jeudi 4 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2103065 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre - Juge Unique |
| Avocat requérant | BOURREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 13 novembre 2021, 22 février 2022, 19 juillet 2022 et 19 juin 2023, Mme B A, représentée par Me Bourrel, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite intervenue le 15 septembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental du Var a rejeté la demande formée par elle le 10 juillet 2021 visant à l'annulation de la dette de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 825,42 euros ;
2°) d'annuler la mise en demeure du 5 mai 2021 qui lui a été notifiée le 15 mai 2021, lui demandant de rembourser les sommes réclamées au titre de différents trop-perçus pour un montant global de 1296,49 euros ;
3°) d'annuler les quatre décisions qui lui ont été notifiées le 19 janvier 2022 par le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) du Var n° 606269-011, n° 606269-012, n° 606269-013 et n° 606269-014 ;
4°) d'annuler la pénalité administrative d'un montant de 115 euros notifiée le 28 septembre 2021 par le directeur de la CAF du Var ;
5°) de mettre à la charge du président du conseil départemental du Var la somme de 2 000 euros à verser directement à Me Bourrel, en faisant application des dispositions des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, à condition que celui-ci s'engage à renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
6°) de mettre à la charge du président du conseil départemental du Var les entiers dépens susceptibles d'être générés par l'affaire.
Elle soutient que :
- La situation résulte uniquement d'un dysfonctionnement de la CAF du Var contre lequel elle ne disposait d'aucun moyen d'agir ;
- Les revenus perçus avant la date du 5 mai 2019 sont atteints par la prescription biennale fixée par les dispositions de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale ; la CAF du Var s'est empressée de lui notifier une fraude en date du 28 septembre 2021, postérieurement à son recours préalable, pour la faire échapper à la prescription biennale ; elle n'a pas commis de fraude ;
- Elle était dans l'incapacité matérielle de déclarer à une date déterminée ses revenus qui lui étaient certes dus mais que le ministère de la justice tardait anormalement à lui verser ; les incohérences reprochées par la CAF du Var à la requérante ne sont dues qu'à ces retards de paiement du ministère de la justice, qui sont de notoriété publique ;
- La CAF du Var n'est pas fondée à lui infliger une pénalité administrative, d'autant qu'il s'agit d'un détournement de procédure destiné à contourner la prescription biennale instaurée par les dispositions de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale ;
- En raison de cette prescription biennale qui s'applique, la mise en demeure de la CAF du Var du 5 mai 2021 ainsi que la pénalité administrative doivent être annulées ; les montants de 727,24€ et de 486,85€ objets de la décision CAF du VAR n° 606269-011, représentant 1.214,09 euros sur les 1.296,49 réclamés par la mise en demeure attaquée, sont donc entachés de la prescription biennale ;
- La mise en demeure du 5 mai 2021 ne fait pas apparaître les bases de la liquidation ; si la CAF du Var a bien précisé les sommes dues par la requérante dans un courrier du 29 avril 2021, deux montants différents apparaissent dans ce courrier, un montant de 1674,90 euros et un autre montant de 2736,54 euros ; en outre, la mise en demeure du 5 mai 2021 fait apparaître un troisième montant de 1296,49 euros sans pour autant produire le moindre calcul de cette somme ; enfin, un relevé électronique produit par la caisse d'allocations familiales du Var le 10 juillet 2021 fait apparaître un quatrième montant de 2971,39 euros ; l'action de la CAF du Var est incompréhensible et invérifiable tant dans son fondement que dans son contenu ;
- La succession d'informations divergentes et non explicitées sur les sommes à recouvrer ne peut être regardée comme satisfaisant à l'obligation réglementaire d'indiquer les bases de la liquidation du titre émis puisque cette exigence a pour objet de permettre à son destinataire d'exercer ses droits ;
- Des retenues ont été continuellement prélevées sur ses droits depuis le mois de juillet 2017 ; ainsi, la mise en demeure n'a pas été suivie d'un quelconque acte de poursuite et elle ne pouvait que contester cette mise en demeure ;
- L'indu de RSA d'un montant de 825,42 euros a fait l'objet d'un avis à payer du 9 février 2023 qui a fait l'objet d'une autre instance.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2022, la CAF du Var conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- Elle doit être mise hors de cause sur la contestation sur l'indu de RSA d'un montant de 825,42 euros ;
- Le tribunal administratif est incompétent en matière de pénalité ;
- Le recours est irrecevable en ce qu'il porte sur la contestation de la mise en demeure, qui n'est pas une décision susceptible de recours ;
- Le recours doit être rejeté en ce qu'il porte sur les indus d'aide exceptionnelle de fin d'année 2019, de prime d'activité et d'aide personnalisée au logement (APL).
