jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200231 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BESSET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 28 janvier 2022, le 7 avril 2022, le
25 octobre 2023, M. A C, Mme B C, représentants la société par actions simplifiées l'Arbre au Soleil, représentés par Me Besset, demandent au tribunal, dans le dernier état des écritures :
A titre principal :
1°) d'annuler la saisie administrative à tiers détenteur du 5 octobre 2021 émise par le comptable public du service de gestion comptable de Hyères de la direction départementale des finances publiques (DDFIP) du Var ;
2°) d'annuler la décision du 25 novembre 2021 par laquelle la commune du Lavandou a rejeté la demande d'exonération de la redevance ;
3°) d'annuler la décision implicite de rejet du 18 décembre 2021 par laquelle le centre des finances publiques service de gestion comptable de Hyères a rejeté la demande d'exonération de la redevance au titre de l'année 2020 ;
4°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la redevance d'autorisation d'occupation temporaire au titre de l'année 2020;
A titre subsidiaire :
5°) d'annuler la saisie administrative à tiers détenteur du 5 octobre 2021, en l'absence de créance certaine, liquide et exigible compte tenu de la loi de finances rectificative du 30 juillet 2020 n°2020-935, prise dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire consécutif à la pandémie mondiale de la Covid 19, prévoyant l'annulation des redevances de l'année 2020 pour l'occupation du domaine public dans le secteur de la restauration ;
6°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la redevance d'autorisation d'occupation temporaire au titre de l'année 2020 ;
Et en tout état de cause :
7°) de mettre à la charge solidairement la commune du Lavandou et l'Etat la somme de
3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Ils soutiennent soutient que :
- la requête est recevable ;
- la saisie administrative attaquée est irrégulière dès lors qu'elle ne comporte pas la signature du comptable public, ni de la dénomination du service auquel appartient le comptable public, et ne justifie ni de l'envoi ni de la réception des lettres de mise en demeure ;
- la saisie administrative attaquée est insuffisamment motivée, dès lors qu'elle n'indique pas les bases de liquidation ni le fondement de la créance ;
- la société l'Arbre au Soleil est subrogée dans les droits que les époux C tirent de l'autorisation d'occupation temporaire, ce qui implique que la société peut bénéficier de l'annulation de la redevance pour l'année 2020 conformément aux dispositions la loi de finances rectificative du 30 juillet 2020 n°2020-935, prise dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire consécutif à la pandémie mondiale de COVID19 ;
- la commune du Lavandou était informée que le couple exploitait le restaurant l'Arbre au Soleil dans la mesure où elle percevait sa redevance ;
- ils ne sont redevables que de la somme de 7 000 euros.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 10 mars 2022 et le 27 octobre 2023, le comptable du service de gestion comptable de Hyères conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 10 mars 2022, le 27 avril 2022, la commune du Lavandou, représentée par Me Roi, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants.
Un mémoire en défense enregistré le 27 octobre 2023 n'a pas été communiqué.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable ;
- les moyens ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 30 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 30 novembre 2023 à 12h00.
Un mémoire, présenté par les requérants, a été enregistré le 19 avril 2024 sans être communiqué, en application des dispositions de l'article R. 613-3 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi de finance rectificative n°2020-935 du 30 juillet 2020 ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Karbal, rapporteur,
- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,
- et les observations de Me Besset, représentant les requérants, et de Me Bazile, représentant la commune du Lavandou.
Considérant ce qui suit :
1. Le comptable public du service de gestion comptable de la DDFIP du Var a notifié à M. A C une saisie administrative à tiers détenteur du 5 octobre 2021 pour le recouvrement de redevances d'occupation du domaine public au titre de l'année 2020 à concurrence d'une somme totale de 16 000 euros. Par un courrier du 18 octobre 2021,
M. C, agissant au nom de la société par actions simplifiée " l'Arbre du Soleil ", a contesté cette saisie administrative auprès du directeur de la DDFIP du Var. Cette contestation a été implicitement rejetée. Par un courrier du même jour, le requérant a également contesté cette saisie administrative auprès de la commune du Lavandou qui a rejeté sa demande par une décision du 6 décembre 2021.
2. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction résultant de la loi n° 2017-1775 du 28 décembre 2017 de finances rectificative pour 2017 : " Les dispositions du présent article s'appliquent également aux établissements publics de santé. / 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / [] / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales ()
3. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction résultant de la même loi du 28 décembre 2017 : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / [] / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / [] / c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales est de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond. "
Sur les conclusions à fin d'annulation de la saisie administrative à tiers détenteur :
5. En applications des principes précités, seul le juge judiciaire est compétent pour connaître des conclusions présentées à fin d'annulation de la saisie administrative à tiers détenteur. Par suite, ces conclusions ne peuvent qu'être écartées
Sur les conclusions à fin de décharge :
4. Aux termes de l'article L.2331-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sont portés devant la juridiction administrative les litiges relatifs : () Au principe ou au montant des redevances d'occupation ou d'utilisation du domaine public, quelles que soient les modalités de leur fixation ; () "
5. Aux termes de l'article L. 2125-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Toute occupation ou utilisation du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 donne lieu au paiement d'une redevance () ". Aux termes de l'article L. 2125-3 du même code : " La redevance due pour l'occupation ou l'utilisation du domaine public tient compte des avantages de toute nature, procurés au titulaire de l'autorisation. ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 2 octobre 2018 portant autorisation d'occupation temporaire du domaine public, au profit des requérants,: " son occupation est affectée à l'usage exclusif du commerce ". Enfin, aux termes de l'article 6 du même arrêté que : " la présente autorisation est consentie moyennant une redevance d'occupation fixée et que le montant de la redevance domaniale annuelle s'élève à la somme forfaitaire de 30 000 euros hors taxes ".
6. Aux termes de l'article 1er de la loi du 30 juillet 2020 de finances rectificative pour 2020 dispose que : " I. - Les redevances et les produits de location dus au titre de l'occupation ou de l'utilisation du domaine public de l'Etat et de ses établissements publics par les entreprises appartenant à la catégorie des micro, petites et moyennes entreprises, au sens de l'annexe I au règlement (UE) n° 651/2014 de la Commission du 17 juin 2014 déclarant certaines catégories d'aides compatibles avec le marché intérieur en application des articles 107 et 108 du traité, qui exercent leur activité principale dans les secteurs relevant du tourisme, de l'hôtellerie, de la restauration, du sport, de la culture et de l'événementiel, particulièrement affectés par les conséquences économiques et financières de la propagation de l'épidémie de covid-19, sont annulés pendant une période de trois mois à compter du 12 mars 2020. Lorsque la redevance ou le loyer est dû pour une période annuelle, l'annulation porte sur le quart de son montant () ".
7. Pour contester le bien-fondé de la créance en litige, les requérants soutiennent qu'ils peuvent bénéficier de l'exonération de la redevance annuelle prévue par l'article 1er de la loi du
30 juillet 2020 précitée, dès lors que leur société, la D " est une petite entreprise, qu'elle exerce, à titre principal, dans le secteur de la restauration.
8. Il résulte de l'instruction, que les requérants ont réglé la somme de 20 000 euros au titre de la redevance annuelle d'occupation du domaine public au titre de l'année 2020. Il résulte en outre de l'instruction que l'occupation du domaine public par les requérants est dédiée à l'exploitation commerciale du restaurant " L'Arbre au Soleil ". Il résulte également de l'instruction que la D " qui emploie entre 6 et 9 salariés et qui réalise un chiffre d'affaires annuel inférieur à 10 millions d'euros, peut être qualifiée de petite moyenne entreprise au sens de l'annexe I au règlement (UE) n° 651/2014 de la Commission du 17 juin 2014. Dans ces conditions, et dès lors que la société répond aux critères prévus par l'article 1er de la loi du 30 juillet 2020, les requérants sont fondés à solliciter la décharge de l'obligation de payer la somme totale de 16 000 euros, correspondant au montant restant dû de la redevance au titre de l'année 2020. En outre, la circonstance que les titulaires de l'autorisation d'occupation du domaine public sont des personnes physiques et qu'ils ne constituent pas une micro, petite ou moyenne entreprise dont l'activité principale s'exerce dans le secteur la restauration au sens de l'article 1er de la loi du 30 juillet 2020 précitée est sans incidence sur le droit des requérants à bénéficier de l'exonération. Enfin, il était parfaitement possible à la commune du Lavandou de procéder au retrait de l'autorisation dans les conditions prévues à l'article 8.2, ce qu'elle n'a manifestement pas fait puisqu'elle a continué à percevoir depuis 2019 les redevances réglées par les requérants pour le compte de la D ".
9. Il résulte de ce qui précède que les requérants sont fondés à demander à être déchargés de l'obligation de payer la somme de 16 000 euros. Il convient en revanche de ramener l'obligation de payer à la somme de 7 000 euros.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Il y a lieu de mettre à la charge de la commune du Lavandou la somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par M. et Mme C et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées à ce même titre par la commune du Lavandou.
D É C I D E :
Article 1er : M. C et Mme C sont déchargés de l'obligation de payer la somme totale de 16 000 euros.
Article 2 : M. C et Mme C ont l'obligation de payer la somme de 7 000 euros.
Article 3 : La commune du Lavandou restituera à M. C et Mme C la somme de 9 000 euros.
Article 4 : La commune du Lavandou versera une somme de 2 000 euros à M. C et à Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune du Lavandou, sur le fondement de l'article L.761 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Mme B C et à la commune du Lavandou.
Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Harang, président,
M. Zouhaïr Karbal, conseiller,
Mme Mathilde Montalieu, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
Z. KARBAL
Le président,
Signé
Ph. HARANG
La greffière,
Signé
F. POUPLY
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026