jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2102191 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | VICQUENAULT |
Vu la procédure suivante :
I. Sous le n° 2102191, par une requête et des mémoires enregistrés les 9 août 2021, 5 novembre 2023 et 29 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Vicquenault, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision datée du 8 juin 2021 et signée le 11 juin suivant par laquelle le président de l'université de Toulon a refusé de lui verser la prime de recherche et d'enseignement supérieur au titre du premier semestre de l'année universitaire 2020-2021 ;
2°) d'enjoindre à l'université de Toulon de lui verser cette prime, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'université de Toulon une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est illégale car il remplit les conditions auxquelles les dispositions de l'article 3 du décret n° 89-775 du 23 octobre 1989 subordonnent le bénéfice de la prime de recherche et d'enseignement supérieur, notamment la condition prévue au second alinéa de l'article 3, tenant à l'absence de perception de rémunérations complémentaires au titre d'un cumul d'emplois ou de l'exercice d'une profession libérale ;
- par voie d'exception, les dispositions du second alinéa de l'article 3 du décret n° 89-775 du 23 octobre 1989 sont illégales en ce qu'elles méconnaissent le principe d'égalité.
Par des mémoires en défense enregistrés les 28 août 2023, 4 décembre 2023 et 21 février 2024, l'université de Toulon, représentée par Me Walgenwitz, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
II. Sous le n° 2102307, par une requête et un mémoire enregistrés les 23 août 2021 et 5 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Vicquenault, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision datée du 16 juillet 2021 et signée le 21 juillet suivant par laquelle le président de l'université de Toulon a refusé de lui verser, d'une part, la prime de recherche et d'enseignement supérieur au titre du premier semestre de l'année universitaire 2020-2021 et, d'autre part, la prime de responsabilités pédagogiques au titre de l'année universitaire 2020-2021 ;
2°) d'enjoindre à l'université de Toulon de lui verser ces deux primes, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'université de Toulon une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
S'agissant de la prime de recherche et d'enseignement supérieur, le requérant soulève les mêmes moyens que dans la requête n° 2102191.
S'agissant de la prime de responsabilités pédagogiques, il soutient que :
- la décision attaquée est illégale car il remplit les conditions auxquelles les dispositions de l'article 1er du décret n° 99-855 du 4 octobre 1999 et des articles 1er et 2 de l'arrêté du 4 octobre 1999 subordonnent le bénéfice de cette prime, notamment la condition prévue au dernier alinéa de l'article 2 de cet arrêté, tenant à l'absence de cumul d'emplois, d'exercice d'une activité professionnelle libérale ou d'exercice des fonctions à temps partiel ;
- par voie d'exception, les dispositions du dernier alinéa de l'article 2 de l'arrêté du 4 octobre 1999 sont illégales en ce qu'elles méconnaissent le principe d'égalité.
Par des mémoires en défense enregistrés les 28 août et 4 décembre 2023, l'université de Toulon, représentée par Me Walgenwitz, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n° 2012-387 du 22 mars 2012 ;
- le décret n° 84-431 du 6 juin 1984 ;
- le décret n° 89-775 du 23 octobre 1989 ;
- le décret n° 99-855 du 4 octobre 1999 ;
- le décret n° 2020-69 du 30 janvier 2020 ;
- l'arrêté du 23 octobre 1989 fixant la liste des personnels de l'enseignement supérieur pouvant bénéficier de la prime de recherche et d'enseignement supérieur instituée par le décret n° 89-775 du 23 octobre 1989 ;
- l'arrêté du 4 octobre 1999 fixant la liste des personnels de l'enseignement supérieur pouvant bénéficier de la prime de responsabilités pédagogiques instituée par le décret n° 99-855 du 4 octobre 1999 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 mai 2024 :
- le rapport de M. Cros ;
- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique ;
- les observations de Me Vicquenault pour M. A ;
- et les observations de Me Allala pour l'université de Toulon.
