mardi 26 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2103097 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PREZIOSI - CECCALDI AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 novembre 2021, Mme E I épouse G, Mme D G épouse H et M. B G, tous trois agissant en qualité d'ayants droit de M. F G décédé le 18 décembre 2015, représentés par le cabinet Preziosi-Ceccaldi-Albenois Avocats Associés agissant par Me Preziosi, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une mesure d'expertise relative à la prise en charge par le centre hospitalier de la Dracénie de M. F G, décédé le 18 décembre 2015 ;
2°) de désigner un médecin expert, spécialiste en médecine intensive en réanimation extérieur à la région du Grand Sud Est avec mission habituelle en matière de responsabilité médicale ;
3°) de dire qu'un pré-rapport sera dressé par l'expert et qu'il sera laissé aux parties un délai minimum d'un mois afin qu'elles puissent adresser leurs observations.
Ils soutiennent que :
- le 14 décembre 2015, M. F G a été hospitalisé au centre hospitalier de la Dracénie pour y subir une coloscopie-fibroscopie ; au réveil, après l'opération, il a ressenti des douleurs thoraciques ;
- à la suite des examens réalisés, il a été diagnostiqué une pneumopathie d'inhalation et le 15 décembre il a été transféré en réanimation pour une intubation orotrachéale et placé dans le coma ;
- les jours suivants, sa situation ne s'est pas améliorée malgré les traitements qui lui ont été prodigués et il est décédé le 18 décembre 2015 dans un état de défaillance poly-viscérale avec syndrome de détresse respiratoire aigüe et coagulation intravasculaire disséminée (CIVD).
- il semble qu'un retard dans la prise en charge de M. F G puisse être imputable à l'équipe médicale du centre hospitalier de la Dracénie ;
- la mesure d'expertise sollicitée apparait donc justifiée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2021, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) représenté par la SCP Saidji et Moreau agissant par Me Saidji, informe la juridiction qu'il n'entend pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée sous les réserves et protestations d'usage et demande au tribunal de compléter la mission d'expertise selon ses dires en précisant notamment qu'un pré-rapport devra être dressé par l'expert et de réserver les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 décembre 2021, le centre hospitalier de la Dracénie représenté par le cabinet Abeille et Associés Avocats agissant par Me Zandotti, informe le tribunal qu'il n'entend pas s'opposer pas à la mesure d'expertise, tout en contestant sa responsabilité et demande au juge des référés de désigner un expert spécialisé en anesthésie réanimation.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 décembre 2021, la caisse primaire d'assurance maladie du Var, informe le tribunal qu'elle n'entend pas intervenir dans la présente instance tout en précisant que M. G a été pris en charge au titre du risque maladie et qu'elle n'est pas en mesure de présenter une créance.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Hamon, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la mesure d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Le juge des référés peut, sur le fondement de ces dispositions, ordonner une mission d'expertise dès lors que la demande qui lui est présentée n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative et qu'elle n'est pas dépourvue d'utilité.
2. La mesure d'expertise demandée par les requérants a pour objet de déterminer les causes, les responsabilités et les préjudices subis lors de la prise en charge le 14 décembre 2015 de M. F G par le centre hospitalier de la Dracénie, pour y subir une coloscopie et une gastroscopie. A la suite de ces opérations, M. F G a été admis dans le service réanimation/surveillance continue pour une détresse respiratoire aigüe sur pneumopathie d'inhalation. En dépit des soins qui lui ont été prodigués, il est décédé le 18 décembre 2015 dans un état de choc septique compliqué de défaillance multi-viscérale avec syndrome de détresse respiratoire aigüe et CIVD. La mesure d'expertise sollicitée, qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues et qui est susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond, présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
3. Si les requérants sollicitent la délocalisation des opérations d'expertise en dehors de la région du Grand Sud Est, ils n'apportent toutefois aucun élément circonstancié à l'appui de leur demande justifiant de prendre une telle mesure. Par suite, cette demande ne peut qu'être rejetée.
4. En application des dispositions de l'article R. 621-2 du code de justice administrative, il appartiendra à l'expert, s'il le juge opportun, de solliciter l'autorisation du président du tribunal pour faire appel au concours d'un ou plusieurs sapiteurs.
Sur les protestations et réserves :
5. La présente ordonnance n'ayant ni pour objet ni pour effet de mettre en cause la responsabilité des parties précitées, les protestations et réserves formulées par le centre hospitalier de la Dracénie et l'ONIAM quant à leur responsabilité, sont dépourvues d'objet et ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
Sur le dépôt d'un pré-rapport :
6. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Dès lors, les conclusions des requérants et de l'ONIAM, tendant à ce que la mission d'expertise prévoit le dépôt par l'expert d'un pré-rapport ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les dépens :
7. En application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, il appartiendra au président du Tribunal ou au magistrat délégué, lorsqu'il liquidera et taxera les frais de l'expertise, de désigner dans l'ordonnance la partie qui les supportera. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées à ce titre par l'ONIAM.
