Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2102506
jeudi 25 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2102506 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | PHELIP & ASSOCIES |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2021, M. A B, représenté par Me Comyn, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de condamner la commune de Vidauban et la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération à lui verser la somme de 20 000 euros en réparation des préjudices subis du fait de l'implantation d'un abribus devant sa maison ;
2°) d'enjoindre à la commune de Vidauban et à la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération de déplacer l'abribus ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Vidauban et de la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération est responsable de l'implantation arbitraire de l'arrêt de bus devant sa maison ;
- la commune de Vidauban est responsable de la mise en place de l'arrêt de bus ;
- il subit d'importants préjudices justifiant le déplacement de l'abribus ;
- il doit être indemnisé de ses préjudices à hauteur de 20 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2022, la commune de Vidauban, représentée par Me Reghin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'action indemnitaire est prescrite ;
- la requête est irrecevable comme tardive ;
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne précise pas le fondement de responsabilité invoqué ;
- la commune est incompétente en matière de localisation des transports urbains ; sa responsabilité ne peut dès lors pas être engagée ;
- les préjudices allégués ne présentent aucun caractère d'anormalité ; la réalité des préjudices n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2023, la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération, représentée par Me Phelip, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la créance est prescrite ;
- la réalité des préjudices n'est pas établie ; ils ne présentent pas de caractère grave et spécial ;
- les prétentions indemnitaires sont excessives ;
- les préjudices allégués ne justifient pas le déplacement de l'arrêt de bus.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 janvier 2021 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulon.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Montalieu, rapporteure,
- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,
- et les observations de M. B, en l'absence de son avocate, et de Me Reghin, avocat de la commune de Vidauban ;
- la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est propriétaire d'une maison située dans le quartier de " La Coulette " sur le territoire de la commune de Vidauban. Par des courriers du 19 mai 2021, il a demandé à la commune de Vidauban et à la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération de déplacer l'arrêt de bus implanté devant sa maison et de l'indemniser des préjudices subis. Par des décisions du 2 juin 2021 et du 7 juillet 2021, la commune et la communauté d'agglomération ont respectivement rejeté ses demandes.
Sur les conclusions tendant à la réparation et à la cessation des dommages :
2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".
3. Dans sa requête, M. B se borne à soutenir qu'il appartient à la commune de Vidauban et la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération " de répondre de leurs responsabilités, de reconnaître les préjudices causés et de les indemniser ", à énoncer les préjudices qu'il estime subir par le maintien d'un abribus " contre sa propriété " et à solliciter que son déplacement soit ordonné ainsi qu'une indemnisation " au titre de la responsabilité de la puissance publique ". Dans ces conditions, cette requête, qui ne précise pas sur quel fondement de responsabilité l'une ou l'autre des personnes publiques pourrait être condamnée, n'est assortie d'aucun moyen de droit et ne permet pas au juge administratif de se prononcer sur le bien-fondé des prétentions de M. B. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Vidauban doit être accueillie.
4. En tout état de cause, il ne résulte pas de l'instruction que le requérant devrait être indemnisé sur le fondement de la responsabilité sans faute, susceptible d'être relevée d'office, du fait de la présence ou du fonctionnement d'un ouvrage public.
5. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la seconde fin de non-recevoir, les conclusions indemnitaires de M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction de déplacement de l'abribus, qui ne peuvent constituer qu'une demande complémentaire aux conclusions indemnitaires.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Vidauban et de la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération, qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, la somme que demande le conseil de M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du requérant une quelconque somme au titre des frais exposés par la commune de Vidauban et de la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Vidauban et la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la commune de Vidauban et à la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Harang, président,
M. Zouhaïr Karbal, conseiller,
Mme Mathilde Montalieu, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.
La rapporteure,
Signé
M. MONTALIEU
Le président,
Signé
Ph. HARANG
La greffière,
Signé
A. CAILLEAUX
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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