Par un mémoire en défense enregistré le 28 septembre 2023, le département du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- Le département du Var n'interviendra pas dans l'instance n° 2103065 car il s'agit de contester des actes pris par la CAF du Var ;
- Par une requête n° 2301133 du 15 avril 2023, Mme A a contesté un indu RSA pour un montant de 825,42 euros pour lequel le département est compétent et défendra dans cette instance.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Par une décision du 1er septembre 2023, la présidente du tribunal a désigné M. Bailleux, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 décembre 2023 :
- le rapport de M. Bailleux, magistrat désigné,
- les observations de Me Bourrel, représentant Mme A,
- et les observations de Mme C, représentant la CAF du Var.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est bénéficiaire du RSA depuis le 19 janvier 2017, de l'aide exceptionnelle de fin d'année, et également de l'APL pour son domicile situé place George Pompidou à Toulon.
2. Le 29 avril 2021, la CAF du Var lui a notifié un courrier intitulé " Relevé de droits et paiements " faisant apparaître une dette INK 008 (RSA) d'un montant de 825,42 euros pour la période du 1/10/2019 au 31/03/2020, une dette IN5 003 (APL) d'un montant de 496 euros pour la période du 1/11/2019 au 30/04/2020, une dette IM3 002 (PPA) d'un montant de 201,03 euros pour la période du 1/10/2019 au 31/03/2020, et enfin une dette ING 003 (prime de fin d'année) d'un montant de 152,45 euros pour la période du mois de décembre 2019. Ensuite, le 5 mai 2021, la CAF du Var a notifié à la requérante une mise en demeure pour des créances d'un montant de 1296,49 euros (82,40 euros au titre du FSL, 727,24 euros au titre de l'APL pour la période du 1/08/2017 au 31/01/2018 et de l'APL pour la période du 1/08/2018 au 30/04/2019). Enfin, en date du 28 septembre 2021, une notification de dette et une notification de fraude ont été adressées à Mme A par la CAF du Var.
3. Par ailleurs, un relevé électronique du 10 juillet 2021, produit également à l'instance, récapitule, à la date du 30 juin 2021, le montant des dettes de la requérante vis-à-vis de la CAF du Var. Ce relevé indique, dans la colonne " reste à rembourser ", les sommes de 82,40 €, 727,24 € et 486,85 €, pour un total de 1296,49 €, correspondant exactement aux montants et aux sommes réclamés dans la mise en demeure du 5 mai 2021, notifiée à Mme A le 15 mai 2021 et d'autre part il mentionne les sommes de 201,03 €, 496 €, 152,45 € et 825,42 €, soit les mêmes montants que ceux qui figurent dans le " Relevé des droits et paiements " du 29 avril 2021. Le 10 juillet 2021, Mme A a effectué un recours administratif préalable obligatoire auprès de la commission de recours amiable de la CAF du Var dans lequel elle conteste d'une part la mise en demeure du 5 mai 2021, d'autre part le relevé de droits et paiements du 29 avril 2021, et enfin le relevé électronique du 10 juillet 2021.
