jeudi 22 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2103363 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LAWTECH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 décembre 2021, M. A B, représenté par Me Zago, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 novembre 2021 par lequel le préfet du Var lui a ordonné de se dessaisir de ses armes, lui a interdit d'acquérir ou de détenir des armes, des munitions ou leurs éléments et a retiré la validation de son permis de chasser ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors que l'administration s'est estimée en situation de compétence liée, pour le seul motif qu'il a été mis en examen.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2022, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n° 2103365 du 28 décembre 2021 du juge des référés.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hélayel, conseiller,
- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,
- les observations de Mme C, représentant le préfet du Var.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a effectué trois déclarations d'acquisitions d'armes ou d'éléments d'armes de catégorie C, reçues en préfecture le 19 février 2021, concernant un fusil et deux carabines. Par un courrier du 16 juin 2021, le préfet du Var l'a informé de ce qu'il envisageait de mettre en œuvre une procédure de dessaisissement des armes dont il était en possession et l'a invité à présenter ses observations dans un délai de quinze jours. Par l'arrêté attaqué du 17 novembre 2021, le préfet du Var a ordonné un dessaisissement d'armes, de munitions et de leurs éléments au titre de l'article L. 312-11 du code de la sécurité intérieure. Par une ordonnance du 28 décembre 2021, le juge des référés a rejeté la demande de suspension de l'exécution de l'arrêté attaqué présentée par M. B, au motif qu'il ne justifiait pas d'une situation d'urgence.
2. En premier lieu, l'article L. 312-11 du code de la sécurité intérieure dispose que : " Sans préjudice des dispositions de la sous-section 1, le représentant de l'Etat dans le département peut, pour des raisons d'ordre public ou de sécurité des personnes, ordonner à tout détenteur d'une arme, de munitions et de leurs éléments de toute catégorie de s'en dessaisir. () " Aux termes de l'article R. 312-67 de ce code : " Le préfet ordonne la remise ou le dessaisissement de l'arme ou de ses éléments dans les conditions prévues aux articles L. 312-7 ou L. 312-11 lorsque : / () 3° Il résulte de l'enquête diligentée par le préfet que le comportement du demandeur ou du déclarant est incompatible avec la détention d'une arme () ".
3. Il ressort du rapport du service national des enquêtes administratives de sécurité que M. B a participé à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime et d'une tentative d'extorsion en bande organisée, afin de recouvrer une dette. Ces faits se seraient déroulés du 22 avril 2018 au 10 février 2020. Le 3 novembre 2021, le vice-procureur de la République près le tribunal judiciaire de Toulon a confirmé aux services de la préfecture qu'une information judiciaire avait été ouverte à l'encontre du requérant et que celui-ci avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire.
4. M. B soutient, d'une part, que deux procédures pénales le concernant, pour des faits de violences, ont été classées sans suites et d'autre part, conteste les faits pour lesquels il a été mis en examen, en indiquant qu'ils ne sont pas revêtus de l'autorité de la chose jugée. Toutefois, ces éléments ne font pas obstacle à ce que le comportement du requérant puisse être regardé comme présentant un risque pour l'ordre public. Or, eu égard à la gravité des faits reprochés, le préfet du Var pouvait considérer que le comportement de l'intéressé était incompatible avec la détention d'une arme et justifiait, dès lors, qu'il lui soit ordonné de se dessaisir des armes en sa possession. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
5. En second lieu, l'arrêté attaqué mentionne les résultats de l'enquête administrative diligentée, les observations formulées par M. B dans le cadre de la procédure contradictoire ainsi que l'appréciation portée par le préfet sur le comportement du requérant. Il n'en résulte pas que le préfet du Var se serait estimé en situation de compétence liée du seul fait de la mise en examen du requérant. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Var.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Harang, président,
M. Karbal, conseiller,
M. Hélayel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.
Le rapporteur,
Signé
D. HELAYEL
Le président,
Signé
Ph. HARANGLa greffière,
Signé
F. POUPLY
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026