lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2102820 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | ROSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2021, Mme D B épouse C, représentée par Me Rosé, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception du 8 octobre 2020 émis à son encontre pour un montant de 14 828,87 euros en vue du recouvrement d'indus de traitement ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice subi ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le paiement de son demi-traitement devait être maintenu jusqu'à la date de l'arrêté procédant à son admission à la retraite ;
- par sa décision n° 412684 du 9 novembre 2018, commune du Perreux-sur-Marne, le conseil d'Etat a jugé que ce demi-traitement ne présentait pas un caractère provisoire et restait acquis à l'agent alors même que celui-ci aurait été, par la suite, placé rétroactivement dans une position statutaire n'ouvrant pas, par elle-même, droit au versement d'un demi-traitement ;
- en émettant un titre de perception à son encontre afin d'obtenir le remboursement de ces sommes, l'Etat a commis une illégalité fautive ; par suite, elle est fondée à demander la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice subi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- un titre d'annulation a été émis, en cours d'instance, le 2 novembre 2022, à hauteur de 13 882,86 euros et qu'ainsi, il n'y pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation du titre de perception du 8 octobre 2020 à hauteur de ce montant ;
- le titre de perception contesté n'étant pas produit à l'appui de la requête, les conclusions à fin d'annulation sont irrecevables ;
- les conclusions indemnitaires présentées par Mme B épouse C sont irrecevables dès lors qu'elles n'ont pas été précédées d'une demande indemnitaire préalable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin ;
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B épouse C, adjointe administrative au groupement de soutien de la base de défense de Draguignan, a été placée en congé longue maladie à compter du 10 septembre 2013. A l'expiration de la période ouvrant droit à ce congé intervenue le 10 septembre 2016, elle a continué à percevoir le paiement d'un demi-traitement. Ayant été déclarée définitivement inapte à l'exercice de ses fonctions par le service des retraites de l'Etat le 19 juillet 2019, elle a été admise, par un arrêté du 5 août 2019, à la retraite pour invalidité à compter du 10 septembre 2016. Le 8 octobre 2020, un titre de perception d'un montant de 14 389,87 euros était émis à son encontre afin de recouvrer les demi-traitements qu'elle avait perçus dans l'attente de sa mise en retraite durant la période comprise entre le 1er octobre 2017 et le 31 août 2019. Mme B épouse C demande l'annulation de ce titre de perception et la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 47 du décret du 14 mars 1986, dans sa version applicable à la date du litige : " Le fonctionnaire ne pouvant, à l'expiration de la dernière période de congé de longue maladie ou de longue durée, reprendre son service est soit reclassé dans un autre emploi, en application du décret n° 84-1051 du 30 novembre 1984 pris en application de l'article 63 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat en vue de faciliter le reclassement des fonctionnaires de l'Etat reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, soit mis en disponibilité, soit admis à la retraite après avis de la commission de réforme. / Pendant toute la durée de la procédure requérant soit l'avis du comité médical, soit l'avis de la commission de réforme, soit l'avis de ces deux instances, le paiement du demi-traitement est maintenu jusqu'à la date de la décision de reprise de service ou de réintégration, de reclassement, de mise en disponibilité ou d'admission à la retraite ".
3. Il résulte de l'instruction que le ministre des armées a fait droit à l'argumentation de la requérante et a pris acte qu'en application de la décision du conseil d'Etat commune du Perreux-sur-Marne, les demi-traitements versés à l'intéressée entre 10 septembre 2016, date de l'expiration de son congé longue maladie et le 5 août 2019, date de l'arrêté l'admettant à la retraite pour invalidité, ne pouvaient pas lui être réclamés. En conséquence, un titre d'annulation a été émis le 2 novembre 2022 pour un montant de 13 882,86 euros. En revanche, Mme B épouse C demeure redevable du demi-traitement indument perçu au titre de la période du 5 au 31 août 2019, ce qu'elle ne conteste au demeurant pas.
4. Dans ces conditions, il n'y pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation du titre de perception du 8 octobre 2022 à hauteur de 13 882,86 euros.
5. Pour le surplus, c'est-à-dire pour la somme de 507,01 euros, il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le ministre des armées et tirée de l'absence de production du titre de recette en litige à l'appui de la requête, Mme B épouse C n'est pas fondée à en demander l'annulation.
Sur les conclusions indemnitaires :
6. Aux termes du second alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".
7. Dès lors qu'en l'espèce Mme B épouse C n'a adressé aucune demande indemnitaire préalable à l'administration, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée en défense sur ce point par le ministre des armées. Par suite, les conclusions de la requérante tendant à ce que l'Etat soit condamné à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice allégué doivent être rejetées comme irrecevables.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que le surplus des conclusions présentées par Mme B épouse C à fin d'annulation du titre de perception du 8 octobre 2020 et ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, le ministre des armées ayant fait droit à l'argumentation de la requérante en procédant, après l'introduction de la requête, à l'annulation du titre de perception en litige à hauteur de la somme 13 882,86 euros sur un montant total de 14 389,87 euros, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui doit être regardé comme la partie perdante pour l'essentiel, une somme de 1 000 euros à verser à Mme B épouse C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation du titre de perception du 8 octobre 2020 à hauteur du titre d'annulation du 2 novembre 2022 d'un montant de 13 882,86 euros.
Article 2 : L'Etat versera à Mme B épouse C une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B épouse C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B épouse C et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 17 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Bernabeu, présidente,
- M. A et M. Martin, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026