4. En l'absence de réponse d'une part de la CAF du Var et d'autre part du département du Var, compétent pour ce qui concerne la dette de RSA d'un montant de 825,42 euros, ce recours administratif préalable obligatoire a donné lieu, à une décision implicite de rejet du président du conseil départemental du Var du recours en vue de l'annulation de la dette INK 008 précitée, et à trois décisions implicites de rejet de la CAF du Var en ce qui concerne les dettes IN5 003, IM3 002 et ING 003 précitées, et enfin à une décision implicite de rejet de la CAF du Var de l'annulation de la mise en demeure du 5 mai 2021 concernant des indus d'aide au logement et de FSL pour un montant global de 1296,49 euros. La requérante, dans sa requête introductive d'instance, doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision implicite de rejet du directeur du département du Var et de la décision implicite de rejet de la CAF du Var de la demande de l'annulation de la mise en demeure du 5 mai 2021, et ensemble l'annulation de cette mise en demeure du 5 mai 2021.
5. En cours d'instance, la commission de recours amiable APL, suite au recours administratif préalable obligatoire de Mme A du 10 juillet 2021, a rendu 4 décisions explicites en date du 7 janvier 2022, notifiées à la requérante en date du 12 janvier 2022. Il s'agit des décisions n° 606269-011 de rejet explicite de la contestation de la mise en demeure du 5 mai 2021, n° 606269-012, de rejet explicite de la contestation de la dette d'APL d'un montant de 496 euros, n° 606269-013, de rejet explicite de la contestation de la dette de prime d'activité (PPA) d'un montant de 201,03 euros, et enfin n° 606269-014, de rejet explicite de la contestation de la dette de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 152,45 euros.
6. Dans le dernier état de ses écritures, la requérante doit donc être regardée comme demandant l'annulation de la mise en demeure du 5 mai 2021, de la pénalité administrative d'un montant de 115 euros notifiée le 28 septembre 2021, de la décision implicite de rejet du directeur du conseil départemental du Var concernant la dette de RSA d'un montant de 825,42 euros et des quatre décisions explicites précitées et rendues le 7 janvier 2022 par la commission de recours amiable suite au recours administratif préalable obligatoire de la requérante devant ladite commission le 15 juillet 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par la requérante
7. La requérante soutient, dans son mémoire du 19 juillet 2022, qu'il y a lieu de mettre hors de cause la CAF du Var. Elle indique ainsi : " Il doit être rappelé que c'est une décision du président du conseil départemental du VAR que la requérante a demandé à votre tribunal d'annuler. Dans ces conditions, Madame A ne peut donc que prendre acte de l'incompétence à assurer la défense d'un organisme que sa requête ne visait pas. Dès lors, l'on ne voit pas sur quel fondement, la CAF du VAR qui se déclare incompétente s'autorise à exposer une défense et à soulever des irrecevabilités dans une instance qui ne la concerne pas à ses dires ".
8. La requérante soutient qu'elle a initialement contesté, dans le cadre de la présente instance, une décision émanant du conseil départemental et que de ce fait la CAF du Var serait incompétente pour agir en défense dans la présente instance. Toutefois, la mise en demeure du 5 mai 2021, le relevé des droits et paiements du 29 avril 2021 ainsi que le relevé électronique du 10 juillet 2021 que la requérante a entendu contester dans la présente requête sont des décisions émises par la CAF du Var. En outre, la requérante a effectué un recours gracieux en date du 15 juillet 2021 devant la commission de recours amiable de la CAF du Var et ce recours a donné lieu à 4 décisions de cette commission de recours que la requérante a entendu également contester dans le cadre de la présente instance. Enfin, le département du Var, mis en cause dans la présente instance, s'est déclaré incompétent car, ainsi qu'il ressort du mémoire en défense de son directeur, Mme A a contesté l'indu de RSA, dit socle, d'un montant de 825,42 euros, perçu pendant la période du 1/10/2019 au 31/03/2020 dans le cadre d'une requête distincte n° 2301133 déposée devant le tribunal administratif de Toulon le 15 avril 2023. Il résulte donc de l'instruction que la CAF du Var est le défendeur principal dans la présente instance. Par suite, il y a lieu d'écarter la fin de non-recevoir opposée par la requérante tirée de l'incompétence de la CAF du Var à défendre dans la présente instance.
