Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2102384
mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2102384 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi du 27 août 2021, la présidente du tribunal administratif de Marseille a, sur le fondement des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, transmis le dossier de la requête de M. F au tribunal administratif de Toulon.
Par une requête et des mémoires enregistrés le 2 juin 2020 devant le tribunal administratif de Marseille, puis les 13 septembre 2021, 31 janvier 2022 et 17 mars 2022 devant le tribunal administratif de Toulon, M. B F doit être regardé comme demandant au tribunal :
- d'annuler la décision n° W85083N/ARM/SGA/DRHMD/SA2P/PIIRC/73M du
19 décembre 2018, notifiée le 26 décembre 2018, par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande de pension militaire d'invalidité présentée le 22 septembre 2016.
Il soutient que :
- il a fait une demande de pension militaire d'invalidité auprès de la sous-direction des pensions du ministère des armées le 19 juin 2014 mais sa demande n'a été traitée que le
22 septembre 2016 ;
- la décision de rejet de sa demande de pension militaire d'invalidité n'est pas fondée administrativement et médicalement ;
- il n'avait pas de problème d'hallus valgus à l'incorporation ; il appartient donc au ministère des armées d'apporter la preuve d'une maladie sans lien avec le service, donc antérieure à l'accident de service du 4 octobre 2013 ; il n'a pas été reçu par la commission suite au premier refus de cette même commission malgré sa demande en ce sens ;
- l'administration et l'expert désigné tentent de mettre en échec l'avis du professeur G et des médecins militaires ; sa jambe droite a été écrasée lors de l'accident de service, en plus du traumatisme crânien, mais aucune séquelle n'a été reconnue ;
- aucun élément ne permet de prouver d'une part qu'il était en excès de vitesse et d'autre part qu'il a franchi la ligne blanche de manière délibérée ; l'accident a été reconnu imputable au service et inscrit au registre des constatations des blessures de l'unité au titre de l'année 2013 ;
- cet accident a bouleversé sa vie professionnelle et personnelle ; en dépit de
4 opérations chirurgicales au pied, son problème n'a pas disparu et il n'a pu récupérer l'aptitude à ses fonctions de militaire ; il est également suivi pour des problèmes de cervicalgie et il a fait des crises de paresthésie en 2018 aux mains et aux pieds.
Par des mémoires en défense enregistrés les 2 novembre 2021, 14 mars 2022 et
25 mars 2022, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête de M. F déposée le 12 juin 2019 devant le tribunal des pensions militaires d'invalidité de Marseille est recevable, la décision litigieuse du 19 décembre 2018 ayant été notifiée à l'intéressé le 17 janvier 2019 ; le délai de six mois fixé à l'article
R. 731-2 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre a été respecté ;
- l'enquête administrative a conclu que M. F a commis des fautes détachables du service qui ont conduit à son accident de moto en 2013 et il est donc responsable des séquelles liées à cet accident ;
- en outre, pour chacune des infirmités dont souffre M. F, les expertises qui ont été faites ont conclu à un taux d'invalidité individuel inférieur à 10 %, qui constitue le seuil indemnisable en termes de pension d'invalidité.
Par ordonnance du 30 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 12 juillet 2022 à 12 heures.