O R D O N N E :
Article 1er : Le docteur K C, expert, demeurant Hopital de la Conception, service Pr. Albanese, 147 boulevard Baille à Marseille (13005) et le docteur A J, expert, demeurant 161 chemin de Gibbes à Marseille (13014), sont désignés pour procéder, en présence de Mme E I épouse G, de Mme D G épouse H, de M. B G, du centre hospitalier de la Dracénie, de l'ONIAM et de la caisse primaire d'assurance maladie du Var, à une expertise médicale à l'effet de :
1°) prendre connaissance de l'intégralité du dossier médical de M. F G en se faisant communiquer tous les documents et pièces nécessaires à la bonne exécution de leur mission et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins, et aux diagnostics pratiqués lors de la prise en charge de l'intéressé par le centre hospitalier de la Dracénie ;
2°) décrire l'état de santé de M. G et les soins et prescriptions antérieurs à son hospitalisation le 14 décembre 2015 au centre hospitalier de la Dracénie ;
3°) décrire les conditions dans lesquelles M. G a été pris en charge, les diagnostics posés et les soins qui lui ont été administrés par le centre hospitalier de la Dracénie ;
4°) donner leur avis sur le point de savoir si les diagnostics établis, les traitements et soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science et aux règles de l'art, et s'ils étaient adaptés à l'état de M. G ; donner leur avis sur la pertinence des diagnostics des différentes équipes médicales et l'utilité des gestes médicaux pratiqués ; les experts préciseront les références des données médicales sur lesquelles ils se fondent, en retranscrivant au besoin les passages de la littérature scientifique qui leur paraîtraient pertinents ;
5°) de manière générale, réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des fautes médicales, des fautes de soins ou des fautes dans l'organisation des services ont été commises lors de l'hospitalisation de M. G jusqu'à son décès ; rechercher si les diligences nécessaires pour l'établissement d'un diagnostic exact ont été mises en œuvre ; rechercher si, le cas échéant, les actes médicaux pratiqués ont été exécutés conformément aux règles de l'art ;
6°) en cas de retard de diagnostic, préciser si celui-ci était difficile à établir et dans le cas contraire, déterminer si le retard au diagnostic a été à l'origine d'une perte de chance réelle et sérieuse pour M. G d'éviter le décès ; chiffrer cette perte de chance en pourcentage,
7°) donner leur avis sur le point de savoir si le décès a un rapport avec l'état initial de M. G ou l'évolution prévisible de cet état ; le cas échéant, donner, tous les éléments utiles d'appréciation sur les responsabilités encourues et les préjudices subis, patrimoniaux et extrapatrimoniaux présentant un lien de causalité direct, certain et exclusif avec un manquement reproché à l'établissement, en excluant la part des séquelles à mettre en relation avec la pathologie initiale, son évolution ou toute autre cause extérieure ;
8°) donner leur avis sur le point de savoir si le ou les éventuels manquements constatés ont fait perdre à M. G une chance d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation ;
9°) donner leur avis sur l'ampleur de la chance perdue (chiffrage) et son imputabilité aux éventuels manquements constatés ;
10°) donner leur avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment, aux antécédents médicaux de l'intéressé ;
11°) de manière générale, fournir tous éléments de nature à permettre au tribunal, saisi sur le fond, d'apprécier les circonstances du décès de M. F G et de se prononcer sur les éventuelles responsabilités encourues et préjudices subis ;
Les experts pourront, si faire se peut, concilier les parties à l'issue des opérations d'expertise. Ils disposeront des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Ils pourront entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de leur mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : Les experts accompliront leur mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 3 : Les experts pourront, s'ils l'estiment nécessaire, se faire assister d'un ou plusieurs sapiteurs pour être éclairé sur un point particulier. Dans ce cas, ils devront préalablement solliciter l'autorisation du président du tribunal administratif, qui procédera à la désignation du ou des sapiteurs.
Article 4 : Le collège d'experts déposera son rapport au greffe en deux exemplaires dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par les experts aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. Les experts justifieront auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 5 : Les frais et honoraires dus aux experts seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E I épouse G, à Mme D G épouse H, à M. B G, au centre hospitalier de la Dracénie, à l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à la caisse primaire d'assurance maladie du Var.
Copie en sera adressée aux membres du collège d'experts désignés.
Fait à Toulon, le 26 mars 2024.
Le juge des référés,
signé
L. HAMON
La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026