En ce qui concerne l'intention frauduleuse de l'allocataire,
9. La CAF du Var fait valoir que Mme A n'a pas déclaré les revenus issus de son activité de collaborateur occasionnel du ministère de la justice, en qualité de traductrice, au titre de l'année 2019. La CAF du Var a d'ailleurs notifié à l'allocataire une fraude en date du 28 septembre 2021 et elle a reçu notification d'une pénalité administrative, d'un montant de 115 euros, dont elle demande l'annulation dans la présente instance.
10. La requérante ne conteste pas utilement n'avoir pas déclaré ses revenus de 2019. Elle se borne à alléguer, sans toutefois l'établir, en produisant une coupure de journal Var Matin du 5 décembre 2020, évoquant les retards dans les paiements par le tribunal de Toulon des experts judiciaires, qu'elle n'était pas en mesure de déclarer ses revenus dans les délais car elle n'avait pas été payée. Elle n'apporte aucune preuve sur ces retards de paiement et n'indique pas à quelle date ces paiements relatifs à ces travaux de traduction auraient été effectués. Il résulte donc de l'instruction, et il n'est pas utilement contesté, que la requérante n'a pas déclaré ses revenus perçus auprès du ministère de la justice en qualité de traductrice au titre de l'année 2019. Il appartenait à la requérante de démontrer qu'elle n'avait pas commis de fraude en ne déclarant pas ses revenus au titre de l'année 2019.
11. Il résulte donc de ce qui précède que la requérante a commis une fraude, qui entraîne une période de prescription de cinq ans, qui se substitue à la prescription biennale définie par l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale, sur les indus nés de cette fraude en 2019 et postérieurement.
En ce qui concerne la pénalité administrative d'un montant de 115 euros
12. Aux termes de l'article L. 825-1 du code de la construction et de l'habitation, " Sous réserve des dispositions de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale qui attribuent au tribunal de grande instance désigné en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire la compétence pour connaître des contestations relatives aux pénalités prononcées en cas de fraude, les recours dirigés contre les décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes mentionnés à l'article L. 812-1 sont portés devant la juridiction administrative ". En outre, selon les dispositions de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale, " I. Peuvent faire l'objet d'un avertissement ou d'une pénalité prononcée par le directeur de l'organisme chargé de la gestion des prestations familiales ou des prestations d'assurance vieillesse, au titre de toute prestation servie par l'organisme concerné : 1° L'inexactitude ou le caractère incomplet des déclarations faites pour le service des prestations, sauf en cas de bonne foi de la personne concernée ; 2° L'absence de déclaration d'un changement dans la situation justifiant le service des prestations, sauf en cas de bonne foi de la personne concernée ; () II.-Le montant de la pénalité est fixé en fonction de la gravité des faits, dans la limite de quatre fois le plafond mensuel de la sécurité sociale. Tout fait ayant donné lieu à une sanction devenue définitive en application du présent article peut constituer le premier terme de récidive d'un nouveau manquement sanctionné par le présent article. Cette limite est doublée en cas de récidive dans un délai fixé par voie réglementaire. () ".
13. Ainsi que le fait valoir la CAF du Var sur ce point, le tribunal administratif n'est pas compétent pour connaître des contestations relatives aux pénalités prononcées en cas de fraude. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation de la pénalité administrative d'un montant de 115 euros, pour ce motif tiré de l'incompétence de la juridiction administrative.
En ce qui concerne la décision implicite intervenue le 15 septembre 2021 du président du conseil départemental du Var concernant la dette de RSA d'un montant de 825,42 euros
14. Ainsi que rappelé précédemment, le département du Var a indiqué que la contestation de la dette de RSA d'un montant de 825,42 euros avait lieu dans le cadre d'une requête distincte n° 2301133 introduite devant le tribunal administratif de Toulon le 15 avril 2023. La requérante reconnaît d'ailleurs elle-même qu'il n'y a plus lieu de statuer sur cette dette de RSA active d'un montant de 825,42 euros.
15. Il résulte donc de ce qui précède qu'il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet du président du conseil départemental du 15 septembre 2021 en ce qui concerne la dette de revenu de solidarité active d'un montant d'un montant de 825,42 euros.