Un mémoire présenté par M. F le 3 mars 2024 n'a pas été communiqué en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier ;
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 mars 2024 :
- le rapport de M. Bailleux ;
- et les conclusions de M. Riffard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B F, engagé au sein de l'armée de terre à compter du
4 septembre 2001, et détenant le grade de caporal-chef, a été blessé dans un accident de la route le vendredi 4 octobre 2013, alors qu'il circulait sur sa motocyclette sur le trajet entre le travail et le domicile, lors d'un départ en week-end. M. F a eu plusieurs séquelles corporelles de cet accident, qui a été déclaré par les médecins militaires en accident de service, de traumatisme crânien avec perte de connaissance initiale avec céphalées, cervicalgies et troubles de la mémoire et du sommeil, traumatisme du genou droit sur syndrome d'hyperpression rotulienne externe avec légère amyotrophie quadricipitale de 1,5 cm et douleurs occasionnelles, séquelles de traumatisme de plaie de la cuisse droite, et enfin séquelles du traumatisme du pied droit, sur hallux valgus. M. F a alors sollicité une demande de pension militaire d'invalidité reçue par le service des pensions le 22 septembre 2016. Cette demande a fait l'objet d'une décision de rejet par le ministre des armées en date du 19 décembre 2018, qui a fait l'objet d'une notification au requérant en date du 17 janvier 2019. Le requérant a saisi le tribunal des pensions militaires d'invalidité en date du 12 juin 2019, alors compétent, le 2 juin 2020, qui a transmis le dossier au tribunal administratif de Marseille, devenu compétent à compter du 1er novembre 2019, par la loi n° 2018-607 du 13 juillet 2018 ainsi que le décret n°2018-1292 du 28 décembre 2018. Enfin, par une ordonnance du 27 août 2021, le tribunal administratif de Marseille a procédé au renvoi du dossier de M. F au tribunal administratif de Toulon, en application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 2 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre, applicable à la demande de pension de M. F du 22 septembre 2016 : " Ouvrent droit à pension : / 1° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'événements de guerre ou d'accidents éprouvés par le fait ou à l'occasion du service ; / 2° Les infirmités résultant de maladies contractées par le fait ou à l'occasion du service ; () ". L'article L. 4 du même code dispose que : " Les pensions sont établies d'après le degré d'invalidité. / Sont prises en considération les infirmités entraînant une invalidité égale ou supérieure à 10 p. cent. / Il est concédé une pension : / 1° Au titre des infirmités résultant de blessures, si le degré d'invalidité qu'elles entraînent atteint ou dépasse 10 p. cent ; () / 3° Au titre d'infirmités résultant exclusivement de maladie, si le degré d'invalidité qu'elles entraînent atteint ou dépasse () 30 % en cas d'infirmité unique () ".
3. Lorsqu'il est saisi d'un litige en matière de pensions militaires d'invalidité, il appartient au juge administratif, en sa qualité de juge de plein contentieux, de se prononcer sur les droits de l'intéressé en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, et aussi, le cas échéant, d'apprécier, s'il est saisi de moyens en ce sens ou au vu de moyens d'ordre public, la régularité de la décision en litige.
4. Est réputé constituer un accident de trajet tout accident dont est victime un agent public qui se produit sur le parcours habituel entre le lieu où s'accomplit son travail et sa résidence et pendant la durée normale pour l'effectuer, sauf si un fait personnel de cet agent ou toute autre circonstance particulière est de nature à détacher l'accident du service.
En ce qui concerne la faute personnelle du requérant pouvant détacher l'accident du service
5. Il résulte de l'instruction que l'accident de la circulation entre la motocyclette conduite par M. F et un camion circulant sur la route départementale 54 a eu lieu au niveau de la carrière Someca à La Motte, dans le sens Figanières-La Motte. Il ressort en outre des vues Internet sur le site Googlemaps, accessible tant au juge qu'aux parties, que cette route, en 2013, à la date de l'accident de M. F, ne comportait que deux voies, une dans chaque sens de circulation, séparées par une ligne blanche continue, la route ne s'élargissant seulement qu'au niveau de la carrière Someca, où elle comporte alors trois voies, deux dans le sens de circulation Figanières-La Motte et une voie dans l'autre sens. Il est constant en outre que la vitesse à cet endroit est limitée à 90 km/h.
6. Il résulte du procès-verbal d'audition effectué par les gendarmes que le chauffeur du camion incriminé dans l'accident, M. H, a indiqué, lors de son audition, qu'il se rendait à la carrière de Catalane à Callas (83) à bord de son camion Iveco, afin d'y faire une livraison. Il a indiqué s'être placé sur la voie de gauche au niveau de l'intersection qui mène à la carrière de la Catalane à Callas, qu'il avait mis son clignotant à gauche, et qu'il circulait à une vitesse de 50 kilomètres par heure environ dans la montée. Il a également indiqué avoir constaté, lorsqu'il s'est engagé sur la gauche pour se diriger vers la carrière, avoir aperçu sur sa gauche un motocycliste effectuer un dépassement dans le sens montant, sur la voie de circulation inverse du sien. M. H a également indiqué qu'il pensait que le motocycliste roulait à plus de 90 kilomètres par heure, qui était la limite de vitesse autorisée au moment des faits, mais qu'il ne pouvait l'affirmer. En outre, il ne résulte pas de l'instruction, que, contrairement à ce que soutient le requérant, le camion aurait brusquement changé de direction pour tourner à gauche.
