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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2103504

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2103504

mardi 14 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2103504
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantLLC ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 décembre 2021, M. A B, représenté par Me Orlandini, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 septembre 2021 par lequel le maire de la commune des Arcs-sur-Argens a constaté la caducité du permis de construire n° PC 083 004 11 K0090 délivré le 13 décembre 2011 en vue de créer neufs logements par la restructuration et la surélévation d'un entrepôt situé sur les parcelles cadastrées section D n° 1840, 1846 et 424, sises 78 boulevard de la Liberté aux Arcs-sur-Argens (83460), ensemble la décision du 26 octobre 2021 rejetant son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune des Arcs-sur-Argens une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'un vice de forme dès lors qu'il n'a pas été adressé ni notifié au bénéficiaire du permis, M. B, mais à la SCI Rayan ;

- il est entaché d'une erreur d'appréciation à l'aune de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme dès lors que les murs et toits de la construction autorisée ont été mis hors d'eau en septembre 2016 et que le marché n'a pas été interrompu pendant plus d'un an entre le

7 février 2019 et le 15 mars 2021.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2022, la commune des Arcs-sur-Argens, représentée par Me Garcia, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge du requérant la somme de 3 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés dans la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le plan local d'urbanisme de la commune des Arcs-sur-Argens ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 9 avril 2024 :

- le rapport de Mme Le Gars ;

- les conclusions de M. Riffard, rapporteur public ;

- les observations de Me Orlandini représentant M. B ;

- et les observations de Me Baudino représentant la commune des Arcs-sur-Argens.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 13 décembre 2011, le maire des Arcs-sur-Argens a délivré un permis de construire à M. B en vue de la restructuration et la surélévation d'un garage permettant de créer neuf logements au 78 boulevard de la Liberté aux Arcs-sur-Argens. Par un arrêté du 16 septembre 2021, rectifié le 24 janvier 2022, le maire des Arcs-sur-Argens a constaté la caducité de ce permis de construire. M. B demande l'annulation de cet arrêté ainsi que de la décision du 26 octobre 2021 rejetant son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, le requérant soutient que l'arrêté est entaché d'un vice de forme dès lors qu'il a été adressé et notifié à la SCI Rayan alors que le permis de construire a été délivré le 13 décembre 2011 à M. A B. Toutefois, ainsi que le fait valoir la commune, il s'agit d'une erreur purement matérielle qui n'a d'incidence que sur les voies et délais de recours et non sur la légalité de l'arrêté attaqué. De plus, l'arrêté attaqué a été adressé et notifié à M. B " pour la SCI Rayan " à l'adresse indiquée dans le permis de construire et reprise par le requérant dans ses écritures. Enfin, l'arrêté du maire des Arcs-sur-Argens du 24 janvier 2022 a rectifié cette erreur matérielle. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté est entaché d'un vice de forme. Au demeurant, la commune fait valoir en défense que l'intéressé entretient une confusion quant au bénéficiaire effectif du permis de construire dès lors, d'une part, que la déclaration d'ouverture de chantier a été faite le 21 novembre 2013 par M. B à la fois en son nom propre et pour le compte de la SCI Rayan, d'autre part, que le procès-verbal d'huissier du 26 septembre 2016 aux fins de constater l'état d'avancement des travaux a été commandité par la SCI Rayan. Il y a lieu, par suite, d'écarter le moyen tiré du vice de forme.

3. En second lieu, aux termes de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme, alors en vigueur : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de deux ans à compter de la notification mentionnée à l'article R. 424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. Il en est de même si, passé ce délai, les travaux sont interrompus pendant un délai supérieur à une année () ".

4. Premièrement, la commune fait valoir que les travaux autorisés par le permis de construire délivré le 13 décembre 2011 n'ont pas fait l'objet d'une déclaration d'achèvement et de conformité ni n'ont jamais été exécutés entièrement. Cependant, sans être entièrement exécutés, il n'est pas contesté que les travaux ont été entrepris, ainsi que l'exigent les dispositions précitées, dans le délai initial de deux années à compter de la délivrance du permis.

5. Secondement, pour constater la caducité du permis, le maire a également retenu que les travaux ont fait l'objet d'une interruption pendant plus d'un an entre le 10 octobre 2018 et le 22 juillet 2021. Pour contester ce constat, le requérant se prévaut de la conclusion le 10 juillet 2019 d'un marché de travaux d'un montant de 187 267, 98 euros avec la SASU Technibat pour la réalisation d'une partie de la toiture, le ravalement de la façade, la menuiserie, la VMC et des travaux d'intérieur de seconds œuvres. Il produit également quatre factures établies par le maître d'œuvre les 31 juillet 2019, 28 octobre 2019, 8 septembre 2020 et 29 septembre 2020 pour un montant total de 13 872 euros, soit 7,4 % du coût du marché.

6. Cependant, non seulement ces factures représentent une part dérisoire du marché de travaux mais encore, l'intéressé ne rapporte pas la preuve, excepté le versement d'un acompte de 4 200 euros au 28 octobre 2019, de l'exécution financière ou matérielle du marché. Il ressort des sept procès-verbaux et mains-courantes dressés à intervalles réguliers entre le 10 octobre 2018 et le 22 juillet 2021, y compris des photographies jointes, que l'aspect extérieur des constructions effectuées au 10 octobre 2018, à savoir les fondations, les murs extérieurs et la toiture, n'a pas évolué. S'il ressort de ces mêmes pièces que des planches fermant les ouvertures du rez-de-chaussée ont été apposées à compter du 22 février 2019 et que des brise-vue ainsi que des panneaux signalisant un chantier avec l'interdiction d'y pénétrer ont été apposés à partir du 31 août 2021, ces mesures de sécurité ne constituent pas les travaux autorisés par le permis en litige. De plus, aucune photographie ou autre document ne permet d'attester de la reprise et de l'avancement effectif des travaux d'intérieur. A cet égard, et à supposer même que la facture du 28 octobre 2019 atteste de la reprise des travaux, la facture d'électricité du 6 août 2021 d'un montant de 92,87 euros ne peut, à elle seule, suffire à attester de la constance de l'activité et des travaux autorisés par le permis en litige depuis le 28 octobre 2019, ni même depuis octobre 2020 comme le soutient le requérant. Dès lors, les travaux ont été interrompus pendant plus d'un an. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le maire a fait une inexacte application des dispositions précitées en constatant la caducité du permis de construire délivré le 13 décembre 2011.

7. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 16 septembre 2021 ni, par voie de conséquence, de la décision du 26 octobre 2021 rejetant son recours gracieux.

Sur les frais d'instance :

8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'une ou l'autre des parties, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, les frais qu'elles ont exposés dans le cadre de la présente instance.

DECIDE

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune des Arcs-sur-Argens sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune des Arcs-sur-Argens.

Délibéré après l'audience du 9 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Privat, président,

M. Bailleux, premier conseiller,

Mme Le Gars, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mai 2024.

La rapporteure,

Signé :

H. LE GARS

Le président,

Signé :

J.-M. PRIVAT La greffière,

Signé :

K. BAILET

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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