En ce qui concerne la mise en demeure du 5 mai 2021
16. Aux termes du second alinéa de l'article R. 133-9-2 du même code, à l'expiration du délai de deux mois qui suit la décision de récupération ou notification de payer, ou après notification d'une décision de rejet du recours préalable obligatoire exercé par l'allocataire : " () le directeur de l'organisme créancier compétent, en cas de refus du débiteur de payer, lui adresse par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception une mise en demeure de payer dans le délai d'un mois qui comporte le motif, la nature et le montant des sommes demeurant réclamées, la date du ou des versements indus donnant lieu à recouvrement, les voies et délais de recours et le motif qui, le cas échéant, a conduit à rejeter totalement ou partiellement les observations présentées ". En outre, aux termes de l'article R. 133-3 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Si la mise en demeure () reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, le directeur de l'organisme créancier peut décerner la contrainte () mentionnée à l'article L. 161-1-5. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la lettre recommandée mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. / () / Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la signification ".
17. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'il constate un indu de revenu de solidarité active, d'aide exceptionnelle de fin d'année ou d'aide personnalisée au logement, l'organisme chargé du service de la prestation ou de l'aide doit prendre une décision de récupération d'indu, motivée et notifiée au bénéficiaire de l'allocation, qui lui réclame le remboursement de la somme due et, le cas échéant, l'informe des modalités selon lesquelles cet indu pourra être récupéré par retenues sur les prestations à venir. Cette décision, qui fait grief, peut être contestée devant le tribunal administratif, après l'exercice, s'agissant du revenu de solidarité active et de l'aide personnalisée au logement, d'un recours administratif préalable obligatoire. En l'absence de recours dans un délai de deux mois ou en cas de rejet de celui-ci, et sauf à ce que l'indu ait été remboursé, ait été récupéré par retenues sur les prestations à venir ou ait fait l'objet d'un titre exécutoire émis par l'ordonnateur de la personne publique pour le compte de laquelle la prestation est servie, l'organisme peut mettre l'allocataire en demeure de payer dans le délai d'un mois, puis, si cette mise en demeure reste sans effet dans ce délai, décerner une contrainte, laquelle est susceptible d'opposition devant le tribunal administratif dans le délai de quinze jours. Il suit de là qu'une telle mise en demeure, intervenant après la notification de la décision de récupération de l'indu, constitue un acte préparatoire à la contrainte qui pourra être émise si l'allocataire ne rembourse pas la somme due. Si l'allocataire peut utilement se prévaloir, à l'appui d'une opposition à contrainte, de l'irrégularité de la mise en demeure qui lui a été adressée, celle-ci ne présente pas, en revanche, le caractère d'une décision susceptible de recours.
18. Ainsi que le fait valoir la CAF du Var sur ce point, les conclusions tendant à l'annulation de la mise en demeure du 5 mai 2021 d'un montant de 1296,49 euros sont irrecevables et doivent être rejetées comme telles car cette mise en demeure ne constitue pas un acte susceptible de recours. La requérante ne peut en outre utilement soutenir que, faute pour la CAF du Var d'avoir émis une contrainte, la seule décision qu'elle est en mesure de contester est la mise en demeure.
En ce qui concerne la décision n° 606269-011 prise par la commission de recours amiable APL le 7 janvier 2022 sur le recours administratif préalable obligatoire de la requérante
19. Aux termes de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale, " L'action de l'allocataire pour le paiement des prestations se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable à l'action intentée par un organisme payeur en recouvrement des prestations indûment payées, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration, l'action de l'organisme se prescrivant alors par cinq ans. La prescription est interrompue tant que l'organisme débiteur des prestations familiales se trouve dans l'impossibilité de recouvrer l'indu concerné en raison de la mise en œuvre d'une procédure de recouvrement d'indus relevant des articles L. 553-2, L. 821-5-1 ou L. 845-3, L. 844-3 (1) du code de la sécurité sociale, L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ou L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation ".
