mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200024 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | JOURNAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 janvier 2022, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 12 janvier 2023, 15 décembre 2023 et 17 janvier 2024, la société civile immobilière (SCI) Abbaye Saint-Hilaire, représentée par Me Journault, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet du Var en date du 16 juillet 2021 portant prescriptions complémentaires d'une carrière et de ses installations de traitement exploitées par la société Calcaires du Mont Aurélien (CMA) situées au lieu-dit " Garragaï " sur le territoire de la commune de Pourcieux, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 14 septembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable au regard des délais de recours contentieux ;
- il y a toujours lieu de statuer sur sa requête en effet, d'une part, l'exécution d'un acte ne rend pas sans objet son annulation dès lors que de celle-ci peut dépendre la responsabilité de son auteur ou de ceux qui s'en prévalent et, d'autre part, la société bénéficiaire n'a toujours pas quitté les lieux dont la remise en état prévue par l'arrêté n'est pas achevée ;
- le signataire de l'arrêté contesté est incompétent dès lors qu'il ne bénéficie pas d'une délégation de signature régulière ;
- en application des articles R. 181-45 et R. 341-16 du code de l'environnement, le préfet aurait dû consulter la commission locale de l'eau et la commission départementale de la nature, des paysages et des sites ;
- la société Calcaires du Mont Aurélien (CMA) ne dispose pas d'un droit d'accès au site, de sorte qu'elle présente nécessairement un dossier incomplet sur la base duquel le préfet ne pouvait pas autoriser la poursuite de l'exploitation ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R. 181-5 du code de l'environnement dès lors que l'activité de la société CMA, qui n'exploite plus une carrière mais une décharge, a connu une modification substantielle ;
- la société CMA aurait dû solliciter une nouvelle autorisation environnementale et non le simple renouvellement de l'autorisation d'exploitation ;
- en application de l'article R. 181-34 du code de l'environnement, le préfet était tenu de rejeter une telle demande d'autorisation environnementale.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 26 décembre 2022 et le 19 octobre 2023, la société Calcaires du Mont Aurélien, représentée par Me Pietra, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la société requérante la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est tardive ;
- à titre subsidiaire, les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 décembre 2023, le préfet du Var conclut au non-lieu à statuer ou au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est tardive, d'une part, et il n'y a pas lieu de statuer sur un acte administratif dont l'effet est éteint, d'autre part ;
- à titre subsidiaire, les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin,
- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique,
- et les observations de Me Dioum, substituant Me Pietra, pour la société CMA.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté préfectoral du 2 août 2007, la société Durance Granulats a été autorisée à exploiter une carrière dite " carrière du Garragaï " située sur le territoire de la commune de Pourcieux pour une durée de dix ans. Cette autorisation a été prolongée par des arrêtés complémentaires des 26 septembre 2017 et 27 mars 2019. Par un arrêté préfectoral du 30 mars 2020, un changement d'exploitant a été acté au profit de la société CMA. Par un arrêté du 16 juillet 2021, l'autorisation d'exploitation a été prolongée jusqu'au 2 août 2023 pendant la durée d'instruction de la demande de renouvellement de l'autorisation environnementale déposée le 24 novembre 2020. Par sa requête, la SCI Abbaye Saint-Hilaire, propriétaire de parcelles limitrophes à celle de la carrière du Garragaï, demande l'annulation de l'arrête préfectoral du 16 juillet 2021.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Il appartient au juge de plein contentieux des installations classées pour la protection de l'environnement de se prononcer sur l'étendue des droits et obligations accordés aux exploitants ou mis à leur charge par l'autorité compétente au regard des circonstances de fait et de droit existant à la date à laquelle il statue.
3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'arrêté litigieux du 16 juillet 2021 a prolongé l'autorisation d'exploitation de la carrière du Garragaï jusqu'au 2 août 2023 pendant la période d'instruction de la demande de renouvellement de l'autorisation environnementale déposée le 24 novembre 2020 par la société CMA. Il résulte, en outre, de l'instruction que par un arrêté du 29 janvier 2024, soumis au contradictoire des parties, le préfet du Var a rejeté cette demande d'autorisation environnementale déposée par la société CMA. Dès lors, l'arrêté attaqué ne produit ainsi plus d'effet à la date du présent jugement. Le préfet du Var est donc fondé à soutenir que les conclusions de la société requérante tendant à l'annulation de l'arrêté du 16 juillet 2021 sont devenues sans objet et que, par suite, il n'y pas lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
4. Il y a lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de laisser à chacune des parties la charge des frais exposés et non compris dans les dépens dans le cadre de la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la SCI Abbaye Saint-Hilaire tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral du 16 juillet 2021.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la SCI Abbaye Saint-Hilaire est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de la société Calcaires du Mont Aurélien présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Abbaye Saint-Hilaire, à la société des Calcaires du Mont Aurélien et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet du Var.
Délibéré après l'audience du 11 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Bernabeu, présidente,
- M. Cros, premier conseiller,
- M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026