jeudi 18 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2102849 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BONNIN |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi du 20 octobre 2021, le président de la 7ème chambre du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal administratif de Toulon la requête présentée par M. B A en application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.
Par cette requête, enregistrée le 7 septembre 2021 au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise et le 20 octobre 2021 au greffe du tribunal administratif de Toulon, M. B A, représenté par Me Bonnin, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une indemnité correspondant à son plein traitement pour la période comprise entre le 27 mars 2016 et le 1er décembre 2018 après déduction des sommes effectivement perçues ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 768 euros au titre de la prise en charge de ses frais de déménagement liés à sa mutation au sein de l'académie de Nice à compter du 1er septembre 2016 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a subi un préjudice certain en lien direct avec la décision rétroactive d'admission à la retraite prise à son égard et dont l'illégalité a été reconnue par un arrêt n° 19MA03190 de la cour administrative d'appel de Marseille du 7 décembre 2020 ;
- il avait droit à percevoir son plein traitement jusqu'au 1er décembre 2018, date de fin de la prolongation d'activité dont il avait bénéficié ;
- il a été contraint de rembourser la somme de 8 431,96 euros que lui avait versée le rectorat de Nice suite à l'émission à son encontre d'un titre de perception en date du 21 février 2017.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2023, le recteur de l'académie de Versailles conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le requérant n'établit pas la réalité du préjudice dont il entend obtenir réparation.
Vu l'ordonnance n° 2200927, rendue par le juge des référés le 10 août 2022, faisant partiellement droit aux conclusions de M. A tendant à l'octroi d'une provision.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 90-437 du 28 mai 1990 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin,
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 2 décembre 2015, M. A, professeur documentaliste certifié, s'est vu accorder une prolongation d'activité dans l'intérêt du service pour la période du 27 mars 2016 au 1er décembre 2018. A compter du 1er septembre 2016, il a été affecté au Lycée Dumont d'Urville de Toulon dans l'académie de Nice. Par un arrêté du 17 octobre 2016, le recteur de l'académie de Versailles a annulé les dispositions de l'arrêté du 2 décembre 2015 et a admis M. A à la retraite avec effet rétroactif au 27 mars 2016. Par un arrêt n° 19MA03190 du 7 décembre 2020, devenu définitif, la cour administrative d'appel de Marseille a toutefois annulé l'arrêté du recteur de l'académie de Versailles du 17 octobre 2016 et a enjoint au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports de réintégrer juridiquement M. A au 27 mars 2016 et de procéder à la reconstitution de sa carrière. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'engager la responsabilité pour faute de l'Etat afin d'obtenir réparation des préjudices qu'il a subis du fait de l'illégalité de la décision l'ayant admis à la retraite à compter à compter du 27 mars 2016.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité pour faute de l'Etat :
2. Toute illégalité est fautive et, comme telle, susceptible d'engager la responsabilité de l'administration dès lors qu'elle est à l'origine des préjudices subis.
3. En vertu des principes généraux qui régissent la responsabilité de la puissance publique, un agent public irrégulièrement évincé a droit à la réparation intégrale du préjudice qu'il a effectivement subi du fait de la mesure illégalement prise à son encontre. Sont ainsi indemnisables les préjudices de toute nature avec lesquels l'illégalité commise présente, compte tenu de l'importance respective de cette illégalité et des fautes relevées à l'encontre de l'intéressé, un lien direct de causalité. Pour l'évaluation du montant de l'indemnité due, doit être prise en compte, notamment, la perte des rémunérations ainsi que celle des primes et indemnités dont l'intéressé avait, pour la période en cause, une chance sérieuse de bénéficier, à l'exception de celles qui, eu égard à leur nature, à leur objet et aux conditions dans lesquelles elles sont versées, sont seulement destinées à compenser des frais, charges ou contraintes liés à l'exercice effectif des fonctions. Enfin, l'indemnité due à un agent pour la période pendant laquelle il a été illégalement privé d'emploi doit être calculée en déduisant du montant de la rémunération qu'il aurait dû percevoir le montant de la pension de retraite dont il a bénéficié.