Une note en délibéré, présentée par Me Walgenwitz pour l'université de Toulon, dans chacune des deux requêtes susvisées, a été enregistrée le 27 mai 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est maître de conférences en droit privé à la faculté de droit de l'université de Toulon depuis 2011. Par un courriel du 31 mai 2021, il a informé l'université qu'il n'avait pas perçu la prime de recherche et d'enseignement supérieur (PRES) sur son bulletin de paye d'avril 2021, le dernier versement remontant au mois d'août 2020. Par une décision datée du 8 juin 2021, non signée sur l'exemplaire produit par le requérant mais dont l'université ne conteste ni la date ni l'authenticité, le président de l'université a refusé de lui verser cette prime dont il n'est pas contesté qu'elle correspond donc au premier semestre de l'année universitaire 2020-2021. Ce refus repose sur un unique motif tiré de ce que la qualité d'auto-entrepreneur de l'intéressé lui " permettrait " de facturer des heures d'enseignement et de formation auprès d'autres entités publiques ou privées et de réaliser des consultations relevant d'une activité libérale auprès de cabinets d'avocats et, par suite, de percevoir des rémunérations complémentaires au titre d'un cumul d'emplois ou de l'exercice d'une profession libérale, lesquelles sont exclusives du bénéfice de la prime de recherche et d'enseignement supérieur selon les dispositions du second alinéa de l'article 3 du décret du 23 octobre 1989 relatif à la prime de recherche et d'enseignement supérieur des personnels de l'enseignement supérieur relevant du ministère chargé de l'enseignement supérieur. Par la requête n° 2102191, M. A demande l'annulation de cette décision. Par une décision datée du 16 juillet 2021 et signée le 21 juillet suivant, le président de l'université de Toulon a, d'une part, réitéré son refus de versement de la prime de recherche et d'enseignement supérieur au titre du premier semestre de l'année universitaire 2020-2021, pour un motif identique à celui, rappelé ci-dessus, énoncé dans la décision datée du 8 juin 2021. D'autre part, il a refusé le versement de la prime de responsabilités pédagogiques (PRP) au titre de l'année universitaire 2020-2021, pour le même motif tiré de la perception de rémunérations complémentaires mais fondé cette fois sur les dispositions du dernier alinéa de l'article 2 de l'arrêté du 4 octobre 1999 fixant la liste des personnels de l'enseignement supérieur pouvant bénéficier de la prime de responsabilités pédagogiques instituée par le décret n° 99-855 du 4 octobre 1999. Par la requête n° 2102307, M. A demande l'annulation de cette décision.
2. Les deux requêtes visées ci-dessus concernent la situation d'un même fonctionnaire et présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions datées des 8 juin et 16 juillet 2021 portant refus de versement de la prime de recherche et d'enseignement supérieur au titre du premier semestre de l'année universitaire 2020-2021 :
3. Aux termes de l'article 1er du décret du 23 octobre 1989 relatif à la prime de recherche et d'enseignement supérieur des personnels de l'enseignement supérieur relevant du ministère chargé de l'enseignement supérieur : " Une prime de recherche et d'enseignement supérieur est attribuée aux enseignants-chercheurs et personnels assimilés ainsi qu'à certains personnels des établissements d'enseignement supérieur relevant du ministère chargé de l'enseignement supérieur. La liste des bénéficiaires ainsi que celle des établissements dans lesquels ils doivent exercer leurs fonctions est fixée par arrêté conjoint du ministre chargé de l'enseignement supérieur, du ministre chargé du budget et du ministre chargé de la fonction publique. / Cette prime est attribuée aux personnels qui participent à l'élaboration et à la transmission des connaissances ainsi qu'au développement de la recherche () ". Selon l'article 3 du même décret : " La prime de recherche et d'enseignement supérieur ne peut être attribuée qu'aux enseignants accomplissant l'intégralité de leurs obligations statutaires de service. () / Les agents qui perçoivent des rémunérations complémentaires au titre d'un cumul d'emplois ou de l'exercice d'une profession libérale ne peuvent bénéficier de la prime de recherche et d'enseignement supérieur ".
4. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 23 octobre 1989 fixant la liste des personnels de l'enseignement supérieur pouvant bénéficier de la prime de recherche et d'enseignement supérieur instituée par le décret du 23 octobre 1989 précité : " Sont admis au bénéfice de la prime de recherche et d'enseignement supérieur instituée par le décret du 23 octobre 1989 susvisé : / () les maîtres de conférences, titulaires, stagiaires, associés à temps plein et personnels assimilés () ". Selon l'article 2 du même arrêté : " Pour pouvoir bénéficier de la prime de recherche et d'enseignement supérieur, les personnels visés à l'article 1er doivent être en position d'activité ou de détachement dans un établissement d'enseignement supérieur relevant du ministère chargé de l'enseignement supérieur () ".
