mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2103344 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BERENGER BLANC BURTEZ-DOUCEDE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 décembre 2021 et 22 juillet 2022, M. B A, représenté par Me Constanza, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Saint Zacharie a délivré à la SARL Mediterranea Invest le permis d'aménager n° PC 083 120 21 B003 en vue de la division en trois lots à bâtir du terrain situé sur les parcelles cadastrées section B n° 320, 322, 120, 323, 324, 325, 326 et 338, situées avenue Jean Moulin à Saint Zacharie (83 640), ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint Zacharie et de la SARL Mediterranea Invest, solidairement, une somme de 3 600 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a intérêt à agir ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure dès lors que l'architecte des bâtiments de France n'a pas été saisi conformément à l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de demande de permis d'aménager est insuffisant dès lors que la notice architecturale ne permet pas d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement lointain conformément à l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article UD 3-1 du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Saint Zacharie et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation à l'aune de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2022, la commune de Saint Zacharie conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge du requérant la somme d'un euro symbolique sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 4 avril et 28 juillet 2022, la SARL Mediterranea Invest et la SARL SEIP, représentées par la SCP Beranger Blanc Burtez-Doucede, concluent, à titre principal, au rejet de la requête, demandent, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, que soit mise à la charge du requérant la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles opposent, à titre principal, une fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir du requérant et font valoir, à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par une ordonnance du 25 août 2023, la clôture d'instruction a été fixée au
10 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Saint Zacharie ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 mars 2024 :
- le rapport de Mme Le Gars ;
- les conclusions de M. Riffard, rapporteur public ;
- les observations de Me Constanza représentant M. A ;
- et les observations de Me Reboul représentant la SARL Mediterranea Invest et la SARL SEIP.
Considérant ce qui suit :
1. Le 27 avril 2021, la SARL Mediterranea Invest a déposé une demande de permis d'aménager en vue de la division de ses terrains en trois lots à bâtir sur les parcelles n° 320, 322, 120, 323, 324, 325, 326 et 338 situées avenue Jean Moulin à Saint Zacharie. Par un arrêté du 26 juillet 2021, le maire de la commune de Saint Zacharie a délivré le permis d'aménager sollicité. Par un courrier du 24 septembre 2021, dont il a été accusé réception le lendemain, M. A a exercé un recours gracieux à l'encontre de l'arrêté du 26 juillet 2021. M. A demande l'annulation de cet arrêté ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 425-1 du même code : " Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire, le permis d'aménager, le permis de démolir ou la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées, ou son avis pour les projets mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine ". Par ailleurs, il résulte des dispositions des articles L. 621-30, L. 621-32 et L. 632-2 du code du patrimoine et de l'article R. 423-54 du code de l'urbanisme que ne peuvent être délivrés qu'avec l'accord de l'architecte des Bâtiments de France (ABF) les permis de construire portant sur des immeubles situés, en l'absence de périmètre délimité, à moins de cinq cents mètres d'un édifice classé ou inscrit au titre des monuments historiques, et s'ils sont visibles à l'œil nu de cet édifice ou en même temps que lui depuis un lieu normalement accessible au public, y compris lorsque ce lieu est situé en dehors du périmètre de cinq cents mètres entourant l'édifice en cause.
3. En se fondant uniquement sur les dispositions de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme, le requérant n'a pas assorti son moyen des précisions juridiques et factuelles nécessaires permettant d'en apprécier le bien-fondé. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'avis du 31 mai 2021, que l'ABF a été saisi pour avis simple du projet en litige et a formulé des recommandations. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté est entaché d'un vice de procédure à l'aune de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme.
