vendredi 12 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2102735 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | HOFFMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 octobre 2021, Mme B A, représentée par Me Hoffmann, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de recette émis le 22 septembre 2020 par la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon d'un montant de 12 819,20 euros concernant la régularisation de sa situation administrative et financière ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 12 819,20 euros ;
3°) d'annuler la saisie administrative à tiers détenteur émise le 15 septembre 2021 par le comptable public du service des recettes non fiscales de la direction départementale des finances publiques (DDFIP) du Var ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre de recettes du 22 septembre 2020 est illégal à défaut pour la créance d'être certaine et liquide ;
- la saisie administrative à tiers détenteur est illégale à défaut pour la communauté d'agglomération d'avoir émis un titre de recettes.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 novembre 2021, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- en ce qui concerne les conclusions dirigées contre le titre de recettes du 22 septembre 2020, elles sont tardives, en méconnaissance de l'alinéa 2 du 1° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ;
- en ce qui concerne les conclusions dirigées contre la saisie administrative à tiers détenteur du 15 septembre 2021, elles sont, à titre principal, portées devant une juridiction incompétente pour en connaître, et à titre subsidiaire, irrecevables à défaut d'avoir été précédées d'un recours administratif préalable obligatoire, en méconnaissance des dispositions du 2° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et l'alinéa 1er de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 juillet 2022, la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable :
* en ce qui concerne les conclusions dirigées contre le titre de recettes du 22 septembre 2020, elles sont irrecevables d'une part, pour le bulletin de paie de septembre 2020 qui n'est pas un acte faisant grief, et d'autre part, en raison de leur tardiveté ;
* en ce qui concerne les conclusions dirigées contre la saisie administrative à tiers détenteur du 15 septembre 2021, elles sont irrecevables à défaut d'avoir été précédées d'un recours administratif préalable obligatoire, en méconnaissance des dispositions du 2° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et l'alinéa 1er de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales ;
- à titre subsidiaire, les moyens sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le livre des procédures fiscales ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martin, rapporteure,
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique,
- les observations de Me Hoffmann, représentant Mme A,
- les observations de Me Petit, représentant la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon,
- le directeur départemental des finances publiques du Var n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, adjointe technique exerçant ses fonctions au service
de la communauté d'agglomération dracénoise, devenue la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon, a été victime le 20 septembre 2016 d'un accident dont l'imputabilité au service a été reconnue par arrêté du 6 octobre 2016. Elle n'a pu reprendre son activité professionnelle que le 16 novembre 2018. La commission de réforme départementale a néanmoins fixé la date de sa guérison au 16 novembre 2016. Par trois arrêtés du 4 avril 2019, le président de la communauté d'agglomération a placé Mme A en congé de maladie ordinaire
du 17 novembre 2016 au 16 novembre 2017, puis l'a placée en disponibilité d'office
du 17 novembre 2017 au 15 novembre 2018, puis a décidé sa réintégration à temps complet
à compter du 16 novembre 2018. La communauté d'agglomération a émis, le 22 septembre 2020, un titre de recettes d'un montant de 12 819,20 euros en raison de la régularisation de sa situation administrative et financière. Le comptable public du service des recettes non fiscales de la direction départementale des finances publiques (DDFIP) du Var a notifié à Mme A une saisie administrative à tiers détenteur du 15 septembre 2021 pour le recouvrement de ce titre.
Par sa requête, Mme A demande au tribunal d'annuler le titre de recettes du 22 septembre 2020, la saisie administrative à tiers détenteur du 15 septembre 2021 et de prononcer sa décharge de l'obligation de payer la somme de 12 819,20 euros.
Sur les conclusions tendant à l'annulation du titre de recettes du 22 septembre 2020 et à la décharge du paiement de la somme de 12 819,20 euros :
En ce qui concerne les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".
3. Si la communauté d'agglomération fait valoir que la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dirigée contre le bulletin de paie de septembre 2020 sur lequel figure un solde négatif, il résulte de l'instruction, et notamment des termes mêmes de la requête, que Mme A a entendu demander au tribunal l'annulation du titre de recettes du 22 septembre 2020, dont il n'est pas contesté qu'il fait grief, et non du bulletin de paie. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut d'acte faisant grief opposée par la communauté d'agglomération doit être écartée.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : "() 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public compétent vaut notification de ladite ampliation ".