5. Il résulte de ces dispositions que le décret du 23 octobre 1989 a institué une prime de recherche et d'enseignement supérieur (PRES) dont bénéficient différentes catégories d'enseignants-chercheurs et personnels assimilés ainsi que certains personnels des établissements d'enseignement supérieur relevant du ministère chargé de l'enseignement supérieur énumérés par l'arrêté du 23 octobre 1989, au nombre desquels figurent notamment les maîtres de conférences. Elle est versée à ceux de ces personnels qui participent à l'élaboration et à la transmission des connaissances ainsi qu'au développement de la recherche, sans percevoir de rémunérations complémentaires au titre d'un cumul d'emplois ou de l'exercice d'une profession libérale.
6. Par ailleurs, aux termes de l'article 25 septies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors applicable, désormais codifié aux articles L. 123-1 et L. 123-3 du code général de la fonction publique : " I.-Le fonctionnaire consacre l'intégralité de son activité professionnelle aux tâches qui lui sont confiées. Il ne peut exercer, à titre professionnel, une activité privée lucrative de quelque nature que ce soit, sous réserve des II à V du présent article. / () V.- () Les membres du personnel enseignant () des établissements d'enseignement () peuvent exercer les professions libérales qui découlent de la nature de leurs fonctions ".
7. Enfin, aux termes du I de l'article 29 de la loi du 22 mars 2012 relative à la simplification du droit et à l'allégement des démarches administratives : " Les professions libérales groupent les personnes exerçant à titre habituel, de manière indépendante et sous leur responsabilité, une activité de nature généralement civile ayant pour objet d'assurer, dans l'intérêt du client ou du public, des prestations principalement intellectuelles, techniques ou de soins mises en œuvre au moyen de qualifications professionnelles appropriées et dans le respect de principes éthiques ou d'une déontologie professionnelle, sans préjudice des dispositions législatives applicables aux autres formes de travail indépendant ".
En ce qui concerne l'application des dispositions du second alinéa de l'article 3 du décret du 23 octobre 1989 :
8. Il ressort des journaux de paie établis par l'université catholique de Lyon (UCLY) au titre des années 2020 et 2021 que M. A a dispensé dans cet établissement, au titre de l'année 2020, un total de 407,64 heures contractuelles d'enseignement, travaillées et payées pour une rémunération brute de 8 152,91 euros et une rémunération nette versée de 5 552,41 euros et, au titre de l'année 2021 à la date arrêtée du 26 juillet 2021, un total de 32 heures contractuelles d'enseignement, travaillées et payées pour une rémunération brute de 464 euros et une rémunération nette versée de 362,33 euros. Le requérant, qui ne conteste pas ces pièces, ne soutient pas que ces heures d'enseignement et les rémunérations correspondantes seraient étrangères à la période en litige, c'est-à-dire le premier semestre de l'année universitaire 2020-2021. En outre, il ressort de l'attestation établie le 21 juin 2021 par la directrice administrative et financière de l'institut catholique d'études supérieures de La Roche-sur-Yon (ICES) que M. A a dispensé dans cet établissement un total de 33 heures d'enseignement en vertu d'un contrat conclu du 1er septembre au 19 décembre 2020, pour une rémunération de 2 425,50 euros. Par ailleurs, selon sa propre facture établie le 24 août 2020, le requérant a dispensé 20 heures d'enseignement, corrigé 150 copies et établi deux cas pratiques avec corrigés écrits pour la société Cape Sup Droit en juillet et août 2020, pour un total facturé de 3 834,36 euros. L'intéressé ne conteste pas que la perception de cette rémunération se rattache à la période en litige. Ainsi, le total des heures d'enseignement dispensées par M. A entre 2020 et juillet 2021 dans ces trois établissements (UCLY, ICES et Cape Sup Droit) atteint 460,64 heures (407,64 + 33 + 20 heures), ce qui représente 76 % des 600 heures de cours qu'il indique, dans ses écritures, avoir dispensé en 2020-2021 pour l'université de Toulon. Sa déclaration trimestrielle de recettes au titre du troisième trimestre 2020, établie le 27 octobre 2020 dans le cadre du régime d'auto-entrepreneur, fait encore état de " recettes pour profession libérale relevant de la CIPAV " d'un montant de 3 400 euros, la CIPAV étant une caisse de retraite des professionnels libéraux. Enfin, selon son procès-verbal d'audition d'enquête administrative du 15 décembre 2020, M. A a déclaré qu'il réalisait aussi des consultations pour des avocats, sans préciser les dates de ces consultations ni excepter la période en litige. S'il soutient que ces consultations seraient " anecdotiques ", il n'en justifie pas, à défaut de toute précision sur ce point. Il ressort de l'ensemble de ces éléments qu'au titre de la période en litige, M. A a perçu, de manière répétée, des rémunérations complémentaires au titre d'un cumul d'emplois ou de l'exercice d'une profession libérale. La circonstance que l'exercice de ces activités n'a pas empêché l'intéressé d'accomplir l'intégralité de ses obligations statutaires de service au sein de l'université de Toulon est sans incidence à cet égard dès lors qu'il s'agit d'une condition distincte et cumulative, prévue au premier alinéa de l'article 3 du décret du 23 octobre 1989. Il en va de même du montant des rémunérations tirées de ces activités, les dispositions du second alinéa de l'article 3 du décret du 23 octobre 1989 ne fixant pas de seuil minimal des rémunérations complémentaires. Par conséquent, c'est à bon droit que, par les décisions datées des 8 juin et 16 juillet 2021, le président de l'université de Toulon a, en application de ces dernières dispositions, refusé le versement de la prime de recherche et d'enseignement supérieur au titre de la période en cause. Il s'ensuit que le moyen tiré de la violation de ces dispositions doit être écarté, sans qu'il soit nécessaire d'inviter le requérant à produire ses déclarations de revenus ou ses avis d'imposition.
