vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2103519 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GARBAIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 décembre 2021 et des mémoires complémentaires enregistrés le 9 mai 2022, le 13 juillet 2022 et le 3 novembre 2022, Mme E D épouse A et M. F A, représentés par Me Garbail, demandent au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 octobre 2021 par lequel le maire de La Seyne-sur-Mer a accordé à Mme B C un permis de construire modificatif en vue du changement d'usage de la partie annexe garage en local coiffure et la suppression d'une surface de plancher d'un immeuble situé 988 avenue Henri Guillaume, terrain cadastré section AS n°0031, sur le territoire de cette commune, ensemble la décision du 11 février 2022 rejetant leur recours gracieux.
2°) de mettre à la charge de la commune de La Seyne-sur-Mer une somme de 6 000 euros à leur verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'affichage n'a pas été régulier ;
- le projet méconnaît les termes d'une garantie inscrite dans leur acte de propriété et engendrera une dévaluation de leur maison qui possède une vue sur mer sur la baie de Tamaris ;
- les travaux méconnaissent la servitude permettant la conservation de cette vue et le goudronnage a endommagé le système racinaire de leurs pins ;
- le changement de destination projeté aggrave les dangers et nuisances pour le voisinage, en méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- le nombre de places de stationnement n'est pas respecté au regard de l'article UC 12 du PLU non plus que les normes de manœuvre des véhicules.
-
Par un mémoire en défense enregistré le 24 juin 2022, la commune de La Seyne-sur-Mer, agissant par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requête n'est pas recevable et les moyens soulevés ne sont pas
fondés.
Par un mémoire en défense et un rectificatif, enregistrés le 20 septembre 2022, Mme B C, représentée par Me Coutelier, conclut au rejet de la requête et demande de mettre à la charge des requérants une somme de 4 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête n'est pas recevable et les moyens soulevés ne sont pas
fondés.
Par une ordonnance du 10 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 25 avril 2023 à 12 heures, par application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bonmati ;
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Aymes, pour les requérants et de Me Meulien pour Mme C, pétitionnaire.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. et Mme A demandent l'annulation de l'arrêté du 25 octobre 2021 par lequel le maire de La Seyne-sur-Mer a accordé à Mme C un permis de construire modificatif en vue du changement d'usage de la partie annexe garage, en local coiffure et la suppression d'une surface de plancher, d'un immeuble situé 988 avenue Henri Guillaume, terrain cadastré section AS n°0031, sur le territoire de cette commune, ensemble de la décision du 11 février 2022 rejetant leur recours gracieux.
2. Les requérants soutiennent que le permis de construire n'a pas fait l'objet d'un affichage régulier, le panneau n'étant pas suffisamment visible. Toutefois, cette circonstance qui n'a d'incidence que sur le cours du délai contentieux, est sans influence sur la légalité du permis attaqué.
3. Aux termes de l'article A424-4 du code de l'urbanisme : " Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme.
1.
Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme. ". Pour contester le permis de construire en litige, les requérants soutiennent que le projet méconnaît les termes d'une garantie inscrite dans leur acte de propriété, qu'il engendrera une dévaluation de leur maison qui possède une vue sur mer sur la baie de Tamaris, que les travaux n'ont pas respecté la servitude permettant la conservation de cette vue et que le goudronnage a endommagé le système racinaire de leurs pins. Toutefois, ces circonstances, relevant du droit que les tiers sont susceptibles de faire valoir devant les tribunaux civils, sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
4. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". Les requérants soutiennent que le projet induira une aggravation des conditions de circulation dans le quartier, de nature à compromettre la sécurité des usagers. Toutefois, les pièces produites au dossier révèlent un projet de faible ampleur, le salon de coiffure créé par Mme C, d'une surface de 23m², ne comportant que des équipements permettant d'accueillir qu'un seul client à la fois et il n'est ni établi ni même allégué qu'elle envisagerait d'en développer davantage la capacité ou d'y employer un personnel nombreux, la fiche descriptive prévoyant au contraire une occupation limitée à 3 personnes dont le personnel composé d'une seule personne. Ainsi, les conditions actuelles de circulation dans ce quartier résidentiel relativement peu affecté par la fréquentation automobile, ainsi que le révèlent les documents photographiques produits par les requérants eux-mêmes, ne permettent pas de tenir pour établi le bien-fondé de cette allégation. De même, si les requérants invoquent les nuisances que la fréquentation du salon engendrera pour eux, cette circonstance qui relève du droit des tiers, est sans incidence sur la légalité du permis de construire attaqué.
5. Selon l'article 12 des dispositions générales, auxquelles renvoie l'article UC 12 du règlement du PLU, le nombre de places de stationnement exigé pour une activité d'artisanat ou de service où s'effectue l'accueil d'une clientèle est d'une place par tranche de 40m². Il ressort des pièces du dossier que la création d'un local commercial par transformation du garage en salon de coiffure possède une surface de 23m², exigeant ainsi une seule place supplémentaire de stationnement dont la création et l'aménagement en place PMR est établie par les pièces du dossier, et que, par ailleurs, le nombre de places existant sur le terrain d'assiette, ainsi qu'il ressort des plans fournis, est de 5 alors même qu'il est prévu de ramener la superficie habitable de 314m² à 182m².
6. Il ne résulte pas non plus des pièces du dossier, compte tenu de la configuration du terrain d'assiette, que les circulations internes, même si certains emplacements de stationnement sont en enfilade, ne permettraient pas la manœuvre des véhicules dans des conditions conformes aux dispositions précitées selon lesquelles " Les voies de circulation internes des stationnements (aériens ou souterrains) doivent être dimensionnées de façon à permettre la manœuvre des véhicules. ". Au surplus, les pièces du dossier, notamment les documents photographiques, font apparaître que les voies publiques situées à proximité de la propriété de Mme C offrent également des possibilités de stationnement, sécurisées par la matérialisation au sol des emplacements aménagés à cet effet.
7. Il s'ensuit que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que, sous ces deux aspects, le projet méconnaîtrait les dispositions ci-dessus évoquées de l'article 12 des dispositions générales du PLU.
1.
8. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit nécessaire de se prononcer sur sa recevabilité, la requête de M. et Mme A doit être rejetée.
Sur les frais relatifs au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de rejeter les conclusions de M. et Mme A, parties perdantes à l'instance et de mettre à leur charge une somme de 2 000 euros à verser à Mme C, sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : M. et Mme A verseront à Mme C une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme E D épouse A Fharles A, à Mme B C et à la commune de La Seyne-sur-Mer.
Délibéré après l'audience du 31 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Harang, président, Mme Martin, conseillère,
Mme Bonmati, magistrat honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
La rapporteure, signé
D. Bonmati
Le président, signé
Ph. Harang
Le greffier, signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, Pour la greffière en chef, Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026