièrement publié sur le site de la caisse des dépôts et consignations, accordé cette délégation de signature à M. G, responsable des gestions mutualisées, et à Mme D, responsable de l'unité PPMB6, à l'effet de signer les décisions contestées. Par suite,

le moyen tiré de l'incompétence des auteurs des actes doit être écarté come manquant en fait.

En ce qui concerne les moyens tirés des vices de procédure :

4. Aux termes de l'article R. 49 du code des pensions civiles et militaires dans sa version applicable au présent litige : " La commission de réforme ne peut délibérer valablement que si la majorité absolue des membres en exercice assiste à la séance ; un praticien de médecine générale ou le spécialiste compétent pour l'affection considérée doit participer à la délibération. / Les avis sont émis à la majorité des membres présents. / Lorsqu'un médecin spécialiste participe à la délibération conjointement avec les deux praticiens de médecine générale, l'un de ces deux derniers s'abstient en cas de vote. / () ". Aux termes de l'article 31 du décret n°2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales : " Une commission de réforme est constituée dans chaque département pour apprécier la réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, les conséquences et le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions. () / Le pouvoir de décision appartient dans tous les cas à l'autorité qui a qualité pour procéder à la nomination, sous réserve de l'avis conforme de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales. ".

5. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

6. Mme A soutient, d'une part, n'avoir pas été mise à même de consulter son dossier en temps utile avant la réunion de la commission de réforme, et d'autre part, que cette commission s'est tenue hors de la présence d'un médecin spécialiste, seul qualifié pour éclairer l'avis de celle-ci. Toutefois, il est constant que l'avis rendu par la commission de réforme, qui concluait à l'imputabilité de l'affection de la requérante au service et proposait de retenir un taux d'invalidité de 30%, est conforme en tous points aux demandes de l'agent. Par suite, Mme A ne peut utilement se prévaloir de vices de procédure propres à l'adoption de l'avis de la commission de réforme, dès lors que celui-ci était en adéquation parfaite avec ses attentes, ne la privant ainsi d'aucune garantie, et que les vices allégués n'ont exercé aucune influence sur le sens de l'avis de la commission de réforme, ni, ultimement, sur le sens de la décision de la CNRACL.

En ce qui concerne l'erreur d'appréciation :

7. Aux termes de l'article 36 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales : " Le fonctionnaire qui a été mis dans l'impossibilité permanente de continuer ses fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladies contractées ou aggravées, soit en service, soit en accomplissant un acte de dévouement dans un intérêt public, soit en exposant ses jours pour sauver la vie d'une ou plusieurs personnes, peut être mis à la retraite par anticipation soit sur sa demande, soit d'office, à l'expiration des délais prévus au troisième alinéa de l'article 30 et a droit à la pension rémunérant les services prévue au 2° de l'article 7 et au 2° du I de l'article L. 24 du code des pensions civiles et militaires de retraite. Par dérogation à l'article 19, cette pension est revalorisée dans les conditions fixées à l'article L. 341-6 du code de la sécurité sociale. " Aux termes de l'article 37 du même décret : " I.-Les fonctionnaires qui ont été mis à la retraite dans les conditions prévues à l'article 36 ci-dessus bénéficient d'une rente viagère d'invalidité cumulable, selon les modalités définies au troisième alinéa du I de l'article 34, avec la pension rémunérant les services prévus à l'article précédent. () ".

8. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service. En outre, lorsque le demandeur d'une pension ne peut pas bénéficier de la présomption légale d'imputabilité au service, il incombe à ce dernier d'apporter la preuve de cette imputabilité par tous moyens de nature à emporter la conviction des juges. Dans les cas où sont en cause des troubles psychiques, il appartient aux juges du fond de prendre en considération l'ensemble des éléments du dossier permettant d'établir que ces troubles sont imputables à un fait précis ou à des circonstances particulières de service.