7. Il résulte également du procès-verbal de gendarmerie et des différents témoignages, notamment ceux de M. C, M. I et M. E, témoins des faits, que la motocyclette conduite par M. F ce jour-là a engagé un dépassement de la file de voitures à vive allure, et ce depuis le virage situé en bas de la côte, après avoir franchi la ligne blanche continue, et qu'il se trouvait, au moment du dépassement, sur la voie de gauche en sens inverse de son sens de circulation. Il résulte également de ces témoignages que le camion s'est engagé sur la voie de gauche pour tourner au niveau de la carrière de la Catalane, et au vu de la vitesse du motocycliste, la collision a été inévitable, en dépit d'une manœuvre du chauffeur du camion pour éviter cette collision. En outre, les différents témoins ont indiqué que le camion avait bien signalé son changement de direction en mettant son clignotant à gauche.
8. La collision a pour conséquences de faire chuter lourdement le motocycliste. Des dégâts matériels sont également constatés au niveau de la moto (fourche et bloc moteur) et au niveau du camion (garde boue roue avant gauche et marche pied côté conducteur).
9. En outre, M. F, entendu par les gendarmes, a indiqué ne pas contester, au vu des photographies présentées et de la configuration des lieux, avoir franchi la ligne continue pour effectuer son dépassement. M. F a indiqué, lors de son audition, ne pas se trouver en vitesse excessive au moment des faits. Enfin, M. F a reconnu sa culpabilité dans cet accident en indiquant aux gendarmes : " Oui, tout à fait, je n'avais pas à engager un dépassement à cet endroit. Je ne pensais pas que les camions avaient la possibilité de tourner à cet endroit ".
10. Enfin, il résulte de l'instruction que M. F a commis un dépassement dangereux en doublant une file de voitures, depuis le bas de la côte, en empruntant la voie normalement utilisée par les véhicules roulant en sens inverse en franchissant une ligne blanche continue, et qu'il roulait à vive allure, même s'il n'est pas indiqué à quelle vitesse exacte il circulait ce jour-là. Le compte rendu d'enquête indique d'ailleurs sur ce point que " de l'enquête effectuée, il ressort que l'accident découle d'un dépassement dangereux et d'une allure vive du motocycliste " A ". Ce dernier a engagé un dépassement en bas de côte, dans une zone dont la ligne est continue, et où il y a des sorties et entrées fréquentes de camion ".
11. Ainsi, dans les conditions de l'espèce, les faits qui ont conduit à l'accident de
M. F caractérisent une faute personnelle suffisamment grave pour détacher l'accident de M. F du service. Il résulte de l'instruction que le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que l'accident du 4 octobre 2013 est un accident de service et que les séquelles physiques qu'a entrainé cet accident auraient donc dû être prises en compte dans le calcul du taux d'infirmité pour la pension d'invalidité.
En ce qui concerne le taux d'infirmité du requérant
12. Il résulte de l'instruction que le taux d'infirmité du requérant comporte quatre composantes : séquelles de traumatisme crânien avec perte de connaissance initiale avec céphalées, séquelles de traumatisme du genou droit sur syndrome d'hyperpression rotulienne externe avec légère amyotrophie quadricipitale, séquelles de plaie à la cuisse droite, et enfin des séquelles du traumatisme du pied droit, sur hallux valgus.
13. Le requérant ne conteste pas que les trois premières infirmités, dont il est constant qu'elles sont directement liées et imputables à l'accident du 4 octobre 2013, font apparaître un taux d'infirmité inférieur au minimum indemnisable de 10%, tel que reconnu par la commission de réforme des pensions militaires d'invalidité du 13 décembre 2018, et n'ouvrent ainsi pas droit à la pension de réforme.
14. En ce qui concerne les séquelles du traumatisme du pied droit, sur hallux valgus traité chirurgicalement, avec raideur de l'articulation métacarpo-phalangienne par arthrodèse et gêne modérée à la marche, la commission de réforme des pensions militaires d'invalidité a considéré que le taux global d'infirmité était de 15%, avec un taux non imputable de 10%, lié à un hallux valgus.
