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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2200042

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2200042

jeudi 25 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2200042
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 janvier 2022, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 15 novembre 2021 par laquelle la direction départementale des finances publiques du Var lui a refusé l'octroi d'aides financières dans le cadre du fonds de solidarité, à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, au titre du mois de septembre 2021.

Il soutient qu'il n'a réalisé aucun chiffre d'affaires en septembre 2021 en raison de l'annulation de tous les évènements auxquels il devait participer et qu'il n'est dès lors pas possible de lui reprocher de ne pas avoir réalisé un chiffre d'affaires minimal.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2022, le directeur départemental des finances publiques (DDFIP) du Var conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen invoqué n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 modifié ;

- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Montalieu, rapporteure,

- et les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,

- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, qui exerce une activité de commerçant ambulant depuis 1997, a sollicité l'octroi d'aides financières dans le cadre du fonds de solidarité instauré par l'ordonnance n° 2020-371 du 25 mars 2020, à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences de l'épidémie de Covid-19, au titre de sa perte de chiffre d'affaires en septembre 2021. Le 15 novembre 2021, sa demande a été rejetée au motif que son entreprise n'avait pas fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public pendant la période considérée. Par un courriel du même jour, il a contesté ce refus. Par différents courriels, la DDFIP du Var lui a indiqué que la suppression des évènements auxquels il devait participer ne correspondait pas à une interdiction d'accueil au public et l'a invité à déposer une nouvelle demande en sélectionnant le motif " perte de chiffre d'affaires " adapté à sa situation. M. B n'a pas déposé de nouvelle demande.

2. D'une part, aux termes de l'article 3-1 de l'ordonnance du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation : " I. - Les aides versées au titre du fonds le sont sur la base d'éléments déclaratifs prévus par décret. / Sous réserve des dispositions du troisième alinéa du II, elles sont insaisissables. / II. - Les documents attestant du respect des conditions d'éligibilité au fonds et du correct calcul du montant de l'aide sont conservés par le bénéficiaire pendant cinq années à compter de la date de versement de cette dernière. / Les agents de la direction générale des finances publiques et les agents publics affectés dans les services déconcentrés des administrations civiles de l'Etat peuvent demander à tout bénéficiaire du fonds communication de tout document relatif à son activité, notamment administratif ou comptable, permettant de justifier de son éligibilité et du correct montant de l'aide reçue pendant cinq années à compter de la date de son versement. Le bénéficiaire dispose d'un délai d'un mois pour produire ces justifications à compter de la date de la demande. / En cas d'irrégularités constatées, d'absence de réponse ou de réponse incomplète à la demande prévue au premier alinéa, les sommes indûment perçues font l'objet d'une récupération selon les règles et procédures applicables en matière de créances étrangères à l'impôt et au domaine. / La procédure prévue au présent II ne constitue pas une procédure de contrôle de l'impôt. ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 3-28 du décret du 30 mars 2020, dans sa version issue du décret n° 2021-1336 du 14 octobre 2021 applicable au litige : " I.-A.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 1er juin 2021 susvisé, du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 susvisé ou du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 16 octobre 2020 susvisé, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours de chaque période mensuelle comprise entre le 1er juin 2021 et le 30 septembre 2021, dite période mensuelle considérée, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / () 2° Au cours de la période mensuelle considérée, elles ont fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public sans interruption, et ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 20 % ; / 2° bis Ou, pour la seule période mensuelle du mois d'août 2021 ou du mois de septembre 2021 : / () a) Au cours de la période mensuelle considérée, elles ont fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public d'au moins 21 jours et ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % ; () 3° Ou, au cours de la période mensuelle considérée, elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 10 %, elles ont bénéficié d'une aide versée au titre des articles 3-26 ou 3-27 du présent décret () et pour la seule période du mois de septembre 2021, elles justifient avoir réalisé au moins 15 % du chiffre d'affaires de référence, et elles appartiennent à l'une des trois catégories suivantes : / a) elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 dans sa rédaction en vigueur au 11 mars 2021 ; () ".

4. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier d'une subvention destinée à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de septembre 2021, les entreprises mentionnées à l'article 1er du décret précité n'ayant pas fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public devaient notamment justifier avoir réalisé, durant ce mois, au moins 15 % du chiffre d'affaires de référence.

5. En l'espèce, et en tout état de cause, il est constant que l'entreprise de M. B était soumise au critère tenant à la réalisation d'un chiffre d'affaires minimal et qu'elle n'a réalisé aucun chiffre d'affaires en septembre 2021. A supposer que M. B ait entendu contester la pertinence de l'application de ce critère au regard de sa situation financière, l'administration ne disposait d'aucune marge d'appréciation et était tenue de lui opposer, ce critère ayant été instauré par le décret n° 2021-1336 du 14 septembre 2021 afin d'inciter à l'activité en contrepartie de la prolongation du dispositif d'aide du fonds de solidarité. Par suite, le moyen doit être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques du Var.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Philippe Harang, président,

M. Zouhaïr Karbal, conseiller,

Mme Mathilde Montalieu, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.

La rapporteure,

Signé

M. MONTALIEU

Le président,

Signé

Ph. HARANG

La greffière,

Signé

A. CAILLEAUX

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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