vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200045 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BERNARD-CHATELOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 11 janvier 2022 et le 27 janvier 2023,
M. B C, représenté par Me Hollet, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 17 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Fréjus a refusé de reconnaître la leucémie aigüe myéloblastique qui l'affecte comme étant une maladie professionnelle et l'a placé en congé de longue durée à compter du 4 février 2020 ;
2°) d'annuler les conclusions médicales du 13 septembre 2021 rendue par le médecin expert diligenté par la commune de Fréjus ;
3°) de désigner un expert médical en vue de déterminer l'origine professionnelle de sa maladie et de définir l'ensemble des préjudices qu'il a subis ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Fréjus une somme de 3 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions de l'expert médical reposent sur une instruction incomplète dès lors qu'il n'a pas été tenu compte des périodes durant lesquelles il a été exposé au benzène ;
-
- l'exposition au benzène est établie par le rapport du Dr A en ce qu'il relève une exposition au benzène de 2004 à 2017.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 octobre 2022, le maire de la commune de Fréjus, représenté par Me Bernard-Chatelot, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que les conclusions du médecin expert est un acte préparatoire insusceptible de recours et la décision du 17 novembre 2021 est purement informative et ne lui fait pas grief ;
- à titre subsidiaire, les moyens invoqués sont infondés.
Par une ordonnance du 11 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 avril
2024.
Un mémoire présenté par M. C a été enregistré le 25 avril 2024 sans être communiqué, en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de santé publique ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- décret n°87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique du 31 mai 2024 :
- le rapport de M. Quaglierini, rapporteur,
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique,
- et les observations de Me Hollet pour M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, agent technique de 2ème classe principal à la commune de Fréjus, s'est vu diagnostiquer le 4 février 2020 une leucémie aigüe myéloblastique. Ayant sollicité la reconnaissance professionnelle de sa maladie auprès de l'administration territoriale, cette dernière a diligenté une expertise médicale au terme de laquelle le médecin expert a conclu le 13 septembre 2021 à l'absence d'imputabilité au service. Par un courrier du 17 novembre 2021, la commune de
1.
Fréjus a informé M. C que sa pathologie ne peut être reconnue comme causée essentiellement et directement par l'exercice de ces fonctions et a décidé de le maintenir en position de congé de longue durée à compter du 31 janvier 2020. Par sa requête, l'intéressé demande l'annulation de cette décision ainsi que des conclusions du médecin expert.
Sur la recevabilité des conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, la commune oppose l'irrecevabilité des conclusions à fins d'annulation du rapport d'expertise du médecin expert dont les conclusions ont été rendues le 13 septembre 2021. Ledit rapport constituant un acte préparatoire, il ne saurait faire grief à
M. C et n'est ainsi pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Il s'ensuit que les conclusions de M. C aux fins d'annulation dudit rapport doivent être rejetées comme n'étant irrecevables.
3. En second lieu, aux termes de l'article 21 bis IV de la loi 83-634 du 13 juillet 1983 susvisée, dans sa version alors en vigueur : " Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau () ". Aux termes de l'article 37-6 n°87-602 du 30 juillet 1987 susvisé : " La commission de réforme est consultée par l'autorité territoriale : / 3° Lorsque l'affection résulte d'une maladie contractée en service telle que définie au IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée dans les cas où les conditions prévues au premier alinéa du même IV ne sont pas remplies ". L'article 37-9 dudit décret prévoit que : " Au terme de l'instruction, l'autorité territoriale se prononce sur l'imputabilité au service et, le cas échéant, place le fonctionnaire en congé pour invalidité temporaire imputable au service pour la durée de l'arrêt de travail () ".
4. La commune de Fréjus oppose l'irrecevabilité des conclusions à fins d'annulation de sa décision du 17 novembre 2021 dès lors qu'elle se borne à informer l'intéressé que le rapport d'expertise conclut à l'absence de reconnaissance de maladie professionnelle et qu'ainsi il ne s'agit pas d'un acte décisoire. Il résulte du courrier adressé le 17 novembre 2021 par la commune de Fréjus à M. C, ayant pour objet " expertise médicale en date du 13 septembre 2021 ", que l'autorité territoriale a indiqué à l'intéressé qu'au vu des conclusions de l'expert médical du 13 septembre 2021, sa pathologie " ne peut être reconnue comme causée essentiellement et directement par l'exercice de [ses] fonctions et de fait, qu'elle ne peut être prise en charge au titre de la maladie professionnelle n°4 ". Il est constant que M. C est atteint d'une leucémie aigüe myéloblastique, affection expressément désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale. Ainsi, pour regrettable que soit la formulation employée par la commune dans son courrier du 17 novembre 2021, cette dernière ne saurait être regardée comme ayant refusé de reconnaître l'affection de l'intéressé au titre de la maladie professionnelle dès lors qu'elle a saisi pour avis la commission de réforme, conformément aux dispositions précitées, et ne s'est donc pas prononcée sur la demande en litige tant que l'avis de ladite commission n'a pas rendu son avis, tel qu'elle le fait d'ailleurs valoir.
5. Il s'ensuit que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des conclusions du médecin expert, ni du courrier 17 novembre 2021.
1.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. C au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Fréjus qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune de Fréjus.
Délibéré après l'audience du 31 mai 2024 à laquelle siégeaient :
M. Harang, président,
M. Quaglierini, premier conseiller, Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
Le rapporteur, signé
B. Quaglierini
Le président, signé
Ph. Harang
Le greffier, signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, P/ la greffière en chef
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026