15. Suite à l'accident du 4 octobre 2013, une déclaration initiale d'affection présumée imputable au service (DAPIAS) a été remplie le 7 octobre 2013 puis modifiée le 2 juillet 2014, suite à complication de l'hallux valgus droit. Cette DAPIAS fait état, pour ce qui concerne les lésions, d'une plaie de la cuisse droite, d'une entorse du genou droit, d'un traumatisme crânien avec perte de connaissance et d'une complication de l'hallux valgus droit (ce dernier élément a été ajouté le 2 juillet 2014, suite semble-t-il à une complication).
16. Un billet de consultation établi par le service médical d'unité en date du
27 mai 2014 fait état de l'absence de tout antécédent particulier, ni traitement ni allergie connue. En outre, il fait état également de l'accident de circulation subi par M. F le
4 octobre 2013 ainsi que du traumatisme crânien avec PCI, de l'entorse cervicale, de la plaie de la cuisse droite et du traumatisme du membre inférieur droit. Ce billet médical indique également que les suites n'ont pas été favorables pour le genou droit ainsi que pour le pied droit qui a été le siège d'un hallux valgus devenu symptomatique.
17. M. F a subi une opération le 22 mars 2014, réalisée par le docteur D, consistant à la cure de l'hallus valgus, qui s'est bien déroulée. Le requérant produit à l'instance un compte-rendu de consultation orthopédique du 15 octobre 2015 adressé au médecin militaire dans lequel il est indiqué qu'il s'agit " d'une prise en charge d'une douleur du genou et du pied droits suite AVP en date du 4 octobre 2013 ". Est également jointe au dossier une fiche de consultation en date du 30 novembre 2015 établie par le docteur J A. Cette fiche indique " patient revu dans le cadre du suivi de son accident de service (trajet à moto survenu le 4/10/2013) ".
18. Le requérant produit également un courrier établi par le docteur G, chef du service de chirurgie orthopédique et traumatologique du 7 octobre 2016 rédigé à l'attention du docteur A qui indique que : " En termes d'imputabilité, bien que cela ne me concerne pas directement, il m'a montré la radiographie de son avant pied centrée sur le gros orteil, datée du jour de l'accident. Il me dit que par la suite il a toujours souffert de son articulation. Il n'avait aucune douleur avant l'accident et il présentait sans doute un hallux valgus modéré (comme d'ailleurs du côté gauche) mais parfaitement bien toléré permettant un niveau d'activité sportive libre. La radiographie pré-opératoire quelques mois après montrait une petite irrégularité sur la tête du métatarsien dans la région sous-cutanée médiale pouvant correspondre à une arthropathie séquellaire d'un traumatisme direct et la réaxation de son orteil ne l'a pas soulagé. Il peut donc très vraisemblablement s'agir d'une chondropathie post-traumatique () ".
19. Sur ce point, le requérant soutient qu'il a intégré l'armée et l'institution militaire sans aucun problème d'hallux valgus lors de sa visite d'engagement, ainsi que lors de toutes les visites médicales qui ont suivi. Il indique donc sur ce point bénéficier de la présomption d'incorporation saine et il appartient au ministère des armées d'apporter la preuve de l'existence d'une maladie sans lien avec le service.
20. S'il résulte donc de l'instruction que les séquelles du requérant, en particulier celles liées à son hallux valgus sont liées à l'accident de circulation du 4 octobre 2013, il résulte toutefois de ce qui a été dit précédemment que ces séquelles ne sont pas dues à un accident de service, en raison des fautes commises par M. F lors de cet accident, qui ont détaché cet accident du service. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée du 19 décembre 2018, en ce qu'elle n'a pas retenu les 15 % d'infirmité retenus par la commission de réforme des pensions militaires d'invalidité, qui s'est réunie le 13 décembre 2018, aurait entaché sa décision d'une illégalité. Ainsi, le taux d'infirmité pour l'hallux valgus est donc de 5%, soit un taux également inférieur au minimum indemnisable, fixé à 10% par les dispositions de l'article L. 4 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre
21. Il résulte donc de l'instruction que la décision de la ministre des armées du
19 décembre 2018 et notifiée le 17 janvier 2019 est donc légale. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions à fin d'annulation de cette décision.
DECIDE
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B F et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Privat, président,
M. Bailleux, premier conseiller,
Mme Le Gars, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
Le rapporteur,
Signé :
F. BAILLEUX
Le président,
Signé :
J.-M. PRIVAT La greffière,
Signé :
K. BAILET
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
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