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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2200155

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2200155

jeudi 4 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2200155
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantKEBAILI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrée le 22 janvier 2022, le 15 décembre 2022 et le 29 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Kebaïli, demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre de perception émis le 6 juillet 2021 par lequel la direction régionale des finances publiques Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et des Bouches-du-Rhône a mis à sa charge la somme de 22 000 euros au titre du remboursement de l'indu des aides du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour en limiter la propagation, perçues au titre de mars 2020 à février 2021 ;

2°) d'annuler la décision du 26 novembre 2021, prise sur sa réclamation, par laquelle la direction générale des finances publiques du Var a ramené le remboursement de l'indu à la somme de 21 905 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'il remplit la condition d'éligibilité relative à la perte de chiffre d'affaires.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 14 octobre 2022 et le 26 décembre 2022, le directeur départemental des finances publiques (DDFIP) du Var conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen invoqué n'est pas fondé.

L'ensemble de la procédure a été communiquée au directeur régional des finances publiques PACA et des Bouches-du-Rhône, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulon en date du 21 février 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 modifié ;

- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Montalieu, rapporteure,

- et les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,

- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, qui exerce une activité de commerçant ambulant depuis le 1er janvier 2013, a perçu, au titre de mars 2020 à février 2021, des aides financières d'un montant total de 22 000 euros, versées dans le cadre du fonds de solidarité instauré par l'ordonnance n° 2020-371 du 25 mars 2020, à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences de l'épidémie de Covid-19. Par un titre de perception émis le 6 juillet 2021, la direction régionale des finances publiques PACA et des Bouches-du-Rhône a mis à sa charge la somme de 22 000 euros au titre du remboursement de l'indu de ces aides. Par une décision du 26 novembre 2021, prise sur la réclamation formée par M. A le 30 août 2021, la DDFIP du Var a ramené le remboursement de l'indu à la somme de 21 905 euros.

2. D'une part, aux termes de l'article 3-1 de l'ordonnance du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation : " I. - Les aides versées au titre du fonds le sont sur la base d'éléments déclaratifs prévus par décret. / Sous réserve des dispositions du troisième alinéa du II, elles sont insaisissables. / II. - Les documents attestant du respect des conditions d'éligibilité au fonds et du correct calcul du montant de l'aide sont conservés par le bénéficiaire pendant cinq années à compter de la date de versement de cette dernière. / Les agents de la direction générale des finances publiques et les agents publics affectés dans les services déconcentrés des administrations civiles de l'Etat peuvent demander à tout bénéficiaire du fonds communication de tout document relatif à son activité, notamment administratif ou comptable, permettant de justifier de son éligibilité et du correct montant de l'aide reçue pendant cinq années à compter de la date de son versement. Le bénéficiaire dispose d'un délai d'un mois pour produire ces justifications à compter de la date de la demande. / En cas d'irrégularités constatées, d'absence de réponse ou de réponse incomplète à la demande prévue au premier alinéa, les sommes indûment perçues font l'objet d'une récupération selon les règles et procédures applicables en matière de créances étrangères à l'impôt et au domaine. / La procédure prévue au présent II ne constitue pas une procédure de contrôle de l'impôt. ".

3. D'autre part, il résulte des dispositions des articles 2 et suivants du décret du 30 mars 2020 modifié que, pour bénéficier des aides financières instaurées par l'ordonnance du 25 mars 2020, les entreprises créées avant 2019 devaient avoir subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période au titre de laquelle l'aide avait été demandée par rapport à la même période de l'année 2019 ou par rapport au chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019, si cette option lui étaient plus favorable.

4. En l'espèce, pour justifier des montants de chiffre d'affaires qu'il a réalisé en 2019, et déclaré lors de ses demandes d'aide dans le cadre du fonds de solidarité, M. A se prévaut des extraits de son livre journal, d'un formulaire de déclaration de revenus professionnels auprès de l'Urssaf rempli le 28 mai 2021 et d'un avis de dégrèvement de l'impôt sur le revenu de 2019 établi le 14 juin 2021. Toutefois, alors qu'il résulte de l'instruction que M. A a déclaré des revenus professionnels au titre de 2019 auprès de l'administration fiscale qu'en juin 2021 et que la DDFIP du Var fait valoir sans être contestée que les montants déclarés ne sont pas corroborés par les encaissements enregistrés sur le compte bancaire du requérant, les documents produits par celui-ci ne permettent pas d'établir la réalité des montants de chiffre d'affaires allégués. Dans ces conditions, l'administration était fondée à constater qu'il ne remplissait pas la condition d'éligibilité relative à la perte de chiffre d'affaires prévue par les dispositions susmentionnées du décret du 30 mars 2020 pour lui réclamer le remboursement de l'indu en litige.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques du Var et au directeur régional des finances publiques PACA et des Bouches-du-Rhône.

Délibéré après l'audience du 14 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Philippe Harang, président,

M. Zouhaïr Karbal, conseiller,

Mme Mathilde Montalieu, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024.

La rapporteure,

Signé

M. MONTALIEU

Le président,

Signé

Ph. HARANG

La greffière,

Signé

F. POUPLY

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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