4. Il résulte de l'instruction que, par un arrêt n° 19MA03190 du 7 décembre 2020, devenu définitif, la cour administrative d'appel de Marseille a annulé l'arrêté du 17 octobre 2016 par lequel le recteur de l'académie de Versailles avait, d'une part, admis M. A à la retraite avec effet rétroactif au 27 mars 2016 et d'autre part, annulé son arrêté du 2 décembre 2015 accordant à M. A une prolongation d'activité pour la période du 27 mars 2016 au 1er décembre 2018. La Cour a considéré que le recteur de l'académie de Versailles ne pouvait sans illégalité placer l'agent à la retraite de façon rétroactive et qu'il aurait dû le placer en congé maladie. La cour a également enjoint au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports de réintégrer juridiquement M. A à compter du 27 mars 2016 et de procéder à la reconstitution de sa carrière à compter de cette date. L'illégalité de cet arrêté du 17 octobre 2016 constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat.
En ce qui concerne les préjudices :
5. En premier lieu, M. A est en droit de prétendre au versement d'une indemnité correspondant à la différence entre, d'une part, les sommes représentatives du traitement qu'il aurait dû percevoir pour la période allant du 27 mars 2016 au 30 novembre 2018, si l'arrêté illégal n'avait pas été pris, et, d'autre part, les sommes qu'il a déjà perçues au titre de sa pension de retraite. L'état de l'instruction ne permet toutefois pas de déterminer le montant exact des rémunérations que l'intéressé aurait dû percevoir, ni davantage, pour cette seule période, celui des pensions de retraite perçues devant en être ainsi déduit, et, par suite, de chiffrer la somme différentielle qui devrait lui être versée. Dès lors, il y a lieu de renvoyer l'intéressé devant l'administration pour qu'il soit procédé, après reconstitution de la carrière de l'agent, au calcul et à la liquidation de cette indemnité, déduction faite des sommes éventuellement versées au requérant en application de la provision accordée par le juge des référés du tribunal administratif par ordonnance n° 2200927 du 10 août 2022.
6. En deuxième lieu, si M. A sollicite le remboursement d'une somme de 1 768 euros correspondant au coût de son déménagement entre Paris et sa nouvelle affectation au 1er septembre 2016 à Toulon, il ne justifie toutefois pas de l'existence d'un lien de causalité entre un éventuel préjudice et l'illégalité fautive de l'arrêté du 17 octobre 2016 le plaçant à la retraite à compter du 27 mars 2016. Au surplus, il ne démontre pas, dans l'hypothèse où il n'aurait pas été radié des cadres, de son droit à une prise en charge de ses frais de déménagement et du montant de cette dernière au regard des dispositions du décret n° 90-437 du 28 mai 1990 fixant les conditions et les modalités de règlement des frais occasionnés par les changements de résidence des personnels civils sur le territoire métropolitain de la France lorsqu'ils sont à la charge des budgets de l'Etat, des établissements publics nationaux à caractère administratif et de certains organismes subventionnés.
7. En dernier lieu, si l'intéressé fait valoir qu'il a été mis dans l'obligation de procéder au remboursement de la somme de 8 431,96 euros qui lui avait été préalablement versée par le rectorat de Nice, il ne fait part d'aucun élément circonstancié permettent d'apprécier l'existence d'un préjudice et ne formule, en toute hypothèse, aucune conclusion indemnitaire sur ce point.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander la condamnation de l'Etat à lui verser l'indemnité telle que définie au point 5 du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. A l'indemnité représentative de son préjudice financier du fait de l'illégalité de l'arrêté du recteur de l'académie de Versailles du 17 octobre 2016, telle que définie au point 5 du présent jugement, dont seront déduites les sommes éventuellement versées au requérant en application de la provision accordée par le juge des référés du tribunal administratif de Toulon par ordonnance n°2200927 du 10 août 2022.
Article 2 : M. A est renvoyé devant l'administration pour qu'il soit procédé à la liquidation de l'indemnité mentionnée à l'article 1er du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 500 euros à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse, des sports et des jeux olympiques et paralympiques.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Versailles.
Délibéré après l'audience du 18 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Bernabeu, présidente,
- M. Cros, premier conseiller,
- M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
G. GUTH
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse, des sports et des jeux olympiques et paralympiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026