lundi 26 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2103053 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | HOLLET DIDIER & HUGUES NICOLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 novembre 2021, M. B A, représenté par Me Hollet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 septembre 2021 par laquelle le ministre des armées a refusé de reconnaître comme imputable au service l'accident dont il a été victime le 26 avril 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles 47-2 et 47-3 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 en ce que le délai de quinze jours pour transmettre à son employeur une déclaration d'accident devait commencer à courir, non pas à partir du 26 avril 2021, date de consultation d'un médecin généraliste ayant délivré un arrêt de travail classique, mais à compter du 7 mai 2021, date de consultation d'un psychiatre ayant identifié un lien entre sa pathologie dépressive et son activité professionnelle ;
- le formulaire de déclaration d'un accident de service ne lui a été transmis que le 11 mai 2021 ;
- du fait de son état de santé, il lui était impossible de renseigner et de transmettre à son administration le dossier de déclaration d'accident sous un délai aussi restreint ;
- son recours est recevable au regard des dispositions de l'article 47-5 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 août 2023, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
Un mémoire présenté pour M. A, enregistré le 2 février 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction intervenue trois jours francs avant la date de l'audience conformément à l'article R. 613-2 du code de justice administrative, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin,
- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique,
- et les observations de Me Hollet pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Par sa requête, M. A, ingénieur civil de la défense, demande au tribunal d'annuler la décision du 14 septembre 2021 par laquelle le ministre des armées a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 26 avril 2021 en raison de la tardiveté de sa déclaration.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 47-2 du décret du 14 mars 1986, créé par le décret n° 2019-122 du 21 février 2019, entré en vigueur le 24 février 2019 : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à son administration une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : / 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Un formulaire type est mis en ligne sur le site internet du ministère chargé de la fonction publique et communiqué par l'administration à l'agent à sa demande ; / 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, s'il y a lieu, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant ". Aux termes de l'article 47-3 de ce même décret : " I.- La déclaration d'accident de service ou de trajet prévue à l'article 47-2 est adressée à l'administration dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. / Ce délai n'est pas opposable à l'agent lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 47-2 est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale. () IV.- Lorsque les délais prévus aux I et II ne sont pas respectés, la demande de l'agent est rejetée. / Les délais prévus aux I, II et III ne sont pas applicables lorsque le fonctionnaire entre dans le champ de l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale ou s'il justifie d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes ".
3. Il résulte des pièces du dossier que le 26 avril 2021, M. A, après consultation de son médecin généraliste, s'est vu délivrer un arrêt de travail pour maladie ordinaire jusqu'au 9 mai 2021 en raison d'un état dépressif. Le 7 mai 2021, l'intéressé consultait un psychiatre qui prolongeait son arrêt de travail jusqu'au 13 juin 2021 pour " état dépressif, épuisement professionnel, burn out apparu dans un contexte professionnel difficile ". Le psychiatre l'invitait également à faire requalifier son arrêt de travail ordinaire délivré le 26 avril 2021 en accident du travail. Le jour même, le médecin généraliste du requérant requalifiait le premier certificat médical d'arrêt de travail en identifiant désormais un état dépressif apparu dans un contexte de difficultés au travail. Il ressort de ces différentes pièces que la nature et le siège des lésions en lien avec l'accident dont le requérant se prévalait étaient connus et constatés par un médecin dès le 26 avril 2021. Il appartenait alors à M. A de procéder à la déclaration de cet accident à son employeur dans un délai de quinze jours, soit avant le 11 mai 2021, sans que les précisions ultérieures et la requalification opérée par son médecin généraliste n'aient pu avoir pour effet de faire courir à nouveau ce délai. Or, il résulte des pièces du dossier que le certificat médical et le formulaire de déclaration d'accident ont été reçus par l'administration le 19 mai 2021. A cet égard, si M. A fait valoir qu'il n'a pas été mis en mesure de respecter le délai de quinze jours, du fait notamment de la date de transmission du formulaire à compléter, aucune obligation n'incombait à l'administration de l'inviter à faire valoir ses droits dans le délai imparti et selon la forme prescrite. Enfin, si le requérant soutient que son état de santé ne lui a pas permis de respecter le délai de quinze jours pour transmettre la déclaration d'accident de service, il ne démontre pas que les troubles psychologiques dont il a été atteint après leur constat le 26 avril 2021 auraient été tels que sa situation relèverait d'un cas de force majeure, d'une impossibilité absolue ou de motifs légitimes, qui lui auraient permis, en vertu de l'article 47-3 du décret précité, de ne pas se voir opposer le délai précité.
4. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 14 septembre 2021 par laquelle le ministre des armées a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 26 avril 2021 en raison de la tardiveté de sa déclaration.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par M. A.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 5 février 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Bernabeu, présidente,
- M. Cros, premier conseiller,
- M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 février 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre des armées, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
N°2103053
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026