20. Il est constant que la mise en demeure datée du 5 mai 2021 a été notifiée à la requérante le 10 mai 2021. Cette mise en demeure fait état d'une dette d'aide au logement pour les périodes du 1er août 2017 au 31 janvier 2018 et du 1er août 2018 au 30 avril 2019 pour des montants respectifs de 727,24 euros et 486,85 euros. La commission de recours amiable APL a examiné, suite au recours de la requérante effectuée le 15 juillet 2021, la régularité de la procédure mise en œuvre dans le cadre de cette mise en demeure, et a rejeté ce recours amiable. La CAF du Var fait valoir que la mise en demeure en litige respecte les dispositions de l'article R. 133-9-2 du code de la sécurité sociale, le motif des indus étant indiqué, ainsi que la nature des indus et le montant des sommes réclamées.
21. La requérante soutient toutefois, sans être utilement contestée sur ce point, qu'elle n'avait reçu aucun courrier l'informant des indus mentionnés dans la mise en demeure du 5 mai 2021, avant de recevoir celle-ci. Elle poursuit en soutenant que les indus d'aide au logement d'un montant de 727,24 euros perçus entre le 1er août 2017 et le 31 janvier 2018 et d'un montant de 486,85 euros pour la période du 1er août 2018 au 30 avril 2019 sont prescrits en application des dispositions précitées de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale, ces sommes ayant été versées plus de deux ans avant la date de la mise en demeure du 5 mai 2021. Il résulte de l'instruction que si la CAF du Var n'a pas notifié, préalablement à la mise en demeure, les indus en bonne et due forme, l'allocataire est ainsi fondée à contester le bien-fondé de l'indu, lorsqu'elle reçoit la mise en demeure. Elle pouvait donc, dans ces conditions, et en l'absence de contestation de la CAF du Var sur ce point, soulever la prescription biennale instaurée par les dispositions précitées de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale, en contestant la décision de rejet de son recours administratif préalable obligatoire. Si la CAF du Var fait valoir en défense que la prescription biennale ne s'appliquerait pas en raison de la fraude de Mme A, commise en 2019 et postérieurement, de n'avoir pas déclaré ses revenus tirés de son activité de traductrice pour le ministère de la justice au titre de cette année 2019, il résulte toutefois de l'instruction que la CAF du Var n'établit pas que ces indus contestés par Mme A seraient nés de cette fraude, qui est postérieure aux indus contestés.
22. La requérante est donc fondée à soutenir que les indus d'un montant de 727,24 euros pour la période du 1er août 2017 au 31 janvier 2018 et d'un montant de 486,85 euros pour la période entre le 1er août 2018 et le 30 avril 2019 sont prescrits, et la CAF du Var ne pouvait pas légalement réclamer ces sommes à Mme A. La décision de la CAF du Var du 7 janvier 2022 confirmant les indus de Mme A est annulée en tant qu'elle concerne les indus d'aide au logement d'un montant de 727,24 euros pour la période du 1er août 2017 au 1er janvier 2018 et d'un montant de 486,85 euros pour la période entre le 1er août 2018 et le 30 avril 2019.
En ce qui concerne la décision n° 606269-012 prise par la commission de recours amiable APL le 7 janvier 2022 sur le recours administratif préalable obligatoire de la requérante
23. Aux termes de l'article R. 822-5 du code de la construction et de l'habitation, " Les revenus professionnels des travailleurs indépendants sont ceux pris en compte dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, des bénéfices agricoles et des bénéfices non commerciaux de l'avant-dernière année précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit. Pour les travailleurs ayant débuté une activité indépendante postérieurement ou au cours de l'avant-dernière année précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit, les revenus professionnels sont calculés par l'organisme chargé du calcul des aides personnelles au logement en appliquant au montant du chiffre d'affaires ou du total des recettes déclarés par le demandeur ou l'allocataire pendant la période de référence visée au 1° de l'article R. 822-3 précédant l'examen ou la révision du droit, un abattement dont le taux correspond à celui qui est mentionné aux articles 50-0,64 bis et 102 ter du code général des impôts pour chaque catégorie d'activité mentionnée à ces articles ". En outre, selon les dispositions de l'article R. 822-17 du code de la construction et de l'habitation, " Lorsque le bénéficiaire ou son conjoint perçoit le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles, il n'est tenu compte ni des revenus d'activité professionnelle, ni des indemnités de chômage dont bénéficie l'intéressé, à compter du premier jour du mois civil suivant celui au cours duquel ces conditions sont réunies et jusqu'au dernier jour du mois civil au cours duquel ces conditions cessent d'être réunies ".