4. En second lieu, aux termes de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant : () ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître en fonction de des caractéristiques du projet : () ; b) La composition et l'organisation du projet, la prise en compte des constructions ou paysages avoisinants, le traitement minéral et végétal des voies et espaces publics et collectifs et les solutions retenues pour le stationnement des véhicules ; () ; d) Le traitement des parties du terrain situées en limite du projet ; e) Les équipements à usage collectif et notamment ceux liés à la collecte des déchets ". La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ou d'aménager ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
5. En l'espèce, si le requérant soutient que la notice architecturale est lacunaire quant à la description ou la représentation du paysage environnant composé notamment d'une zone naturelle et d'un espace boisé classé, il ne soutient ni même n'allègue que cette insuffisance, à la supposer établie, a été de nature à fausser l'appréciation du service instructeur quant au respect de la règlementation applicable. Au demeurant, d'une part, les photographies d'insertion et les plans reproduisant les angles de vue de ces photographies permettent de se figurer l'environnement proche et lointain du projet, d'autre part, la notice décrit la teneur du projet. Dès lors, le dossier de demande de permis d'aménager a permis au service instructeur d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement. Il y a lieu, par suite, d'écarter ce moyen.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article UD 3-1 du PLU de la commune de Saint Zacharie : " Pour être constructible, les terrains doivent être desservis par des voies publiques ou privées : - En bonne état de viabilité, - Dans des conditions répondant à l'importance ou à la destination des aménagements envisagés, - Soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fonds voisins, éventuellement obtenu par application de l'article 682 du Code Civil. Les caractéristiques de ces voies doivent permettre la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie, de protection civile, de brancardage, d'ordures ménagères. Les accès ne doivent en aucun cas présenter un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. () ". L'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dispose que : " Le projet peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation ou leurs dimensions, sont de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique ". Les risques d'atteinte à la sécurité publique visés par ce texte sont aussi bien les risques auxquels peuvent être exposés les occupants de la construction pour laquelle le permis est sollicité que ceux que l'opération projetée peut engendrer pour des tiers. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
7. Le requérant soutient que le projet méconnaît les dispositions de l'article UD 3-1 du PLU de la commune de Saint Zacharie dès lors, d'une part, que le pétitionnaire ne dispose pas de servitude de passage sur les parcelles n° 2224 et 2225, d'autre part, que les caractéristiques de cette voie privée ne permettent pas d'assurer la sécurité des usagers au regard de l'ampleur et de la destination du projet.
8. Il ressort des pièces du dossier, notamment des actes notariés en date des 28 octobre et 10 novembre 1998 que la pétitionnaire dispose de deux servitudes de passage grevant les fonds n° 2224, 2225 et 2156 et formant le chemin d'accès à l'avenue Jean Moulin depuis le terrain d'assiette du projet. En outre, il ressort du constat d'huissier établi le 23 décembre 2021 que cette voie privée mesure 120 mètres de long et a minima 3,5 mètres de large, est entièrement rectiligne, offre une visibilité adéquate et permet, en raison de son caractère évasé, le croisement de deux véhicules à ses deux extrémités. De plus, le projet qui vise à construire uniquement trois maisons individuelles, n'a pas pour effet d'augmenter significativement la fréquentation du chemin privé ; cette voie privée qui est entièrement rectiligne et se termine en impasse, offre une visibilité adéquate. Enfin, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'avenue Jean Moulin, qui ne constitue pas un axe majeur de circulation, recense un trafic important. Dans ces conditions, les caractéristiques de la voie de desserte actuelle répondent à l'importance et la destination des constructions envisagées. Par ailleurs, il ressort de la notice descriptive du projet ainsi que du constat d'huissier précité qu'une borne incendie est accessible aux véhicules de secours et est située à une vingtaine de mètres du terrain d'assiette du projet, sans qu'y fasse obstacle la circonstance qu'un muret dépourvu de grillage ou de clôture, est situé entre cette borne et le terrain en litige. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que les engins incendie n'ont pas accès au terrain d'assiette du projet alors, au surplus, qu'aucun risque incendie particulier n'est caractérisé ni même allégué par le requérant. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le maire a fait une inexacte application des dispositions de l'article UD 3-1 du PLU de la commune de Saint Zacharie ni a commis une erreur manifeste d'appréciation à l'aune de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 26 juillet 2021 ni, par voie de conséquence, de la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Sur les frais d'instance :
10. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de M. A une somme de 1 500 euros au bénéfice des SARL Mediterranea Invest et SARL SEIP. En revanche, ces mêmes dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint Zacharie et des SARL Mediterranea Invest et SEIP, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que réclame le requérant au titre des frais liés au litige. Enfin, les conclusions présentées sur ce fondement par la commune de Saint Zacharie, qui ne justifie pas de frais non compris dans ses dépens, sont rejetées.
DECIDE
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros aux SARL Mediterranea Invest et SEIP en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions présentées par la commune de Saint Zacharie sur ce fondement sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la commune de Saint Zacharie, à la SARL Mediterranea Invest et à la SARL SEIP.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Privat, président,
M. Bailleux, premier conseiller,
Mme Le Gars, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
La rapporteure,
Signé :
H. LE GARS
Le président,
Signé :
J.-M. PRIVAT La greffière,
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026