En ce qui concerne l'exception d'illégalité des dispositions du second alinéa de l'article 3 du décret du 23 octobre 1989 :
9. L'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. S'agissant d'un acte réglementaire, une telle exception peut être formée à toute époque, même après l'expiration du délai du recours contentieux contre cet acte. Dans le cadre de la contestation d'un acte règlementaire par voie d'exception, la légalité des règles fixées par l'acte réglementaire peut être utilement critiquée.
10. Le principe d'égalité ne s'oppose pas à ce que l'autorité investie du pouvoir réglementaire règle de façon différente des situations différentes ni à ce qu'elle déroge à l'égalité pour des raisons d'intérêt général pourvu que, dans l'un comme l'autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l'objet de la norme qui l'établit et ne soit pas manifestement disproportionnée au regard des motifs susceptibles de la justifier.
11. Les dispositions du second alinéa de l'article 3 du décret du 23 octobre 1989 relatif à la prime de recherche et d'enseignement supérieur des personnels de l'enseignement supérieur relevant du ministère chargé de l'enseignement supérieur, ont pour effet de priver totalement les agents cumulant un autre emploi ou exerçant une profession libérale en complément de leur activité principale, du bénéfice de cette prime, au seul motif qu'ils perçoivent des rémunérations complémentaires à ce titre. Elles introduisent ainsi une différence de traitement sans rapport avec l'objet du texte qui institue cette prime. Par suite, en excluant du bénéfice de celle-ci les agents qui perçoivent des rémunérations complémentaires au titre d'un cumul d'emplois ou de l'exercice d'une profession libérale, le pouvoir réglementaire a, eu égard à l'objet de cette prime, méconnu le principe d'égalité. Dès lors, M. A est fondé à soutenir, par voie d'exception, que les dispositions du second alinéa de l'article 3 du décret du 23 octobre 1989 sont illégales. Par conséquent, les décisions attaquées, qui se fondent sur ces dispositions pour refuser le versement de la prime litigieuse au requérant, sont elles-mêmes entachées d'illégalité.
12. Il résulte de ce qui précède que la décision datée du 8 juin 2021 et la décision datée du 16 juillet 2021 et signée le 21 juillet suivant par lesquelles le président de l'université de Toulon a refusé de verser à M. A la prime de recherche et d'enseignement supérieur au titre du premier semestre de l'année universitaire 2020-2021 doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision datée du 16 juillet 2021 et signée le 21 juillet suivant, en tant qu'elle porte refus de versement de la prime de responsabilités pédagogiques au titre de l'année universitaire 2020-2021 :
13. Aux termes de l'article 1er du décret du 4 octobre 1999 instituant une prime de responsabilités pédagogiques dans les établissements d'enseignement supérieur relevant du ministre chargé de l'enseignement supérieur, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Une prime de responsabilités pédagogiques, non soumise à retenues pour pension, est instituée dans les établissements d'enseignement supérieur relevant du ministre chargé de l'enseignement supérieur. / Cette prime correspond à des responsabilités pédagogiques spécifiques exercées en sus des obligations de service. Elle peut être attribuée aux enseignants-chercheurs () exerçant des fonctions d'enseignement dans des établissements d'enseignement supérieur relevant du ministre chargé de l'enseignement supérieur. / La liste des catégories de personnels pouvant bénéficier de la prime de responsabilités pédagogiques est fixée par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur. Cet arrêté détermine également les cas, notamment de cumuls, dans lesquels est exclu le bénéfice de la prime ".
14. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 4 octobre 1999 fixant la liste des personnels de l'enseignement supérieur pouvant bénéficier de la prime de responsabilités pédagogiques instituée par le décret n° 99-855 du 4 octobre 1999, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Peuvent être admis au bénéfice de la prime de responsabilités pédagogiques instituée par le décret du 4 octobre 1999 susvisé les personnels titulaires () suivants : / () -les maîtres de conférences () ". Selon l'article 2 du même arrêté : " Sont exclus du bénéfice de la prime de responsabilités pédagogiques : / () - les personnels qui bénéficient d'un cumul d'emplois, qui exercent une activité professionnelle libérale () ".
En ce qui concerne l'application des dispositions du dernier alinéa de l'article 2 de l'arrêté du 4 octobre 1999 :
15. Le moyen tiré de ce que M. A remplirait la condition prévue au dernier alinéa de l'article 2 de l'arrêté du 4 octobre 1999 pris pour l'application du décret du même jour instituant la prime de responsabilités pédagogiques, tenant à ne pas bénéficier d'un cumul d'emplois ni exercer une activité professionnelle libérale, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 8 concernant la prime de recherche et d'enseignement supérieur.
En ce qui concerne l'exception d'illégalité des dispositions du dernier alinéa de l'article 2 de l'arrêté du 4 octobre 1999 :
16. Il résulte des termes mêmes de l'article 1er du décret du 4 octobre 1999 que la prime de responsabilités pédagogiques est liée à l'exercice de responsabilités pédagogiques spécifiques en sus des obligations de service. Les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article 2 de l'arrêté du 4 octobre 1999 pris pour l'application de ce décret ont pour effet de priver totalement les agents qui bénéficient d'un cumul d'emplois ou exercent une activité professionnelle libérale en complément de leur activité principale du bénéfice de cette prime, au seul motif de ce cumul ou de cet exercice. Elles introduisent ainsi une différence de traitement sans rapport avec l'objet du texte qui institue cette prime. Par suite, en excluant du bénéfice de celle-ci les agents qui bénéficient d'un cumul d'emplois ou exercent une activité professionnelle libérale, le pouvoir réglementaire a, eu égard à l'objet de cette prime, méconnu le principe d'égalité. Dès lors, M. A est fondé à soutenir, par voie d'exception, que les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article 2 de l'arrêté du 4 octobre 1999 sont illégales. Par conséquent, la décision attaquée, qui se fonde sur ces dispositions pour refuser le versement de la prime litigieuse au requérant, est elle-même entachée d'illégalité.
17. Il résulte de ce qui précède que la décision datée du 16 juillet 2021 et signée le 21 juillet suivant par laquelle le président de l'université de Toulon a refusé de verser à M. A la prime de responsabilités pédagogiques au titre de l'année universitaire 2020-2021 doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
18. L'annulation des décisions attaquées, prononcée par le présent jugement, implique nécessairement qu'il soit enjoint à l'université de Toulon de verser à M. A, d'une part, la prime de recherche et d'enseignement supérieur au titre du premier semestre de l'année universitaire 2020-2021 et, d'autre part, la prime de responsabilités pédagogiques au titre de l'année universitaire 2020-2021, dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement.
Sur les frais liés au litige :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par l'université de Toulon. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de cette dernière une somme de 1 500 euros à verser au requérant en application des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision datée du 8 juin 2021 et la décision datée du 16 juillet 2021 et signée le 21 juillet suivant par lesquelles le président de l'université de Toulon a refusé de verser à M. A, d'une part, la prime de recherche et d'enseignement supérieur au titre du premier semestre de l'année universitaire 2020-2021 et, d'autre part, la prime de responsabilités pédagogiques au titre de l'année universitaire 2020-2021, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à l'université de Toulon de verser à M. A, d'une part, la prime de recherche et d'enseignement supérieur au titre du premier semestre de l'année universitaire 2020-2021 et, d'autre part, la prime de responsabilités pédagogiques au titre de l'année universitaire 2020-2021, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'université de Toulon versera à M. A une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par l'université de Toulon en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'université de Toulon.
Copie en sera adressée à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Cros, premier conseiller,
M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
F. CROS
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
2, 2102307
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026