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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2102867

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2102867

jeudi 4 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2102867
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantVARRON CHARRIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 octobre 2021 et 16 mai 2023, Mme B A, représentée par Me Varron Charrier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures : 1°) d'annuler la décision du 19 mai 2021 par laquelle le directeur du Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer l'a autorisée à faire valoir ses droits à la retraite pour cause d'invalidité non imputable au service, à compter du 1er juin 2021 ; 2°) d'enjoindre au directeur du Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer, à titre principal, de reconnaître l'imputabilité au service de sa mise à la retraite et en tirer toutes conséquences de droit en reconstituant notamment sa carrière, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros pour jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ; 3°) de mettre à la charge du Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer la somme de 3 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - il appartiendra à l'hôpital de démontrer la compétence du signataire de la décision attaquée ; - la décision est entachée d'un vice de procédure, dès lors que, préalablement à la séance de la commission de réforme, elle n'a pas été invitée à prendre connaissance de son dossier ni des conclusions du rapport d'expertise ; en outre, l'absence d'un médecin spécialiste de la pathologie invoquée l'a privée d'une garantie ; - sa mise à la retraite est due à une invalidité imputable au service. Une mise en demeure a été adressée le 16 février 2023 au Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer, qui n'a pas produit de mémoire en défense. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Hélayel, conseiller, - les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public, - les observations de Mme A. Considérant ce qui suit : 1. Mme B A, née le 4 septembre 1955, était adjointe administrative au Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer (CHITS). Par une décision du 19 mai 2021, le directeur de cet établissement l'a autorisée à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité non imputable au service, à compter du 1er juin 2021. Sur l'acquiescement aux faits : 2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". 3. La requête de Mme A a été communiquée le 16 novembre 2021 au CHITS, qui a été mis en demeure le 16 février 2023 de produire un mémoire en défense. Cette mise en demeure est demeurée sans effet. L'inexactitude des faits allégués par Mme A ne ressort d'aucune des pièces versées au dossier. Dans ces conditions, le CHITS doit être réputé avoir admis leur exactitude matérielle conformément aux dispositions précitées de l'article R. 612-6 du code de justice administrative. Sur les conclusions à fin d'annulation : 4. Aux termes de l'article 36 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales : " Le fonctionnaire qui a été mis dans l'impossibilité permanente de continuer ses fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladies contractées ou aggravées, soit en service, soit en accomplissant un acte de dévouement dans un intérêt public, soit en exposant ses jours pour sauver la vie d'une ou plusieurs personnes, peut être mis à la retraite par anticipation soit sur sa demande, soit d'office, à l'expiration des délais prévus au troisième alinéa de l'article 30 et a droit à la pension rémunérant les services prévue au 2° de l'article 7 et au 2° du I de l'article L. 24 du code des pensions civiles et militaires de retraite. Par dérogation à l'article 19, cette pension est revalorisée dans les conditions fixées à l'article L. 341-6 du code de la sécurité sociale. " Aux termes de l'article 37 du même décret : " I.-Les fonctionnaires qui ont été mis à la retraite dans les conditions prévues à l'article 36 ci-dessus bénéficient d'une rente viagère d'invalidité cumulable, selon les modalités définies au troisième alinéa du I de l'article 34, avec la pension rémunérant les services prévus à l'article précédent. () ". 5. Il ressort des pièces du dossier que, le 12 septembre 2011, la pathologie de Mme A a été reconnue imputable au service. Par un courrier du 26 septembre 2011, le directeur du CHITS a rappelé à Mme A les conclusions du rapport médical du docteur C, faisant état d'agressions successives et d'une dégradation de ses conditions de travail, imputables à un supérieur hiérarchique. Ces conclusions ont été corroborées par l'expertise du 18 décembre 2017 du médecin psychiatre, selon laquelle la requérante était inapte à exercer toute fonction et pouvait être placée à la retraite pour cause d'invalidité imputable au service, avec un taux de 30%. Enfin, lors de sa séance du 26 mars 2019, la commission de réforme a émis un avis favorable en ce sens, et retenu le taux d'invalidité de 30%. Ces divers éléments ne sont pas contestés par le CHITS, qui n'a produit aucun mémoire en défense. Par suite, Mme A est fondée à soutenir que c'est à tort que, par la décision attaquée, elle a été mise à la retraite pour cause d'invalidité ne résultant pas de l'exercice de ses fonctions. 6. Il résulte de tout ce qui précède que la décision du 19 mai 2021 doit être annulée. Sur les conclusions à fin d'injonction : 7. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que la mise à la retraite de Mme A soit fondée sur une invalidité résultant de l'exercice de ses fonctions. Il y a lieu d'enjoindre au directeur du CHITS de procéder à la reconstitution de la carrière de Mme A, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. 8. Dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de prononcer contre le CHITS, à défaut pour lui de justifier de l'exécution du présent jugement dans un délai de deux mois à compter de sa notification, une astreinte de 100 euros par jour jusqu'à la date à laquelle ce jugement aura reçu exécution. Sur les frais du litige : 9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHITS la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens. D É C I D E :Article 1er : La décision du 19 mai 2021 du directeur du Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer est annulée.Article 2 : Il est enjoint au directeur du Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer de reconstituer la carrière de Mme A et de fonder sa mise à la retraite sur une invalidité résultant de l'exercice de ses fonctions, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.Article 3 : Une astreinte de 100 euros par jour est prononcée à l'encontre du Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer s'il n'est pas justifié de l'exécution du présent jugement dans le délai mentionné à l'article 2 ci-dessus. Le directeur de l'établissement communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le présent jugement.Article 4 : Le Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer versera à Mme A une somme de 1 500 euros, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur du Centre hospitalier intercommunal Toulon - La Seyne-sur-Mer.Délibéré après l'audience du 14 mars 2024, à laquelle siégeaient :M. Philippe Harang, président, M. Zouhaïr Karbal, conseiller,M. David Hélayel, conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024. Le rapporteur,SignéD. HELAYEL Le président, Signé Ph. HARANGLa greffière,SignéF. POUPLY La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conforme,La greffière,2N° 2102867

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