5. Il résulte de l'instruction que la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon a émis un titre de recettes d'un montant de 12 819,20 euros à l'encontre de Mme A daté du 22 septembre 2020. Bien que les dispositions précitées du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales prévoit que le titre de recettes puisse être adressé au redevable sous pli simple, la communauté d'agglomération, à qui il appartient de prouver la date
de notification de ce titre, n'apporte aucune pièce de nature à déterminer la date de sa réception par la requérante. Par ailleurs, s'il résulte de l'instruction qu'une lettre de relance a été émise par la DDFIP du Var le 2 novembre 2020, aucune pièce ne permet d'établir la date à laquelle
Mme A en aurait eu connaissance, seule de nature à faire partir un délai de recours raisonnable. Par suite, les fins de non-recevoir opposées par la DDFIP du Var et la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon doivent être écartées.
En ce qui concerne les moyens de Mme A :
6. En premier lieu, si Mme A demande au tribunal d'annuler le titre de recettes du 22 septembre 2020, elle n'invoque à l'appui de ces conclusions qu'un moyen unique tenant au bien-fondé de la créance. Dans ces conditions, ces conclusions doivent être regardées comme tendant uniquement à la décharge du paiement de la somme de 12 819,20 euros.
7. En second lieu, pour émettre le titre de recettes du 22 septembre 2020, la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon s'est fondée sur la régularisation de la situation administrative et financière de Mme A en raison de son placement, par trois arrêtés du 4 avril 2019, en congé de maladie ordinaire du 17 novembre 2016 au 16 novembre 2017, puis en disponibilité d'office pour épuisement de ses droits à congés du 17 novembre 2017 au 15 novembre 2018, avant d'être réintégrée à compter du 16 novembre 2018. Or, il résulte de l'instruction que si par un jugement avant-dire-droit n° 1903793 du 8 juin 2022, le tribunal administratif de Toulon a rejeté les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 4 avril 2019 portant réintégration de la requérante à compter du 16 novembre 2018, il a, par un jugement n° 1903793 du 12 janvier 2024, annulé les deux arrêtés du 4 avril 2019 portant placement en congé de maladie ordinaire de l'intéressée du 17 novembre 2016 au 16 novembre 2017 et placement en disponibilité d'office pour épuisement des droits à congés entre le 17 novembre 2017 et le 16 novembre 2018. Dans ces conditions, la créance fondant le titre de recettes est infondée. Par suite, le moyen unique tiré de l'absence de bien-fondé de la créance doit être accueilli.
8. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de prononcer la décharge de Mme A du paiement de la somme de 12 819,20 euros, dont le montant n'est pas contesté.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la saisie administrative à tiers détenteur du 15 septembre 2021 :
9. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / Lorsque les contestations portent sur le recouvrement de créances détenues par les établissements publics de l'Etat, par un de ses groupements d'intérêt public ou par les autorités publiques indépendantes, dotés d'un agent comptable, ces contestations sont adressées à l'ordonnateur de l'établissement public, du groupement d'intérêt public ou de l'autorité publique indépendante pour le compte duquel l'agent comptable a exercé ces poursuites. / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt prévu à l'article L. 199 ; / b) Pour les créances non fiscales de l'Etat, des établissements publics de l'Etat, de ses groupements d'intérêt public et des autorités publiques indépendantes, dotés d'un agent comptable, devant le juge de droit commun selon la nature de la créance ; / c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution ".
10. Par sa requête, Mme A demande au tribunal d'annuler la saisie administrative à tiers détenteur du 15 septembre 2021 par laquelle le comptable public du service des recettes non fiscales de la DDFIP du Var a procédé au recouvrement du titre de recettes du 22 septembre 2020 émis par la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon. Dans ces conditions, ces conclusions sont dirigées contre un acte de recouvrement d'une créance d'une collectivité territoriale dont il n'appartient qu'au juge de l'exécution de connaître.
11. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défenses tirée du défaut de recours administratif préalable obligatoire, que les conclusions dirigées contre la saisie administrative à tiers détenteur du 15 septembre 2021 sont rejetées comme présentées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur les frais liés à l'instance :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la communauté d'agglomération au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de Mme A qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Il n'y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Mme A est déchargée de l'obligation de payer la somme de 12 819,20 euros.
Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 29 mars 2024 à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
M. Quaglierini, premier conseiller,
Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 avril 2024.
La rapporteure,
signé
K. Martin
Le président,
signé
J.-F. Sauton
Le greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026