9. Il ressort des pièces du dossier que le 12 septembre 2011, la pathologie de la requérante a été reconnue imputable au service par le directeur du CHITS, et que lors de sa séance du 26 mars 2019, la commission de réforme a émis un avis favorable en ce sens, et retenu un taux d'invalidité de 30%. Toutefois, et alors que les faits survenus en 2011 et qualifiés de harcèlement moral par l'intéressée ne sont pas circonstanciés, il ressort également des pièces du dossier, et notamment des rapports médicaux établis par le médecin du travail, le Dr H, le 16 mars 2018 et le 11 juin 2019, que le premier épisode dépressif de Mme A est survenu en 1994 en réaction à son divorce. Ces pièces révèlent également plusieurs épisodes anxiodépressifs sans qu'un lien avec le service ou les conditions anormales de travail ne soit établi, et dont deux sont relatés en 1997 et 2006, ainsi qu'au moins six changements de services en 1996, 1997, 2003, 2005, 2006, puis 2009, réalisés sur demande de Mme A pour des motifs tenant, pour certains, à l'ambiance ou aux conditions de travail, pour d'autres, à une charge de travail trop élevée pour l'intéressée. Si Mme A se prévaut notamment des expertises médicales des Dr F et I, qui ont conclu à l'imputabilité au service de son syndrome anxiodépressif, d'une part, le Dr F, le 20 juin 2011, précise que son rapport n'est rédigé que sur la base d'évènements relatés par Mme A et qu'en l'absence d'éléments factuels, il ne peut que conclure qu'à l'imputabilité au service, et d'autre part, le rapport du Dr I daté du 18 décembre 2017

ne parait pas avoir tenu compte des antécédents de l'intéressée, enfin le rapport de ce dernier médecin, daté du 28 avril 2021 se bornant à constater l'inaptitude définitive et à proposer un taux d'invalidité sans exposer d'éléments circonstanciés suite à anamnèse ou examen clinique, présentent un caractère insuffisamment probant.

10. Il résulte ainsi de l'instruction qu'une prédisposition aux syndromes anxiodépressifs existait chez Mme A depuis 1994 et que des manifestations pathologiques de cette nature ont été observées et rapportées au cours de la carrière de l'intéressée, antérieurement à la " succession de ressentis douloureux " qu'elle impute à son chef de service à compter de son affectation au service informatique en 2009. Dès lors, et dans la mesure où la direction du CHITS a systématiquement tenté de proposer des solutions de reclassement favorables à Mme A en réponse à un mal-être dont la cause n'est pas, à ce stade de l'instruction, établie, l'état dépressif de Mme A ne peut être regardé comme présentant un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause.

11. Par ailleurs, aux termes de l'article 61 du décret du 26 décembre 2003 :

" Les pensions et les rentes viagères d'invalidité sont liquidées par le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations. " Il résulte de la combinaison des articles 31 et 61 précités du décret du 26 décembre 2003 que la circonstance que l'imputabilité au service de l'accident ou le caractère de maladie professionnelle soit reconnu par l'employeur de l'agent et par la commission de réforme est, à elle seule, sans incidence sur la légalité du refus de reconnaître le lien avec service opposé par la Caisse des dépôts et consignations.

12. D'une part, la requérante verse au dossier un jugement, devenu définitif, rendu par le Tribunal sous le n°1303463, et condamnant l'employeur de Mme A à lui verser la somme de 2 000 euros en réparation des préjudices d'agrément et moral de son agent, au motif que sn état dépressif avait été reconnu imputable au service par ledit employeur. Toutefois, le Tribunal s'est ainsi borné à censurer la contradiction de motifs de l'employeur qui, tout en admettant l'imputabilité au service de la dépression de l'agent au cours de l'année 2011, refusait de l'indemniser des préjudices en résultant à cette époque.

13. D'autre part, il résulte de l'instruction que, par un jugement rendu par le 4 avril 2024 sous le n°2102867, qui fait l'objet d'un appel, le Tribunal a annulé, pour erreur d'appréciation,

la décision du 19 mai 2021 par laquelle le directeur de cet établissement a autorisé Mme A à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité non imputable au service. Toutefois, le Tribunal s'est ainsi borné à tirer les conséquences de l'acquiescement aux faits par le centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer, employeur de l'intéressée, en application de l'article R. 612-6 du code de justice administrative, résultant du défaut de production de mémoire en défense de la part dudit centre hospitalier.

14. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par les décisions attaquées, elle s'est vue refuser l'imputabilité au service de son affection, ainsi que le bénéfice d'une rente viagère d'invalidité, et que son recours gracieux tendant à l'obtention de cette rente a été rejeté. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de Mme A doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

15. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation, que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ".

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la caisse des dépôts et consignations, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes de Mme A sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A et au directeur de la caisse des dépôts et consignations.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

J.F. Sauton

Le greffier,

signé

P. Bérenger

La République mande et ordonne au ministre chargé des finances en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/la greffière en chef,

Le greffier.

2 et 2102115

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