24. La décision n° 606269-012 est relative à un indu d'aide au logement IN5 003, tel que chiffré dans le relevé des droits et paiements du 29 avril 2021, pour un montant de 496 euros. La CAF du Var, dans ladite décision de rejet de la commission de recours amiable APL, indique qu'une incohérence a été décelée entre les ressources RSA et les déclarations annuelles 2019 de Mme A, et que la prise en compte des revenus de l'année 2019 de l'allocataire a généré cet indu d'un montant de 496 euros, au titre de l'aide au logement. La CAF du Var fait en outre valoir, dans son mémoire en défense, que Mme A, du fait de la prise en compte de ces revenus initialement non déclarés par l'allocataire, au titre de l'année 2019, lui a fait perdre le bénéfice du RSA à compter du 1er novembre 2019, et par voie de conséquence, les revenus de l'année 2017 perçus par Mme A, ont dû à nouveau être pris en compte pour le calcul de l'allocation au logement, ce qui a généré l'indu en litige d'un montant de 496 euros. Ainsi que vu précédemment, la requérante ne conteste pas utilement ne pas avoir déclaré ses revenus au titre de ses traductions effectuées pour le compte du ministère de la justice. Par suite, l'indu identifié par la CAF du Var est légal et par suite la décision n°606269-012 est également légale.
En ce qui concerne la décision n° 606269-013 prise par la commission de recours amiable APL le 7 janvier 2022 sur le recours administratif préalable obligatoire de la requérante
25. Aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale, " La prime d'activité est égale à la différence entre : 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. Les bonifications mentionnées au 1° sont établies pour chaque travailleur, membre du foyer, compte tenu de ses revenus professionnels. Le montant forfaitaire, la fraction des revenus professionnels des membres du foyer, les modalités de calcul et le montant maximal des bonifications sont fixés par décret. Le montant forfaitaire et le montant maximal de la bonification principale sont revalorisés le 1er avril de chaque année par application du coefficient mentionné à l'article L. 161-25. Un décret détermine le montant minimal de la prime d'activité en dessous duquel celle-ci n'est pas versée ". En outre, selon les dispositions de l'article L. 842-4 du même code, " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels ; 3° L'avantage en nature que constitue la disposition d'un logement à titre gratuit, déterminé de manière forfaitaire ; 4° Les prestations et les aides sociales, à l'exception de certaines d'entre elles en raison de leur finalité sociale particulière ; 5° Les autres revenus soumis à l'impôt sur le revenu ". Enfin, l'article R. 844-1 du même code dispose que : " I.- Ont le caractère de revenus professionnels ou en tiennent lieu en application du 1° de l'article L. 842-4 : 1° L'ensemble des revenus tirés d'une activité salariée ou non salariée () ".
26. Dans cette décision, la commission APL, qui s'est réunie le 7 janvier 2022, a rejeté le recours administratif préalable obligatoire effectué par Mme A devant cette commission pour contester l'indu de prime d'activité (PPA), tel que chiffré le 29 avril 2021, pour un montant de 201,03 euros. La CAF du Var indique dans cette décision qu'une incohérence a été décelée entre les ressources RSA et les déclarations annuelles 2019 déclarées par Mme A auprès de l'administration fiscale. En effet, il a été constaté que l'allocataire, qui effectue des traductions pour le compte du ministère de la justice, n'avait pas déclaré ses revenus occasionnels du ministère de la justice dans sa déclaration de revenus au titre de l'année 2019. La CAF du Var poursuit en faisant valoir, dans la décision attaquée, qu'un cas similaire s'était déjà présenté le 17 avril 2019 et qu'il avait été rappelé à Mme A de déclarer ses revenus passés. Comme il a été vu précédemment, la requérante n'a pas utilement contesté avoir commis une déclaration frauduleuse en ne déclarant pas ses revenus de traductrice au titre de l'année 2019. Il résulte donc de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions de la requérante en ce qu'elles sont dirigées contre la décision de rejet de la commission de recours amiable n°606269-013 relative à l'indu de prime d'activité d'un montant de 201,03 euros.
