vendredi 29 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2103186 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | FOURMEAUX LAMBERT ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 novembre 2021, M. A B, représenté par Me Fourmeaux, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Raphaël a refusé de lui délivrer un permis de construire, ensemble la décision du 28 septembre 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Saint-Raphaël de lui délivrer un permis de construire ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Raphaël la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le projet ne méconnaît pas les dispositions des articles DG 14.5 du plan local d'urbanisme et R. 111-27 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 janvier 2022, la commune de Saint-Raphaël, représentée par son maire, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que le moyen n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martin, rapporteure,
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique,
- les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B est propriétaire de la parcelle cadastrée section AV n° 379 située 465 avenue du clocher de Fréjus à Saint-Raphaël. Le 29 avril 2021, il a déposé auprès des services communaux un dossier de permis de construire en vue de la démolition d'un appentis accolé à la maison existante et de la construction d'une maison individuelle sur ce terrain. Le maire de la commune de Saint-Raphaël a, par un arrêté du 16 juin 2021, refusé le permis de construire sollicité. Le 13 août 2021, M. B a formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté, lequel a été rejeté par une décision du 28 septembre 2021. Par sa requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté, ensemble de la décision de rejet de son recours gracieux.
2. Aux termes de l'article DG 14.5 du plan local d'urbanisme : " Les constructions nouvelles, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Aux termes de l'art. R. 111-1 du code de l'urbanisme : " Le règlement national d'urbanisme est applicable aux constructions et aménagements faisant l'objet d'un permis de construire, d'un permis d'aménager ou d'une déclaration préalable ainsi qu'aux autres utilisations du sol régies par le présent code. / Toutefois les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 à R. 111-19 et R. 111-28 à R. 111-30 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu ". Aux termes de l'article R. 111-27 du même code : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".
3. Dès lors que les dispositions du règlement d'un plan local d'urbanisme invoquées
par le requérant ont le même objet que celles, également invoquées, d'un article du code de l'urbanisme posant les règles nationales d'urbanisme et prévoient des exigences qui ne sont pas moindres, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.
4. Il ressort des pièces du dossier que si le quartier dans lequel est situé le projet de construction est composé de quelques immeubles d'habitation collective et de quelques habitations résiduelles avec des toit-terrasses, ledit quartier est toutefois composé majoritairement de maisons individuelles qui présentent des marqueurs d'une architecture traditionnelle, avec des toits en pente, et comprend, dans un environnement immédiat, deux villas avec parc identifiées par le plan local d'urbanisme comme des éléments du patrimoine à préserver. Le projet consiste dans la construction d'une maison individuelle de deux niveaux sur un sous-sol implanté au niveau du terrain naturel avec une toiture terrasse en gravillon dans l'esprit d'une architecture contemporaine, et est implantée en limite sud du terrain, ce qui conduit à l'abattage de deux arbres. S'il est constant que le projet prévoit la plantation de six arbres, il ressort du plan de masse que leur implantation est prévue sur la partie arrière du terrain, non visible depuis la voie publique, dont les abords sont caractérisés par une végétation importante. Ainsi, et alors que l'architecte des bâtiments de France a émis un avis défavorable le 31 mai 2021, le projet litigieux, compte tenu de la qualité résidentielle et paysagère particulière du secteur, est de nature à porter atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants, en méconnaissance des dispositions précitées DG 14.5 du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Saint-Raphaël.
Délibéré après l'audience du 15 mars 2024 à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
M. Quaglierini, premier conseiller,
Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2024.
La rapporteure,
signé
K. Martin
Le président,
signé
J.-F. Sauton
Le greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
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