En ce qui concerne la décision n° 606269-014 prise par la commission de recours amiable APL le 7 janvier 2022 sur le recours administratif préalable obligatoire de la requérante
27. Aux termes de l'article 3 du décret N°2019-1323 du 10 décembre 2019, "Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2019 ou, à défaut, du mois de décembre 2019, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à condition que les ressources du foyer, appréciées selon les dispositions prises en vertu de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, n'excèdent pas le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du même code. Une seule aide est due par foyer ". En outre, l'article 4 de ce même décret dispose que : " Le montant de l'aide mentionnée à l'article 3 est égal à 152,45 € pour une personne seule, majoré de 50 % lorsque le foyer se compose de deux personnes et de 30 % pour chaque personne supplémentaire présente au foyer, à condition que ces personnes soient le conjoint, le partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou le concubin de l'intéressé ou soient à sa charge. Lorsque le foyer comporte plus de deux enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge, à l'exception du conjoint, du partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou du concubin de l'intéressé, la majoration à laquelle ouvre droit chacun des enfants ou chacune des personnes est portée à 40 % à partir du troisième enfant ou de la troisième personne ".
28. Dans cette décision n° 606269-014, la commission APL, qui s'est réunie le 7 janvier 2022, a rejeté le recours de Mme A devant cette commission pour contester l'indu de prime exceptionnelle de Noël du mois de décembre 2019. La CAF du Var indique dans sa décision que pour percevoir cette prime, il est nécessaire d'être bénéficiaire du RSA pour les mois de novembre ou décembre de l'année en cours (2019) et être à la recherche d'un emploi. La décision attaquée indique que l'allocataire n'était pas bénéficiaire du RSA durant ces deux mois. La requérante ne conteste pas qu'elle n'a pas perçu le RSA pour les mois de novembre 2019 ou pour le mois de décembre 2019. Il résulte en effet de l'instruction que selon le relevé des droits et paiements du 29 avril 2021, et ainsi que le fait valoir la CAF du Var dans ses écritures, l'allocataire a perçu indûment le RSA pour la période du 1er octobre 2019 au 31 mars 2020, et n'avait donc pas droit de percevoir le RSA pour cette période de novembre et décembre 2019. Ainsi, elle ne pouvait donc percevoir la prime exceptionnelle de fin d'année, au titre de l'année 2019, d'un montant de 152,45 euros. Ainsi, les conclusions à l'encontre de la décision de rejet explicite du recours gracieux de Mme A par la commission de recours amiable en date du 7 janvier 2022 n° 606269-14 doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991
29. Les conclusions présentées sur le fondement des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge du président du département du Var, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, quelque somme au titre de ces dispositions.
Sur les conclusions tendant à mettre à la charge du président du conseil départemental du Var les entiers dépens susceptibles d'être générés par l'affaire
30. Il n'y a pas lieu de mettre une quelconque somme d'argent à la charge du président du conseil départemental du Var, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
DECIDE
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la décision implicite de rejet du 15 septembre 2021 émise par le président du conseil départemental du Var et relative au recours de Mme A relatif à un indu de RSA d'un montant de 825,42 euros.
Article 2 : La décision de la commission de recours amiable de la CAF du Var du 7 janvier 2022 n° 606269-11 est annulée en tant qu'elle concerne les indus d'APL d'un montant de 727,24 euros pour la période du 1er août 2017 au 31 janvier 2018 et d'un montant de 486,85 euros pour la période entre le 1er août 2018 et le 30 avril 2019.
Article 3 : Le surplus de la requête de Mme A est rejeté.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme A, à Me Bourrel, à la caisse d'allocations familiales du Var et au ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.
Copie sera adressée au conseil départemental du Var.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 4 avril 2024.
Le magistrat désigné,
Signé :
F. BAILLEUX
La greffière,
Signé :
K. BAILET
La République mande et ordonne à la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026